CHAPITRE xxxni i
enquérir des points contenus en la bible, et congnoistroit quand on passeroit plus avant. C'est que craignant de perdre ses droits, faute de les monstrer par ses lettres et instruments, il en a supposé un grand nombre pour s'en servir à l'endroit de toutes personnes qui ne pourroyent s'appercevoir de la fausseté. Qui sont ces înstmmens supposez ? Un tas de livres qui ont emprunté le nom de quelques apostres, ou disciples des apostres, et cependant contiennent une doctrine totalement répugnante à la leur : voire contiennent aucunes iàbUes de telle sorte que les oreilles ne les peuvent non plus porter que celles qu'on trouve en î'Âlcoran de Mahomet. Or n'est-ce d'aujourd'huy que le diable s'est aidé de ce moyen pour ruiner entant qu'en luy seroit les fondemens de nostre religion (car nous sçavons qu'il y a assez long temps qu'il a mis en lumière Evangelium Nicodemiy Evangelium Thomœ, Evangelium Bartkolomœi, Evangelium Na^areorum^ liber Pastoris^ et autres) ( i ) : mais encores aujourdhuy il s'efforce d'infecter le monde d'une nouvelle puanteur de tels livres. Comme il Ta bien monstre par celuy qui est intitulé Protevangeliunty sive De natalibus Jesu Christi, et ipsius matris virginis Mariœ, Car pour faire avouer oe très-prophane livre entre ceux de la saincte et sacrée escriture, il luy a faict usurper le nom de S. Jacques, le disant cousin germain et frère de Jésus Christ. Et cependant que nous est-il raconté là ? Premièrement comment Anne, mère de la vierge Marie, femme de Joachim, faixl sa complainte à Dieu de ce qu'eU'est
(i) Uopiaion d'Estienoe n'était pas partagée par Saint-Marc Girardin. c Les livres apocryphes da i et daii* siècle de Tère chrétienne sernat parfois A faire mieux comprendre les livres authentiques dont ils soot contemporains ; ils donnent de précieux renseignements sur Vitat de la société chrétienne À cette époque ; ils nous font connaître tes mœurs, son esprit. A tous ces titres, ils méritciit. j'imagine, notre itmtioo. • E$sais de HtUraturt et de morale, i853, t. II, p. 67.
luy alléguant qu'il luy fait pis qu'à aucune sonc de créalures, voire pis qu'aui élémens, Il que les uns ei les autres portent fruia. lUègue premièrement l'exemple des oiseaux Is elle se souv-icnt en voyant le nid d'ua ;au dedans le laurier sous lequel cU'esioit. Et it n'a achevé sa doléance que l'ange du Seiprend son vol vers elle (car il y a exprcsseeadvolavil) et luy vient dire, o Anne, Anoe . a exaucé ton oraison : tu concevras, et en- .■ras, et sera ton nom céiébré par tout le de. o Alors Anne fait vœu à Dieu de luy faire
1 di: l'enfant qu'ell'aura, soit masle, ou fe- L'ange vint annoncer ces nouvelles à son mari
ement ; qui toutesfois ne voulut pas croire à mais bien â une certaine preuve qu'il fit, laquelle nferma le dire de l'ange. Pour conclusion, Anne
2 la vierge Marie au bout de neuf mois. De