CHAPITRE XXXIV
patience. Mais il faut noter que le plus souvent quand le sermon devoit estre de quelque sainct, on ne laissoit pourtant de prendre un thème parlant de Jésus Christ, ou autre. Exemple es sermons intituler Dormi secure. De sancto Andréa sermone, il commance ainsi, Christo confixus sum cruci, ad Gai. 2. Notate, charissimi (dicit enim beatus August, super verbo prœdicto) quod Christus, etc, Certe hoc fecit sanctus AndreaSy quum magno desiderio quievit per biduum in cruce, et in ea obdormivit in Domino, Ideo convenienter dicit, Christo confixus sum. Et au sermon de sancto Augustino, Tu signaculum similitudinis Dei, plenus sapientia, E^ech, XXVIII. Un peu après, Quare merito dicitur de eo [sancto Augustino] Tu signaculum similit, etc. In qui-bus quidem verbis tria notantur in quibus Sanctus August. commendatur. Primum est, etc. Item au sermon xiii, De sancta Agnete, Quam pulchra es et decôra charissima in deliciis, Cantic. y . Notate charis^' simiy dicit enim sanctus Gregorius quod mos est amantium mutua collaudatione lœtari, Hinc est enim quod Dei filius qui, etc., advertens pulchritudinem sanctœ Agnetis quam habuit in corpore et anima, bene com^^ mendat eam , dicens, Quam pulchra es, etc. In quibus quidem verbis sancta Agnes tripliciter commendatur a Christo suo dilecto. Primo, etc. Il est vray qu'en quelques lieux il a esté un peu plus conscientieux, non pas qu'il se soit gardé d'abuser ainsi de l'escriture, mais il a confessé qu'il appliquoit tel ou tel passage à autre personne qu'à celle de qui il estoit escrit, comme De sancta Lucia sermone 6, Lux in tenebris lucet, et tene^ brœ eam non comprehenderunt, Joann. i. Notate charis* simi : quanvis istud verbum sit dictum de Christo, tamen convenienter potest dici de sancta Lucia. In quibus quidem verbis tria notantur, in quibus sancta Lucia nobis tripliciter commendatur. Primum est nobilitas
nominis, etc. Mais voici un'impudenee encore beaucoup plus grande, où non seulement il applique ainsi le passage à autre personne, mais le corrompt en rongnant ce qui ne sert à son propos, ou plustost ce qui est du tout répugnant à iceluy. Car preschant de la conception de la vierge Marie, et voulant entr'autres choses maintenir qu'ell'avoit esté exempte du péché originel, prend un passage où il est parlé de conception, mais il omet ce qui est là dict de péché accompagnant ceste conception. Voici comment : David au 5i pseaume dit. Et in peccato concepit me mater mea, c'est à dire, Et en péché ma mère m'a conceu : mais ce prescheur voulant accommoder ce passage à la vierge Marie, laquelle il soustient avoir esté conceue hors de péché, retrenche ces trois mots et in peccato, et allègue seulement, Concepit me mater mea, C'est à dire, Ma mère m'a conceu. Or de quelles preuves il use après, nous en parlerons au chapitre suivant, où nous traiterons de leurs questions. J'allégueray seulement cest exemple pour le présent, Unde bene dicitur illud i. Joh. cap. v. Très sunt qui testimonium dant, scilicet virgini Mariœ quodsit sine peccato originali concepta. Et Danielis m, Hi très quasi ex uno ore laudabant Deum, scilicet quod matrem suam prœservavit ab originali peccato. Après le thème Tun suivoit une manière, l'autre en suivait un'autre. Aucuns alléguoyent volontiers quelque sentence morale, ou philosophique, ainsi qu'es sermons Dormi secure Tordinaire est après le thème d'alléguer Aristote. Comme après le passage susdict du 5i pseaume, Concepit me mater mea, il y a, Notate, charissimi : dicit Arist. in lib. 2. de générât ione et corruptione, quod melius est esse quam non esse, Quum igitur Deus voluit Mariam, etc. Et au sermon de sancto AugustinOy Tu signaculum similitudinis Dei, plenus sapientia^ perfectus décore, E^ech. xviii. Notate