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TOME VIII. — NOUV. TECII

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termine le compas. A partir de ce point, la toile descend obliquement jusqu’au sol, en constituant la paroi latérale de la tente et se fixe sur Je sol à une rangée de piquets au moyen d’anses de corde passées également dans des œillets en cuivre.

Les compas ont pour but : 1° de permettre de régler la tension de la toile suivant l’état hygrométrique de l’air; 2° de rendre la tension du toit indépen- • dante de la tension des parois, de sorte qu’on peut à volonté, sans nuire à la stabilité de la tente, relever horizontalement sous forme d’auvent la toile qui forme les deux parois latérales, ce qui, par le beau temps, convertit la tente en une sorte de Hangar largement ouvert. Les pignons de la tente sont fermés par une pièce de toile dont la forme représente la coupe transversale de la tente. Cette toile s’attache en haut, par son angle supérieur, au sommet de la tige verticale qui s’engage dans une ouverture percée à ce niveau ; sur les côtés, elle s’attache, de la même façon, avec les extrémités du compas. La stabilité de la tente est assurée par des haubans attachés au sommet des tiges verticales et à l’extrémité des compas. Des ouvertures constituées par des œillets en cui- , vre, placés dans le toit, assurent la ventilation.

Cette tente, d’une solidité à toute épreuve, a été longtemps expérimentée avec j avantage, mais la toile simple qui la recouvre présente moins d’avantages quand il s’agit d’abriter les blessés contre la grande chaleur ou contre le grand froid. <

T ente d’ambulance. Système Léon Le Fort. — Deux tentes réunies(fig.28 et 29). La tente simple que nous venons d’étudier, bien qu’employée d’ordinaire du mois de mai à la fin d’octobre ne met pas suffisamment à l’abri de la chaleur solaire. : Le second modèle à toit double supprime cet inconvénient. Les deux tentes qui par leur réunion, forment une petite salle d’hôpital ne sont pas semblables. Toutes deux sont à toit double, mais l’une est à parois latérales simples; l’autre , est à parois latérales doubles.

Le squelette de ces tentes est le même que celui de la tente précédemment décrite, avec cette différence que la pièce de faîtage porte à son bord inférieur des écrous qui fixent la toile intérieure et que les compas se terminent par des tiges de fer de 25 centimètres de long. Au niveau du faîte, les deux toiles sont écartées de la hauteur de la pièce de faîtage, c’est-à-dire d’environ 25 centi- ! mètres. Elles descendent obliquement et parallèlement avec le même écartement. Au niveau du bord inférieur du toit, la toile inférieure, dans une ouverture de laquelle s’engage le fer terminal des compas, s’arrête sur la sail- ! lie que forme le diamètre plus considérable de la tige de bois de frêne. La toile extéi’ieure repose dans un écrou vissé sur la tige de fer à une distance de 20 centimètres de la précédente, un second écrou vissé en dehors la maintient dans cette position. La toile extérieure s’arrête au niveau du bord inférieur du toit; la toile intérieure descend jusqu’au sol.

Pour transformer cette tente en tente à toit et à parois doubles, une toile latérale garnie' à son bord supérieur d’une série d’anneaux, s’attache à une série de crochets que porte le bord inférieur de la toile extérieure qui forme le toit. Toutes ces toiles sont de 20 centimètres plus longues que la tente ellemême, de telle sorte que la partie excédante s’engage dans les tiges verticales et dans les compas de la tente voisine et complète l’occlusion dans l'intervalle des deux tentes placées bout à bout.

Le poids de la tente à toit double et à paroi simple est de 130 kilogrammes divisés ainsi:

Armatures et accessoires: 65 kilogrammes.

Toiles garnies de sangles et cuirs: 65 kilogrammes.

Le poids de la tente à paroi latérale double s’augmente de 20 kilogrammes-

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Quatre tentes accouplées du premier type peuvent loger 32 lits, pèsent 520 kilog., et coûtent 2,400 fr. Quatre tentes du deuxième type pèsent 600 kilog. et coûtent 2,800 francs. Le prix de revient par lit est donc de 7o francs pour le premier type et de 87f,o0 pour le second type.

La figure 30 représente lTiôpital mobile établi à Metz en 1870-1871, au moyen des tentes du Dr Le Fort.

Cette construction réunit tous les avantages qu on peut désirer d une tente d’ambulance.

Ameublement. — On trouvait six lits dans chaque tente. Un lit pliant en bois

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blanc, donl les pièces s’articulent au moyen de larges charnières en fer. Ce lit contenait un cadre de 0ra,10 de haut, également pliant à charnières, garni do toile; un des côtés de la toile porte un bâton transversal emmanché dans une coulisse pour permettre d'exhausser la tête. Un autre lit également en bois blanc, mais sans charnières, portait une paillasse en place du cadre garni de toile. Le reste de la tente tout à fait meublé comme les salles des hôpitaux, contenait une table d’opération.

Tente d' ambulance. Système Léon Le Fort. — Trois lentes réunies. Au milieu, une vaste salle octogonale de 14 mètres de long sur 6 mètres de haut, et de chaque côté, un pavillon de 13 mètres de long, 8 mètres de large et 3 mètres de haut. Ces pavillons qui ont la forme de rectangles allongés, présentent des toits à deux pentes, l’une à droite, l’autre à gauche et des pignons droits à chaque extrémité. Chaque toit est surélevé au milieu et dans toute la longueur d’environ 0®,40 pour donner accès à l’air.

L’avant et l'arrière de la salle octogonale, ainsi que les deux pignons des pavillons, sont percés d’ouvertures larges de 3m,50, servant d’entrée et de sortie. Chacune de ces ouvertures est garnie de rideaux et munie d’un auvent en toile, soutenu par des tringles. A l’extérieur, les trois pièces sont recouvertes par une toile verte rayée noir qui suit d’abord les pentes des toits et qui descend ensuite verticalement jusqu’à terre, où elle est fixée, au moyen de crochets, à une grande poutre en bois formant rigole fixée dans le sol. A l’avant et à l’arrière de la salle octogonale et à chaque pignon, cette toile verte rayée noir est clouée sur la charpente qui est toute en bois. A l’intérieur, les trois pièces sont planchéiées, mais le parquet delà salle du milieu est de Om,fb plus élevé que celui des pavillons.

La salle octogonale communique avec les pavillons par deux ouvertures, larges de 3m,80, garnies de portières. Une toile blanche forme le plafond de cette salle, et le centre de ce plafond présente une ouverture octogonale vitrée de 3 mètres de diamètre, surélevée de 1 mètre et surmontée d’une voûte de même hauteur en forme de lanterne. Au milieu du plafond, des tirants enfer de 0m,02 de diamètre, se réunissent au-dessous de l’ouverture octogonale et sont reliés, à leur point de réunion, par un poteau situé au centre de la toiture de surélévation. Au milieu, au centre de réunion des tirants, se trouve un cadre avec la croix rouge. Les panneaux sont garnis de rideaux blancs rayés rouge, cloués sur a charpente; le haut des panneaux est garni d’un vitrage de 0m,80 de hauteur en veri’e dépoli pour diminuer l’intensité des rayons lumineux.

Dans les pavillons, le plafond est formé de toiles fortement tendues de chaque côté. Ces toiles laissent entre elles, au milieu et dans toute la longueur, un espace de 0m,30 de large et sont maintenues dans cet espace par de larges lacets. Entre le plafond et le toit, il existe un espace imitant un grenier. Les côtés sont garnis de grands rideaux blancs flottants, encadrés de rouge. Les deux tentes qui se trouvent jointes au pavillon octogone sont parfaitement bien comprises. Construction solide, facile à monter et démonter, aération parfaite; la toile blanche qui forme plafond est ingénieusement établie pour faciliter la ventilation et empêcher la trop grande chaleur.

Le pavillon octogone d’une construction élégante peut également servir comme ambulance ou comme salle de réunion pour les malades. Les objets que ces trois pavillons contenaient étaient très-variés et présentaient l’aspect d’un vrai musée d’ustensiles d’ameublement pour les hôpitaux et ambulances de terre et de mer. Les uns étaient exposés de grandeur naturelle, les autres réduits ou en dessin. Cette riche collection était l’un des points brillants de l’exposition française de l’art médical au Champ-de-Mars.

Tente Perreaux. — Cotte tente hexagonale, d’un diamètre de 2m,50 et d’une hauteur de 2m,30 est très-légère. Elle est construite en fer et couverte en toile. La toile est composée de six pans réunis entre eux par des lacets en corde. Elle est soutenue à l’intérieur par trois paires de cerceaux en fer de 0m,03 de large sur 0m,003 d’épaisseur. Ces cerceaux sont croisés et réunis dansleur partie centrale par un écrou pour former la voûte. Les branches descendent verticalement vers la terre, où elles sont maintenues par des pieux en hois munis chacun de deux agrafes dans lesquelles elles s’emmanchent. Les cerceaux sont garnis dans toute la longueur, par une toile collante, formant gaine. La toile est tendue sur ces cerceaux en fer au moyen de pitons mobiles, fixés à l’aide de vis.

Au-dessus on trouve, soutenue par de petites bielles en fer, une deuxième toile formant un toit hexagonal, pour éviter le rayonnement du soleil. Cette seconde toile est maintenue à une distance de 20 à 30 centimètres do la première. Ce système de lames métalliques qui a pour but d’éviter les piquets et les cordages, offre une grande élasticité en môme temps qu’une grande solidité.

La Société française de secours aux blessés militaires a exposé une tente pour 12 blessés, système américain (fig. 31). Cette tente, exposée comme modèle type de la Société, a été exécutée parM. Walcker, propriétaire du Bazar du voyage soumissionnaire, sur les indications, pour la partie médicale et hygiénique, des Comités de la Société, représentés par M. le Dr Riant, et sous la surveillance, pour la conduite des travaux, de M. J. Duval, membre du Conseil. D’une forme rectangulaire, elle présente un toit à deux pentes, l’une à droite, l’autre à gauche et deux pignons droits, un à chaque extrémité. Elle est recouverte par deux toiles espacées partout Tune de l’autre d’au moins 0m,o0. A l’extérieur, elle a 1 1 mètres de long, 8 mètres de large et b mètres de haut, et à l’intérieur 10m,50 de long, 6 mètres de large et 4m,b0 de haut.

La toile intérieure est en coton, elle est soutenue en haut, au milieu et dans toute la longueur, par une longue tige de bois supportée par trois colonnes en bois de II centimètres carrés, divisées chacune en deux parties qui s’emboîtent et posées sur le sol. Cette tente descend obliquement jusqu’à une distance de I m,7o du sol; à cette hauteur, les côtés sont soutenus par des montants en bois (6 de chaque côté) qui, d’une part, s’enfoncent dans le sol et de l’autre, percent la toile pour la soutenir. Ces montants sont maintenus en écartement à leurs extrémités supérieures par des tringles en fer. A partir de ,ces tringles, les deux côtés de la tente sont garnis de rideaux tombant verticalement jusqu’au sol, suspendus sur les tringles au moyen de crochets. Ces rideaux sont mobiles et maintenus entre eux par des cordes en coton qui se réunissent toutes de haut en bas.

Les toiles de l’entrée et du fond sont d’une seule pièce dans toute la hauteur. Le devant s’ouvre de trois quarts, et sur les côtés les toiles qui forment rideaux, s’ouvrent et se ferment à volonté au moyen d’agrafes. Toutes les agrafes se composent d’un nœud de corde qui traverse un œillet très-solidement fait en cuir et en cuivre ; les bords de la toile où passent ces cordes sont garnis d’une sangle et tous les nœuds sont recouverts avec des cuirs solidement cousus. Les agrafes sont fixées sur un petit bâtonnet tourné en bois.

La toile extérieure est en fil, elle est suspendue au sommet par un second faîtage qui est supporté par le premier et qui se trouve à 0m,b0 au-dessus. Cette toile descend d’abord de chaque côté parallèlement à la toile intérieure, jusqu’à une hauteur de 2m,2b au-dessus du niveau du sol ; à cette hauteur, elle est soutenue tout du long par de petits montants en hois de 0m,b0 de haut. L’extrémité inférieure de ces montants s’emmanche dans la partie supérieure de ceux qui supportent la toile intérieure, et l’extrémité supérieure traverse la toile extérieure pour la soutenir et est surmontée d’une petite boule à vis en

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cuivre. La toile extérieure descend ensuite obliquement jusqu’à terre où elle est distante de la toile intérieure de 2 métrés pour former un couloir tout du long. Ce couloir est en pente et cette pente aboutit à une rigole qui longe la toile pour recevoir la pluie et en faciliter l’écoulement. La paroi latérale extérieure de la tente a donc une hauteur de 2“,2t>) elle est mobile et peut s’ouvrir par travées, par fractions; elle peut s’attacher comme des rideaux ou bien se relever horizontalement sur des piquets. Aux deux pignons de la tente, la toile

extérieure forme une ouverture ou porte pourvue d’agi’afes pour pouvoir être ouverte ou fermée à volonté.

Outre les portes et les parois relevées, sur piquets ou en portières, qui servent à l’entrée et à la sortie de l’air, outre la distance qui sépare les deux toiles et où celui-ci circule constamment, la tente possède encore d’autres ouvertures spéciales pour la ventilation. Ainsi, la toile extérieure présente dans sa partie supérieure et de chaque côté du toit, quatre ventilateurs surmontés d’une toile qui peut se soulever comme un vasistas sans laisser passer la pluie. Ces ventilateurs s’ouvrent et se ferment à volonté au moyen de cordes de tirage. Le toit intérieur présente six ventilateurs (trois de chaque côté), de manière à empêcher l'introduction de la pluie ou l'accès trop direct de l’air froid. Ces

Fig. 31. — Tente d’ ambulance, type adopté parla Société française. — Coupe.

Légende : B. Poêle-calorifère, placé dans un sous-sol pour le chauffage de la tente. — D. Une des trois grandes colonnes supportant la pièce de faîtage. — E. Montant soutenant les côtés. — F. Tuyau du poêle qui, après avoir passé sous la tente, vient dégager la fuméo parle conduit latéral J, placé sur lo côté. — K. Ventilateur de la toile extérieure. — L. Ventilateur de la toile intérieure. — M. Corde de tension. — N. Toile intérieure (coton). — 0. Toile extérieure (chanvre).

(Entre la corde M et lo montant latéral E, on voit deux cordes destinées à ouvrir et à fermer les ventilateursK etL ; cos ventilateurs ne sont pasplacés en face les unsdes autres, ils altornent pour empêcher que la pluie ou la neige pénétre dans la tente).

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ventilateurs sont munis de stores que l’on peut faire fonctionner d’on bas au moyen de cordes de tirage qui permettent de les ouvrir et de les fermer en partie ou en entier. En outre, aux deux pignons de la tente, la toile extérieure est pourvue, à droite et à gauche, d’une fenêtre de 0m,80 carrés, garnie d’un store mobile. Ces quatre fenêtres servent à l'aération et à l’éclairage quand le temps permet peu ou ne permet pas de se servir des autres ouvertures. La capacité intérieure de la tente est de 212 mètres cubes environ, ce qui donne un cubage d’air de près de 18 mètres cubes par malade.

Fig, 32.— Calorifère portatif pour ambulances, de M. Langlois.

La tente est maintenue tout autour au moyen de cordes et de piquets implantés dans le sol. De plus, à chaque extrémité supérieure des montants verLicaux qui soutiennent ses côtés, est fixée une corde de 0m,01 d’épaisseur fortement tendue et passée dans un morceau de bois fixé dans le sol tout autour de la tente. Cette corde entoure ce morceau de bois et remonte pour s’engager dans un bâtonnet qui, lui-même, glisse dans la première partie de la corde tendue ; ce qui permet de tendre ou de détendre la toile à volonté et de la fixer solidement.

A l’intérieur, le sol est sablé et caillouté ; au milieu se trouvent trois bouches de chaleur qui communiquent avec le canal d’un calorifère placé sous la tente, Ce calorifère est situé dans un sous-sol maçonné de lm,7ü de haut, de 2 mètres

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de large sur chaque côté, qu se trouve en dehors, à l’une des extrémités de la tente. Dix marches conduisent dans ce sous-sol ; au bas des marches, à gauche se trouve une niche pour le charbon, et en face de celte niche, un appareil de chauffage, calorifère portatif pour tentes et ambulances construit par M. Langlois.

L’app;ireil (fig. 32) est entièrement métallique et peut être alimenté par toute espèce de combustible. Il est muni d’un grand réservoir à eau avec robinet, d’un bain-marie de 0m,40, de deux vases en ferblanc étamés de 0m,30 de haut et de 0m, 16 de diamètre pour conserveries tisanes et boissons chaudes, et de deux poignées latérales pour le transporter. Le tuyau du calorifère s’engage dans un canal de 0m,50 de large, passe sous la tente dans toute la longueur, pour venir sortir à l’extrémité opposée où il se relève verticalement en dégageant la fumée au-dessus du toit. Ce canal forme une véritable chambre à air dont la température est constamment élevée par le passage du tuyau de fumée et la chaleur se dégage dans l’atmosphère de la tente, par les bouches de chaleur dont nous avons parlé. Ces bouches de chaleur, placées de distance en distance, sont de plus en plus larges à mesure que l’on s’éloigne du calorifère.

Ameublement. — A l’intérieur, on trouvait au milieu de cette tente, deux grandes tables en bois de 2 mètres de long et de 0m,80de large. De chaque côté, onavaitplacé six lits en fer dont le fond étaitformé de plates-bandes en fer très, minces. Chaque lit, long de lm,90et large de 0m,80, était garnid’une paillasse d’un matelas en coutil, d’un traversin et d’un oreiller en laine; à la tête de chaque lit, on avait fixé une petite planchette pour les ustensiles nécessaires au blessé ; au-dessus on avait accroché une pancarte pour l’indication sur le blessé et sa blessure. Enfin, à côté de chaque lit, on trouvait une table de nuit, une chaise pliante et une descente de lit.

Tente-brancard- élastique. — Avant de quitter la France, nous décrirons une tente-abri pour une seule personne, légère et transportable, que nous n’avonspas exposée mais qui fait partie du matériel que nous avons fait construire pour les malades et les blessés. Nous avons donné à cet abri, le nom de tente-brancard-élastique car, comme nous le verrons tout à l’heure, notre brancard que nous avons décrit au chapitre premier, page 462, sert au transport du patient qu’il porte et de notre tente qui abrite ce dernier.

Chaque tente, charpente en bois avec double toile, est de forme oblongue avec toit en forme de dôme. La charpente (pl. III, fig.l) se compose de deux cadres en bois d’une très-grande légèreté : un cadre inférieur reposant sur le sol et un cadre supérieur supporté et réuni au premier par quatre montants. La longueur des cadres est de lm,45, leur largeur de 0m,80 ; la hauteur des montants est de lm,45. Le toit est formé par deux cerceaux en bois également très-légers, qui partent de l’extrémité supérieure de chaque montant et se croisent au milieu de leur parcours pour former dôme. La hauteur de la voûte au milieu est de lm,6o. Toutes les parties de la charpente sont assemblées entre elles et maintenues au moyen de quelques vis seulement, qu’on peut enlever facilement pour la démonter.

Cette charpen Le est recouverte par deux toiles (pl .111, fig. 2) : une toile intérieure, percée pour laisser passer les cerceaux qui constituent le dôme, forme plafond, repose sur le cadre supérieur et retombe tout autour. La toile extérieure, pourvue de deux ouvertures de ventilation placées sur les côtés, une à droite, l’autre il gauche, est posée sur les cerceaux, forme dôme et descend ensuite en s’écartant jusqu’au sol où on l’assujettit au moyen de piquets et de cordes, à la distance que l’on veut, en laissant un passage assez vaste entre les deux toiles. On peut avoir ainsi 5m,50 de long sur 2m,o0 de large. Cette tente ainsi constituée, est

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d’une très-grande légèreté, et peut être transportée, en cas de besoin, avec le malade, couché sur un brancard, sans que ce malade quitte son abri. En effet, le même brancard sert à transporter la tente et le malade couché. Dans ce cas là, le cadre inférieur de la tonte, placé sous le brancard, est fixé à ses hampes au moyen de quatre cordes.

Sous une grande tente qu’exposait la Corderie centrale., tente très-élevée et dont la carcasse était en bois, se trouvaient plusieurs petites tentes portatives pouvant servir pour campement.

Trois modèles de tentes dont le point fixe, placé au centre, présente la forme d'une tige de parapluie portant à sa partie supérieure une croix en bois, pour soutenir la toile fixée elle-même à terre, par des tirants en corde.

Une tente plus petite et de même construction, la toile au lieu d’être soutenue par une croix en bois, est supportée par des tringles en bois, emmanchées dans des manchons en cuivre.

On trouvait encore dans cette tente un grand parasol muni d’un rideau et d’une table ; des hamacs de suspension de forme ordinaire et des lits-pliants en bois supportés par deux X, pourvus de toiles capitonnées et pouvant se mettre dans un sac.

M. Ernest Cauvin exposait une tente montée sur une tige en forme de bambou de 0m,08 de diamètre, terminée en parapluie avec dix rayons très-solides destinés à soutenir une toile imperméable fixée tout autour dans le sol au moyen d’attaches très-fortes. Le même exposant présentait aussi une tente du même genre, dont la toile était soutenue, en place de rayons, par des bois en forme de croix.

Dans une grande tente solidement construite, planchéiée et pourvue de portes et de fenêtres, se trouvaient exposés divers produits de la fabrique de toiles imperméables (toiles enduites, galvanisées et peintes) de MM. Bonnot et Cie. On remarquait plusieurs modèles de tentes allongées au milieu et arrondies en forme d’entonnoir aux deux extrémités. Dans la partie allongée du milieu se trouve un auvent maintenu par des tringles de fer et des cordes; la partie ovale est soutenue à l’intérieur par deux montants en bois qui traversent le sommet de l’entonnoir. L’écartement, est maintenu par une tringle en fer circulaire qui, dans chaque entonnoir, glisse dans une coulisse de la toile et qui est ensuite engagée dans un bâton en bois maintenu également dans une coulisse bordant la toile qui forme l’auvent. Le reste de l’entonnoir est fixé par des crochets et des cordes. Un autre modèle reproduisait une tente américaine dite tente cirque perfectionnée pour l’armée. Cette tente se compose d’une forte toile, soutenue au milieu par un montant et descendant obliquement tout au tour jusqu’au sol où elle est fixée par des piquets implantés de distance en distance.

M.Walcker exposait 1° une tente de 2m,b0 de long, supportée par quatre bâtons, deux devant et deux derrière, fixés à un fort piquet au moyen de cordes. La toile que l’on place sur ces bâtons tombe jusqu’à terre; en avant elle s’ouvre et se ferme à volonté. Dans l’intérieur une toile était étendue sur le sol.

2° Une autre tente plus grande, de 3 mètres' de diamètre et pourvue d’une toile doublée de reps, contenant : une table, un pliant et un lit. Le lit s’adapte sur une cantine dans laquelle on referme la tente, la table et le pliant.

3» Une autre tente beaucoup plus grande renfermant : un parasol en coutil de 2m,60 de diamètre abritant une table, une causeuse (meuble en rotin à 3 places) et fermé d’un côté par un rideau en coutil de 4m,20 de large; un autre parasol avec table et rideaux faisant le tour, et beaucoup d autres objets que nous verrons dans un autre chapitre.

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M. Eugène Legrand exposait une tente longue de 5m,50 et large de 2 mètres. Les montants de cette tente sont verticaux; le pourtour est fixé au moyen de crochets et de cordes à des piquets enfoncés dans le sol. L’ameublement se composait ; d’un lit, d’une table et d’une chaise; le tout se démontant patmorceaux de 0m,80 de long et pouvant être contenu dans un coffre formant la base.

Maroc. — Dans la section du Maroc, on trouvait un spécimen de tente ronde. Le toit de cette tente est soutenu par un bâton placé au milieu et les côtés* fixés au moyen de cordes, sont supportés par des bâtons enfoncés dans le sol tout autour, à une distance de O^èO les uns des autres.

Tunis. — Enfin dans la section tunisienne, on avait placé une tente quadrangulaire ayant ses quatre côtés sou tenus à chaque extrémité parun bâton fixé d’une part dans le sol et maintenu d’autre part au moyen d’une corde. Elle présentait une surface d’environ 3 mètres carrés, et était garnie d’étoffes de couleurs diverses, cousues entre elles.

Les abris militaires pour les soldats blessés ou malades se confondent, jusqu'à un certain point, avec les abris pour les soldats valides ; c’est ce qui nous a. poussé à réunir, dans ce paragraphe, non-seulement les tentes organisées spécialement pour le service des ambulances, mais encore toutes les différentes tentes qui ont figuré à l’Exposition.

4° Baraques.

Belgique. — L’Association belge de secours aux militaires blessés, croix rouge de Belgique, exposait un spécimen au vingtième du, baraquement du champ de manœuvre établi ci Bruxelles en 1870-1871 , et présentant un système de ventilation isolant les malades. L’air pénètre par le plancher enti-e chaque lit et sort par le lanterneau.

Ce modèle en bois mesure lm,60 de long, 0m,38 de large et 0m,40 de haut. Il présente deux grandes ouvertures à chaque extrémité. Le milieu du toit large à ce niveau de 0m,14 est surélevé de 0m,10 dans toute la longueur pour la ventilation. La baraque est surélevée au-dessus du sol de 0m,01 3, au moyen de piliers en briques hautes de 0m,013 et larges de 0m,03 sur chaque face.

Dans la même section, M. le Dr Harzé avait placé le modèle d'un hôpitalbaraque pour douze ouvriers houilleurs, exécuté eii 1874, d’après ses plans, pour les charbonnages du Hazard. Ce modèle qui représente une construction légère en planches de sapin, montée sur des piliers en briques, a la forme rectangulaire et mesure 0m, 65 de long sur 0m,70 de large ; la hauteur des côtés est de 0m,22 et celle du toit de 0m,30. Le milieu du toit est surélevé de 0 m , 1 0 dans toute la longueur pour laisser passer l’air. Cette surélévation est fermée par des persiennes de 0m,06 de large sur 0m,30 de long. Ces persiennes mobiles sont commandées à l’intérieur par une tige qui permet de les ouvrir et de les fermer à volonté. Les panneaux qui composent les parois de l’hôpital sont mobiles autour de leur axe, et chaque paroi porte à l’intérieur une doublure mobile, sur l’un des côtés, au moyen de charnières. L’extrémité supérieure de chaque panneau est vitrée pour l’éclairage de la salle. La toiture est couverte de papier goudronné. A une extrémité de la baraque, on trouve une salle poulies infirmiers, et à l’autre extrémité, une pharmacie, une liugerie, une salle d’opérations, une salle de bains et des cabinets d’aisance. L’intérieur de la salle aménagée pour douze lits, est chauffé par deux poêles. La fumée passe dans un tuyau qui se rend dans un grand cylindre do ventilation de 0m,03 de diamètre. Ce dernier s’élève verticalement à partir du plancher cl s'ouvre sur

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le toit; il prend l’air au-dessous dans un double-fond et est pourvu, dans sa partie supérieure, d’une grande poi’te à glissement, commandée par une tringle qui permet de l'ouvrir ou de la fermer d’en bas. Le poêle luimême est entouré d’une enveloppe en tôle, et entre cette enveloppe et le poêle il y a par terre à une distance de 0m,03 de chaque côté, six ouvertures de 0m,01 de diamètre pour la ventilation. Ce modèle est un spécimen d’une construction des mieux entendues.

Etats-Unis. — Dans la section des Etats-Unis, M. le Dr Thomas W. Ewans a exposé un modelé d’ hôpital-baraque. Ce modèle large de 0m,27, long de 0m,63 et haut de 0m,28, a la forme d’une maison; il est construit au moyen de montants en bois réunis par du ciment, et son toit qui dépasse de chaque côté de près de 0m,03 est formé de planches couvertes avec du papier goudronné. Ce toit est double dans sa partie médiane, sur une largeur de 0m,04. Chaque côté du modèle présente quatre fenêtres garnies de vitres; à l’arrière et à l’avant se trouve une porte et une fenêtre vitrée de chaque côté de ces portes. Sur un côté entre les deux premières fenêtres, s’élève un tuyau de cheminée formé de troncs d’arbres réunis par du ciment, et de l’autre côté, entre les deux dernières fenêtres, on trouve un autre tuyau semblable. A l’extérieur, tout autour, à une distance de 0m,06 de la baraque, on a placé une galerie en bois.

A l’intérieur, d’un bout à l’autre et au milieu, existe un grand espace vide. A droite et à gauche, en face des tuyaux des cheminées se trouvent les foyers de ces cheminées, et de chaque côté, entre les fenêtres, on a placé cinq lits en fer garnis de matelas et de traversins. A côté de chaque lit, on a fixé une planchette destinée à supporter les ustensiles des malades. Nous ne pouvons que féliciter l’auteur de ce modèle de construction, aussi bien sous le point de vue du confort que de l’hygiène.

France. — La Société française de secours auxblessés militaires, présentait plusieurs spécimens d’ambulances baraques ; une ambulance baraquée ; une ambulance de gare et de ravitaillement, un plan d’un hôpital-baraque, etc., que nous allons étudier successivement.

Ambulance baraquée. — Pavillon n° 1, 'salle d’ambulance en bois pour quatorze lits. La baraque exposée (fig. 33. 34 et 33, p. 53 i) occupait, dans son ensemble un espace de 28 mètres de long, sur 7 mètres de large. Elle comprenait une salle d’ambulance de 20 mètres de long, 7 mètres de large et 7 mètres de haut, y compris une surélévation de 1 m,50 qui se trouve au milieu et dans toute la longueur du plafond, pour la ventilation. Cette surélévation est garnie de 16 ventilateurs vilrés’munis de volets en bois. La salle cube environ 700 mètres d’air, ce qui donne à peu pi’ès oO mètres par malade, si l’on a disposé 14 lits. Aux deux extrémités, Adroite et à gauche, on a ménagé deux pièces, chacune de 3m,50 de long et de 2m,7o de large, s’ouvrant sur un couloir central de 1 m,50 de large, qui sert à l’entrée et à la sortie de la salle. Ce couloir fait communiquer avec la salle, au moyen d’une large porte à deux battants, et avec l’extérieur, au moyen d’une porte vitrée à un seul battant. A une extrémité, les deux pièces auxquelles on accède par le couloir sont destinées, l’une aux infirmiers, l’autre àla lingerie. Le couloir de l’autre extrémité donne accès, d’unjcôlé, à un lavabo et à des water-closet, et de l’autre à un dépôt de matériel et à une salle de bains, où l’on remarquait une baignoire en fer émaillé, un appareil pour chauffer les bains, une auge pour les bains de pieds et les bains de mains, et quelques autres ustensiles de M. Drouot de Boulogne-sur-Seine. Toutes les pièces sont munies de croisées.

La baraque est entièrement construite eu bois. La charpente se compose de

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poteaux en sapin de 0m,12 carrés, supportant les fermes du comble et reliés par des traverses boulonnées sur ces poteaux. Les parements intérieur et extérieur de la construction, sont formés de panneaux en planches placés dans des coulisses pour faciliter le montage et le démontage. Entre ces parements qui constituent une double paroi , il y a un espace libre de 0m,08 où l’air peut circuler. Cette couche d’air isolante qui se trouve tout autour de la' salle, a

Fig. 33. — Baraque-hôpital, perspective.

Fig. 34. — Coupe.

Fig. 33, 34 et 35. — Baiuqee-uopital.

1. Salle d’operations. — 2. Galerie. — 3. Grande salle. — 4. Salle pour les infinr — 5. Lingerie. — G. Hangars. — 7. Water-closets. — 8. Sallo de bains 9. Lavabo. — 10. Dépôt du matériel.

Fig. 35. — Baraque-hôpital, plan.

pour but de mettre l’atmosphère de la baraque à l’abri des variations de la température extérieure. La baraque est planchéiée et le plancher est élevé de 0m,60 au-dessus du sol pour empêcher l’humidité. L’immeuhle repose sur un soubassement en briques ; le sol est recouvert d’une couche de béton, l’espace compris entre le sol et le plancher est fermé au moyen de planches, et enfin une rigole reçoit et conduit au-dehors les eaux qui descendent du toit.

Les parois de la baraque, verticales jusqu’à une hauteur de 4 mètres vont ensuite en s’inclinant vers le faite, afin de conduire le long do surfaces arron-

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i dies, l’air vicié, jusqu’à la partie surélevée du milieu, d’où il s’échappe par les £ vasistas qui y ont été disposés.

La salle est éclairée par 16 fenêtres (8 de chaque côté), de 2m,50 de haut, et ‘ lm,30 de large qui s’ouvrent à 0m,8o au-dessus du plancher. Les fenêtres sont I munies de stoi'es qui se meuvent au moyen de sangles plates larges de 0m,012. | Ces sangles se meuvent facilement et s’abaissent pour être retenues au j moyen de petits marteaux. La nuit, on allume quatre lanternes à huile garnies i de carreaux verts pour adoucir la lumière. Les cheminées de dégagement de |i ces lanternes remontent jusqu’au plafond, traversent le toit et servent de ventilateurs. La chaleur développée entraîne les gaz de la combustion et l’air vicié de la salle, au moyen de ces cheminées.

La ventilation qui est faite au moyen des 16 fenêtres dont nous avons parlé et des châssis de la partie sui’élevée du milieu dont nous avons également parlé est encore assurée par 16 trappes ou bouches d’appel garnies d’untreillis, à l’extérieur, et munies à l’intérieur, d'une fermeture à tiroir, en forme de prise d’air de calorifère. Il y a une de ces ouvertures au-dessous de chaque fenêtre. Des vasistas de différents systèmes sont en outre établis dans les parties supérieures des fenêtres et disposés de façon à diriger l’air pur vers les parties élevées de la salle sans incommoder les blessés par l’action directe du courant.

Toutes les surfaces intérieures de la baraque sont vernies. Les parquets ont | reçu une couche d’huile de lin bouillante pour que le lavage soit facile et le i séchage aussi complet et prompt que possible. Cinq à six voitures peuvent <’ transporter les matériaux de la baraque qui peut être montée en huit à dix jours. La baraque exposée a été construite par M. Walcker, propriétaire du bazar du voyage, soumissionnaire, sur les indications, pour la partie médicale et hygiénique, des Comités de la Société, repi’ésentés par M. le D1' Riant, et i sous la surveillance, pour la conduite des travaux, de M. J. Duval, membre du j Conseil; son prix est d’environ 15,000 francs.

Ameublement. — Au milieu, deux poêles-calorifères avec ventilateurs au- •J dessous du tuyau de dégagement de la fumée, des tables étagères, une table I pliante, une grande table et six chaises. Au milieu encore, uno table pupitre surmontée d’une pancarte de la Société française de secours aux blessés des armées de terre et de mer, avec indication et liste des Membres du Conseil. Le siège de la Société est à Paris; elle se compose de membres fondateurs et de membres souscripteurs ; les membres fondateurs versent 30 francs par an et les souscripteurs 6 francs. Pour faire partie de cette Société, il faut s’adresser à M. le duc de Nemours, président. A côté de cette table, une brochure de M. le Dr Riant, Notice sur le vicomte Armand de Melun, vice-président de la a Société, vendue 1 franc au profit des blessés militaires. Entre les poêles et i chacune de ces tables, dans toute la longueur, des brancards disposés pour recevoir ou pour transporter des blessés. Un de ces brancards était placé sur le i support élastique de M. le comte de Beaufort que nous avons étudié dans un ; autre chapitre, page 493.

! Dans les coins de la baraque, des brancards étaient pliés et appuyés le long ! des parois; decliaque côté on avait placé sept lits de différents modèles. Chaque ! lit était pourvu d’une descente de lit, d’une table de nuit, d’une chaise pliante, 3 d une planchette fixe ou mobile pour les ustensiles du malade, d’un cadre U pancarte indicatrice de tout ce qui concerno le malade et sa maladie, et enlin < d un tuyau d appel à air. La sonnerie corrrespondant à ce tuyau d’appel se tiouvait à 1 extérieur delà baraque. Parmi les lits qui étaient exposés dans cette salle, nous pouvons citer quatre lits montés, modèle^ d’hôpital, tout

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prêts pour recevoir les malades. Ces lits que la Société a fait construire par ftl. Walcker sont très-faciles à monter et à démonter, d’un poids et d’un volume peu considérables, conditions essentielles pour un mobilier d’ambulance, et d’une hauteur bien calculée pour la visite du médecin, pour les opérations et le service des pansements. Les uns sont munis d'une planchette fixe pour recevoir les objets que le malade doit avoir sous la main, les autres d’une planchette mobile que l'on suspend à la tête du lit au moyen de deux petits crochets. Ils sont garnis d’une paillasse, d’un matelas, d’un traversin et d’un oreiller en varech. Tous les matelas ne sont pas comme les matelas ordinaires, en laine et crin, la Société a présenté, à titre de spécimen, quelques matelas en foin regain. Ces piatelas d’un très-bas prix sont destinés à être brûlés quand ils ont servi à un malade atteint d’une maladie contagieuse.

Deux lits mécaniques (système d’IIaisne) permettant d’abaisser la partie céntrale du lit, afin d’enlever le bassin et donner les soins de propreté au malade sans le déranger. Nous étudierons ces lits dans un autre chapitre.

Sur un lit se trouvait un modèle de chemise pour malades et blessés; à côté d’un autre, une table inclinée, imitation partielle du système anglais, pour permettre au patient de lire dans son lit.

Sur un autre lit, on avait placé l’appareil pour lever les malades et blessés, de MM. Cliild et Ilinde de Londres, exposé dans la section anglaise. A côté de cet appareil, que nous décrirons plus loin, on voyait une pancarte indicatrice de l’appareil de ces messieurs, portant le timbre de la Société, mais sur laquelle Jes noms des inventeurs avaient été enlevés. Enfin, sur unbrancard, était placé un matelas de sauvetage rempli de sciure de liège, envoyé par M. Sadon de Roubaix.

Sur les parois de la salle d’ambulance, on trouvait trois petits cadres à vue destinés à recevoir les lettres. Près d’un des lits mécaniques, on avait placé un thermomètre à mercure maxima. Sur les parois du pavillon où se trouvaient la salle des infirmiers et la lingerie, d’un côté, une sonnerie à air, et de chaque côté, différents plans de la Société. Enfin, dans l’autre pavillon, à côté du lavabo, un plan, et à côté de la salle de bains, deux dessins d’un fourneau portatif pour ambulance, de M. Langlois.

Salle d'opérations (fig. 33 et 33, p. 334). — Le dernier pavillon de la salle d’ambulance baraquée, celui où se trouvaient la salle pour les infirmiers etla lingerie,communiquait avec une salle d’opérations, par un couloir de 4 mètres de long, couvert et fermé de chaque côté, par une large porte viti’ée à deux battants, glissant sur des galets. La salle d’opérations est assez rapprochée de la salle d’ambulance pour que le transport des blessés ne les expose pas au refroidissement et assez distante pour que les blessés n’entendent pas les cris des opérés.

De même que la baraque et les deux pavillons qui communiquent avec elle, la salle d’opérations est entièrement en bois et planchéiée. Elle a 6 mètres de longueur, 4m ,23 de large et 3m ,30 de haut. A l’entrée une porte à deux battants et une fenêtre de chaque côté de cette porte. A l’autre extrémité, en face de la porte, une large fenêtre vitrée, à deux battants, garnie d’un store. Aucune ouverture sur les côtés. Cette salle contenait tous les appareils nécessaires à la médecine, à la chirurgie et à la pharmacie. Au centre de la pièce, deux modèles de tables à opérations, pliantes et portatives ; sur les côtés, divers modèles de brancards, des appareils chirurgicaux, des boîtes de pharmacie et de pansement; deux grandes vitrines étaient en outre garnies d’instruments de chirurgie et de divers moyens de secours. Nous avons remarqué surtout différents appareils médicaux et chirurgicaux, types qui ont été adoptés par le comité médical de la Société française de secours

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aux blessés militaires, et que nous étudierons dans le chapitre suivant. De chaque côté de sa salle d’opérations, la Société française avait disposé à l'Exposition, un hangar pour une ou deux voitures. C’était la plus belle construction de ce genre à l’Exposition. Elle réunissait jusque dans ses moindres détails, tout le perfectionnement que le génie bienfaisant moderne a combiné pour soulager les malades et les blessés. C’était une des vraies merveilles de l’Exposition. '

Ambulance de gare el de ravitaillement. — Cette ambulance représentait une construction provisoire, dressée le long d’une voie ferrée et destinée à recevoir les blessés amenés par le chemin de fer, pour qu’on puisse leur donner rapidement les soins qu’exigent leur état. Elle se composait d’une vaste salle rectangulaire, toute boisée, en sapin couleur naturelle, présentant un toit à. deux pentes, l’une à droite, l’autre à gauche et deux pignons droits. A l’intérieur, toute la salle était planchéiée, le plafond également tout hoisé était bien et solidement composé. Elle était divisée en deux parties : une salle de ravitaillement pour les malades et blessés d’un train, qui sont en état de recevoir des vivres, et un dortoir pour ceux qui peuvent reprendre leur route après quelques heures de repos. Toute cette ambulance de gare était très-belle, trèsvaste ; son aspect était très-gai.

Première partie. Dortoir. — Au milieu de la première partie, une large porte vitrée à deux battants, de 3 mètres de haut sur 2 mètres de large, formant l’entrée. De chaque côté de cette porte, une haute et large fenêtre également à deux battants. Un des côtés de ce dortoir complètement fermé, et l’autre côté percé d’une large fenêtre à deux battants, flanquée de chaque côté, d’un grand châssis vitré fixe. Au-dessus des fenêtres et de la porte d’entrée, des vasistas fixes. Toutes tes ouvertures étaient garnies de stores.

Cette première moitié contenait 8 brancards-lits mobiles, formés au moyen de brancards types de la Société, reposant sur des petits tréteaux élevés, ceux du pied de 0m,40 et ceux de la tête de 0m,50. Chaque brancard était muni d’un matelas et d’un oreiller en laine. A côté d’un de ces lits-brancards, on trouvait une descente de lit, et à côté de deux autres, deux tables de huit recouvertes de toiles cirées.

Au milieu on avait placé une grande table et un poêle en tôle de 0m,20 de diamètre, muni dans sa partie inférieure d’une ouverture pour la ventilation.

Le dortoir contenait encore quatre chaises cannées, articulées et soutenues par un levier en bois. Ces chaises sont organisées de la manière la plus simple et la plus ingénieuse. Le dossier de la chaise se couche sur le châssis canné qui forme le siège; les pieds de devant sont articulés et se plient sur le dessous du châssis canné ; ils pivotent en outre sur un petit châssis en bois qui est articulé d’une part, sur le tiers supérieur des pieds de devant, et d’autre part, au moyen d’un petit triangle en cuivre, sur la partie intérieure et latérale du tiers supérieur des pieds de derrière. Ce petit châssis est placé horizontalement. 3 Entre les deux châssis, le châssis canné formant siège, et celui dont nous r venons deparler, se trouve un châssis articulé en arrière sur le châssis canné,

I et qui va en avant, s’emboîter sur la traverse qui tient l’écartement des pieds de devant. Les pieds de derrière se couchent sur le second châssis.

A droite et à gauche d’une large porte pleine, â deux battants, de 3 mètres de haut sur 2 mètres de large, placée au milieu et faisant communiquer le dor- <i toir avec la salle de ravitaillement, on avait placé une petite table pliante de 0m,70 do long el de 0m,bo de large. Enfin, trois brancards étaient appuyés le long des parois.

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