CHAPITRE XXXÏII l
d'entre tout le peuple les hommes veufves ( i ), et leur £dre apporter à chacun une verge : à fin que ceste fille fosi baillée en garde à celuy sur lequel Dieu auroit monstre quelque signe. Cela estant faict, une coulombe sortit de la verge que tenoit Joseph, et vola sur sa teste. Alors luy dict le souverain sacrificateur : a Dieu nous » a déclaré par ce signe que c'est toy qui dois avoir en 9 garde la vierge de Dieu. » A quoy Joseph contredict, reqx>ndant, — « J'ay des fils, et suis vieil : et ell'est encore 9 une bien jeune fille. Pourtant j'ay peur que je n'en 9 wois mocqué par les enfans d'Israël. » En la fin ayant ctté proposée à Joseph la vengeance que Dieu exécuta sur Dathan, Abiron et Coré, estant tout espovanté vint â dire, « Marie, je te pren du temple du Seigneur : 9 mais je te laisscray à la maison, et m'en iray pour • exercer mon mestier de charpentier. Et je prie le 9 Seigneur qu'il te garde tous les jours de ta vie. » Il avint quelques ans après, ainsi que Marie alloit pour puiser de l'eau, tenant une seille (2), une voix du ciel luy dist, Ave gratta plena^ etc. Puis sont entremeslez quelques propos pris des évangclistes : après lesquels il est dict qu'elle estant jà grosse de six mois (et estant aa^ée de seize ans) Joseph revint de sa besongne, à-4'entour laquelle il avoit demeuré quelques ans sans revenir. Or la trouvant grosse fut bien estonné, et luy tint plusieurs propos : toutesfois en la fin il fut averti par l'ange qui luy apparut, de tout le faict. Mais la pitié fut qu'ainsi qu'un scribe alloit pour parler à Joseph, il apperceut Marie grosse : qui s'en alla incon-
(1) Cette terminaitoo fémiaioe appliquée au masculin se rencontre aviaà dans Froia&art, II, 19, et dans le roman de Perce/orest.
{i) Vieux mot qui signifiait un seau et qui est spécial à la Normandie (dép. de l'Ornej ; en latin sitella, en italien sccchia, lequel a douté le nom au poème héroï-comique de Tassoni, la Secchia ra- Fitef traduit par Perrault
APOLOGIE POUR HEHODOTF
ier par tout. El aussi tost la justice la Jâit
hpoigncr avec Joseph ; lequel dit et mamiient n'avoir
a compagnie : elle dit n'avoir eu ni la sienne, ni
|lle d'aucun autre. Là-dessus le prcstre s'avise de leur
e boire ds L'eau de redarguiion ( i ] : laquelle ne leur
Qt faict aucun mal, le prestre dict que puisque Dieu
j point manifesté leur péché, loy pareillement ne les
uloit point condamner. Puis est inséré ce qui est
Iconié par S, Luc au second chapitre, comment il
t que Joseph la meoast en Beth'lehem à cause de
■dici faici par César Auguste. Mais ce n'est pas sans
Jnchir le conte, et mesmcs user de propos vilains,
■ cestuy-ci, que Marie ayant dict à Joseph,
Mspone me ab asina : quia quod in me est, me urget ut
\^grEdialiir, il la descendit de dessus l'asnesse, et luy
^t, Ubi te inducam et legam pudenda ? quia locus
s esi. En la fin est récite qu'elle accoucha de
t auprès de Bcth-lehem
l'escric autrement),