‹ Apologie pour Hérodote (volume 3)Chapitre 8 sur 221 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

ayant demandé où coucheroyent les moines quand ils n'auroyent plus de licts : il respondit : — « Avec les

• nonnains. — Mais il s'en faut beaucoup qu'il y ait

• tant de nonnains que de moines, » répliqua le Roy. A quoy il eut aussi sa responce toute preste : — « Il » est vray, sire : mais chacune nonnain en logera bien » pour le moins demie douzaine. »

Mais dont vient cela (dira quelcun) que ces povres Cordeliers sont volontiers mis en jeu, plustost que nuls autres? Ce n'est pas qu'il ne se trouve aussi bien des exemples es autres moines, et es simples prestres : mais pource que les Cordeliers se disent estre montez en un plus haut degré de saincteté que les autres, on ha plustost l'œil sur eux. Et quand on a prouvé que les meilleurs (c'est à dire ceux qui se disent les plus saincts) ne valent rien, il est certain que le procès des autres est tout faict. Toutesfois, à fin de contenter celuy qui pourroit feire telle objection, j'allègueray des exemples notables de simples prestres, c'est à dire n'estans point moines. Or ne se faut-il esmerveiller si ces galans (et principalement les curez et vicaires) entroyent par tout et en prenoyent par tout : veu que chacun (au moins la plus part) leur ouvroit la porte, et se fioit bien à eux de sa femme, pensant qu'ils avoyent les âmes en recommendation, et non pas les corps : de sorte mesme qu'à grand peine un povre homme trouvant messire Jan sur le faict avec sa femme, osoit-il croire (de peur de pécher ) que messire Jan fust venu à mauvaise intention. Dcquoy les femmes cstans bien averties, n'estoyent fort empeschées à trouver des eschappatoires, quand on les surprenoit avec leur bon pasteur (comme aussi nous avons amené ci-dessus, es pages 267 et 2G8, etc., des exemples de la subtilité des femmes h donner la trousse à leurs maris, toutes et quantes fois qu'elles estoyent surprises ou avec

les uns, ou avec les autres). Mais voyons comment les prestres ei moines de leur coslé cstoycnl pourveus de merveilleuses invcniions pour venir à leurs desseins, quand ils irouvoyent quelque riisistence. On raconte de deux ou irois (desquels l'un demeuroit en une boui^de encre les montagnes de Daulphinc et de Savoye) qui donnèrent ce conseil h leurs paroiçicnncs de contrefaire les démoniacles (i], ii fin que les maris Bilans en pèlerinage pour leur délivrance, les leur recommandassent cepend ce qu'ils n'y espar-

gnassent ni leurs estolcs, s autres instrumens.

Item on lit de plusieurs .^ con5cil desquels les

femmes fuignoycnl cstre les de quelcune des

maladies ausquellcs leur s st subject, à fin que

sous couleur de leur apporter les reliques et de les leur appiicquer, ils eussent moyen de leur applicquer autre chose. Comme sceut bien faire en Sicile un frère mineur à la jeune femme d'un vieil médecin : car elle nommée Agathe ayant descouvert en sa confession à ce moine une partie de ce qu'elle avoit sur le cueur, et principalement le desgoustement (a) qu'elle avoit de son mari, et ayant assez donné k entendre (au moins à un si bon entendeur] qu'elle cercheroit volontiers appétit ailleurs, la conclusion fut prise (avant que luy bailler l'absolution) que le lendemain, sitost que son mari seroii parti pour aller à sa pratique, elle feindroii estrc malade d'une suffocation de la matrice (comme de vray cll'y esCoit un peu subjectc] et lors eiriniuquoroit l'aide de monsieur S. Rernnrdin.Cequ

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