‹ Apologie pour HérodoteChapitre 164 sur 223 · CHAPITRE XXXVIII 3l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII 3l

tier, ou rataconneur de souliers. S. Wendelîn garde les brebis. S. Pelaud (selon les autres S. Pelage) est bouvier. S. Antoine est porcher. Saincte Gertrude chasse les souris. S. Honoré est boulanger. S. Eloy est mareschal. S. Hubert est veneur, autrement chasseur. S. Luc est peintre. S. Nicolas est marinier. S. George est chevalier. S. Yve est avocat. S. Anne fait retrouver ce qu'on a perdu. S. Léonard fait aux prisonniers trouver les portes ouvertes, et fait aussi que leurs chaisnes se rompent d'elles-mesmes. Outre plus il y a les saincts qui sont officiers en la cour de paradis, Tun estant portier, l'autre, archer de la garde, l'autre, valet de chambre, l'autre, maistre d'hostel, jl'autre, secrétaire, l'autre, chancelier, etc. ; mais je laisseray ce discours à quelqu'un qui aura meilleur loisir. Quant aux saincts qui sont médecins, il faut noter qu'ils ne sont pas comme nos médecins, qui font profession de guarir de toutes maladies et de plusieurs autres : ains se contentent de guarir chacun d'une. S. Eutrope (comme il a esté dict, guarit de l'hydropisie. S. Jan et S. Valentin guarissent du mal caduque (i), ou haut mal, appelé aussi le mal S. Jan. S. Roch et S. Sébastien guarissent

(i) Guérissent du mal caduque. « A Rufach en Alsace. P. 475 de la Cosm. de Munster, impr. en françois en i556. » Le Duchat. L'édition allemande augmentée, Bâle, i6i4,dit simplement que sous Silvestre II on apporta des ossements de S. Valentin à Rouffach, et qu'en looi on commença de s*y rendre en pèlerinage. C'est Materne Berler qui raconte (Code historique de Strasbourg^ t. I) qu'en looi quelques Bénédictins de France obtinrent de leur abbé la permission de se rendre en pèlerinage à Rome. Ils en rapportèrent le chef de S. Valentin. En retournant chez eux, ils arrivèrent une nuit devant Rouffach, dont les portes étaient déjà fermées. Ils se réfugièrent sur la colline voisine, d'où il ne leur fut plus possible le lendemain matin d'enlever leur relique. Ils s'y prirent de diverses façons à diverses reprises : s'ils parvenaient à la déplacer de quelques pas, le vénérable crâne reprenait de lui-même le chemin de la colline prédestinée. Les moines émerveillés coururent faire part de ce prodige aux habitants de Rouffach, qui les suivirent en masse. Il se fit sur l'heure des miracles à foison, notamment des guérisons d'épileptiques.

3l6 APOLOGIE POUR HÉRODOTE

de la peste (il est vray que selon s^ucuns S. Roch ne guarit que des rongnes et gales). Saincte Petronelle, fille de S. Pierre, guarit de toutes sortes de fièvre. Saincte AppoUonie guarit du mal des dens. S. Maturin guarit du mal de folie. S. Romain chasse les diables hors des corps des démoniaques. S. G>sme et S. Damian ne sont pas médecins, mais chirurgiens, comme nous voyons par un chef d'œuvre qui est raconté en leur légende, et aussi mentionné ci-dessus : c'est que voulans guarir la cuisse d'un de leurs amis, pour avoir plustost faict ils la lui coupèrent, et en son lieu mirent celle d'un povre Éthiopien qui s'estoit nouvellement laissé mourir, tout à propos, comme il est à conjecturer.

Les autres saincts et sainctes, médecinans et médecinantes, me pardonnent (s'il leur plaist) si je ne les enregistre point ici : car ce n*est pas que. je les desdaigne, ou que je vueille espargner le papier : mais c'est pour crainte d'entrer en la male-grace des médecins. Car s'il avenoit que quelques papicoles estons malades les laissassent pour aller ausdicts saincts, il y auroit danger qu'ils ne m'accusassent de leur avoir osté leurs pratiques. Toutesfois il y a encores un'autre raison qui me garde de poursuivre ce catalogue : c'est que ceux qui ont escrit des habilitez des saincts, ne s'accordent point. Et qu'ainsi soit, les uns disent que S. Feriol est le plus habile du monde à garder les oyes : les autres disent que c'est à faire à S. Andoche (i) : les autres asseurent qu'ils n'y entendent tous deux rien, mais que de cela il faut parler à S. Galliçet, que quelques-uns ont nommé en Latin Sanctus Gallus (combien qu'aucuns vueillent dire que ce n'est le mesme). Pareil-

Ci) s. Feriol... S. Andoche. « Ferrer les oies^ » dit Le Duchat, « est un proverbe employé par Villon, et peut-être que comme le nom de Ferriol ou Ferréol semble entrer dans ce proverbe, c'aura été la raison

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