‹ Apologie pour Hérodote (volume 3)Chapitre 60 sur 221 · CHAPITRE XXVIt · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIt

ne veux-je pas entreprendre d'esplucher par le menu tous les points appartenans à ceste comparaison : mais après en avoir touché quelques-uns qui sont de moindre conséquence, je viendray au principal et qui mérite d'estre traité au long. Il est vray qu'avant que passer outre, je m'acquitteray d'une promesse que j'ay faictc ci-dessus, c'est de produire quelques façons de parler Françoises, par lesquelles nous déclarons évidemment un mespris de l'antiquité : et ce pour la mesme raison pour laquelle Ovide a escrit Prisca juvent alias, etc. Je di donc qu'outre ceste façon de parler, Faict à Vantique ou Faict à la vieille mode, par laquelle nous voulons donner à entendre une chose cstre faicte un peu lourdement et avec peu d'art (il est vray que Faict à Vantique se dit aucunesfois aussi sans mespris, selon la chose de laquelle on parle), nous en avons encore quelques autres par lesquelles nous déclarons ai>ertement Topinion que nous avons de la lourderie des gens du temps passé. Car mesme quand nous disons Cela se faisait au temps jadis, nous déclarons que c'est une chose qui est hors d'usage, et qiice obsolevit, selon que parlent les Latins : tellement qu'elle scroit de mauvaise grâce en nostre temps. Quant à cestui-ci, Du temps des hauts bonnets, il semble estre dict a propos de la lourderie qui estoit pour lors es habits, combien qu'on ne face mention que d'un' espèce, comme si on disoit Du temps qu'ils s'habilloyent si lourdement, ou. Du temps qu'ils n'avoyent pas V esprit de choisir une façon d'accoustremens qui fust propre et aisée. Pareillement se dit par dérision. Du temps que les testes parloyent. Car c'est autant que si on disoit, Au temps jadis que les hommes estoyent si sots qu'ils se laissaient persuader que les bestes parloyent ( i ).

[\) t Ao temp» que les bestes parloient (il n'y a pas trois jours). »

APOLOGIE POUR HFRODOTE

est dicl (comme je croy) pour le regard des Ésope, lesquelles se trouvoycm dès lors tra- □ noMre langue [t]. Ilem on dit. Du tempt • cachait pour presler de l'argent. Mais cestc ; parler, combien qu'elle se dîe pax dérision en que les auires, si esi-ce qu'elle tesmoigae ; simplicité qu'une lourderie. Car il est certain x-là alloyeni bien à la bonne foy et n'csioyent (ians, qui au lieu de presier argent devant pluons tesmoins (voire en faisant obliger le deleur nt notaires, comme on fait aujourd'huy) le ;nt en cachette, ayans plustost csgard à l'hon-

celuy qui empruntoii, a ce qu'il ne fust sceU êcessité, que non pas à bien asseurer leur Et pourtant ce proverbe pourroîi bien estrc

nombre de ceux dont j'ay faict mention au icemenl de ce traité, qui monstrent la bonne

qu'on avoit -de la preudhommie des personnes ns nasse. Outre lawucllcs mnnière* de nsrler

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