CHAPITRE XXIX
Dï l'iGNORAMCS qui ESTOIT SPfaALEMENT BS GINS D*ÉCLISK, rr PRlIfClPALKMENT ES PRESTRES MESSO- TIERS.
ous avons pu voir évidemment au chapitre précédent une très-grande ignorance du siècle précédent : toutesfois encore qu'ell' eust esté plus grande (si possible eust esté) pourveu que les gens d'église n'en eussent point eu leur part, le povre monde n'eust pas esté beaucoup à plaindre. Mais nous verrons maintenant qu*au contraire la plus grand* part de l'ignorance leur est demeurée, et principalement aux prestres missotiers. Dequoy il ne se faut esbahir, veu que Menot leur reproche qu'au lieu de trouver des livres en leurs chambres, on n'y trouvoit que des espées ou un arc ou arbaleste ou autres sortes d'armes : Sed nunCy dit-il, quid in camtris sacerdotum reperietis? an expositionem epistolarum, aut postillam super evangelia? Non. Faceret eis malum in capite ma gis ter Nicolaus De h"^^' Q^id ergo? Unum arcum, vel balisiam, spa^ tham, aut aliud genus armorum. Et comment envoyoit-on ad ordos gens si ignorans? Il faut noter que ceux qui les examinoyent n'en sçavoycni guère d'avantage qu'eux, et pourtant en jugeoycnt comme clercs
140 APOLOGIE POUR HÉRODOTH
d'armes. Ou encores qu'ils eussent du sçavoir assez pour congooistre leur insuffisance, les faisoyent passer pour faire plaisir à ceux qui les leur avoyeni recommandez. On parle d'un emr'autres auquel l'évesquc qui csioii en table ayant demandé, Es lu dignus? il fil response, — « Nenni, monsieur : mais je dineray bien ï avec vos gens. » Car il pensoit que dignus (c'est à dire digne) signifiait diné. On conte aussi d'un autre qui cstoii venu pareillement pour eslre faict presire, lequel on interrogua, pour esprouver son bon entendement, qui estoit le père des quatre fils Aimond. A quoy n'ayant sceu rcspondre, il fut renvoyé. Estant retourné et ayant raconté l'occasion pour laquelle il avoit esté refuséi son père luy remonsira comment il estoit bien beste de n'avoir sceu respondrc qui estoit le pÈrc des quatre fiia Aymond. " Voilà • (dit-il) = grand » Jan le mareschal qui ha quatre cnfans : si on te dei mandoit qui est leur père, dirois-tu pas que c'est ■ gran Jan le mareschal? — Guy, <• dit-il : « j'enien ï bien maintenant. " Là dessus s'en retourne pour estre receu, comme ayant bien mieux appris sa le^on depuis. Estant donc inierrogi: pour la seconde fois qui estoit le père des quatre fils Aimond, rcspondit que c'esioit grand Jan le mareschal. On leur faisoit plusieurs telles interrogations joyeuses pour donner passetemps îi monsieur le prélat qui aasistoit là, et pour essayer s'ils ctoicnt point du tout niais et begaux (i). Comme quand on en interrogua un qui estoit le meilleur morceau d'un petit cochon, il respondit que c'estoit la peau, et pour ceste pertinente
ly. Contes d'Eulraptl, XXtn. Dans le lé p>r tigol. Dr bègue, donl l'originï nt non i Dicffenbicb, qui pcucbc pour le . Besk'tiad. tetléod = bigue (de léoJ