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écueils. Qu'allez-vous lui donner? La science? vous allez entasser sur ce frôle esquif l'algèbre, la physique, la chimie. « (Test une plaisanterie, répond M- Bougaud, autant mettre une halle de plomb dans le calice d'une fleur pour porter la rosée du ciel. » La science est utile à tous,- mais elle ne suffit à personne, à la femme moins encore qu'à l'homme. Une jeune pensionnaire de dix-huit ans, qui devint tristement célèbre sous le nom de M"" du Deffand, comparaissait un jour devant Mas sillon, à qui l'on demandait quel livre il fallait lui donner pour l'instruire : « Elle est charmante, répondit l'illustre orateur, mais elle n'a pas le sens commun. Donnez-lui un catéchisme de cinq sous. » Il faut mettre la religion avant tout dans l'esprit de la femme, dans son cœur, dans sa volonté, dans son imagination, dans sa vie. Quand l'irréligion aura arraché Dieu de son âme, quand elle n'aura plus de prières, plus d'espérances immortelles, plus de foi à sa mission divine, cette jeune fille sera-t-elle plus gracieuse, cetle épouse plus fidèle, celle mère plus dévouée? Aveugles, n'allez pas secouer les colonnes du Temple, vous seriez écrasés sous les ruines ! N'allez pas éteindre la llamme de l'idéal sur le front de vos filles, de vos épouses et de vos mères, vous retomberiez dans la nuit! On a dit : « Si vous faites des femmes
religieuses pour des hommes qui ne le sont pas, vous préparez le schisme dans le ménage ». Belle raison en vérité ! C'est comme si l'on disait : Si vous élevez des filles riches pour des maris pauvres, vous créez l'inégalité dans le ménage. A cela nous répondons : au lieu d'appauvrir la femme, enrichissons les maris. Que la femme soit chrétienne, et elle élèvera l'homme à sa hauteur en le christianisant. Elle a dans son cœur une puissance de rayonnement extraordinaire, et, possédant Dieu, elle le donne. Elle a besoin de la religion pour elle-même, et elle en a besoin pour les autres.
II. C'est trop peu d'ailleurs que la femme soit chrétienne. Il faut qu'elle soit pieuse. La placé nous manque ici pour tout dire. Nous voulons seulement rappeler que les trois sources de la piété sont la messe, la visite au Saint-Sacrement et la communion. L'assistance à la messe. Pendant son séjour à Laghouat, le général de Sonis ne manquait jamais d'assister à la messe en semaine. L'illustre O'Connell, malgré sa vie surchargée, resta constamment fidèle, lui aussi, à cette pieuse habitude, et le dominicain Burine affirme que ce qui a contribué à faire de lui un prêtre, c'a été de voir l'attitude, pendant la me^se,
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de ce grand orateur. Ces exemples de piété donnés par des hommes nous autorisent à demander aux femmes une ferveur au moins égale. Nous leur recommandons Instamment le culte de l'Eucharistie, l'assistance à la messe, et la sainte Communion. Mgr Dupanloup, écrivant à ses prêtres, leur disait : u Plus vous aurez de personnes, communiant souvent et communiant bien, plus il y aura de piété dans la paroisse ; et plus il y aura de piété, plus il y aura de christianisme. » Et ce grand évoque, qui avait un cœur et un style d'apôtre, ajoutait : «< Gomme il n'y a pas de corps vivant sans cœur, il n'y a pas de paroisse vivante de la grande vie chrétienne sans un certain nombre d'âmes saintes, intérieures, très pures, très adonnées à la prière, très recueillies, et qui en forment comme le cœur. Ce sont les Ames qui louchent Notre-Seigneur et attirent ses grâces. Ce sont elles qui, par l'exemple éclatant des grandes vertus, excitent à la pratique au moins suflisante des vertus communes. Ce sont elles qui relèvent, qui font reluire l'idéal effacé de la vie chrétienne ; elles qui sontl'âme des bonnes œuvres, les auxiliaires du pasteur, les zélatrices de tout bien... Mais, pour que ces personnes soient nourries à l'intérieur, et que leur vertu bien fortifiée puisse durer et croître, elles ont besoin de
l'aliment surnaturel et fréquent de la divine Eucharistie. Ces personnes, je le redis, seront le cœur d'une paroisse ; mais pour cela il faut que Xotre-Seigneur soit leur cœur à elles, c'est-à-dire qu'elles le reçoivent souvent et avec grande ferveur dans la sainte Communion. C'est alors et seulement alors, qu'elles vivront de la pleine vie de Jésus-Christ, et que, répandant avec abondance cette vie divine autour d'elles, elles dilateront de plus en plus le vrai christianisme dans les paroisses qui auront le bonheur de les posséder. » Ces paroles tombées de si haut nous dispensent d'en dire davantage. Nous voulons seulement faire remarquer que l'illustre et saint Evoque d'Orléans ne sépare pas la vie pieuse de la vie parfaite et qu'il demande à la vraie piété de se traduire par de vraies et grandes vertus. Nous réclamons donc des femmes pieuses un grand esprit de charité, une extrême bienveillance dans les jugements, une profonde humilité, une patience à toute épreuve, une docilité parfaite, eu un mot l'abnégation chrétienne la plus étendue. Sans doute la perfection n'est pas de ce monde... mais l'effort vers la perfection est inséparable de toute piété sérieuse, et Dieu serait trompé dans sou attente et frustré dans ses exigences si les âmes qu'il inonde de ses grâces se contentaient d'une vertu médiocre et languissante.
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III. La femme chrétienne et pieuse devient nécessairement zélée, et elle trouve dans l'apostolal un excellent moyen des anctification et de progrès spirituels. Elle se fait du bien à elle-même, en faisant du bien aux autres. Il y a des Ames brisées Dar la douleur; elles se noient clans leurs larmes; elles traînent sous leurs vêtements de deuil une <\\istence désolée et découragée. Qu elles agissent; qu'elles s'enrôlent dans nos œuvres catholiques; et elles souffriront moins en agissant davantage.
Il y a des âmes tentées. Elles ne voudraient pas, pour un empire, blesser le cœur de Dieu; mais les sollicitations du péché les harcèlent sans cesse. Qu'elles se livrent aux bonnes œuvres, et elles échapperont aux assauts de la tentation par les élans du zèle.
Il y a des à mes inoccupées. Quand elles ont accompli leurs devoirs de piété et leurs devoirs d'état, il leur reste de longs loisirs dont elles ne savent que faire et qu'elles abandonnent à de creuses frivolités. Elles sont la proie d'un inexorable ennui, et elles gaspillent un temps précieux. Qu'elles ('coûtent la voix du Père de famille, du chef de la paroisse qui, en toute charité, leur dit : « Et vous aussi, allez donc travailler à la vigne du Seigneur ».
Il y a des âmes scrupuleuses, préoccupées au
plus haut point de la recherche de la volonté divine et craignant toujours de ne pas la connaître, assez absorbées, d'un coté, par de pénibles retours sur un passé dont elles déplorent les erreurs et, de l'autre, par des appréhensions sur un avenir dont elles redoutent les pièges. Ces âmes sont à plaindre, car elles sont privées de toute confiance, de toute joie, de toute paix, et comme noyées dans une incurable tristesse. Leur influence est d'ailleurs peu salutaire; elles donnent à la piété un caractère morbide et repoussant. Qu'elles se précipitent dans l'action. En s'occupant des autres, elles s'oublieront elles-mêmes. Le scrupule vit de l'attention que nous lui donnons ; il meurt quand nous n'avons pas le temps d'y penser. Il y a aussi des âmes trop heureuses au point de vue naturel et humain. Comblées des dons de la fortune et des joies du foyer, elles ont besoin de s'imposer des sacrifices volontaires, de prouver à Dieu leur reconnaissance et de se faire pardonner devant les hommes la félicité exceptionnelle dont elles jouissent sans l'avoir méritée. Ces" femmes privilégiées demanderont à l'exercice du zèle la rançon de leur bonheur surabondant, et elles trouveront l'apaisement et la sécurité de la conscience dans les bonnes œuvres spontanément entreprises et laborieusement conduites.