AUJOURD HUL L EGLISE NA PAS ASSEZ DE PRETRES
prêtres-docteurs. Et puis, à quoi servirait-il d'avoir des pasteurs dans toutes les paroisses, des prédicateurs dans toutes les chaires, des apologistes même et des docteurs, si l'enfance et la jeunesse étaient mal élevées? Pour sauver l'âme des enfants, pour diriger nos maisons d'éducation chrétienne, pour distrihuer aux générations qui naissent l'érudition classique et scientifique, l'enseignement secondaire et supérieur, il faut à l'Eglise des prêtres-professeurs. Et enfin, pour propager la foi au milieu des pays idolâtres, pour aller à travers les continents et les mers arracher à l'esclavage et à l'ignorance les païens abrutis, pour aller dans l'Extrême-Orient ramasser et baptiser les pauvres enfants abandonnés, pour aller dans le Levant organiser des écoles, allumer dans ces écoles le double flambeau de la science et de la la foi et souffler le double amour de la religion et de la mère-patrie, il faut à l'Eglise des piètres-missionnaires. Pour exercer son ministère pastoral, son ministère apostolique, son ministère doctoral, pour sauver la foi à l'intérieur et la propager à l'extérieur, il faut à l'Eglise des prêtres. Au milieu de nos luttes religieuses contemporaines, souvent on a entendu les ennemis de l'Eglise dire qu'ils en voulaient non h la religion, mais au clergé ; la distinction est peut-être
habile, elle n'est certainement pas sincère. Car il n'y a pas de religion sans sacerdoce, et le jour où le clergé disparaîtrait, ce serait la fin du règne de Dieu et de l'existence de l'Eglise sur la terre. Là où est le prêtre, là est la vie de l'Eglise. Il faut à l'Eglise des prêtres, et il lui en faut beaucoup.
Elle n'en a pas assez. Dans les campagnes que de paroisses sans curés, que de vicariats sans titulaires! Vous savez ce que sont nos campagnes. Les hommes y sont absorbés par le travail, courbés sur la terre. Otez le prêtre : que reste-t-il? par quoi le remplacerez-vous? où sera le rayon céleste qui planera sur un village? Otez le prêtre, et vous verrez bientôt les âmes se matérialiser et se corrompre, et nos fortes populations rurales, rempart de la société, en deviendront la terreur. Elles seront la proie du mauvais journal,,de l'instituteur sans Dieu et du politicien sans conscience. Or c'est à grand'peine que nous leur envoyons des prêtres. Il n'est pas rare de voir des curés de campagne chargés de deux, trois ou quatre paroisses, impuissants par conséquent à les évangéliser comme il faut ; il n'est pas rare de voir de jeunes prêtres qui ont des binages, qui font doubles prônes, doubles catéchismes, qui s'exterminent dans un ministère écrasant et... insuffisant.
Dans les villes la situation est différente, mais