I. Nous décidons d'abord que tous les fidèles du
diocèse de Versailles seront invités à participer selon leurs ressources à lïcuvre du Denier du culte. C'est pour eux un devoir d'honneur, non moins que de religion et de justice. Et quand nous
disons tous les fidèles, nous entendons par là non seulement les catholiques pratiquants, mais encore les catholiques plus ou moins indifférents qui, sans pratiquer la religion tout entière, désirent cependant se réserver à eux et à leurs familles la possibilité de la pratiquer. De même qu'il y a beaucoup de Français qui ne sont pas fidèles à toutes les lois de leur pays et qui pourtant ne veulent pas abdiquer leur nationalité, ainsi beaucoup de catholiques ont la ferme volonté de ne pas apostasier, bien qu'ils soient infidèles à certains préceptes de leur religion. Ils tiennent obstinément aux actes religieux fondamentaux, tels que le baptême, la première communion, le mariage à F église, les funérailles religieuses, l'administration des derniers sacrements, la célébrai ion • les grandes fêtes, etc.. On peut dire qu'en France, à l'heure présente, le nombre est infime de ceux qui veulent se passer de toute religion. Nous nous adressons donc, pour la constitution du Denier du eu Ile ;i tous les fidèles, à tous les catholiques, à tous les baptisés.
II. Nous désirons même que le denier du culte soit accessible aux familles les moins fortunées, comme aux familles les plus opulentes, et, parce que les prescriptions libres, les indications impré-
cises et flottantes sont généralement frappées de stérilité et aboutissent rarement à un résultat pratique, nous décidons qu'il sera demandé cinquante centimes par an et par personne, de manière, par exemple, qu'une paroisse de mille habitants fournisse la somme de cinq cents francs. Dans notre pensée, cette légère offrande n'est pas une contribution forcée que nous imposons à nos diocésains ; c'est un témoignage de bonne volonté, un acte pratique d'adhésion à la religion catholique que nous proposons à tous les baptisés. Les riches pourront et devront donner davantage ; les moins aisés n'auront pas le droit de dire qu'on les exclut de la participation au Denier du culte ou qu'on leur fait payer trop cher cette participation. Que si un certain nombre de paroissiens refusent de verser cette cotisation minime de cinquante centimes par an, d'autres paroissiens plus fortunés ou moins récalcitrants verseront volontiers un franc, cinq francs, ou davantage, et les largesses de ces derniers compenseront facilement les déficits créés par l'abstention de ceux qui ne peuvent ou ne veulent rien donner. A peu près partout il sera possible d'atteindre la somme globale exigée de chaque paroisse, c'est-à-dire cinquante francs pour cent habitants, cinq cents francs pour mille, cinq mille francs pour dix mille, etc.,
et la collecte paroissiale sera la résultante de la bonne volonté et de la coopération de tous.
III. Le même principe de solidarité s'appliquera à toutes les paroisses du diocèse dont les recettes devront être centralisées à rÉvéché, alinque la répartition en soit faite par l'évêque au prorata des besoins.
Il importe, en effet, à l'indépendance et la dignité du prêtre qu'il ne reçoive pas directement son traitement de ses paroissiens. Et puis un diocèse est comme une famille où les frères plus grands et plus forts viennent en aide à leurs frères plus petits et plus faibles. Beaucoup de paroisses de campagne ne pourront pas faire le traitement de leurs pasteurs; elles seront secourues parles paroisses plus populeuses et plus riches. Ce sera la vraie mutualité, la vraie solidarité chrétienne. Les prêtres de paroisse devront donc diriger vers la caisse diocésaine toutes les aumônes ayant le Denier du culte pour destination. Le contraire créerait un double emploi qui serait une véritable injustice. « Il ne fautpas, disait saint Paul, sollicitant la charité pour ses fidèles Corinthiens, qu'il y ait soulagement pour les uns et détresse pour les autres, mais égalité. >>
La concentration des ressources à l'Evêchéet leur répartition par l'évêque sauvegardent en môme
temps la dignité de tous les prêtres et le soulagement de tous les vrais besoins. Rien ne reste entre les mains du curé ou des bienfaiteurs locaux ; tout va à la caisse diocésaine, mais tout en revient; car Féyêque qui dispose des recettes les restitue aussitôt en les distribuant. Il ne donne rien ou à peu près rien aux paroisses riches qui peuvent se suffire à elles-mêmes, il donne le suffisant aux paroisses déshéritées, et de la sorte il assure autant que possible le maintien du culte et les bienfaits de la religion dans toutes les régions du diocèse.
IV. De tout ce qui vient d'être dit il résulte que le Denier du culte est une œuvre diocésaine plutôt que paroissiale, une œuvre dans laquelle la préoccupation du bien général doit primer celle des intérêts particuliers. Cependant le Denier du culte repose complètement sur l'effort de générosité de chaque paroisse. C'est là, dans la paroisse, que se recrutent toutes les contributions qui alimentent la caisse diocésaine, et ce sont MM. les Curés qui ont la mission de recueillir toutes ces contributions. Ils pourront pour cet office se servir de zélateurs et de zélatrices. Mais nous leur conseillons fortement de faire eux-mêmes la visite à domicile de leurs paroissiens et de recevoir personnellement les offrandes de leurs ouailles. Ils
auront soin, dans cette visite générale, de no pas oublier les groupements, telsque les Instituts religieux, donl l'obole collective viendra s'ajouter aux
cotisations individuelles des lidèles. Allez partout, ù prêtres, demandez à chacun de vos administrés un acte d'adhésion à la religion catholique, acte d'adhésion authentiqué par le versement d'une modeste offrande ; profitez de l'occasion du Denier du culte pour prendre contact avec toutes les parcelles de votre population ; faites de votre visite en apparence intéressée une démarche vraiment apostolique, et là même où vous rencontrerez un reins absolu, une mauvaise volonté évidente, gardezvous de ton te mauvaise humeur. Demandez à tous, mais ne faites mauvaise ligure à personne.
V. Si tous nos prêtres et tons nos diocésains Veulent bien entrer dans les vues que nous venons d'exposer, nous pourrons sans trop de difficultés pourvoir aux besoins les plus pressants du clergé cl du culte. Cependant il faut tout prévoir. Il peut arriver qu'un certain nombre de paroisses ne fassent pas preuve de bonne volonté et demeurent réfractaires à toute souscription. D'accord avec MM. les Doyens et Sous- Doyens, les décisions suivantes ont été arrêtées :
1° Toute paroisse qui donnera une contribution
égale au traitement que le curé recevait du Gouvernement et qui fournira un logement et un lieu de culte, aura droit à un Curé résident;
2° Toute paroisse qui donnera la laxe imposée proportionnellement au chiffre de sa population et qui fournira un lieu de culte, aura droit a la célébration du culte;
3° Toute paroisse qui ne donnera pas cette taxe, ou qui ne fournira pas un logement au prêtre et un lieu de culte, pourra être privée du cuite, si elle donne des preuves manifestes de mauvaise volonté;
4° Une taxe à déterminer sera imposée, à l'occasion des cérémonies du culte qu'ils réclameront, à ceux qui auront refusé, sans motif, d'acquitter la taxe annuelle imposée par l'évèque.
En terminant, nous demandons instamment aux prêtres et aux catholiques de se rapprocher les uns des autres dans la défense de leurs autels et de rivaliser de fidélité à tous leurs devoirs, afin que bientôt de meilleurs jours se lèvent sur notre cher pays
I. Le denier du culte est fondé dans le dioi èse de Versailles. En conscience, tous les fidèles doivent contribuer selon leurs ressources à cette œuvre de première nécessité.
II. Nous voulons rendre possible à tous la participation au denier du culte. En conséquence, une taxe est imposée à chaque paroisse au taux de cinquante centimes par an et par habitant, de façon que, si les pauvres donnent moins, il y ait compensation par la cotisation plus forte des riches. On tiendra compte au moins approximativement, pour lixer le chiffre des habitants de chaque paroisse, non seulement de la population stable, mais encore de la population qui y vient en villégiature prolongée pendant l'été.
III. Le mode de collecte, pour obtenir la taxe dans chaque paroisse, est laissé au choix du curé. Mais la lettre de demande et la quête faite à f église nous semblent tout à fait insuffisantes. Nous recommandons fortement la visite person-
nelle du curé à chaque famille. Le curé peut être cependant suppléé par ses vicaires ou par des paroissiens notables et de bonne volonté.
La collecte paroissiale devra être exécutée avec la discrétion convenable et seulement après que les paroissiens auront été prévenus par lettre individuelle ou au moins par une annonce au prône. La présente lettre pastorale pourrait être envoyée dans chaque famille et servirait de préparation à la visite du curé.
Nous conseillons de faire la collecte paroissiale en deux fois : pendant le carême auprès de la population sédentaire des paroisses et pendant les mois de juin, juillet, août et septembre auprès de la population d'été.
IV. Les sommes recueillies dans les paroisses seront envoyées intégralement, au fur et à mesure de leur perception, à la caisse diocésaine de l'Evêché. Aucun prêtre n'aura à recevoir de mains particulières tout ou partie de son traitement, en dehors de l'assentiment de l'évêque. C'est pour tous une obligation de conscience.
Tous les versements de fonds devront être effectués à l'Evêché avant le 1er novembre de chaque année pour rendre plus faciles les distributions de secours aux intéressés.
V. Nous ferons nous-môme personnellement la répartition des ressources, en nous aidant des lumières et du contrôle d'un certain nombre de conseillers qui seront designés plus tard. Ainsi nous éviterons à nos prêtres d'être à la merci d'une famille, ou même de leurs paroissiens, souvent trop faciles à mécontenter. Us dépendront directement de l'éveque, ce sera plus digne et moins inquiétant pour eux.
VI. Ceux de nos diocésains qui voudront nous adresser directement leur souscription le pourront faire, et nous les y invitons. Les familles fortunées et chrétiennes sont nombreuses dans notre diocèse ; généralement elles préféreront déposer elles-mêmes entre nos mains des offrandes destinées à équilibrer les ressources recueillies un peu partout ; cette manière d'agir répondra tout à fait à nos désirs.
Le fonctionnement du Denier du culte est une nouveauté qui rencontre inévitablement des difficultés, qui impose au clergé une mission délicate et laborieuse. Nous ne devons pas nous <m éton-
ner, et encore moins nous en effrayer. De tout ce tracas pourra sortir un grand bien.
D'abord beaucoup de chrétiens qui vivaient jusqu'ici dans l'indifférence et qui votaient habituellement avec les ennemis de la religion, estimeront qu'il est temps d'abandonner de pareils errements. Ils voudront que l'Eglise leur reste ouverte ; ils diront qu'ils sont moins que jamais décidés à rompre avec la religion qui a béni leur berceau et leur adolescence ; ils renoueront avec leurs prêtres des rapports d'estime et de sympathie. Et bientôt on les verra s'associer à l'œuvre paroissiale et vivre ainsi avec plus de conscience la vie chrétienne.
De son côté le clergé ne sera plus considéré comme un fonctionnaire et un salarié de l'Etat : c'est un premier avantage, et il est immense. La persécution inique, maladroite, monstrueuse, dont il est la victime lui conciliera l'affection et l'estime de tous les honnêtes gens, de tous les libéraux sincères ; ce second résultat est fatal et tout à son profit. Et enfin, quand les hommes ne font pas de réformes, Dieu fait des révolutions, et il permet aux méchants de tout bouleverser pour forcer les bons à tout remettre en ordre. Le clergé était beaucoup trop loin de son peuple : c'était un désordre. Désormais le prêtre, arraché à son iso-
iemenl par la nécessité de vivre et par l'obligation
de lever le Denier du culte, se rapprochera de ses paroissiens ; il fera le recensement des familles chrétiennes ; il saura sur qui il peut compter et dans quelle mesure ; il verra ce qu'on espère de lui et ce qu'il peut demander à son tour ; connaissant mieux ses fidèles, les voyant chez eux, il pourra les éclairer sur leurs devoirs et leurs véritables intérêts religieux et sociaux et les associer à son action. Il ne se contentera pas d'aller les voir pour leur demander quelques sous ; cela vraiment serait presque inutile et odieux ; il exercera auprès d'eux un apostolat; il fera tomber des préjugés; ramènera les indifférents à l'église; il intéressera les fidèles à telle œuvre de presse, à telle œuvre religieuse, sociale, économique ; il les abonnera à tel bon journal, etc. Sa sphère d'action, d'influence, sera beaucoup plus étendue que par le passé. Mieux que jamais seront associés les ouailles et le pasteur. Dieu se servira de la méchanceté de nos ennemis pour faire à son Kglise une situation meilleure, et d'un mal qui semblait mortel sortira un renouveau de vie catholique.
Alcuin, 169.
Alexandre le Grand, 169.
Alphonse de Liguori (S1;, 88,
Anthusa,288.
Admale Duc d'), 132.
AZAHBI 7\ il' . illi.
Barri - Maurice Batiffol (Abbé . 380.
Bazin (René), 314.
Benazet, 321.
Bernard S1 . 262.
Bl 580N (P.), 163.
Blanc de Saint-BoNNET,
Bonaparte, 194.
Bossubt, 283.
Bouchage l!. P. . 390.
Bocgaud M- . 228, 215 Broglie de . 136.
Brunhbs M Jean . 336
Buisson, 32i .
Burke. 277.
Carnaud, 320.
Catherine de Bologne S' 96
Cauchy, 213.
Chantai. (M"" de), 107.
Charlemagne, 169.
Chateaubriand, 210, 274.
Cheysson, 259.
Cousin, 205.
Curé d'Ars, 228, 265.
Dessaye, 321.
Deffand (M"1 du), 275.
Diesbach C"' de . 336.
Dadolle M«p), 229.
Dupanloi p \l . 14,73, 77, 80, 84.
Emeri A l)l)i- . 171
Fbnelon, 177.
Florxoy (Eugène), o 3 8 .
Forbin-Janson (M.** de), 212.
François de Sales ^S1 , 163.
Fullerton (Lady), 245.
George (R. P.), 384, 389.
Haussonville (d'), 32, 33, 251.
HiLST (M** d'), 136.
Jaricot (Mlle), 221.
Javouhey (Mmc), 210.
Jean Ghrysostome (Sl),2SS.
Joubert. 104.
Jules Simon. 28 i.
Labouré (Catherine . 92.
Lacordaire, si, 135.
La Rochejaquelein, 105.
Lavigerie, 214.
Lespinay (Marquise de), 32 i
Mainfroy, 258.
Maistre .1. de . 132, 283.
Manning (Cal), 32, 323.
Maugeret (Dllc), 338.
Max Turmann, 333.
Mebby del Val, 224.
Monsarré, 22.
Montalembert, 2J3.
Mqmtesqpieo, 408.
MuN(Cte de), 31, 334.
Musset, 48.
Napoléon. 142.
O'Gonnell, 276.
Olier (Abbé . 177.
Paul Bert, 33, 284.
Perraud (Cal), 18.
Petit (Edouard;. 321, 327, Pie X, 240, 406.
Pierabi) (Baronne), 334.
Piot, 359.
Proud iion, 16.
QuéLeh (G8M de), 163 .
Ravignan, 135.
Reignat (Abbé), 166.
ROCHEBILLARD ,1)"' . 335.
Rohan Prince de), 135.
Rodsseau .l.-J. . 69, L58.
Rozier [Al ':• 319.
Saint-Simon, 197.
Srinu W U.nlT. I 36.
Ségur (de), 136.
Simon Stock (S1), 92.
Staël (Mm« de), L04.
Taine (Mme), 335.
THÉHÈSE S1, . I" i.
Tkif.ks. 204.
Tocqueville (de), 283.
TURINAZ (M«»)i 264.
Veuillot (L.), 242.
Vincent de Paul, M . Ws.
Vogué, .12.
Weiss, (P.), 54.
Washington, 288.
XlMENÈS, 199.
APOSTOLAT OPPOHT1X. — 28
Pages.
Introduction :;