‹ Apologie pour HérodoteChapitre 185 sur 223 · CHAPITRE XXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX

d'évangile, comme il a esté dict par-ci deyant. J'espère, lecteur, que ceci suffira pour vous foire souvenir de l'évangile diabolique appelé éternel, toutes et quantesfois que vous orrez parler de la doctrine des papicoles. Et de faict (suivant ce que j'ay tantost dict), puisque les hommes ont enduré un Contrechrist , il ne se faut pas esmerveiller s'ils ont enduré un Contrévangile.

Pour retourner à mon propos, à-sçavoir que de tout temps quelques abus ont esté descouverts, je ne doute point que si tous ceux qui les appercevoyent, en eussent voulu avertir la postérité, nous ne trouvassions maintenant un grand nombre de tels avertissemens : mais les uns n'estoyent gens qui peussent rédiger telles choses par escrit, les autres qui estoyent suffisans pour ce faire, n'estoyent assez hardis. Toutesfois encore sont parvenus jusques à nostre temps quelques livres -qui sont mesmes plus anciens de beaucoup que ceux dont j'ay tantost faict mention, èsquels on trouve en certains endroits des invectives contre le pape, ou quant à sa vie, ou quant à sa doctrine. Mais il semble qu'il soit avenu à la religion Chrestienne, ce qui est avenu aux bonnes lettres, et aux sciences : car tout ainsi qu'un peu devant nostre siècle elles ne fleurissoyent point comme elles avoyent fleuri quelques centaines d'ans auparavant, et comme elles ont fleuri depuis : aussi a esté plus grande l'ignorance quatit à la religion Chrestienne de ceux qui ont vescu un peu devant nostre siècle, qu'elle n'avoit esté du temps de leurs ayeuls, ou pour le moins bisayeuls, et qu'aussi nous ne l'avons veue depuis.

peintre Holbein avoit déjà plaisammeot représenté, comme rendant Tâme par la bouche, sous la figure d'un enfant Stulta cacantis Logicalia. Les œuvres de P. Tartaret furent réimprimées in-8<» à Lyon, Tan 162 1 {Bibliotheca Draudiiy t, I, p. 439). » Le Duchat, sur Rabelais, II, 7.

Or y a-il encores un point à noter sur ceci, c'est que quant à ceux qui ont esté voisins de nostre temps, outre ceux qui ont faict guerre ouverte aux abus et à la meschante vie du pape et de ses créatures (comme Wiclef, Jan Hus, Hiérome de Prague, et autres), plusieurs leur ont donné des assaux qui toutesfois ne faisoyent semblant d'estre ennemis de la religion Rommaine : comme il est certain que jamais on n'eust pensé que Pétrarque parmi ses escrits se fust ainsi attaché à la ville qui se disoit la saincte, jusques à dire d'elle, Gia Roma, or Babylonîa falsa e ria (i). Ce qu'il dit

(i) Ce sonnet, selon Le Dnchat, se trouve dans les éditions de Lyon, chez G. Rouillé, i538 et i564. Il y a quatre éditions signées Lyone, Rovilio : les deux premières sont de i55o et de i55i, de plus l'éd. de i55o était faite sur l'éd. de Venise, 1548.^ Voici ce que dit Quadrio de la première édition rovilienne : • È da notare che nelV edi\ione del Rovilio i55o, le Annota\ioni del Brucioli furono accorciate, forse da Luca Ant. Ridolfi che in quel tempo dimorava a Lione^ e vi furono in iscambio aggiunte quelle poche che andavano disperse per le prose o per le lettere del Bembo, nominan' done poi esse Bembo autore e tacendo il Brucioli, perché Vediiione fosse piii riputata. ■ — « Nell* edi^ione del i55i », ajoute Ferrazzi, d&ns sa Bibliogrqfia petrarckesca, Bassano, 1877, * ^^ venne affatto soppresso il nome, perché t autore era ritenuto pestifero èretico. » Brucioli avait fait de la Bible une traduction italienne, qui fut mise à l'index tra^ libri damnati di prima classe. « Pétrarque, » dit le Scali^erandy c estoit bigot, il est mort en habit de cordelier, nello stato di Vene^ia» On a fait trois commentaires sur son livre, mais ils sont chastrez : bestes de ne s'estre pas avisez, qu'il ne parle pas de Rome ut sede Papa, car c'estoit Avignon où estoit le Pape ; Rome n'estoit qu'un brigandage, et puis, potest in Ecclesiasticos dixisse ut alii. Ceux qui ont retranché les trois sonnets de Pétrarque, maie sibi sunt conscH. Il y a trente ans que Pétrarque a esté chastré. » Dans les épîtres latines, voy. le liber sine titulo, ép. 12 : omnia mendaciis plena, aer, terra, domus, turres, vici; ép. 16 : Veritas ibi dementia est...

Squarzafico nous apprend dans sa Vie de Pétrarque (in Oper., Basil., i554) que Benoît XII, non content de vouloir débaucher une sœur du poète, avait tenté de l'en rendre lui-même le marchand, sous la promesse du chapeau, et il ajoute que si l'on en croit Philelphe, c'est à cette offensante proposition que se rapporte la canzone XIX : Mai non vo' piii cantar. Jean Nevisan dit la même chose, Silva nupt., IV, 84^ mais ne dit rien de ce qu'ajoute Squarzafico, qu'ensuite la

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