‹ Apostolat opportunChapitre 1 sur 64 · I. Jésus-Christ est nécessaire au monde · texte numérisé non relu

I. Jésus-Christ est nécessaire au monde

Vous avez une dme, et cette àme a une destinée qui ne se peut régler en dehors de Jésus-Chri^l

Vous disparaîtrez demain. Mais la mort n'est pas le néant; elle est la conclusion de la vie présente et l'inauguration de la vie future. Or, dans cette vie future, qui vous recevra et vous mettra à votre place? Toutes les voix de la terre faisant silence, vous devrez répondre à la voix de votre Juge, et ce Juge a un nom, il s'appelle Xotre-Seigneur Jésus-Christ. Jésus-Christ est le roi des âmes.

Vous avez une intelligence, et cette intelligence pose des questions que Jésus-Christ seul peut résoudre. Pour comprendre ce que vaut la doctrine de Jésus-Christ, il suffît de contempler ceux qui prétendent s'en passer. « Les absurdités où ils tombent en niant la religion, dit Bossuet, deviennent plus insoutenables que les vérités dont la hauteur les étonne, et pour ne vouloir pas croire àdes mystères incompréhensibles, ils suivent l'une après l'autre d'incompréhensibles erreurs. » Jésus- Christ est le docteur des intelligences inquiètes.

Vous avez une volonté, et cette volonté a des défaillances que Jésus-Christ seul peut guérir. L'honnête homme sans religion se trace, je le sais. un programme de dignité morale. Mais, en présence des mille tentations qui le secouent par le dedans et qui l'assiègent par le dehors, la force lui manque, et sa vertu unit parce que Dieu seul ne finit pas. Et la parole de l'incomparable Bossuet

APOSTOLAT OPPOR'ITN

me revient ici encore à la mémoire : « On est saisi d'horreur et de tremblement, dit-il, quand on voit ce que peut faire et ce que fait l'oubli de Dieu, et cette terrible pensée de n'avoir rien sur sa tête. » Cherchez, en dehors de Jésus-Christ, quelque chose qui vous domine, qui vous règle, qui vous arrête, qui vous relève ! Il n'y a rien ou à peu près rien. Jésus-Christ est le régulateur des volontés chancelantes.

Vous avez un cœur, et dans ce cœur il y a des meurtrissures que Jésus-Christ seul peut toucher de sa main caressante et divine. La fortune vous abandonne, la maladie vous visite, la calomnie décbire votre nom, les Heurs qui ombrageaient les berceaux se flétrissent, des tombes se creusent, des ruines se font, des abîmes s'ouvrent, des sources intarissables de larmes jaillissent de votre cœur percé de mille glaives. 0 hommes, atteints dans vos biens, blessés dans votre honneur, dans votre chair, dans vos affections les plus légitimes el 1 s plus saintes, qu'allez-vous devenir? dans quels bras vous précipiter? Jésus-Christ, qui compte tant d'ennemis parce qu'il est pur, parce qu'il est impitoyable pour l'orgueil et pour le mal impénitent, Jésus-Christ a cependant un immortel défenseur, un complice impérissable qui assure son empire ici-bas... c'est le pauvre cœur humain, ce

sont nos yeux mouillés de larmes! L'impiété n'a jamais consolé personne. Jésus-Christ est le consolateur des cœurs meurtris.

Et puis vous n'êtes pas seul au monde. Vous appartenez à une famille. Or, si votre famille échappe à Jésus-Christ, en sera-t-elle plus unie, plus morale, plus heureuse? A-t-on jamais vu les foyers se tenir debout sans s'adosser aux autels? A-t-on jamais vu la jeunesse déserter les croyances et les pratiques religieuses pour devenir plus chaste, plus disciplinée, plus amie du devoir? Non. Lorsque Jésus-Christ s'en va d'une jeune âme, ce sont les passions qui le remplacent. Lorsque la foi baisse dans vos maisons, ce n'est pas la vertu qui monte. En cessant d'être chrétienne, la famille n'a rien à gagner et a tout à perdre. Jésus-Christ est le conservateur et le restaurateur du foyer domestique.

Plus haul que la famille, il y a la patrie. Vous appartenez à une patrie. Et ce qui fait la prospérité d'un peuple, c'est d'abord son niveau moral. L'abaissement du niveau moral est le signai et la cause de la décadence même matérielle. Or, ce sont les fortes croyances qui font les bonnes mœurs. C'est Jésus-Christ qui élève le niveau moral. — Ce qui fait ensuite la prospérité d'un peuple, c'est l'amour fraternel entre tous les citoyens. Si bien

ajustés que soient les engrenages d'une machine, ils grincent et se brisent dès que l'huile n'adoucit plus leur mouvement. Si bien appareillées que soient les pierres d'un édifice, tant que le ciment ne les relie pas, elles ne forment qu'une juxtaposition de matériaux sans cohésion et sans solidité. L'huile de la machine, le ciment de l'édifice social, c'est la charité, et la charité vient de Jésus-Christ. — Tout cela est vrai surtout de notre pays. C'est par Jésus-Christ que la France s'est établie. C'est loin de Jésus-Christ que la France s'est perdue. C'est en revenant à Jésus-Christ que la France retrouvera sa grandeur et sa gloire. La religion ne nous menace pas, elle nous manque. Nous mourons d'inanition religieuse. La patrie baisse non parce qu'elle est catholique, mais parce qu'elle ne l'est pas assez. Jésus-Christ est l'agent nécessaire du relèvement national.

Au-dessus de la patrie, il y a l'humanité. Vous appartenez à une humanité, <) une civilisation. Oui a fait cette civilisation, sinon Jésus-Christ? Son berceau est le point d'arrivée de l'ancien monde, et le point de départ du monde nouveau ; quarante siècles y conduisent, vingt siècles en descendent. La source est petite, quasi imperceptible; tout sort de là. Depuis qu'a paru l'enfant de Bethléem, des millions d'hommes ont versé

leur sang pour attester sa divinité et proclamer ses bienfaits. Depuis qu'il a paru, les lettres, les arts, les mœurs, les lois se sont épurés et attendris. Depuis qu'il a paru, l'esclavage a commencé de briser ses chaînes, et ce sont ses disciples qui en ont dispersé peu à peu les sanglants anneaux. Depuis qu'il a paru, la femme, l'enfant, le pauvre, les petits, toutes les faiblesses ont été réhabilitées... l'apôtre, le martyr, la vierge, le saint, toutes les beautés morales, toutes les vertus héroïques ont germé comme une moisson d'or dans l'humanité. 11 a fait des hommes nouveaux et des sociétés nouvelles. Il a créé une civilisation qui porte son nom. Jésus-Christ est Fauteur de notre civilisation.

Jésus-Christ est nécessaire au monde.

Rien ni personne ne peut remplacer Jésus-Christ.

11 y a des hommes cependant, nés d'hier et promis à la mort pour demain, qui ont l'étrange et folle prétention de discuter Jésus-Christ, de le détrôner et de le remplacer. Qui s< m /-il 's ces hommes et quelle insolence est la leur? Leur intel-

ligence mesure-t-elle un horizon plus vaste que le sien? Leurs pensées ont-elles réalisé dans le monde plus de bien que les siennes? Leurs vertus sont-elles plus grandes, leurs mœurs plus chastes, leur autorité plus haute? Et à eux seuls, l'amassés dans un jour et dans une idée, pèsentils autant que le Christ avec les siècles et les œuvres qui émanent de Lui? Non, mille ibis non. Les ennemis de Jésus-Christ nont que des négations et des blasphèmes sur les lèvres. Ils détruisent, ils n'édifient pas. Ils amassent des ruines sur le sol; ils n'y jettent aucune semence de vie. Quand l'impiété aura fait la dix-millionième partie du bien que le Christ a fait ici-bas, je lui reconnaîtrai le droit de le discuter et je lui passerai l'ambition enfantine de le remplacer. Jusque-là je la récuse, et je reste agenouillé, reconnaissant, attendri devant la divine ligure de Jésus- Christ.

Rien ne peut le remplacer. On a essayé, on essaie encore aujourd'hui, on aboutit à des déceptions, à des énormités. Et voilà tout.

Ils éteignent la foi en Jésus-Christ, et avec elle toutes les lumières supérieures qui scintillent au firmament de l'humanité chrétienne. En verronsnous plus clair?

Ils expulsent Y Évangile de Jésus-Christ. Pensent-

ils sérieusement que le monde puisse vivre des négations de Renan et des obscénités de Zola?

Ils abattent la croix de Jésus-Christ. Quel mal leur a-t-elle fait? Et pourquoi supprimer ce signe adorable du dévouement, cette unique espérance de ceux qui pleurent?

Ils ferment les écoles de Jésus-Christ. Que fontils de la liberté? Pourquoi meurtrir de la sorte le cœur des pères et des mères? Et où donc trouver assez de locaux, d'argent, de dévouements pour suffire à l'éducation de l'enfance et de la jeunesse?

Ils chassent les ministres de Jésus-Christ, les âmes consacrées à Jésus-Christ. Mais c'est la fleur de l'humanité qui s'en va; et qui aurons-nous désormais pour prier, pour prêcher, pour absoudre, pour enseigner, pour se dévouer héroïquement? Et puis, même au point de vue matériel, a-t-on prévu que l'on fait souffrir beaucoup de professions, que l'on prend à l'ouvrier son travail, et ses meilleurs clients à l'architecte, au commerçant, à l'entrepreneur, à l'artiste?

Ils veulent se passer de la religion de Jésus- Christ. Mais, en dehors du ebristianisme, ils n'ont pas un système qui tienne, pas même assez de pierres pour édifier un pan de mur, un abri. « Ils n'ont pas même de quoi établir le néant auquel

ils espèrent après cette vie, et ce misérable partage ne leur est pas assuré. » Ils démolissent sans pouvoir reconstruire.

Ils parlent de justice, de bonté et de solidarité. Mais, en dehors des pays où la croix est plantée, on ignore ces biens, et on les perd dès qu'on s'éloigne de Jésus-Christ.

Ils parlent de liberté, d égalité et de fraternité. Mais ce ne sont là que de vaines paroles, si on les isole de l'Evangile qui seul peut en faire des réalités vraies, vivantes et agissantes.

Ils parlent des droits de F homme. Mais les droits de l'homme sont inférieurs, postérieurs et conséquents aux droits de Dieu, et c'est Jésus- Christ qui, en promulguant les droits de Dieu, a restauré les droits de l'homme.

Ils parlent de paix, d'ordre, de progrès social. Mais ce sont là des fruits du christianisme, et on ne peut pas avoir les fruits en déracinant l'arbre qui les porte. Tourner contre le christianisme tous les progrès, toutes les lumières, toutes les forces qui viennent du christianisme, c'est une souveraine démence et une souveraine ingratitude, c'esi vouloir garder les effets en supprimant la cause, c'est en quelque sorte lapider Jésus-Christ avec ses propres dons.

Jésus-Christ est nécessaire au monde; rien ni

personne ne peut le remplacer, c'est l'évidence même ; aussi, malgré toutes les attaques, la religion de Jésus-Christ vit. résiste, avance.

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