CHAPITRE XXV gS
nateur de la terre. (Car il met, agnum dominatorem terrcBy) Et au 45, Vous, cieux, envoyez la rosée de dessus, etc. Et au 64, O si tu desrompois les cieux, et que tu descendisses : à fin que les montagnes s'escoulassent de ta présence. En après les prophètes envoyent Moyse, Exode, chap. 4, Obsecro, Domine, mitte quem missurus es. Je te prie, Seigneur, envoyé celuy que tu envoiras. Cest à dire, Tu m'as envoyé parcidevant, mais c'a esté pour une particulière délivrance : envoyé maintenant pour la délivrance générale. Puis les rois envoyent David, lequel parla ainsi. Seigneur, monstre nous ta miséricorde, et nous donne ton salut. Aaron vint après tous ceux-là, envoyé par les prestres, et parla ainsi, Seigneur, baisse les cieux, et descen. La dernière qui vint, fut Téglise, qui dict. Excite ta puissance et vien ; ô Seigneur, lève-toy. Or voyans ces patriarches qu'on ne leur ottroyoit leur requeste, ils envoyèrent des femmes. Premièrement vint madame Eve, qui usa de ce language. Tu nous a condamnées pour nostre péché : mais, ô Dieu, n'aye point esgard à cela : délivre-moy de cette obscure prison. A laquelle Dieu fit response, Eve, tu as péché : tu n'es pas digne de mon fils. La seconde fut madame Sara, qui dict, O Dieu, aide-nous. A laquelle Dieu respondit, Tu n'es pas digne : car tu as esté incrédule touchant ton fils Isaac. La troisième fut madame Rebecca : et Dieu luy dict. Tu t'es monstrée partiale en Jacob et Esaû. La quatrième, madame Judith : à qui Dieu respondit. Tu as esté meurdrière. La cinqiiième, madame Esther : à qui il dict. Tu as trop aimé la vanité par ta gloire, quand tu t'attifois pour plaire à Assuère. En la fin fut envoyée la chambrière de l'aage de'quatorz'ans : laquelle tenant la veue basse et toute honteuse s'agenouilla, et puis vint à dire, Que mon bien-aimé vienne en son jardin, à-fin qu'il mange du fruict de ses pommes. Le jardin fut le Il 12
ventre virginal. Or le fils ayant ouy ces paroles, dict à son père, Mon père, j'ayaimé ceste-cidès ma jeunesse, et ay cerché les moyens de Tavoir pour mon espouse. A rinstant mesme Dieu le père appela Gabriel, et luy dict, O Gabriel, va t'en vistement en Nazareth à Marie, et luy porte et présente de ma part ces lettres : et luy di que je la choisi pour mon espouse. Et le fils ajousta, Dite-luy de ma part que je la choisi pour ma mère : et que je prendray corps de ses entrailles : et je seray son fils, et elle, ma mère. Présentez-luy ces lettres. Après ces deux parla ainsi le sainct Esprit, Et j'habiteray en elle, et elle sera mon temple. Présentezluy ces lettres de ma part. Gabriel estant arrivé vers elle, luy dit, Ave gratia plena : Dominus tecum. Ab a (quod est sine) et ve^ culpa : immunis a triplici ve : de quitus Apoc, 12, Ve ve ve habitantibus in terra. Gratia plena, Hieronymus, Bene, Gratia plena, quod cœteris per partes^ etc, Oyant les paroles de TAnge, elle fut troublée. Or avoit-elle avec soy trois damoiselles, Prudence, Virginité, Humilité. Elle s'adressa donc premièrement à Prudence, pour avoir son conseil, disant, O ma compagne, dite-moy qu'il vous semble que je doy faire. Prudence respond, Marie, je considère ce qui est escrit au 29. chapitre de V Ecclésiastique, Qui croit de léger est volage de cueur. Et pourtant est bien-dict. Marie pensoit en soy-mesme quelle estoit ceste salutation. Ecclésiastique, chap. 32, Audi tacens, et pro rêver entia accedet tibi bona gratia, Escoute en te taisant, et pour révérence te viendra bonne grâce. L'Ange voyant qu'elle estoit ainsi troublée, luy dict, Marie, ne craignez point. Pourquoy craignez vous ? La vierge demanda conseil à sa seconde damoiselle, à-savoir Virginité. Laquelle luy dict, Marie, demandez à l'Ange le moyen d'avoir cest enfant, et s'il vous dit que ce sera par le moyen de la semence