‹ Apologie pour HérodoteChapitre 144 sur 223 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

Item un certain Philo, et autres. Car Faube du prestrc messatizant déclare la conversation de Jésus Christ ^1 sa chair, selon aucuns : et selon les autres, la purité de son corps incarné au ventre de la vierge : et selon les autres, la robbe blanche présentée par Hérode à Christ, quand il fut renvoyé comme un fol à Pilate : selon les autres, la fermeté de la très-reluisante lumière. Quant au lin duquel est composée Taube, ils l'interprètent la subtilité des Escritures. Ainsi en prend-il à Tamict comme à Taube : car aucuns enten* dent qu'il représente le voile duquel Christ estoit couvert lors que les Juifs se moquans de luy en la maison de Caiphe le souffletèrent : aucuns pensent qu'il signifie la divinité de Christ cachée sous l'humanité : aucuns disent qu'il tient la place de l'ephod Judaïque. Je laisse la zone, le manipule, l'estole, qui sont aussi diversement interprétez. Quant au feu et cierge allumé^ aucuns disent qull nous figure Christ, comme estant le feu qui consume la rouilleure (i) de nos péchez : les au* très sont d'opinion que le feu signifie le feu de charité environnant le peuple Chrestien : et le cierge allumé, la lumière de foy, et la joye de la venue et incarnation

cordeliers^ de Louvain, puis, étant à Rome, passa dans Tordre des cfipucins. Il mourut, selon Le Mire, en i553. Gilbert Cousin et Érasme ont écrit contre lui.

Gabriel Biel, natif de Spire, fut Tun des fondateurs de l'Université de Tubingue. Il accompagna avec Nauclerus et Reuclilin le duc Eberhard.de Wurtemberg à Rome ; dans les dernières années dâ sa vie il entra dans l'ordre des frères de la vie commune; il mourut en 1495 comme chanoine du couvent de St-Pierre dans la forêt de Schœnau, et c'est là qu'il fut enterré. Les passages de ses écrits où il s'écarte de l'opinion régnante et déplore la corruption des mœurs l'ont à tort fait placer par quelques auteurs parmi les adversaires de la papauté. H a laissé : Sacri canonis missœ expositio resolutissima litteralis et mysiica^Tnb. 1499, in-fol. ; publié sous divers titres. L'édition de 1599, dont Clément mit l'existence en doute, se rencontre à Erfurt.

(i) Rouille ou rouillure, dit Rob. Estienne. « Rouillure est 1e même que rouille et est proprement dicte du fer. » Nicot.

de Christ. La patène aussi figure selon le jugement de quelques-uns, la divinité de Christ, aussi bien que Tamict : selon aucuns elle figure autre chose. Item, le Gloria in excelsis, estant prononcé de voix douce et basse, représente (selon aucuns) la voix puérile et beelante de Jésus Christ estant encores au berceau : et selon quelques autres docteurs, il représente quelqu'autre chose. Mais quelle subtilité sçauroit-on demander plus grande que ceste-ci, d'avoir songé que dit le prestrot messatizant alors quUl ne sonne mot? Bref c'est un abysme de subtilizations, et y a bien d'avantage, c'est que je ne parle que de la farce qui se joue à un personnage : or je vous laisse penser que c'est de celle qui se joue à trois, à-sçavoir quand le messatizant ha pour compagnons le diacre et soudiacre. Car quand il n'y auroit que ceci d'avantage, que le diacre (selon Titelman), quand il joue son roulet (i), en chantant quelque passage découpé de l'évangile, et se tournant vers aquilon (c'est à dire vers le norlh) (2), déchasse par sa croisade tous les diables aquilonaires, cela ne seroit-ce pas un vrayement monstrueux mystère? Mais je ne poursuyvray plus avant ces subtilitez, de peur de faire venir envie à quelque lecteur de ce livre de se mettre de la confrairie des messatizans. Et pour conclusion diray ceci seulement, que les misomesses appelleront cest acte comme ils voudront : ou farce, ou singerie, ou mommerie (comme il a esté dict), ou bastelerie, ou sorcelerie : mais si faudra-il qu'ils confessent en la fin que jamais Pyihagoras n'eut l'esprit par ses mystériaux

(t) O dans roulet est non étymologique, mais dialectal: « o, dans la prononciation picarde, devient ou : opinion, oupignon » Corblet, Glossaire picard. « Ce qui est fréquent dans notre idiome, c'est la substitution du son ou à la voyelle o ; chouse, coûte, couton, estoumaCy faussé, goubelet, etc.y » Jaubërt, Glossaire du centre de la France,

(2) Nort dans THomas Martyr, north dans le Livre des Rois, 46.

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