CHAPITRE XXI
fut faia : de sorte qu'on alla supplier ce gentil frère mineur qu'il luy pleust apporter à cette povre patiente les miraculeuses reliques de monsieur S. Bernardin. Luy, joyeux de ce que sa trame estoit en si bons termes, ne fut paresseux : mais arrivant au lict de la malade, et y trouvant plus de tesmoins qu'il n'estoit besoin, dict qu'il faloit commancer par la saincte confession ; lequel mot fut suffisant pour les faire retirer : de sorte qu'avec luy ne demeura que son compagnon et la chambrière de ladicte patiente. Et alors fut question tant à maistresse qu'à chambrière d'employer le temps à autre chose qu'à confession. Or ainsi qu'ils estoyent bien en train, arrive le povre médecin (ne donnant loisir au porteur de reliques de rechausser ses brayes, mais seulement de sortir du lict) : lequel trouvant ces deux beaux pères si près de sa femme, commença à se gratter la teste, n^osant pas dire tout ce qu'il en pensoit : et ce qui rengrcgca bien son mal de teste, fut qu'après leur départ, en raccoustrant l'oreiller de sa femme, il trouva derrière, les brayes d'un desdicts beaux pères. Mais comme la moralité avoit esté bien jouée, encore sceut-on mieux jouer la farce. Car la femme incontinent prévenant, vint à dire : « Mon ami,
• voyant que la relique du glorieux S. Bernardin m'a-
* voit guarie, j'ay prié le beau père qu'il me la laissast, >' craignant que le mal me reprist. » Ce moine, averti par la chambrière de ceste eschappatoire qu'avoit trouvée sa maistresse, pour achever le jeu de mcsmc qu'il estoit commancé, retourna quérir ces brayes à grand branle et quarrillon de cloches, avec la croix et l'eau béniste, accompagné de tout le couvent, et mesmement du gardien : lequel les ayant desvelopées du beau linge blanc où ceste femme les avoit mises, les fit baiser à toute l'assistence, et au povre mari tout le premier : puis les ayant serrées en un certain tabernacle, s'en
retourna avec ce précieux et si miraclifiqufi joyau. Les
autres (desquels est Poge) (i] racontent que ce furent les brayes de S. Frani^ois qui couvrirent le déshonneur du haut de chausse qui avoit este laissé par le frère mineur. A propos duquel Bocace escrit aussi d'une abbaîsse au pays de Lombardie, qui se levant à lu haste d'au* près un prestrc avec lequel ell'esioit couchée, pour aller surprendre une de ses nonnains qui estoît «nichée avec son ami, pensan' mciii-e sur sa teste certains voiles, qu'en quelques li appelle le psautier,
y mit les brayes de sor e : dequoy la povre
nonnain s'npperceut h l'i t mesmc qu'elle devolt
recevoir condamnation, et ■ p-ani dict (pource-que
les lassets dcsdicies brayos ycnt des deux costez] :
1 Madame, je vous prie que vous attachiez vostre
* coeffe, et puis je suis contente que me disiez tout ce
• qu'il vous plaira, i lafitappcrcevoir decequ'cUe'avoit mis sur sa teste par mesgarde, et par conséquent la fit changer de language. Mais je ne veux pas laisser passer un point en l'histoire précédente, duquel sont d'accord tous ceux qui la racontent (encore qu'ils varient un peu en quelques autres circonstances] : c'est que ce gentil frère mineur de la confession auriculaire de la femme prit occasion de commettre adultère avec elle. Je <ii que ce point est i> noter, ent!
(1) Voy, surcci
antc. .ntiricurimeniaEjtitnne: ApulW, Mitam..
. HilJebrand , - Lt livre du cher, dt la Tovr
L?ir^: 'JÇXku:
- Sacvhcui, iioï. CCVHi- Meoii, III. 16;,;-
n, <;..;- Pucec, notre iJ., p. i:(-:-Masucdo.
iiov'rri;- SjKÎdiii.
t., F.icrli.irum porelanarum opui. BoloBiia. ni'S.
m-(..l.;-4l'o,lLr.<:,
iiiemcnt ; [fArRcn', /.«(rra>iitivs, Icura CXI ; —
lirÈtoun. tEMiri-s: