CHAPITRE XXXVII
nombres d'inventer un si plaisant et si proufitable jeu. Or n'est-ce sans cause que j'allègue Pythagoras : car outre ce que nous sçavons la philosophie Pythagorique avoir eu quelques traits de subtilité semblable, nous voyons au livre intitulé La conformité de 5. François avec Jésus Christ^ Pythagoras estre nommé le premier entre les philosophes, l'exemple desquels Jésus Christ a ensuivi à bon droit, quant à avoir des disciples : au fueillet 43 de l'impression susdicte, Dubium est istud, An Dominus noster Jésus Chris tus decenter fecit Apo^ stolos eligendo, et discipulos habere spéciales volendo : quia videretur melius fore habere multos quant paucos^ et omnes quam aliquos spéciales, Respondetur quod Dominus decentissime fecit, primo volendo habere dv^ scipulos. Ratio prima : quia quum esset virtuosissimus^ aliquos ipsius adinstar aliarum imitatores habere debebat. Pythagoras, Plato, Socrates, Aristoteles (et sic de aliis), Johannes Baptista, habuerunt discipulos < quare ipse a fortiori.
Toutesfois je trouve les allégories du livre intitulé Quadragésimal spirituel (i) estre beaucoup plus miraclifiquement subtiles et procédées de plus gaillards cerveaux. Lequel Quadragésimal spirituel autrement dict Quaresme allégorie fut rimprimé à Paris Tan 1 565, et ce avec la reveue et correction de deux vénérables docteurs en la £aculté de théologie à Paris« Duquel
(i) Le Quadragésimal spirituel, cest assavoir la salade, les feU" bues frites, les poys passei^t la purée, la lamproye, le saffren, les orengeSy les pruneaux, les Jigues, les amandes, le miel, le pain, les échaudés^ le vin blanc et rouge, VYpocras, lés Invités au disner, les Cuisiniers, les Serviteurs à table, les Chambrières servant de blanches nappes, serviettes, pots et vaiselle, les Grâces après disner, le Luth ou Harpe, la Dragée, Pasquesjlories, les grands Pasques; Paris, veufue Michel le Noir (vers i52i), pet. in-40 goth. de 28 ff. non chiff. Sign. A.-G. — Autre édition pet. in-40 de 26 S. av. fig. Paris, Jehan Janot. — Autre, Paris, Jean Sainct Denys, i52i. — Autre, Jean Bonfons, i565, in-8* de SS-ff.
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j'extrairay ici quelques passages par lesquels le lecteur pourra aiseement faire jugement de tout le livre. Parlant donc l'auteur au premier chapitre de la salade qui se mange en quaresme à l'entrée de table, il dit : « Pour parler spirituelleiùent, par ceste salade qui est foicte de diverses choses, et qui met les gens en appétit, pouvons entendre la parole de Dieu, qui nous doit donner appétit et courage. » Un peu après : * Par Phuile de douceur et le vinaigre d'aigreur (qu'on met par équippollent autant de Tune que de l'autre, dedans la salade) nous pouvons entendre la miséricorde de Dieu et la justice. »
Au chap. II : « 'Après la salade les fèves frittes viennent à la bouche, par lesquelles nous devons entendre nostre confession; Quand Ion veut bien faire cuire les fèves, on les met devant tremper : autrement pas ne cuiront de bonne sorte. Si nous nous voulons' amender et corriger de nos fautes, pas ne suffit seulement se confesser à l'aventure, comme font aucuns, mais est licite premièrement mettre tremper en l'eau de méditation sa confession, en distinguant toutes ses offenses de degré en degré. » Un peu après : « Lon ne fait pas cuire dix ne douze fèves, mais toutes celles qu'on veut manger. Aussi ne faut-il pas seulement tremper, c'est à-sçavoir méditer à dix ou douze péchez, ni à dix ou douze jours : mais à toutes les offenses qu'on a commises et à tout le temps qu'on a vescu, s'il est possible d'en souvenir. »
Au chapitre m : « Le pois passé n'est pas à oublier, mes dames : vous le sçavez si bien faire qu'il est friant et de bonne comestion. Par le pois passé autre chose ne chante nostre flûte d'allégorie, sinon la vraye contrition du cueur, qui est une des parties de pénitence. Notez que le pois ne cuit pas bien de l'eau du puis ou