‹ Apologie pour HérodoteChapitre 48 sur 223 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

d'homme, chassez-le à coups de baston. O juvencnlœ, quando vestri amatores nominant impudica^ etc. Comment se fera ceci, veu que je ne congnoy point d'homme? L'Ange respondit, Le S. Esprit surviendra en toy, et la vertu du Souverain t'enombrera (i), et pourtant, etc. Et un peu après, Il y eut une dispute qui devoit faire ceste rédemption, ou le Père, ou le Fils, ou le sainct Esprit. Il fut conclu que c'estoit au Fils à la faire. Et la raison, etc.

Que s'il est possible au lecteur d'avoir tant de patience, je le prieray de lire encore ce discours du mesme prescheur, à fin qu'il voye comment il est par tout semblable à soy-mesme, et pareillement qu'il considère comment un blasphème attire l'autre. Il dit donc au fueill. 168, col. 4, Altereatio facta est quis debebat ire ad matrem nuntiare hanc resurrectionem, Adam dixit, Mihi incumbity etc. Desquels mots, et pareillement de ce qui s'ensuit appartenant au mesme passage, voici la traduction : Il fut débatu qui devoit aller à la mère annoncer cette résurrection. Adam dict, Ceste charge m'appartient : car j'ay esté cause du mal : et maintenant aussi au contraire. Christ luy respondit. Tu t'arresterois peut-estre par le chemin à manger des figues. Abel aussi vint à dire que c'estoit à luy à faire. Christ luy respondit. Non est certainement ; car tu pourrois trouver Caïn par le chemin, qui te tueroit. Noé aussi se présenta, disant que cest honneur luy appartenoit. Auquel Christ fit response. Tu n'iras pas : car tu aimes trop à boire. Jan-Baptiste dict, J'iray moy. Christ luy dict. Non feras certes : car ta robbe n'est que de poils. Le larron dict qu'on luy devoit bailler cest office. Christ luy refusa. Car tu as {dit-il) les jambes rompues.

(i) Iniimbrabit. Rob. Estienne, Nicot et Oudin ne donnent qu'enombrager.

En la fin fut envoyé un Ange, qui se prît à chanter, Regina cœli, lœtare : alleluya, Resurrexit sicut dixit : alleluya. Et incontinent Christ vint avec tous les saincts : et la vierge, etc. Il y a bien plusieurs autres propos blasphématoires tant en ce prescheur qu'es autres (plus toutesfois en cestuy-ci) ; mais pourceque aucuns qui me viennent en mémoire présentement, sont plus tolérables que ceux-ci et que je n'ay loisir d'en cercher d'autres, je me contenteray des susdicts pour cest'heure. Au demeurant, quant aux passages de la Bible, je les ay mis de la mesme sorte qu'ils sont en Latin. Or avec quelle hardiesse ils avoyent accoustumé d'en abuser, j'ay délibéré de le monstrer ci-après.

Je vien maintenant à ceux qui blasphèment Dieu de faict aussi : ce que j'ay dict estre péculier aux ecclésiastiques, au lieu où j'ay averti le lecteur que parlant ainsi je prenois le mot de blasphémer plus généralement qu'on ne le prend ordinairement : ayant esgard à l'étymologie Grecque dont j'ay faict mention ci-devant. Car tout ainsi que celuy qui auroit mis sur sa "teste la couronne du roy duquel il seroit vassal, pour se Tattribuer, ou auroit occupé son siège royal, n'auroit moins commis crime de lèse-majesté que celuy qui auroit proféré quelque parole de mespris contre sa puissance et autorité ; ainsi me semble-il que celuy qui s'attribue la puissance divine et l'honneur divin par quelques actes, peut estre dict blasphémer Dieu. Toutesfois, d'autant que la signification de ce mot n'a accoustumé d'estre estendue si avant, je ne disputeray beaucoup s'il est licite d'en user ainsi ; mais me suffira d'avoir donné à entendre pour quelle raison j'ay ainsi usé de ce mot. Et mesme si quelcun trouve meilleur que j'appelle cela Crime de lèse-majesté divine, je m'accorderay aiseement avec luy. Quant aux exem-

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