CHAPITRE XXI l
luy que du père confesseur : lequel la mère envoya soudain quérir, feignant avoir quelque grand secret à luy dire. Toutesfois en la fin fut avisé de les mettre entre les mains de ceux de la justice. Lesquels ne laissèrent la chose impunie, s'ils estoyent gens de bien : comme ajouste ladicte Roine au bout de ce conte. Mais j'ay entendu depuis en Italie que les juges les quittèrent à fort bon marché : comme nous sçavons que le temps passé les juges faisoyent scrupule de mettre la main sur ces sainctes gens, et les rendoyent volontiers à leurs gardiens, pour les mettre m pace (i), ou en faire tout ce que bon leur sembleroit. J'inséreray ici (à propos d'Italie] le paillard de la femme de Bérenger, marquis Italien. Cette femme, sans avoir esgard à la maison dont eU'estoit sortie, s'abandonnoit â un sien chappelain, combien qu'il fust de fort petite stature et fort difforme. Mais ce galand n'eschappa à si bon marché que plusieurs autres : car estant descouvert par Tabbay d'un chien, il fut pris et despouillé tout nud, et luy fut coupée la partie de laquelle il avoit faict le mal. Ce qui avint desjà du temps du pape Estienne huictième, environ Tan 941. Mais pour retourner aux cordeliers, je n'ay pas oublié l'histoire du cordelier soy disant sainct François, qui joua si bien son personnage à l'endroit d*une povre bigotte, qu'elle luy fit place en son lict : mais avant qu'il peust mettre en exécution sa bonne volonté, la farce fut achevée autrement qu'il ne pensoit, et par ceux desquels il ne se doutoit pas. Car S. Pierre (comme portier de Paradis) et S.Thomas ;commc ccluy qui ne pouvoit croire telle chose) le vindrent cercher jusques au lict, et le remenèrent un peu plus rudement qu'il n'estoit venu. Je n'ay pas (di-je) oublié cest'histoire, mais je luy sçay bien sa place autre part.
( I } Voy. aax Soles complémenisiret, à la fin du tom« Il (v*> /m pjce<.
[6 APOLOGIE POUR HÉKODOTE
Or De se sont contentez ces galans de faire et dire en temps et lieu pis que tous les rviffiens qui cntrèrcni jamais au huleu (j) de Paris, mais ont bien osé en plaine chaire et en présence du crucilix et de tous les sainciset sainctes qui sontlh faisans bonne mine, user de propos pour&ire rougir toutes les putains, au moias toutes les courtisanes de Venise et de Romme. Tesmoin un Cordelîerde Tours preschant en un village nommé S. Manin le Beau h), tirés la ville de Bleré en Touraine, lequel au marc :s Pasqucs, faisant ses
recommandations, dici : i âmes, je suis tenu de
0 vous rendre grâces de t-alité dont vous avez
■ use envers nostre povre < it : mais si faut-il que
■ je vous die que vous n'a s considéré les néces- 0 sitez que nous avons. Car la plus part de ce que vous ï nous avez donné, ce sont andouillcs : et nous n'en
• avons point faute, Dieu merci : nostre convent en est » tout farci. Que ferons-nous doncdetant?Sfavez-vous
• quoy, mes dames? je suis d'avis que vous mesliez vos
• jambons parmi nos andouilles: vous ferez belle
■ aumosnc. u Le mesme galand au mesme sermon tint ce propos : " Eh dea, messieurs et mes dames de sainct 0 Martin, je m'cstonnc fort de vous, qui vous scandii- 0 lisez pour moins que rien, et sans propos : et tenez » vos contes de moy partout, en disant, C'est un grand " cas : mais qui l'eust cuydé que le beau père cust ■• engrossi la ii lie de son hostessc ? Vrayemcnt,» ditil, n voilà bien di; quoy s'esbahir qu'un moine ait » en^^rossi une lille : mai-. M-noz^î'- '"■"''s dames, ne ■■ dcvricz-vous pas bien vous eMonner davantage si la » fille avoit engros^i k moine- » Voilii ce que rjeonte ladiete roine de Navarre ,3] : ce qui mesi fort aist- ii
II. Voï aux .V.ilfï comFlà'Wnlairei, .i la nu du lome îl rv. //„;,-u