‹ Apologie pour HérodoteChapitre 24 sur 223 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

Des homicides des gens d'église.

|E commenceray ce chapitre par le conte duquel j'ay faict promesse au ch. XXI, où parlant du Cordelier, le plaisir désordonné duquel cousta la vie à trois personnes, j'ay promis de raconter un acte beaucoup plus horrible d'un autre moine de ceste mesme religion, qui commit quatre meurdres de ses propres mains pour parvenir à sa maudite intention d'avoir jouissance de la damoiselle de la maison. Voici donc quelle est l'histoire. Du temps de Tempereur Maximilian premier, il y avoit en ses terres un convent de Cordeliers fort renommé : auprès duquel un gentilhomme avoit sa maison, qui portoit grande affection aux moines d*icelùy, et leur faisoit de grands biens, en espérance d'avoir part en leurs bienfaicts, jeusnes et oraisons. Entr'autres y avoit un grand et beau Cordelier que le gentilhomme avoit pris pour son confesseur, et auquel il avoit donné toute puissance en sa maison. Ce Cordelier estant devenu si amoureux de la femme du gentilhomme qu'il perdoit patience, un jour délibérant exécuter son entreprise s'en alla tout seul en la maison du gentilhomme : où ne le trouvant point, demanda à la damoiselle où il

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