CHAPITRE XXVII
Du temps que les roys faisoyent de leur manche un mouchoir) et, Du temps que les roys estoyent bergers : et, Avant que les roys sortissent hors de page. Quant à ce dernier, il est aucunement péculier aux roys de France : pourcequ'on dit que ce fut le roy Louys onzième qui les mit hors de page : c'est à dire, qui apprit à ses successeurs et leur donna le moyen de commander de puissance royale, et dire Sic volo^ sic jubeo. Quant aux deux autres, Tun est un peu malplaisant, et aussi moins usité : à-sçavoir celuy qui nous veut donner à entendre que les roys estoyent si malhonnestes ou si méchaniques, qu'ils faisoyent le tour qu'on voit faire aux petis enfans quand ils ne se trouvent point de mouchoir, ou pour avoir plustost faict. De ma part je ne doute pas qu'il n'y ait de l'hyperbole en ce proverbe. Ce que je ne dirai pas de l'autre qui dit, Quand les roys estoyent bergers : et quand je le dirois, je serois contredict par un' infinité de passages de toutes sortes d'auteurs. Bien est-il vray que de roys qui ayent faict le propre office de pasteurs, il s'en trouvera peu : mais de ceux qui ayent faict mestier et marchandise de vendre du bestial, et qui ayent eu en ceci leur principale richesse, il s'en trouvera grand nombre. Et nostre historien mesmement (je di Hérodote) nous avertit en son viii livre, que les roys anciens avoyent bien peu d'argent, mais nourrissoyent force bestial, dont ils faisoyent traffiquc. Où aussi il nous parle d'une roine qui mettoit les mains à la paste. Je ne di pas, mettoit les mains à la paste, en la façon qu'on use de ceste manière de parler pour s'entremesler du mesnage, mais les y mettoit réale-
de U consécration. La prière qu'ils disent encore en se revêtant de cet ornement, en rend témoignage : Merear portare^ Domine, manipulum fUtut et doloris. > Dict. de Trévoux.
menl el de faict. Quoy qu'il en soit, nous lisons d'vn cardinal d'Avignon qui se sceut bien servir de ce proverbe pour rendre le change à un roy de France. Car quand le roy voyant les pompes de la cour du Pape. CI nommeemeni des cardinaux, luy eut demande si les Apostres alloyent en tel équipage : — c II est certain
■ que non » (dil-il), " maïs il faut noter qu'ils estoyent Il apostres au mesme temps que les roys estoyent bcr-
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(I) Poggo, Facdlù-s. CCXXVIII.
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