LES MISSIONNAIRES ET LES MISSIONS CATHOLIQUES
çaises. Ce sont les meilleurs enfants de la France.
(Test nous qui envoyons aux peuples païens le plus (le missionnaires, et les meilleurs, «les plus hardis, les plus gais, les plus entreprenants, les plus féconds », comme disait Pie IX. C'est toujours à la France que s'adressent les Évêques de la Chine, de l'Océanie, de la Corée, du Japon... à la France qu'ils demandent des prêtres. Notre diocèse de Versailles en donne peu, parce qu'on ne va pas chercher des infidèles au delà des mers quand on en a à sa porte. Mais d'autres diocèses sont plus riches que le nôtre en vocations. C'est ainsi que Nantes a près de deux cents prêtres dans les missions; Rodez, près de trois cents; Lyon, quatre-vingts; Besançon, cinquante, et Gap, quarante. Où les missionnaires français ne sont-ils pas? Ce sont eux qui ont introduit et acclimaté le catholicisme aux Etats-Unis. Au Japon, les missionnaires français ont devancé les marins et les soldats, les ingénieurs et les marchands de tous pays pour apporter dans cette terre jadis immobile et impénétrable le premier germe de la civilisation, le christianisme. Et en Afrique? Ce sont encore nos missionnaires qui précèdent ou accompagnent nos explorateurs et nos soldats.
Et à côté du prêtre français qui annonce la
APOSTOLAT OPPOKTLN. — 14.
parole de Dieu et qui administre les Sacrements, partout se rencontre la religieuse française qui soigne les malades, secourt les pauvres, élève les orphelins et instruit les enfants. La plupart des fondatrices des ordres religieux féminins en Amérique sont parties de nos plages, et quoique maintenant leurs héritières soient des Américaines, elles ont continué : Sœurs de Saint- Vincent-de-Paul, Dames du Sacré-Cœur, Petites Sœurs des Pauvres, elles ont continué de revêtir un costume français, de suivre une règle française, d'obéir de loin à une supérieure française. Voici par exemple la Congrégation de Saint-Joseph de Cluny. Elle est répandue partout, surtout dans les colonies françaises et dans les populations nègres. Elle a été fondée en 1806 par une femme, Mme Javouhey, morte en 1848, dont Chateaubriand a pu dire : « Cette femme est un grand homme! » Quel grand homme, en effet, que cette fille d'un simple cultivateur bourguignon qui fonda cent vingt-cinq établissements, dont quarante-deux en Afrique, aux Antilles, en Asie, en Océanie, qui portent d'un pôle à l'autre le nom de Jésus-Christ et le nom de la France, et qui enseignent aux pauvres nègres l'agriculture en même temps que la religion î Vraiment, à la vue de tant de femmes grands hommes qui, non contentes de combattre la bar-
ET LES missions CATHOLIQUES 211
barie en Europe, vont l'attaquer aux extrémités du inonde, on ne peut s'empêcher de dire : « Si malade que soit la France, elle ne peut ni périr, ni faillira sa haute mission dans l'œuvre de la restauration universelle. »
II. Ce sont les meilleurs enfants de la France qui vont porter l'Evangile à l'étranger. Et comment, de quoi vivent-ils là-bas, sur les plages lointaines? Le Gouvernement anglais envoie tous les ans des millions à ses colporteurs de Hibles . Nos missionnaires se contentent de peu et n'ont pas une famille à nourrir comme les prédicants anglais. Cependant ils ont beau se réduire au strict nécessaire et vivre à la sauvage, il faut de toute nécessité que l'Europe vienne à leur secours. Et ici encore apparaît en première ligne le dévouement de la France, qui se manifeste dans des œuvres vraiment admirables.
L'Œuvre de la Propagation de la Foi est essentiellement française. Elle a été fondée en 1820 par une humble iille de Lyon, Pauline-Marie Jaricot. Elle demande à ses associés un sou par semaine, et ce petit sou de l'homme du peuple et de l'ouvrier, multiplié par la charité, a produit depuis 1820 près de quatre cents millions, dont trois cents ont été recueillis en France. L'année
même où la France payait des milliards à la Prusse victorieuse, elle donnait un million de plus pour l'extension des missions. Cet or généreux est un prêt fait à Dieu, et notre confiance est qu'à ce prix il nous rendra à nous la Foi que nous procurons si libéralement aux autres. Dans cette charité princière, il n'y a rien d'officiel, rien d'imposé, rien de gouvernemental. Ce n'est pas l'Etat qui va chercher dans la poche des contribuables l'argent dont vivent les missions. Ce sont les catholiques, riches et pauvres, qui librement versent leur obole pour l'évangélisation des infidèles. On nous parle de solidarité! Je n'en connais pas de plus sérieuse, de plus belle, de plus grande que celle qui fait que nous nous intéressons à ce qui se passe à nos antipodes, que nous prions pour des âmes dont des milliers de lieues nous séparent, que nous sentons pour des païens inconnus une irrésistible pitié et que, pour eux, nous faisons des sacrifices. 0 splendeur de la charité catholique ! L'épargne d'une pauvre apprentie sert à procurer à un sauvage d'Afrique le pain du cœur et de l'intelligence !
L'Œuvre de la Sainte Enfance est encore une u'uvre essentiellement française. Elle a été fondée en 1843 par Mgr de Forbin-Janson, évoque de