‹ Apologie pour HérodoteChapitre 165 sur 223 · CHAPITRE XXXVIII Siy · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII Siy

lement jaçoit que j'aye dict que c'est le mestier de S. Wendelin garder les brebis, je n'ignore pas que plusieurs maintiennent que c'est le mestier de S. Loup : mais je puis dire pour ma défense, unde versus, Windlinus custodit oves oviumque magisUros, Où il faut noter que le poète a rongné le nom de ce povre sainct pourcequ'il ^estoit trop long pour son vers. Voilà donc l'une des autoritez que j'ay suivies en assignant ce mestier à ce sainct : mais s'il est licite d'user de conjectures en telle matière, je me douterois fort que les uns n'auroyent point voulu de S. Wendelin pourceque c'est un nom qui sent son Allemand : les autres au-contraire l'ont encore mieux aimé que S. Loup, pourcequ'il leur sembloit que c'estoit une chose de mauvais présage de bailler des brebis en garde à un qui portast le nom de Loup, quelque beau sainct qu'il fust. Et de faict si S. Loup me demandoit conseil, je serois d'avis qu'il changeast son nom. Il y a aussi de la controverse touchant celuy qui garde les agneaux (car ce sont choses à part, quand on parle des saincts, garder les brebis et

pourquoi l'office de garder les oyes aurt été assigné à S. Feriol. • Villon dit, Grand testament, CLVII :

Item sera le Seneschal

Qui une fois paya mes dettes,

En recompense mareschal,

Pour ferrer oés et canettes.

Selon P. Lacroix, ferrer les oies est une expression proverbiale dans le genre de celle-ci : mener les poules pisser, c'est-à-dire se mêler des petits soins du ménage. {Dict. de Le Roux.) En tout cas les oies ne jouent point de rôle dans la légende de S. Ferréol ; on les trouve dans celle de S. Guignolet (Cambry, Voy. dans le Finistère^ t. I, 1^3 j, et dans celle de S. Rigobert.

Quant à S. Andoche, Le Duchat trouve naturel que ce nom vienne d'anaset <ïauca! Andocheus est syncopé pour avàSoveuç (Hesychius) = avfltôOYO; (Plut., Dio., i8), qui veut dire caution, et dont 'Avooxfôiiç est un climinutif (Pape-Bcnseler, Wœrterbuch). Andoche était un disciple de Polycrate d'Éphèse, et quand on Tinterrogea, il répondit pour lui et ses compagnons : Orientales homines sumus^ Acta Sanct.y 24 sept.

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garder les agneaux) : aucuns veulent dire que c'est Sainct Jan, aucuns leur donnent un autre gardien : et de vray il y a bien peu d'apparence que S. Jan garde les agneaux, pourceque la peau de lion qu'il porte, leur feroit peur. Item selon aucuns S. Hubert garde les chiens : les autres disent qu'il est seulement veneur ou chasseur, et non gardien de chiens. Item, plusieurs donnent à S. Main (i) l'office que nous avons donnée à S. Roch quant à guarir de la rongne et de la gale : mais ceux qui tiennent bon pour cestuy-ci, disent que ce titre n'a esté donné premièrement à S. Main que par des gros maraux tenans les carrefours, forgez expresseement par luy pour contrefaire le mal S. Main. Aussi quant à la guarison de la goûte que nous avons attribuée à S. Genou, plusieurs en donnent l'honneur à S. Maure. Et quant aux yeux rouges, les uns disent que c'est sainct Clair qui les guarit, les autres que c'est saincte Claire. Les autres disent que ni luy ni elle n'y entendent rien, mais que saincte Otilie (qu'on dit communeement Otlie) (2] guarit toutes maladies d'yeux. Toutesfois la bonne femme s'adressoit pour cest effect à saincte Claire, qui prioit un prestre de luy chanter une messe, où il.mist de saincte Claire pour guarir ses yeux, de S. Avertin pour guarir sa teste, et de S. Antoine pour guarir son

(i) « Mira eum (morbum) statim superstitio excepit^ quibusdam divi nescio cujus a nomine Menium vocantibus, aliis ab Jobbi scabie originem repetentibus^ quem credo in divos retulit hœc lues : haud alio creditus tune est languisse morbo Evagrius olim monachus^ cum per déserta /rigus immoderate ferens et cruda manducans papulis afficeretur. » Hutten, De guaiaci médicinal Mog., i^i9) in-4*>.

(3) Le Duchat renvoie à Munster comme pour S. Valentin. Munster ne parle pas des miracles de S^* Odile (v. p. 866 de l'édition précitée). De notre temps, M. Rolh, de Bâle, a voulu enlever Sainte Odile aux annales de l'Alsace et la reléguer dans la région des mythes {Alsatia, i856-i857). M. Taine {Journal des Débats de 1868) a suivi cette opinion, mais Odile est restée une réalité.

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