‹ Apologie pour HérodoteChapitre 82 sur 223 · CHAPITRE XXXI î6l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI î6l

ver-galand. Ipse erat unus puer plenus suo ifelle, i^ersatilis, eic.y qui quando venit ad cognoscendum seipsum, suant fortitudinent , suam juventutem, suant pulchritudinem, et quod sanguis ascendit frontem^ sa force, sa jeunesse, sa beauté : et que le sang luy fut monté au front : venit ad patrent resolutus sicut papa, et dixit eiy Pater, da rnihi, etc, Pater , sumus tantum duo filii : ego non sum bastardus : et sic, quando pla-ceret Deo de feire tant pour vos enfans que allissiez de vie à trespas, non exhceredaretis me, sed haberem partent nteam sicut frater meus. Scio consuetudines et leges patriœ, quod te vivente nullumjus habeo in bonià ve^tris : tamen sum filius vester, et me amatis : rogo detis, etc. Un peu après, Quand ce fol enfant et malconseillé habttit suam partem de hœreditate, non eràt quœstio de portando eam secum, ideo statim il en a faict de la cliquâille (i) : il la fait priser, il la vend : et ponit la vente in sua bursa. Quando vidit tôt pecias argenti simul, valde gavisus est, et dixit ad se^ Ho, non manebitis sic semper, Incipit se respicere. Et quomodo? vos estis de tam bona domo, et estis habillé comme un belistre. Super hoc habebitur provisio, Mittit ad quœrendum les drappiers, les grossiers, marchans de soye, et se fait accoustrer de pied en cap : il n'y a voit que redire au service. Quando vivit, émit sibi pulchras caligas d'escarlate, bien tirées, la belle chemise froncée sur le colet, le pourpoint fringuant de velours, la tocque de Florence à cheveux pignez. Ei quando sensit ce damas voler sur le dos, ut sensit hune damascum volantem supra dorsum, hcec secum dixit, Oportetne mihi aliquid? non, etc. Or me faut-il rien?

(i) « Vieux mot populaire pour monnaie. > N06I. La Cume ne mentionne pas ce sens et attribue à tort I& ▼ak'iante clinquaiîle à V Apologie pour Hérodote.

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Non : tu as toutes tes plumes : il est temps de voler plus loing. Et puis il raconte comme il disoit qu'il luy faloit aller voir le monde, et que ceux qui n'auront jamais bougé d^entre les bras de leur mère ne seront que niais et begaux. Brief, qui ne fréquente pays, nihil videt. Mon père m'a avalé la bride sur le col, pater meus laxavit habenam supra collum» Puis il récite comment allant par pays il faisoit banquets aux uns et aux autres, et tenoit table ronde, ayant tousjours par les hosteleries des joueurs de farces, et des garces et truandes. En fin, comment postquam nihil amplius erat fricandum, quand il n'y eut plus que frire, mittitur puîchra vestis domini bragantis, caligœy bombicinium : quisque secum ferebat peciam de monsieur le bragard (i), chausses et pourpoint : chacun en emportoit sa pièce : ita quod in brevi tempore mon galand fut mis en cueilleur de pommes, habillé comme un brûleur de maisons, nu comme un ver, etc. ; à grand' peine luy demeura sa chemise, nette comme un torchon, nouée sur l'espaule, pour couvrir sa povre peau : si bien l'avoyent entretenu en sa prospérité et en ses pompes ses galoises.

Pareillement au chap. vu de S. Jan nous lisons seulement que les principaux sacrificateurs envoyèrent des officiers pour prendre Jésus Christ, après qu'il eut crié au temple : « Et vous me congnoissez et sçavez » d'où je suis, et ne suis point, » etc. Et qu'il dict à ces officiers : « Je suis encore pour un peu de temps

(i) Bragard^ fier de ses bragues ou de ses hauts-de-chausse. Porter des bragues était, aux yeux de ceux qui n'en avaient point, une espèce de distinction, la marque d'un état supérieur et un motif de vanité. C'est ainsi que gorffias, qui s'est dit d'abord d'une fraise, a été employé pour magnifique, et que le mot rouge désigna un homme fier, parce que le rouge était une couleur affectée à l'habillement des chevaliers et des docteurs. Par opposition, trumelier se prit pour paysan, fripon : au propre, celui qui montre ses trumeaux ou sçs cuisses.

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