TOME Vlli. — NOUV. l'ECU
L’ART MÉDICAL
Deuxième partie. Salle de ravitaillement. — Celle dernière nioilié communiquait avec la première, comme nous l’avons dit, par une large porte pleine à deux battants; et communiquait, en outre, avec l’extérieur, par une large porte vitrée de 3 mètres de haut sur 2 mètres de large à. deux battants, ~ placée également au milieu. D’un côté de la salle on a percé une large croisée à deux battants, flanquée, à droite et à gauclie, d’un grand châssis lixe vitré; , j ces ouvertures sont garnies destores. Au-dessus des fenêtres et de la porte vitrée, on a ménagé des vasistas fixes. Sur l’autre côté qui est plein, deux petites portes font communiquer cette pièce avec deux petits cabinets, l’un portant le nom de cuisine et pourvu d’un fourneau, et l’autre servant de cabinet d’aisances à trois sièges. Ces deux cabinets donnent accès sur un petit couloir où se trouve une petite porle de dégagement pour le service.
Dans l'intérieur de la salle de ravitaillement, on trouvait : quatre banquettes en bois mobiles de 2 mètres de long, sur 0m,40 de large. Ces ban- i : guettes cannées et articulées sont montées sur des pieds fixés au moyen de charnières en bois. Ces pieds, au nombre de six, deux au milieu et deux à chaque extrémité, sont maintenus en écartement par des traverses en bois sur lesquelles viennent s’appuyer des leviers qui sont fixés au milieu du siège. Deux chaises articulées et organisées commes celles qui se trouvaient dans la première moitié de l’ambulance. Une grande table de 2m,b0 de long sur 0m,80 de large, également articulée et pliante dans le même système que les . j banquettes. Les charnières des pieds sont formées par un fer en T fixé audessous de la table ; les tiges des pieds pénètrent dans une fente qui forme deux joues et sont fixées par une tige en fer. Deux petites tables pliantes de 0ra,70 de long et de 0m,bo de large.
Au milieu, un grand poêle en tôle de lm, 60 de haut, muni d'un tuyau de dégagement de 0m,20 de diamètre. C’était un calorifère portatif à double paroi 1 et à prise d’air extérieure. D’un côté, entre la porte de communication du milieu et le petit cabinet cuisine, se trouvait un appareil de cuisine en fer de MM. Establie frères, que nous étudierons dans un autre chapitre.
De l’autre côté de la porte de communication on avait placé une bibliothèque qui contenait les documents de la Société; entre autres : des notices, comptesrendus, l’annuaire de 1876, les conférences de 1877, le décret du 2 mars 1878, portant le règlement de la Société. À la fin de l’Exposition on trouvait dans cette bibliothèque, un livre de M. le Dr Riant, secrétaire et membre du Conseil , de la Société intitulé : le Matériel de secours aux blessés de la Société à l’Exposition de 1878, et dont le prix est de 4 francs.
Dans un coin, un brancard appuyé le long de la paroi; un autre brancard appuyé un peu plus loin. Aux parois étaient suspendus des cadres contenant :
1° un diplôme et une médaille décernés à la Société par le Comité des ambulances de la Presse française ; 2° un diplôme décerné par le Jury de l’Exposition universelle de Vienne; 3° des modèles de récompenses que la Société décerne : médaille d’or, médaille d’argent, diplôme et croix de bronze ; 4° un diplôme avec médaille de bronze de l’Exposition de 1867. Sur un panneau, â côté de la bibliothèque, on trouvait : trois photographies de voitures d'ambulances; le dessin d’un train de rapatriement d'Allemagne en France, des soldats français blessés ou malades, train d’évacuation arrivant en gare de Lille; wagon-cuisine; coupe du wagon-lit. De l’autre côté de la bibliothèque : une photographie représentant le matériel de secours aux blessés, réuni au Palais de l’Industrie, à l’occasion de la visite de L. L. M. M. l’Empereur et l’Impératrice du Brésil et de celles des Princes de la famille d’Orléans, en janvier 1872; deux photographies de voitures; un plan de l’ambulance de la Grande Gerbe ou hôpital baraqué que nous étudierons page 339. Sur un autre panneau : quatre
INSTRUMENTS ET APPAREILS
photographies de voitures d’ambulance; un dessin représentant une voiturecuisine, pan et coupé, et enfin le dessin d’un avant-projet d’une ambulance baraquée de 240 lits à établir à Bois-le-Roi, sur la lisière de la forêt de Fontainebleau. Plan de l'emplacement et des abords. Avant-projet dressé sur les indications de MM. Bureaud-Riolray, président du Comité sectionnaire deMoretsur-Loing, maire de Bois-le-Roi, par Edgard Vinson, architecte de Paris, 1878. Vue, perspective, plan, échelle au 0m,002.
Cette ambulance-baraquée se compose d’un certain nombre de pavillons ou baraques disposés en demi-cercle et placés comme des rayons autour d’un espace central où se trouvent les services généraux et la salle d’opérations. Des passages bitumés couverts et fermés sur les côtés par des rideaux mobiles, permettent la communication entre les pavillons en mettant les blessés et le personnel à l’abri de la pluie et du froid, tout en laissant arriver l’air. Des baraques ou tentes d’isolement sont disposées entre les rayons et sur le prolongement de certains d'entre eux. Les services généraux sont réunis en avant de l’hôpital : au milieu, un vestibule; à droite, un bureau d’entrëe, une salle poulies sœurs, une cuisine; à gauche, la pharmacie et la lingerie; un premier étage est destiné à l’habitation du personnel. Au centre, la salle d’opérations; à droite, à gauche et en arrière, des baraques largement espacées et séparées par des jardins. Tout à fait en arrière, un hangar pour les voitures destinées à faire le service de l’hôpital, à amener les blessés et à faix-e les évacuations. A droite et à gauche du hangar, un petit pavillon pouvant servir, l’un de salle des morts, l’autre de dépôt pour le linge sale.
Ambulance de la Grande-Gerbe. — La Société française de secours aux blessés militaix-es avait placé à l’Exposition de 1 878, ses voitures d’ambulance sont un hangar auquel elle avait donné la forme et l’apparence d’un des pavillons de l’ambulance de la Grande-Gerbe et, comme nous le disons plus haut, elle avait placé, dans son ambulance de gare, un plan de cet hôpital baraqué. L’ambulance de la Grande Gerbe ou hôpital baraqué, pouvant contenir 200 lits, a été construite dans le parc de Saint-Cloud, par la Société française de secours aux blessés, pendant la guerre de 1870, sur les plans et indications du Dr baron Mundy. La Société a donné depuis à l’armée française cette ambulance qui a servi longtemps d’hôpital militaire aux troupes du camp de Villeneuve-l’Élang.
Cette ambulance se composait de 2a bâtiments isolés les uns des autres : 8 baraques à 2o lits chacune, soit 200 lits; 3 pour médecins ; 1 chalet pour la direction et l’administration ; 1 baraque pour les opérations; 1 pour la pharmacie; 1 pour les morts; 2 pour les infirmiers; 1 pour la cuisine; 2 réfectoires; 2 pour lingerie et magasin (eliets et armes); 1 hangar pour le linge sale; 1 hangar pour le combustible; 1 écurie.
Tous ces pavillons largement ouverts, étaient construits en bois, placés à distance les uns des autres et avaient une orientation différente. Chaque pavillon était long de 30 mètres, large de a mètres, haut en avant de 4m,10 et en arrière de 3 mètres. La face postérieure était formée d’une cloison double en planches et percée de fenêtres de distance en distance. Chaque pignon ou face latérale était formé de même et percé d’une fenêtre. La face antérieure n’avait pas de paroi fixe. Elle ne présentait que des poteaux ou supports, destinés à recevoir des rideaux, abaissés la nuit et par le mauvais temps, relevés le jour et par le beau temps, de manière â laisser alors cette face de l’ambulance complètement ouverte.
Le mobilier de chaque baraque se composait de 23 lits de fer, de 2 armoires pour le lingo et les médicaments, de tables, de tables de nuit, etc. Chaque pavillon avait en amère et à distance deux cabinets d’aisance, construits en bois.
avec sièges de chêne et système de désinfection par un mélange de terre préparée (système Moule). Les différents pavillons et annexes constituaient un hôpital baraqué, d’une valeur incontestable pendant l'été.
Nous citerons encore dans la section française, plusieurs modèles de constructions spéciales à ossatures en fer, système de M. 'follet.
Une tranche d’ambulance mobile. Ossature en fer et double enveloppe composée de planches de longueur égale, sans clouage ni assemblage. Double série | de planches épaisses de 0m,0U>, placées à une intervalle de 0m,08o. L’intervalle entre les fers était de 0m, 07. L'extérieur était recouvert avec du papier goudronné.
Un autre modèle avec ossature en fer simple, chaque bande de fer était large de 0m,55. Double fermeture en planches; les planches intérieures étaient placées sur le T formé par les fers et les planches extérieures étaient maintenues par des plates-bandes en fer. L’épaisseur du toit était de 8 à 9 centimètres, et le sommet offrait un espace surélevé pour le passage de l’air. Le tout était recouvert de feutre goudronné.
Un autre modèle tout en planches, simples devant et derrière et doubles sur les côtés. L’ossature était en bois. Ce modèle était recouvert au moyen de planches imbriquées garnies de feutre goudronné.
Pays-Bas et Indes-néerlandaises. — Dans la section des Pays-Bas, on remarquait, dans la partie réservée aux Indes-néerlandaises, le modèle en bois d'une baraque-hôpital établie à Adjeh. Le modèle, placé sur un plan carré de 0m,9a et représentant une baraque, était large de 0m,o0,long de 0m,8o et haut de 0m,45.
La baraque est couverte par un toit à deux pentes, l’une en avant, l’autre en arrière. Ce toit est formé de planches recouvertes avec des plaques de zinc ondulé, longues de 0m,20 et larges de0m,10. En dehors et partant de ce bâtiment, on trouve des avances en bois de 0m,2D de long qui supportent un toit en planches, auxquelles sont suspendus de grands rideaux en toile, tombant jusqu’à terre. L’intérieur de la baraque est divisé en deux parties. Dans la partie gauche, quatre hamacs sont fixés sur des barres en bois solidement maintenues sur des montants également en bois. Ces hamacs sont composés de deux bâtons parallèles maintenus en écartement par des traverses en bois, fixées au moj'en de pitons, garnis d’une housse en toile et distants de 0m,06 du sol. Au-dessus des hamacs, une planche de 0m,47 de long sur 0m,10 de large et destinée à recevoir les objets des malades, est suspendue au plafond au moyen de fers. La partie droite, séparée de la première par une [porte, renferme une salle pour le service.
Dans la même section, partie des Pays-Bas proprement dits, le comité de la Société de secours aux blessés d’Utrecht, placé sous la haute protection de S. A. Royale le prince Henri des Pays-Bas, exposait le plan d’un hospice (fondation Amalia) élevé d’après les plans et projets de M. E. G. Wentink, architecte.
Vue générale et plan de l’hospice (plan central, bâtiment d’administration et de service, pavillon). D’après les dessins, cette construction paraissait être en bois. La fondation Amalia contient un institut ou école de garde-malades.
îi° Hôpitaux.
Angleterre. — On cherche de plus en plus à circonscrire la contagion miasmatique par dos mesures d’hygiène, tout en cherchant à procurer aux malades le plus grand soulagement et le plus grand bien-être possible. Pour le traitement des maladies contagieuses, M. Henry Greenway, M. H. C. S., de Plymoulh, présentait, dans la section anglaise, des dessins et un petit modèle démontrant une méthode de construction d’hôpitaux tout à fait nouvelle et fort remarquable.
INSTRUMENTS ET APPAREILS
D’après cette méthode très-ingénieuse, on peut circonscrire le foyer contagieux eu isolant le malade, tout en lui permettant, au moyen de compartiments spéciaux, de voir ses voisins, de s’entretenir avec eux et de recevoir les visites de ses parents et de ses amis sans crainte aucune de leur communiquer la maladie. Deux dessins étaient exposés.
1er dessin. — Section transversale d’un bâtiment à un étage prise au milieu de deux compartiments faits de verre ou de plaques do fer émaillées et de verre. Corridors à droite et à gauche. De chaque côté un tuyau d’entrée de ventilation pour conduire l’air au milieu des compartiments à travers des grilles qui s’élèvent à quelques centimètres du plancher, l’air entrant par leurs côtés, évitant un courant d’air contre le dessous du lit. Des ventilateurs d’entrée supplémentaires s’ouvrant au-dessous des portes des compartiments. Dans la cloison, des tuyaux pour de l’eau chaude ou de la vapeur. La chaleur émanant de ces tuyaux doit augmenter le courant et plus la chaleur est grande, plus le courant d’air est grand. Conduites d’eau chaude ou de vapeur pour chauffer les compartiments lorsqu’il est nécessaire. Sur les côtés, des fenêtres avec balcons.
2e dessin. — Portion de plan, montrant les planchers de deux compartiments et portions de corridors, en rapport avec le premier dessin. Compartiments, portions de corridors fermés par des portes s’il est nécessaire. Grilles dans le plancher pour admettre l’air au-dessous des lits; les couvercles de ces grilles dépassent leurs côtés de façon à diriger l’air horizontalement. Porte à coulisse qu’on ne doit employer que dans des cas spéciaux, fenêtres et balcons.
modèle. — Ce modèle d’une section transversale d’un bâtiment à un étage, sur l’échelle de deux centimètres et demi à trente centimètres, représentait une paire de compartiments en verre et des portions de corridors ; chaque compartiment ne doit contenir qu’un lit. La subdivision des corridors au moyen de portes en verre, pour pouvoir isoler le malade plus complètement pourrait peut-être ne pas être requise. (Le nombre des compartiments dans une rangée ne doit pas dépasser dix paires). L’extérieur du modèle montrait une portion du toit et des murs des deux côtés contenant chacun une fenêtre. Les ouvertures extérieures des tubes h ventilation qui amènent l’air frais dans les compartiments se voyaient au-dessous et au-dessus des fenêtres et les extrémités des tuyaux de sortie pour laisser échapper l’air vicié, s’élevaient au-dessus du faîte du toit.
Cette méthode de construction consiste en un bâtiment solide qui en renferme un plus petit, les espaces entre les côtés et les extrémités des deux bâtiments forment deux corridors. Le bâtiment intérieur est fait de verre ou de plaques de fer émaillées et de verre, fixées dans une charpente en fer. Il est divisé longitudinalement par une cloison en deux parties égales; ces parties sont subdivisées par des cloisons transversales de manière à former une double rangée de compartiments; chacun de ceux-ci a une entrée sur son corridor. Chaque compartiment reçoit l’air frais d’une grille placée dans le plancher, au moyen d’un tube à air qui passe dessous et par un autre tube passant au-dessus de la porte. L’air vicié est enlevé au moyen d’un tuyau chauffé qui passe du sommet du toit intérieur incliné ou plafond à travers le toit extérieur. Un des tubes d’alimentation peut être fermé dans les temps froids s’il est nécessaire. Le bâtiment est chauffé par des conduites d’eau chaude ou de vapeur. Les offices sont placées à chaque bout du bâtiment et s’étendent de chaque côté, de telle façon que le contour du plan du terrain ressemble à la lettre I. Les chambres des gardes sont situées de manière que l’infirmier puisse voir les malades à travers l’une ou l’autre rangée de compartiments transparents.
Par ce plan de construction d’hôpital, chaque malade est entouré d’air qui n’est vicié ni par lui-même, ni par ses voisins malades, ni par le bâtiment, car
L’AllT MÉDICAL.
les matériaux qui entrent dans la construction des compartiments, y compris les planchers sont non absorbants et la ventilation est constante et complète, même si l’air extérieur est parfaitement calme. Le malade est isolé, sans se sentir seul; il peut voir et causer avec son voisin à travers la cloison de verre. Il n’est pas non plus exposé aux courants d’air, comme dans les hôpitaux ordinaires où le degré de ventilation nécessaire à certains malades est nuisible aux autres. Enfin, grâce aux matériaux qui entrent dans sa construction, chaque compartiment peut être purifié par des lavages, avec la plus grande facilité, après le départ du malade.
Dans le cas de maladies qui ne nécessitent pas l’isolement, les malades peuvent être placés ensemble dans de vastes salles capables d’en recevoir vingt ou davantage. Cette méthode de construction permet aux parents et amis des malades atteints de maladies contagieuses, de leur rendre visite sans courir le risque de recevoir l’infection, puisqu’ils peuvent rester dans les corridors, voir les malades et causer avec eux à travers les parois de verre des compartiments. Les corridors placés tout autour de l’hôpital empêchent les compartiments d’être exposés aux extrêmes de température et ne permettent pas aux bruits extérieurs d’arriver aux malades et de leur nuire. Cette méthode de construction était une des plus remarquables de l’Exposition.
Autriche-Hongrie. — Dans la section austro-hongroise, le Comité de la diète du Royaume de Bohême exposait les plans de l’hospice de la Maternité de Prague et un album avec détails; des plans et dessins d’un hospice pour les aliénés de Dobrzun et un album avec détails. — L’établissement philantropique de bouillon et thé, à Vienne, première société de bienfaisance pour ces distributions, présentait des plans et des photographies de l’intérieur des maisons de vente, ainsi que des cartons dans lesquels se trouvaient le but et les statuts de l’œuvre. — La municipalité de Vienne exposait des plans des hospices de la ville.
États-Unis. — M. le Dr Thomas W. Evans présentait, dans la section des Etats- Unis, un plan en relief del’hôpital général de Philadelphie, pour 3,500 malades, établi de manière à ce qu’on puisse apprécier jusqu’aux moindres détails de l’administration. Ce vaste établissement (fig. 36) se composait de 51 pavillons en bois, contenant chacun 60 lits, disposés autour d’un vaste espace quadrilatéral, communiquant tous ensemble par la partie centrale, et assez espacés entre eux pour que l’accès en soit facile également de tous côtés. Les excellentes conditions dans lesquelles on avait établi cet hôpital méritaient d’autant plus d’attirer l’attention, qu’il n’avait été construit avec tant de soin qu’à litre provisoire, puisqu’il fut détruit après la guerre d’Amérique.
Le Dr Evans exposait encore un autre plan en relief d’une partie du même hôpital et un modèle de pavillon. Le pavillon représenté par ce modèle (fig. 37), est terminé à chaque extrémité par une salle qui dépasse de 0m,17 sur un côté. Une de ces salles sert pour les bains et l’autre pour les gens de service. La longueur totale du modèle est de 0m,72 et sa largeur, sans les salles annexes, est de0m,28. 11 est muni de 15 fenêtres de chaque côté, sans compter les fenêtres des salles annexes; ces fenêtres garnies de vitres s’ouvrent de bas en haut en glissant dans des coulisses. A l’intérieur, au milieu, un espace vide et dans toute la longueur, de chaque côté, entre les fenêtres, des lits en fer garnis et des chaises. Le toit est surélevé pour la ventilation et dépasse en outre de chaque côté d’environ 0m,03. Le plancher en briques est en surélévation et laisse, entre lui et le sol, un assez grand espace vide. Au centre de ce pavillon se trouvent des appareils pour le chauffage, l’éclairage et la ventilation qui est établie avec un soin tout particulier. Le pavillon est assez vaste pour assurer à tout malade plus •
PECAR.7 * ,
Fig. 36. — Plan en relief de l’hospice général do Philadelphie (Élats-Unis'.
Fig. 37. — Pavillon du même hôpital : A, coupo longitudinale; B, coupe transversale
e£CAM
544 L’Ail T MÉDICAL.
de 27 mitres cubes d’air. Un faux toit placé au-dessus de l’arête supérieure active la ventilation pendant l’été, et en hiver, quand les interstices du toit sont fermés, l'air est renouvelé par des cheminées d’appel. Chacun des quatre poêles qui chauffent la salle est muni, à sa base, d’une ouverture pour donner accès à l’air pur, ouverture que l’on peut fermer à volonté. Une cheminée, recouverte de tôle et assez large, descend à travers la charpente jusqu’à une assez grande distance au-dessus du poêle et reçoit lo tuyau qui donne passage à la fumée et à l’air vicié.
France. — Dans la section française on remarquait le plan d’un hôpital sans étages à pavillons ogivaux isolés, disposé pour recevoir 120 lits du système Tollet ( I), et du même, un modèle à l/l0 d’un pavillon d’hôpital avec salles annexes.
Les constructions de M. Tollet, faciles à établir, seraient d’un prix peu élevé. C’est à peine si nous osons citer ces plans et les suivants, car que peut apprendre cette sèche nomenclature à nos lecteurs, puisqu’ il nous est impossible de leur en donner la reproduction. Aussi ne nous arrêtons-nous généralement qu’aux objets qu’il nous a été donné d’étudier plus complètement, passons-nous sous silence une assez grande partie des notes prises par nous et négligeons-nous forcément de parler de bien des choses certainement intéressantes à signaler, mais qui ne peuvent être rendues compi’éhensibles qu’avec l’aide du crayon. C’est ainsi que nous avons remarqué un plan et une vue générale de l’asile d’aliénés élevé à Bron (Rhône) d’après les indications du Dr Constans, par M. Louvier, architecte du département. L’asile est entouré de grands terrains cultivés; il est situé dans une plaine fertile. Au centre on voit s’élever de grands bâtiments à deux étages, entourés de pavillons de différentes dimensions et de parties complètement isolées; cependant presque tout est relié par des corridors couverts.
Un modèle de l’asile d’aliénés de Montdevergue (Vaucluse). Pavillons isolés, entourés de jardins. Chaque pavillon a deux salles contenant douze lits.
Quatre photographies et un plan de la Maison Évangélique de refuge, de Nîmes (Gard); un plan d’ensemble de l’asile public d’aliénés de Bassens par Chambéry (Savoie), un plan et coupe de la salle de bains du même asile; une vue générale de l’asile départemental d’aliénés du Cher, des façades et coupes du même asile ainsi que le plan du premier étage et plus loin encore le plan du rez-de-chaussée dudit asile. Enfin, un type proposé pour hôpital communal par M. Lavezzari, architecte à Berck-sur-mer (Pas-de-Calais), dont nous ne parlons pas pour la raison indiquée ci-dessus. Tous ces plans et modèles se trouvaient dans la tente à trois pavillons dressée sur les indications du professeur Léon Le Fort qui, comme nous l'avons déjà dit et comme nous le verrons encore plus loin, constituait, par la variété des objets exposés, un véritable musée d’ustensiles pour les hôpitaux et ambulances de terre et de mer.
Derrière cette tente, M. Tollet avait placé encore différentes constructions spéciales à ossatures en fer, démontrant son système. Un modèle de pavillon, charpente en- fer et construction en briques, dans lequel on trouvait un grand nombre de dessins, de projets et de modèles de constructions d'après ce système. La seule chose remarquable dans ce pavillon était la couverture composée de tuiles faites par M. Perrusson de Saône-et-Loire. Les tuiles s’enchevêtrent bien, de manière que les fentes de jonction aboutissent sur des tuiles placées audessous. Dans les côtés, ces tuiles s’agrafent les unes dans les autres. Les angles de la couverture sont doublés par une gouttière en zinc.
Une coupe, tranche d'une ambulance mobile construite en panneaux aéri-
(1) Voir page 540 et tome IV, page 313.
INSTRUMENTS ET APPAREILS
fères, système de M. Hugedé. Ces panneaux, à circulation d’air, moulage facile et rapide, n’exigeant ni cuisson, ni appareils, ni ouvriers spéciaux, sont recommandés par l’inventeur pour les soubassements des baraques d’ambulance, pour l’assainissement du sol et les parties construites des hôpitaux provisoires. A titre d’essai et de modèle, un trumeau de la baraque exposée par la Société française de secours aux blessés militaires, dont M. Ilugedé est membre fondateur, avait été construit en panneaux aérifères avec prise d’air extérieure. La coupe, tranche d’ambulance mobile, dont nous parlons ici, était pourvue de deux enveloppes, un mur intérieur en briques creuses et un mur extérieur en pierres ou plâtre également creux.
Dans le pavillon de l’Algérie on remarquait un modèle de l'hôpital civil d’Oran, système de pavillons isolés entourés de jardins; quatorze pavillons.
Il nous est encore impossible de passer sous silence la magnifique exposition de la Ville de Paris, qui avait accumulé tant de richesses dans son superbe pavillon. Au point de vue de l’hygiène, nous avons remarqué : un matériel de secours pour les asphyxiés et les blessés, des appareils pour le traitement des aliénés, des tableaux, méthodes et appareils pour le traitement des enfants idiots et arriérés, un grand nombre de rapports et documents relatifs aux travaux du Conseil d’bygiène et de salubrité, tout le matériel d’un hôpital pour adultes, le matériel complet des hospices et enfin de nombreux plans d'hôpitaux.
Parmi ces derniers nous citerons le modèle de l’hôpital de Ménilmontant récemment construit et dans lequel on a appliqué pour la première fois à Paris, dans un hôpital ordinaire, le système d’isolement des malades atteints d’affections contagieuses. On a ménagé en effet, dans cet hôpital, un pavillon isolé contenant trente lits. Quand on considère tous les inconvénients et les dangers qu’il y a de confondre, dans les hôpitaux, tous les malades atteints de maladies contagieuses ou non, on est heureux de voir la France chercher enfin à appliquer le système d’isolement pour les malades pouvant propoger leur infection et adopter un système pratiqué depuis plus d’un siècle dans les autres pays et qui répond à un des plus grands besoins de l’hygiène hospitalière.
Le modèle d’un pavillon d’isolement de l’hospice de la Maternité de Paris. Ce pavillon construit d’après les données du docteur Tarnieiy se compose d’un rez-de-chaussée et d’un étage. Le rez-de-chaussée et le premier contiennent chacun quatre chambres munies d’ouvertures donnant sur un espace libre. Au centre, se trouve un cabinet pour les gardes pourvu de croisées vitrées, afin qu’on puisse voir et surveiller dans chacune des pièces. Les chambres ont un parquet bitumé, les murs, aux coins arrondis et en pierres, sont enduits d’une couche de vernis. Tout y est organisé pour pouvoir entretenir la plus grande propreté au moyen de lavages. L’ameublement est en fer.
Ce pavillon suffit pour recevoir deux cents à deux cent cinquante femmes en couches par années; après le départ de chaque femme, non-seulement les murs sont lavés et brossés et le linge purifié, mais encore l’ameublement, meme celui en fer, est complètement nettoyé et exposé à la chaleur pour que toutes les substances affectantes qui pourraient encore y adhérer soient entièrement détruites. Depuis son installation, il a donné les résultats les' plus favorables. La mortalité n’a été que de 2 %, et on espère arriver à 1 °/o-
L’ART MÉDICAL
III. — Ressources médico-chirurgicales. — Transport du matériel.
Les ressources matérielles nécessaires au service des malades et des blessés sont: d’une part, les objets de pansement, les médicaments, les instruments de chirurgie, les ustensiles et objets mobiliers; de l’autre, les moyens du transport du matériel. Pour le service du champ de bataille et des ambulances, les ressources matérielles sont réunies dans des coffres ou sacs dits cantines, sacs et sacoches d’ambulance, ou dans des fourgons dits caissons. Dans ce chapitre, nous étudierons successivement les objets de pansements, les instruments, les appareils à fractures, les appareils de prothèse et nous finirons par la description des cantines et caissons destinés au transport de tous ces objets. Il est bon de signaler le soin, l’intelligence qui distinguent la branche de l’industrie si complexe qui s’occupe des appareils et instruments qui viennent si puissamment en aide au médecin et au chirurgien et nous verrons quel perfectionnement a été apporté au matériel spécial de la médecine et de la chirurgie militaire, aux pansements, aux appareils à fractures, etc., qu'on a cherché à rendre aussi légers, aussi peu volumineux, aussi facilement transportables que possible.
1° Objets de pansement.
Avant de parler des objets de pansement présentés à l’Exposition, nous ne saurions trop insister sur le pansement par le coton qui nous a toujours paru et nous parait toujours le meilleur.
Dès 1859, nous signalions déjà l’insuffisance de la charpie et du sparadrap presque exclusivement employés dans les pansements et nous constations les inconvénients résultant de leur usage. L’expérience, nous a montré combien nous avions raison. Nous avons de plus en plus reconnu le côté défectueux de ce mode de pansement et aujourd’hui comme alors nous sommes convaincus que la charpie et le sparadrap sont remplacés avec avantage par le coton, si facile à se procurer et que la nature nous fournit dans un état de pureté parfaite.
Une expérience de plus de 30 années pendant lesquelles nous avons employé le coton sans interruption nous permet d’affirmer qu’il joint, à tous les avantages que l’on attend de la charpie, une valeur propre des plus grandes. Le coton est à la fois un moyen de pansement et un excellent topique. Les nombreuses observations que nous possédons à ce sujet montrent en effet combien son usage accélère la cicatrisation des plaies de toute nature sur lesquelles on l’applique.
D’un autre côté, si l’on considère qu’elle économie l’usage général du coton réaliserait dans les hôpitaux et dans les ambulances, de quelle utilité serait en campagne un agent qu’on ne serait pas exposé à voir manquer, on n’hésitera pas à le substituer à des agents qu’il remplace d’ailleurs si avantageusement à tous les autres points de vue.
Avant de terminer, nous dirons que la méthode que nous employons se distingue surtout de celle qui est généralement suivie, en ce que nous faisons l'application directe et immédiate de ce topique. Une première couche de coton s’applique sur les parties malades aussi exactement qu’un appareil plâtré; on lui donne une étendue etuneépaisseurvariahlessuivantl’indication. Sur cette couche de coton, on en étend une seconde, qu’on peut imprégner d’huile pure ; puis enfin
INSTRUMENTS ET APPAREILS
une troisième mince et sèche. Ces sortes de pansements n’ont souvent besoin d’être levés et renouvelés qu’une fois.
Nous allons maintenant, toujours en suivant l’ordre alphabétique des pays, passer en revue xes dilférents objets de pansement présentés à l’Exposition.
Angleterre. — Dans la section anglaise, MM. Robinson et Sons ont exposé différents objets de pansement, entre autres: de la ouate tissée pour bandages et de la gaze tissée en coton ; différentes espèces de charpies ; de la charpie de coton pur, des bandeaux roulés.
C’est la première fois, dans une Exposition, que l’on remarquait de la charpiecoton. De tout temps cependant, les Anglais avaient l’habitude de fabriquer de la charpie tissée en coton et il est étonnant que cette pratique si l’aisonnable ait pu passer si longtemps inapperçue par la chirurgie continentale qui s’obstinait à se servir de charpie de chanvre ou de laine.
France. — Dans la section française, M. Sadon a présenté également différents objets de pansement et notamment un tissu charpie pluché, charpie toison de chanvre en bandes de différentes longueurs et des cartouches de premier pansement.
Chaque cartouche longue de 0m, 09 et d’un diamètre de 0m,03,est composée delà manière suivante. Dans un rouleau de papier sur lequel est écrite la description du pansement rapide, tissu-charpie-Sadon, se trouve une bande de toile de 2 mètres de long environ et de 0m,06 de large. Cette bande porte, vers une de ses extrémités, un plumasseau de charpie faisant corps avec la bande et tissé avec elle. Les brins de charpie ont la longueur et les caractères de notre charpie ordinaire. Au plumasseau de charpie fait suite un linge fenêtré. A côté de cette bande, un petit paquet renferme une compresse hémostatique préparée dans la solution normale du perchlorure de fer et enveloppée dans de la baudruche en gutta-percha. Le tout est roulé et maintenu par une épingle.
M. Arrault a exposé un pansement de poche et un sac de premier pansement.
M. le Dr Tourainne, médecin-major de l’armée, a présenté du colon hydrophile cardé et non cardé destiné à remplacer la charpie. Le coton hydrophile du Dr Tourainne date de 1855, époque où ce médecin faisait ses premières expériences dans les hôpitaux do Constantinople, pendant la guerre de Crimée. M. Tourainne prépare le coton hydrophile en soumettant au lessivage le coton livré par le commerce. Si on emploie la lessive de cendres, il ne faut pas se contenter d’un seul lavage, mais en faire successivement deux ou trois après avoir laissé sécher le coton sans le tordre ni le presser. Ce mode de préparation demande un certain temps. Pour obtenir une préparation plus rapide, M. Tourainne lessive le coton dans une solution de soude du commerce à 25 ou 30 °/0. Après avoir été immergé dans cette solution pendant environ une heure, le coton est lavé à grande eau puis on le laisse sécher, toujours en ayant soin de ne pas le tasser ni le comprimer.
La Société française de secours aux blessés militaires a placé dans ses vitrines plusieurs spécimens d’objets de pansement.
Une bande hémostatique de M. Houzé de l'Aulnoit. D'après ce docteur, la bande réglementée en caoutchouc est destinée à permettre à toute personne étrangère à l’art de guérir, d’arrêter une hémorrhagie des membres, sans exposer les blessés aux accidents d’une trop forte constriction. Elle fait partie du matériel. des boites de secours de l’armée et des chemins de fer en Belgique. L’Allemagne vient d’en doter ses caisses de secours. Elle a été mise en pratique en Turquie, pendant la dernière guerre d'Orient et les chirurgiens
L’ART MÉDICAL
russes qui l’ont appréciée à l'exposition d’hygiène et de sauvetage de Bruxelles, ont vulgarisé ce petit appareil dans leur pays.
Un serre-bandes de M. Maire (fig. 38). Ce petit appareil a la forme d’une boucle dont l’aiguille est remplacée par un axe d’enroulement pour la bande. Cet axe tourne à frottement doux dans deux supports placés à ses extrémités et relevés à angle droit sur le cadre de l’appareil. Un bouton qu'on prend entre les doigts permet le mouvement d’enroulement et un rochet muni d’un cliquet à ressort monté à vis sur le côté du support, en assure l’arrêt. L’axe d’enroulement est
Fig. 38. — Serre-bandes de M. Maire (Franco.)
fendu diamétralement dans presque toute sa longueur, la partie mobile fait charnière et permet, quand on la rabat, de pincer le bout de la bande. Ce même axe, outre son mouvement de rotation, se meut encore dans le sens de la longueur, afin de pouvoir engager, quand on le ferme, et dégager, quand on l’ouvre, son extrémité dans le trou du support qui l’assujettit définitivement et fixe le bout de la bande. Un ressort monté à vis sur le côté du support pénètre dans une gorge pratiquée à l’extrémité de l'axe et forme verrou d'arrêt dans le sens longitudinal. En appuyant sur son extrémité terminée de manière à limiter son action, on le dégage de la gorge, l’axe glisse alors sur lui-même jusqu’à son embase, bute sur le support d’où l’on. peut de nouveau ramener le serre-bande à sa position primitive. Pendant le mouvement de glissement, le rochet ne doit pas se dégager de son cliquet; ce dégagement ne peut se faire qu’en appuyant un peu sur l’extrémité de ce cliquet qui fait ressort et dans le cas seulement où l’on veut desserrer la bande de pansement. Pour se servir du serre-bande, le pansement doit être fait, la bande doit être enroulée sur le mena-
INSTRUMENTS ET APPAREILS
bre. On passe alors le bout libre de cette bande dans l’ouverture de la boucle, on la rabat en la faisant passer sur une des branches du cadre et on la fait revenir en sens contraire, eu faisant ainsi le tour du membre, jusqu’à ce que son extrémité atteigne l'axe d’enroulement. On ouvre celui-ci, on passe la bande entre ses deux branches et on la pince en le fermant. On tourne alors le bouton dans le sens que permet le rocliet afin de serrer la bande et l’encliquetage la maintient au point où l’on veut. L’encliquetage relevé, le déserrement se fait tout seul. Cet appareil a donc pour but de serrer ou de déserrer, à volonté, les bandes destinées aux pansements en supprimant les épingles et les boucles. Sa plus grande utilité est de permettre au malade de sei'rer ou de déserrer luimême, avec une seule main, son bandage suivant qu’il en éprouve le besoin.
La même Société présentait également plusieurs spécimens des objets de pansemenl de M. Sadon, membre fondateur de la Société. 4 pansements rapides, charpie longue; quatre pansements rapides, charpie courte; une pièce de charpie n» 1 préparée à l’acide salicylique (formule Esmark) ; une pièce de charpie n° 2 préparée à l’acide salicylique (formule Esmark) ; une pièce de charpie n° 1 ordinaire; une pièce, charpie extra; une pièce, charpie n° 1 goudronnée; deux échantillons de draps fanons Sadon ; un sac fait instantanément en coupant une gaine de drap fanon Sadon et en le retournant.
Une ceinture d'infirmier de M. Duros, en toile et flanelle. Cette ceinture prend un large point d’appui sur les épaules et présente, à sa partie inférieure qui forme tablier, trois petites poches pour linge fenêtré, bandes, charpie, etc. Elle forme un véritable nécessaire de pansement que l’inlirmier porte sur lui.
Des modèles de chemises pour blessés ou malades de M. Léger. Ces chemises, ouvertes sur les côtés, et à manches également ouvertes jusqu’au poignet, présentent l’avantage de pouvoir être passées ou enlevées sans déranger le blessé. Les pansements peuvent être faits, sans que l’on soit obligé d’enlever la chemise ou de découvrir le malade.
Des bas élastiques sans couture, de M. Joliüé. D’après l’inventeur, ces bas en tissu souple, élastique (coton ou soie) sans couture, permettent d’obtenir une pression partielle là où il est nécessaire.
Enfin, on trouvait encore, dans la section française des objets de pansement, charpie et linge, de M. Durand-Gonon de Saint-Brieuc.
Pays-Bas. — Dans une vitrine placée dans la section des Pays-Bas, Mma Vve Snyders, d’Amsterdam exposait différents objets de pansement : du drap de toile, des compresses de toile, etc., etc. Très-belle exposition ; les produits sont fabriqués avec beaucoup de soin.
Russie. — Dans la section Russe, M. Solomka, présentait des cartouches de pansement pour le soldat. Chaque cartouche forme un paquet de 0ra,13 de long et de 0m,03de large. Elle se compose d’une toile cirée entourée d’un caoutchouc, renfermant : une petite serviette triangulaire en coton, une bande en toile avec des épingles, de la ouate jaunie par du perchlorure de fer et enveloppée dans une gaze en coton entourée d’un papier ciré. Dans un autre papier, également ciré, se trouve une autre gaze en coton qui enveloppe de la ouate incolore ayant l’odeur du phénol. La carLouche contient en outre une petite feuille de papier portant l’indication du mode de pansement, d’un côté en russe et de l’autre en français. Voici l’indication française : Premier aide par soi-même en temps de guerre ; pansement sur le champ de bataille. Application du bandage : on met d’abord sur la blessure le coussinet de ouate arrêtant lesang (jaune), au-dessus, le coussinet de ouate carboliséo (blanc), et on les attache avec le fichu ou le bandage selon la facilité ou la commodité. Si la blessure est transpercée, on met un coussinet de chaque côté.
L’ART .MÉDICAL
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On remarquait à côte trois autres trousses de ditrérentes formes et de différentes grandeurs. Une de ces trousses uu cartouche de premier pansement, beaucoup plus grande que les précédentes, est en cuir etporteàsa surface la croix rouge. Elle contient une serviette triangulaire sur laquelle on trouve écrit en allemand: Pansement d’après le professeur Esmarck et des dessins représentant les pansements différents, pour l’œil, le bras, les jambes, la tôle. La serviette renferme des épingles, des bandelettes, une bande en caoutchouc, la nomenclature en russe des objets contenus, une feuille de papier parcheminé pour faire un cataplasme ; ce petit sac est muni d’une petite bandelette qui sert à le maintenir. La cartouche contient encore du carton et une gaze. — Une autre trousse semblable; une troisième beaucoup plus grande, en toile, contenant beaucoup plus d’objets et destinée au médecin.
M. Scmenof de Moscou a présenté des paquets portant la croix rouge à leur surface. Ce sont: des paquets de gaze antiseptique, des paquets de coton salicylique, des paquets de coton hygroscopique, des paquets de coton carbolisé, des paquets de coton hémostatique.
L’application des préparations de ouate pour les pansements, des ouates combinées avec différents médicaments, est toute nouvelle ; elle ne remonte qu'à quelques années seulement et cependant on la rencontre aujourd’hui dans toutes les ambulances.
Les ouates hémostatiques préparées, aux acides, benzoïque, salicylique, etc. ont perdu leur qualité de surnager sur l’eau. En effet, avant d’imprégner la ouate d’un acide quelconque et pour qu’elle s’en imprègne, il faut chasser l’air qui se trouve dans ses fibrilles en pétrissant cette ouate sous l’eau jusqu’à ce qu’elle reste au fond, c’est alors seulement qu’elle prend la qualité de pouvoir se combiner avec un acide.
M. Martens de Saint-Pétersbourg a exposé un grand nombre de flacons contenant des ouates hémostatiques préparées aux acides : benzoïque, salicylique, borique, carbolique, thymotique, ouate goudronnée, ouate iodée, ouate ordinaire, papier vernis, papier parafiné, toile chirurgicale, charpie de colon. — 2 flacons extrait de kloukva, 1 flacon extrait de café sucré, siropeux, 1 flacon de café liquide.
Suisse. — Dans la section Suisse, la fabrique internationale d'objets de pansement de Schaffouse, dirigée parM. Ch. Baeschlin, avait exposé, dans une vitrine, toutes espèces d’objets de pansement. Diverses étoffes en laine et en coton, les unes serrées, les autres moelleuses. Des compresses, du linge, des bandes, des tampons de charpie, cotons, caoutchouc, charpie en tous genres, charpie chimique pure, charpie imprégnée de matières antiseptiques.
Des objets de pansement antiseptique, aux acides : phénique, salycilique, benzoïque, boracique ou thymol, au perchlorure de fer. Gaze phéniquée et Catgut de Lister.
Avant de quitter les objets de pansement présentés à l’Exposition, nous décrirons les cartouches de pansement que nous avons distribuées aux combattants pendant la guerre de 1870-1871 et dans lesquelles nous avions remplacé la charpie par le coton.
Chaque cartouche d’une longueur de 0m,10 et d’un diamètre de 0m,0ü se compose tout simplement d’un petit sac en cuir renfermant un petit flacon rempli d’huile d’olive, entouré de ouate et de papier gommé; le tout maintenu par une bande de toile de 0m,03 de large et de 2m,20 de longueur, attachée avec quelques épingles.
Dans chacune de ces cartouches que nous avons distribuées par milliers, on avait placé, en outre, l'indication imprimée du mode de pansement. Voici
INSTRUMENTS ET APPAREILS
Bol
cette indication : Enduire la plaie avec l’huile, la couvrir avec un peu de ouate, appliquer dessus du papier gommé mouillé avec de la salive, maintenir le tout avec le ruban légèrement serré. Nous pouvons affirmer que ces cartouches si simples et si légères ont rendu de très grands services, j Comme pansement nous citerons encore la méthode plâtrée que le lecteur trouvera un peu plus loin.
2° Instruments et Appareils.
Dans ce paragraphe, nous étudierons les différents instruments, boîtes de chirurgie, appareils à fractures, attelles, gouttières, bandageset autres appareils présentés] à l’Exposition et nous terminerons par la description des appareils de prothèse. Nous suivrons, comme toujours, l’ordre alphabétique des pays. Nous ne parlerons que des instruments présentés dans la partie réservée aux ambulances, et nullement de toutes les magnifiques collections que l’industrie a exposées en dehors de cette partie.
1° Instruments.
France. — Dans la section Française, M. Collin avait exposé une boîte pour opérations générales et un grand nombre d’instruments.
Le Ministère de la Marine présentait un pnèomètre du docteur J. Maréchal destiné à mesurer la force inspiratrice et expiratrice des poumons, des instruments hémostatiques, etc.
Dans les vitrines du Ministère delà Guerre, on remarquait: un nouvel arsenal chirurgical, des instruments pour les voies urinaires, des bougies Rondeau frères, une boite pour les opérations de l’œil, une boite pour les opérations de la vision, des verres d’essai, une boîte pour les paupières et les voies lacrymales, un ophthalmoscope, une boite pour lesopérations de l’oreille, un explorateur électrique, des instruments pour opérations diverses, une boite complémentaire, une boite de chirurgie générale, des couteaux et des bistouris, des instruments de dissection, des instruments pour l’histologie, etc., etc.
Dans sa salle d’opérations, la Société Française de secours aux blessés avait placé un grand nombre d’instruments. Nous citerons les types suivants adoptés son comité médical.
Une boîte de chirurgie d'ambulance, fabricants MM. Aubiy, Collin, Favre et Mathieu. Cette boite longue de 0™, 50, large de 0m,23 et haute de 0m, 14 pèse complète 11 kilogioO. Pour le transport encampague, on l’enferme dans une housse enveloppe, dontle poids est de 2 kil. 500.
Le corps de la boite contient: 24 pinces hémostatiques, 1 scie à chaîne,
1 sonde de Blandin, 1 long serre-nœuds, 1 pince à esquilles, 1 pince porteaiguille, 1 trocart à drainage, 2 écarteurs en S, 1 manche et 1 boite à cautères,
2 cautères, 1 llacon de chloroforme (étui en métal), I appareil d’Esmarck, 1 tourniquet à vis, 1 détache-tendon du docteur Olier, 1 tire-fond à anneaux, 1 seringue n° 3 en maillechort, une canule fine en gomme, 1 brosse pour tréphine, 2 douzaines de serres fines, 6 pinces serres fortes, 1 stylet do Nelaton, 1 sonde de poitrine, 4 stylet explorateur, 12 aiguilles à suture, 3 mètres de tubes à drainage, 2 sondes en gomme, 2 soldes en caoutchouc, 1 crochet de Graeffo, 300 épingles, 8 paquets de fil d’argent, cire, fil à suture et à ligature, fil de l'or pour serre-nœuds, pierre à repasser, 1 étui pour sonde.
Deux plateaux contiennent en outre, le premier: 1 forte pince â dissection,
L’ART MÉDICAL
1 paire de forts ciseaux, 1 davier courbe, 1 clef de Garengeot avec crochets, \ pince à torsion, 1 pince à ligature profonde, 1 forte cisaille de Liston, 1 forte cisaille coudée, 1 davier deFarabœuf, i forte sonde cannelée, 1 scie avec 4 feuillets, 1 seringue de Pravaz dans son étui, 1 pince tire-balles, \ aiguille de Cbassaignac, une canule à trachéotomie, t dilatateur à deux branches, i sonde (homme et femme) en argent.
Le deuxième: 4 couteaux d’amputations variés de longueur, i bistouri à dos fort, 3 bistouris droits assortis, 1 tenaculum, 1 aiguille deCooper, 1 rugine courbe,
1 spatule à manche, 1 paire de ciseaux burins, 1 gouge, 1 trôpbine, t maillet en plomb, 1 aiguille à suture à manche.
Deux bassins sont encore appliqués sur les deux extrémités de la bolle
Une trousse de chirurgie de M. Favre. Cette trousse, longue de 0m,i5, large de 0m,08, épaisse de 0m,03, pèse 285 grammes.
Elle contient: 1 bistouri droit, 1 bistouri boutonné, 1 tenaculum, 1 rasoir,
2 paires de ciseaux droits et courbes, I pince à pansement à tenon et à crémaillère, 1 pince à torsion, 1 spatule, 1 sonde cannelée, 1 stylet aiguillé en acier, 1 porte-mèche en acier, 1 stylet cannelé en argent, 1 sonde (homme et femme) en ai’gent, 1 porte-nitrate, 3 lancettes, 4 aiguilles, t paquet de fil d’argent, lplaque porte-fil, 50 épingles, 1 trousse (maroquin, intérieur en velours).
Une trousse d'infirmerie de M. Favre. Cette trousse contient: 1 rasoir, i spatule, 1 paire de ciseaux et 1 pince à pansement.
M. Favre a encore placé dans la vitrine de la salle d’opérations de la Société, française :
Une boîte àopérations sur les dents, une boite de sondes et de bougies, une boite de couteaux de réserve, une boite de cautères, 1 boite de sondes de Mayor.
2° Appareils ù fractures.
Les appareils pour les fractures par armes à feu peuvent être divisés en appareils irréguliers et provisoires et en appareils réguliers et définitifs; mais il ne faut pas confondre les appareils provisoires dontnous parlons avec les appareils ainsi nommés dans les traités de pathologie. Les appareils provisoires appliqués surleschamps de bataille n’ont d’autre but que de permettre de relever et de transporteries blessés atteints de fractures, avec le plus de ménagements possible. Lorsque les blessés sont arrivés aux ambulances ou aux hôpitaux, ces appareils sont enlevés et remplacés en totalité ou en partie par des appareils définitifs. Les appareils provisoires peuvent être construits avec les ressources contenues dans les sacs, sacoches, cantines d’ambulances, mais, quand ces ressources sont épuisées, il faut chercher à les remplacer par d’autres éléments propres à cet usage. On peut prendre certaines pièces de l’armement et de l’équipement des blessés, les planchettes des havre-sacs, les fourreaux de sabres, les armes elles-mêmes, les bâtons de tentes-abris, que l’on transforme eu attelle et que l’on assujettit avec les courroies dont tout soldat est porteur. On peut encore prendre des morceaux de planches, de caisses, des branches d’arbres, des roseaux, des joncs, de la paille même, pour tenir lieu d’attelles ou de fanons, que l’on maintient avec une corde, le mouchoir ou la cravate du blessé. On peut garnir ces appareils provisoires avec du linge, du foin, de l’herbe, de la mousse et exercer ainsi sur le membre une contention inolfensive. 11 est bien évident que les appareils provisoires dont nous parlons ici sont d’une grande imperfection, mais il ne faut pas perdre de vue qu’ils ne sont appliqués que sur le champ de bataille, lorsque tous les autres font absolument
INSTRUMENTS ET APPAREILS
défaut et qu’ils doivent être remplacés dès que le blessé est arrivé à l’ambulance ou à l’hôpital.
Les appareils modelés, les gouttières métalliques, les bandages plâtrés que l’on cherche toujours à perfectionner de plus en plus alin d’immobiliser la fracture pour permettre de 'transporter le blessé sans danger, doivent remplir les conditions suivantes : Contention exacte, application rapide et facile, légèreté, modicité de prix; il faut en outre qu’ils puissent entrer facilement et en grand nombre dans les sacs, sacoches et cantines d’ambulance.
Avant de commencer notre description des appareils à fractures présentés à l’exposition, nous dirons que les bandages plâtrés paraissent avoir rendu de grands services aux chirurgiens allemands pendant la guerre de 1870-1871, mais que les chirurgiens français préfèrent généralement pour le transport du champ de bataille à l’ambulance, les appareils modelés, en carton, préparés et moulés à l'avance d’après la forme des membres sur lesquels ils doivent être appliqués, les appareils modelés en toile métallique, les appareils à attelles, à fanons, etc.
Angleterre. — Dans la section Anglaise, M.le major Porter exposait diverses atlelles en fil de fer garnies de différentes façons, plâtrées et non plâtrées.
Autriche- Hongrie. — Dans la section austro-hongroise, M. Adolphe Zigmondi, médecin en chef de l’hôpital de Vienne, avait placé dans une vitrine des bandages de sacs de plâtre pour les bras, les jambes, la tête, etc. — Un sac garni de plâtre pulvérisé de Üm,005 d’épaisseur. Celte couche fournirait une attelle de la même épaisseur (0m,00o). — Une attelle de repos pour la face palmaire de la main, Üm,003b d’épaisseur. — Un sac non rempli pour un corset plâtré appliqué aux fractures des côtes. On n’en roidit ordinairement que les côtés couvrant la partie malade. — Une botte plâtrée de 0,n,U0ü d’épaisseur, complétée plus tard par une attelle percée, servant de couvercle, épaisseur 0m00b déterminée à l’avance.
Ces sacs sont en flanelle ; dans l’intérieur ils portent une cloison en toile légère, de manière que chaque sac est formé en réalité de deux poches. On choisit ces sacs selon l’usage auquel on les destine. On met du plâtre pulvérisé en petite épaisseur (0m,00o environ), on l’étend également, on saisit ensuite le sac par les deux extrémités, on le plonge légèrement dans l’eau pendant quelques instants; le plâtre transformé en bouillie forme une espèce de cataplasme, on le retire et on l’applique alors sur la région malade. 11 se moule exactement sur toutes les sinuosités où on le laisse en repos jusqu’à ce qu’il ait pxàs une consistance suffisante. S’il s’agit de mettre plusieurs sacs pour entourer un membre, on tourne celui-ci et on applique un second sac sur la partie qui en est dépourvue. L’avantage sur les bandes plâtrées est très- grand, car, une fois moulés, ces sacs conservent la fonne de la région sur laquelle ou les applique, de sorte qu’on peut les enlever pour examiner la partie malade, ce qui ne peut se faire avec les bandes plâtrées ; de plus les sacs plâtrés n’adhèrent pas aux parties sur lesquelles on les pose ; enfin on peut les employer dans des régions très-irrégulières, comme la face, là où les bandes ne peuvent s’appliquer.
Belgique. — Dans la section belge, le docteur Guillery exposait des atlelles estampées, en zinc.
France. — Dans la section française, nous avons remarqué un certain nombre
d’appureils à fractures.
M. Guillot exposait des gouttières en tôle èlainèe, faites sur les indications de M. le Dr Léon Lefort.
TOàlG VIII. — NOUV. TliCH.
L’ART MEDICAL
Fig. 30. — GoUTTlÈnEENTÔLEKTAMÉE A INTERVENTION DESTINÉE AUX PLAIES ET RÉSECTIONS DU COUDF. — Systèm !
du Dr LéonLe Fort. — A. Vis servant à fixer la partio du bras à la longueur voulue. — B. Deuxième vissorvantà fixer la partie do l’avant-bras. — C. Tringle en fer que l’cn courbe à volonté, selon la degré de flexion que l’on veut donner aux membres.
Fig. 40. — Gouttière a intervention mobile applicable a la résection du genou. Système du l)r Léon Le Fort.
Fig. 41. — Gouttière a suspension mobile destinée au traitement des fractures de jambes. — (Système du D>' Lefortj. — A. Vis d’extension. — B. Articulation du genou avec flexion limitée. — C. Double poulie mobile, avec crochets servant h faire la suspension de la jambe sur un cerceau en fer.
INSTRUMENTS ET APPAREILS
Une gouttière pour le bras (fig. 39). — Celle gouttière se compose de trois parties réunies entre elles par deux vis de pression qui permettent d’immobiliser le bras et l’avant-bras, unis par une tringle ronde eu fil de fer qui peut se manier à volonté. Il y a une partie pour la main, une deuxième pour l’avant-bras, et une troisième pour le bras. Elle est applicable aux plaies et résections du coude et permet de faire le pansement sans sortir le bras de la gouttière. — Une autre gouttière du mémo genre toute droite.
Une gouttière du môme système pour les jambes. — Cette gouttière (fig.40), à intervention mobile est applicable à la résection du genou. Elle permet de l'aire le pansement sans défaire l’appareil, carie genou est entièrement à découvert; le pied est de même à découvert et maintenu sur une planchette où on le met au degré de flexion ou d’extension voulu, d’adduction ou d'abduction.
11 y a trois tringles de rechange pour chaque appareil afin de faire varier l’extension ou la flexion que l’on veut donner au membre. Ces gouttières spécialement faites pour les ambulances, ont été utilisées pendant la guerre de 1870-1871 par beaucoup de chirurgiens auxquels elles ont rendu les plus grands services.
Luc gouttière à suspension mobile destinée au traitement des fractures de la jambe, faite également sur les indications de M. le docteur Léon Lefort. Cette gouttière (fig. il) est applicable à toutes les fractures de jambes et principalement aux fractures multiples avec plaies, dont le pansement se fait sans avoir besoin de démonter l’appareil. La jambe est posée dans celte gouttière qui permet de laisser à découvert presque toute la jambe en entier pour faciliter le pansement et le redressement des deux fragments.
Cette gouttière, en tôle étamée, est munie, à sa partie inférieure, d’une vis d’extension qui est fixée sur une partie des montants où glissent, dans une coulisse, les parties doubles de la gouttière qui lui permettent de s’allonger de toute la longueur de cette vis d’extension. De plus, elle est munie d’une articulation correspondant au genou et pouvant s’immobiliser à volonté selon le degré de flexion que l’on veut donner à la jambe pour empêcher tous mouvements. La jambe se trouve suspendue dans la gouttière au moyen de deux cbaineltes s’accrochant
dans divers trous nui se trouvent sur ses bords et L i x • ^ - • Attelles en toile métal- U.U1S uiveis nous qui sc uouvem, sui ses noms ci L1Ql)Epour le traitement provisoire
venant se fixer sur une baguette arrondie dont est do la coxalgie et pour fractures
muni le cerceau en fer reposant sur le matelas du Re jambes et de cuisses.
lit; de cette manière le malade peut se bouger sans éprouver la moindre douleur.
M. Guillol exposait encore des attelles en toile métallique pour le traitement provisoire de la coxalgie et pour fractures de jambes et de cuisses. Ces attelles, (fig. 42ci-dessus) sont en forme de T ; la partie la plus courte fait le tour du corps, l’autre partie longe la jambe <\ sa face externe, la deuxième s’applique à la face interne de la jambe, la troisième s’applique à la face antérieure. Ces attelles rendent de grands services dans les cas pressants comme elles l’ont prouvé pendant la guerre de 1870-1871.
M. le docteur Noizct exposait des appareils à fractures, en zinc.
La Société française de secours aux blessés militaires avait réuni dans sa salle d’opérations et dans les vitrines qu’elle contenait, des appareils à fractures et des modèles d’attelles et de gouttières. On remarquait des attelles de différents modèles, des appareils à fractures en drap, dc3 gouttières et cerceaux en fil de
L’AllT MÉDICAL.
fer galvanisé et des gouttières bouclées du Dr Houzé de l’Aulnoit. D’après le Dr Houzé de l’Aulnoit, ces gouttières portant sur leurs bords des lanières en soie et en caoutchouc, cousues et munies de boucles, peuvent être appliquées instantanément par une personne étrangère à l’art de guérir et permettent d'obtenir l’immobilisation du membre blessé. D’un prix minime, revenant à2f, 50 le cent, elles sont assez simples pour être faites partout, par le premier ferblantier. M. Houzé de l’Aulnoit s’en sert pour l’immobilisation articulaire des moignons d’amputés. Il en fait confectionner pour le creux de l’aisselle, pour le pli de l’aine. Elles se composent de deux valves : l’axillaire d’une valve, appliquée à la face interne du bras, et la seconde, soudée à la première sous un angle de 50 degrés, contre la face externe du thorax. Pour la cuisse, de deux valves : l’une est posée audevant de la face antérieure et supérieure de la cuisse, et la seconde au-devant de l’abdomen. Les courroies cousues sur les bords servent à l’immobilisation; elles maintiennent le membre demi-fléchi sous un angle de 105 degrés.
La même société exposait aussi des appareils pour fractures envoyés par M. Sadon, membre fondateur de la Société et, parmi lesquels on remarquait : un petit appareil à fractures, 3 attelles doubles accouplées pour fractures de jambes; 3 appareils à fractures, 3 attelles, 3 appareils pour bras, 3 appareils pour jambes; 3 appareils de bras, 8 attelles. Avec du drap fanon et des attelles de jambes, M. Sadon improvise un brancard de première ligne.
Pays-Bas. — Dans la section des Pays-Bas, M. le Dr Yan de Loo de Yenlo exposait des bandages plâtrés, pour la jambe, le genou, le talon et le pied. Un bandage plâtré amovo-inamovible d’emblée, à bandelettes de Scultet. Un bandage-tricot plâtré amovo-inamovible d’emblée. Trois bas superposés, fendus et attachés tout du long avec des rubans. Un bandage plâtré formé de trois pièces de flanelle superposées. Un bandage-tricot plâtré pour l’articulation du pied. Un bandage-tricot plâtré pour le bras gauche. Des attelles à bandelettes plâtrées. D’autres attelles à bandelettes plâtrées, divisées en deux parties, une partie supérieure et une partie inférieure (jambe, genou, pied). Un bas contenant du plâtre et moulé sur la jambe pour le côté droit; un autre semblable pour le côté gauche. Des bandes plâtrées pour le genou. Deux machines (Gypsimpressor) à rouler les bandes pour les imprégner de plâtre. Une brochure sur le bandage plâtré; Bruxelles, librairie Manceaux, 1867. Une brochure sur le Gyps-impressor, Linden.
Ces préparations sont faites de la même façon que les préparations du même genre que nous avons étudiées dans la section autrichienne et offrent les mêmes avantages. Ils n’en diffèrent que par l’enveloppe puisque nous avons ici des bas-tricots au lieu de sacs en flanelle (voir page 533).
Suisse. — Enfin, comme dernier appareil à fractures exposé, nous renvoyons le lecteur au brancard-gouttière de M. Demaurex, que nous avons étudié dans notre paragraphe sur les brancards, section suisse.
3° Tables à opérations.
France. — Dans la section française, une table à opérations ordinaire était placée sous la tente d’ambulance, système du Dr Léon Lofort, formée de deux tentes réunies.
Dans la salle d’opérations exposée par la Société française de secours aux blessés, on trouvait deux modèles de tables à opérations. 1° Le modèle de brancard-table ci operations, construit par M. Ivellner sur les indications du Dr baron
INSTRUMENTS ET APPAREILS
Mundy. Nous avons déjà étudié cc modèle dans notre paragraphe sur les brancards. Dans la salle d’opérations, il était placé sur deux tréteaux et constituait une excellente table à opérations.
2« Un modèle, construit par M. Favre formant une table à opérations pliante et portative, plus légère que la précédente, mais ne se prêtant pas aux mêmes transformations. Cette table très-simple, est mobile par charnières et se plie dans tous les sens, elle est placée sur des sangles, recouverte par une toile cirée et montée sur des pieds que l’on peut plier facilement.
Pour le transport, on divise cet appareil en deux parties, la table et les pieds, et chacune de ces parties, repliée, ne présente que très-peu de volume. Le poids de l’appareil entier est de 19k,500.
Une table à opérations se trouvait dans le fourgon de chirurgie exposé par le Ministère de la guerre française (voir page 586). Les pieds de cette table, étaient suspendus extérieurement sur un des côtés du fourgon.
Pays-Bas. — Enfin, dans la section des Pajrs-Bas, on avait placé sous le côté tendu de la voiture-tente d’ambulance du lieutenant colonel Krombout, (page 586) une table à opérations en bois, mobile, avec une surélévation pour la tête, mobile également et pouvant être enlevée complètement. Cette table est munie de pieds articulés, maintenus par un petit verrou en bois quand ils sont repliés en-dessous, et par une tringle en fer quand ils sont étendus.
4° Appareils divers.
Autriche-Hongrie. — Dans la section austro-hongroise, M. le Dr Mathé de Bude-Pesth, exposait un soufflet portatif pouvant être adapté à un réservoir pour obtenir l’insensibilité. L’opérateur a le petit réservoir suspendu en écharpe et fait marcher, avec son coude, le soufflet maintenu à son côté par une ceinture, de manière à pouvoir, en même temps, se servir du soufflet pour insensibiliser et de ses instruments pour faire l’opération.
M. le £)r Guillaume Gollmann de Vienne, présentait un appareil portatif-conservateur de r/lace, pour les hôpitaux et ambulances. Cet appareil se compose d'un réservoir de forme cylindrique en tôle de zinc à paroi double. Le réservoir a 0m,3I6 de hauteur et 0m,474 de diamètre. La paroi double qui l’entoure se trouve distante de 0m,026 de la première et cet espace est comblé de coton afin que la glace ne fonde pas si facilement et se conserve plus longtemps. Au milieu de l’appareil, à 0m 105 de distance de la paroi double se trouve un cylindre en tôle de zinc qui repose sur des pieds de 0ra,015 de hauteur, de manière qu’il ne repose pas partout et qu’il soit surélevé pour laisser entre lui et le fond de l’appareil un espace vide de cette hauteur. Ce cylindre, mobile, a 0m,316 de hauteur sur 0m, 237 de diamètre et est destiné à renfermer un seau en fer blanc devant recevoir de l’eau ou des médicaments, avec couvercle et anse, à l’intérieur duquel se trouve accroché un gobelet d’une contenance d’un demi-litre. Ce seau est également soutenu par des pieds qui se trouvent à l’intérieur du cylindre qui l’enveloppe, de manière qu’il ne descende pas jusqu’au fond. Entre les parois de l’appareil et le cylindre du milieu on place la glace qui doit être pillée ; dans cette partie, il y a sur les parois des crochets auxquels on suspend des boîtes mobiles en tôle dans lesquelles les médicaments sont tenus frais; les compresses sont placées sur la glace. Cet espace compris entre le récipient du centre et les parois de l’appareil est fermé presque hermétiquement par deux couvercles demi-ronds en zinc. Le seau du milieu dépasse le cylindre qui l’entoure de 0m,10 de manière à pouvoir être retiré sans que les couvercles
L’ART MÉDICAL
demi-circulaires de l’appareil soient levés. Ce seau solidement étamé, facile à ôter et A mettre en place, peut contenir 14 litres d’eau.
Le Dr Gollmann a eu ainsi pour but de fournir de l’eau fraîche, des médicaments et des compresses froides aux malades et surtout aux blessés, en prenant en considération les difficultés de leur transport pendant les grandes chaleurs, où par manque d’eau fraîche pour boisson et compresses, leurs souffrances sont considérablement augmentées.
D’après les expériences et observations faites, il suffit de remplir entièrement de glace l'espace compris entre le récipient du milieu et les parois de l’appareil, une seule fois toutes les 48 heures. Cependant il est désirable d’avoir toujours de la glace en réserve. Cet appareil a éLé mis en pratique en Autriche, lors de la guerre de 1866 et a été ensuite adopté pour les hôpitaux de Vienne. Un seul suffit pour un transport ou pour un local de 25 à 30 hommes.
Belgique. — Dans la section belge, MM. R. Jollcy et Cic de Bruxelles exposaient un bidon-fillre-portatif (Filtrage Buhring). Dans ce bidon de diamètre ordinaire, recouvert en étoffe, on trouve, d’un côté, un réservoir en fer blanc dans lequel plonge un morceau de charbon de bois rond, comprimé. Ce morceau de charbon porte, lixé dans son milieu, un tube qui communique avec un caoutchouc terminé par une embouchure en verre. Ce tube, avant de sortir du réservoir, est engagé dans un couvercle rond, troué, de manière qu’en aspirant l’eau, il ne se fasse pas de vide dans le bidon. L’autre bout de 'ce tube traverse le cylindre de charbon et porte une vis qui s’engage dans une garniture en liège. Le couvercle rond est surmonté d’une plaque mobile, tournante, qui sert de fermeture aux ouvertures.
Dans l’autre compartiment du bidon, se trouve un petit bocal en verre qui, par son embouchure, laisse passer un tube également en verre garni, à une de scs extrémités, par une rondelle en caoutchouc et surmonté, à l’autre extrémité, d’un petit tube également en caoutchouc.
A l'aide do ce tube qui lui-même traverse un bouchon en liège garni d’une embouchure A vis en métal, le liquide arrive dans un second tube en caoutchouc situé A l’extérieur et terminé comme le précédent. Le bouchon A vis est légèrement entaillé pour laisser passer l’air pendant l’aspiration. Ce petit bocal est destiné A recevoir des boissons, l’autre réservoir est destiné A recevoir de l’eau.
A côté, on trouvait un autre petit appareil, bidon portatif en fer blanc, moins complet et construit sur le même modèle. Un grand nombre de filtres de differents genres étaient également exposés. Le bidon et quelques autres filtres portaient la Croix-Rouge,
M. L. Cornélis, pharmacien A Dietz, présentait des flacons à bouchon dessiccaleur', méthode générale pour la conservation indéfinie des substances médicamenteuses solides. Ces flacons ont pour but de maintenir les corps A l'état de siccité parfaite. On introduit, dans le creux du bouchon, quelques morceaux de chaux vive, on ferme l’ouverture au moyen d'une toile recouverte de papier A filtrer, ou plus simplement d’une peau blanche, afin d’empêcher la chaux de tamiser dans le médicament renfermé dans le flacon, et on graisse légèrement le goulot avec de l’axongo benziné pour obtenir une fermeture hermétique. On peut éviter le graissage du bouchon en renouvelant un peu plus souvent la chaux, réservant l'opération du graissage pour les substances peu employées et celles qui sont très-altérables.
M. le Dr Hubert Boëns de Charleroi, exposait un soufflet pour asphyxie et divers autres appareils.
INSTRUMENTS ET APPAREILS
États-Unis. — Dans la seclion des États-Unis, M. Laflin présentait un appareil de salon destiné à remplacer l'exercice de la rame. Cet appareil se compose d’une planche eu bois de noyer placée horizontalement à 0m,20 au-dessus du sol, sur laquelle glisse une planchette également en bois de noyer formant siège A coulisse pour une personne assise. Une des extrémités de cette planche bute contre le mur et A cette extrémité sont accrochés deux boudins élastiques de 0m,80 de long, munis de poignées et pouvant s’étendre jusqu’ A une longueur de lm,o0. En tirant sur ces deux élastiques, la personne assise sur la planchette formant siège se rapproche du mur, en glissant. Arrivée au mur, les jambes étant fléchies, la personne en les allongeant subitement contre ce mur repousse vivement le corps en arrière avec le siège sur lequel elle est assise. En répétant le même exercice, on simule pratiquement tous Jes mouvements de l’exercice de la rame. Pour pouvoir effectuer commodément, l’appareil porte un petit marche pied pour appuyer les pieds.
France. — Dans la seclion française, M. Guillot exposait un seau à irrigation A jet continu, fait sur les indications de M. le DrLefort.Ce seau (lig. 43), A suspension, dont on peut régler le jet A volonté, est composé d’un corps fait en fer battu verni, ne donnant point de prise A la rouille, d’une anse mobile et d'un bouchon en caoutchouc muni d'un tube métallique. Ace tube vient s’en adapter un autre en caoutchouc, muni A son extrémité d’un bout de canule dont l’orifice, percé d’un trou d’aiguille, permet de pénétrer avec une certaine force dans l’intérieur des plaies pour en faire le lavage, avec facilité de régler le jet A volonté. Cet appareil a été d’une très-grande utilité dans les ambulances pendant la guerre de 1870-71.
Le Ministère de la marine exposait un modèle de matelas pour table à opérations et trois flacons de glycirrhizine ammoniacale préparée A la réserve des médicaments de Marseille par M. Houssin.
Le Ministère de la guerre présentait des gants pour frictions et un rouleau pour secours aux asphyxiés. Ce rouleau renferme : 2 mouilles ou gants en crin pour frictions, — 1 frottoir en serge, — 1 peignoir en laine, avec bonnet, — f étui en coutil, simulant le rouleau et renfermant le tout.
M. Rouy, mécanicien, présentait une machine à faire la charpie. Cette machine est munie d’une bandelette de 0m,U) do long et de 0m,f0 de large, placée sur un fond en acier, entaillé parallèlement et laissant des interstices de 0, 001 de large. On rabat sur ce fond un peigne également en acier qui s’agrafe sur celte bande et fait sortir le iil destiné A faire la charpie. Un levier se rabat pour faire tomber les fils.
Nous avons encore remarqué, dans la même section : Des appareils pour l’orthopédie, de M. Rougemont, mécanicien orthopédiste. — Un matelas à air ou à eau de M. J. Schœnfeld. Ce matelas à air ou A eau, pour opérations chirurgicales, est pourvu d’une alèze A poche, et d’un tube conducteur pour l’écoulement. — U n hamac de bain, des ceintures et brassières pour enfants et
Seau irrigation à jel continu. — Système du Dr Lefort.
L’ART MÉDICAL
des ceintures pour adultes de Mm0 Hélène-Julienne. — Des béquilles et échelles gymnastiques du Dr lias tien.
Dans une vitrine de la salle d’opérations exposée par la Société française de secours aux blessés, on voyait un électro-aimant pour l’extraction des projec-
Fig. 44. — Thermo -cautère du Dr Paquelin, dans sa boîte.
tiles et des corps étrangers en fer, fonte de fer, acier et plomb avec des parties en fer du Dr Benjamin Millot.
Un appareil pour la transfusion du sang, de M. Mathieu.
Un appareil pour produire l’anesthésie locale, du même fabricant. C’est l’appareil de Richardson modifié. 11 sert à la pulvérisation de l’éther pour déterminer l’anesthésie locale et à la pulvérisation de tous les liquides médicamenteux.
Un thermo-cautère du DrPaquelin, construit par M. Collin. C’est un cautère actuel (fig.44 et 4a) à chaleur permanente et gouvernable, àrayonnemennt très-
INSTRUMENTS ET APPAREILS
faible, qui se prête par la variété do ses formes à tous les besoins de la chirurgie ignée.
Russie. — Dans la section russe, M. Poehl, pharmacien à S‘-Pétersbourg, exposait un nouveau pulvérisateur. Cet appareil, placé dans une vitrine, se compose d’une pompe de 0m,3o de diamètre que l’on pose par terre, et d’une bouteille armée qui contient l’appareil pulvérisateur.
Suède. — Dans la partie réservée à la Suède, nous avons remarqué plusieurs appareils construits pour la gymnastique médicale mécanique., inventée par le Dr Gustave Zander, médecin en chef de l’Institut mécanico-thérapeutique de Stockholm. M. le Dr Zander exposait : o appareils pour fortifier les muscles des bras, 4 appareils pour fortifier les muscles des jambes, 3 appareils pour fortifier les muscles du tronc et}6 appareils pour diverses opérations sur le corps (mouvements passifs). Ces derniers appareils sont mis) en mouvement par une machine à vapeur.
La fabrication des appareils mécanico-thérapeutiques est faite sous la surveillance de M. le Dr Zander, dans les ateliers de M. E. F. Goransson, ingénieur constructeur à Stockholm. Ces appareils d'une combinaison et d’une construction très-ingénieuse et simple, méritent d'être appréciés favorablement par toutes les personnes qui connaissent la valeur de la gymnastique.
Suisse. — Dans la section suisse, M. Félix Demaurex présentait un essai d'appareil de contre-extension et de suspension pour faciliter l’application de bandes plâtrées ou silicatées. Cet appareil se compose de pièces isolées que l’on visse sur le cadre d’un lit quelconque. Chaque pièce se compose de deux pinces-presses et d’une tringle fixée au lit par ces deux pinces. On peut remonter et descendre cette tringle par glissement; elle se termine en haut par une joue qui porte une manivelle, un rochet et un encliquetage. La manivelle commande un axe sur lequel s’enroulent des bandes qui soutiennent le malade en suspension. Il y en a deux de chaque côté, une sous le bassin et une autre sous le dos.
Sur un des côtés se trouve une autre tringle courbée, terminée par un demicercle soutenant une bande qui, elle-même, soutient une jambe' sur laquelle on veut enrouler des bandes inamovibles. Du côté de la tête se trouve un fer à cheval maintenu au moyen de 3 vis de pression, 2 en-dehors, 1 en-dedans du lit, fixées solidement sur sa monture et portant un crochet sur lequel se trouve fixée une large sangle. Du côté du pied, il y a pour chaque jambe un fer à cheval également maintenu par 3 vis de pression, 2 en-dehors et 1 endedans. Chacun est muni d’une manivelle avec rochet et encliquetage et reçoit des cordes qui s’enroulent autour et qui sont fixées elles-mêmes sur la bottine ou sur la bande du pied pour servir à l’extension. Enfin, une bande qui passe entre les jambes, remonte à la poitrine pour être engagéb sur deux courroies qui se fixent dans un demi-cercle qui lui-même est tenu au fer à cheval placé du côté de la tête. Cette bande fait la continuation de celle sur laquelle est placé le dos du malade, et sert pour la contre-extension.
5° Appareils de prothèse.
Belgique. — M. le Dr Hubert Boëns, de Charleroi, exposait dans la section belge plusieurs appareils de prothèse, entre autres deux pieds artificiels en osier.
Etats-Unis. — Dans’ la section] des États-Unis, M. le Dr Thomas W. Evans présentait des jambes et des bras articulés.
L'A II T .MÉDICAL
France. — Dans la section française, M. Mathieu exposait des pieds et des jambes articulés.
M. Guillot présentait un bras artificiel arjricole du Dr Gripouilleau. Cet appareil (fig. 46), surtout destiné aux ouvriers delà campagne et à ceux qui se livrent aux travaux de terrassement, est au premier chef un appareil de travail, et peut s’appliquer il des malades amputés du bras. Il se compose des parties sui-
Fig. 46. — Bius artificiel du Dr Giupouillf.au. — A. Epaulièro on euir garni. — B. Première articulation avec pivot. — C. Deuxième articulation avec flexion au niveau du coude. — ü. Double anneau tournant sur tous sens disposé à prendre le manche d’uno pelle ou d’une pioche. — E. Crochc-pièco de rochango suivant l'utilité, se montant en C et remplaçant le levier du double anneau.
vantes : un brassard en cuir garni entoure le bras et se trouve solidement fixé autour du moignon par une courroie postérieure passant au-dessous du bras et venant se fixer sur la poitrine. Le brassard se termine en bas par une coupole en tôle de fer dans le centre de laquelle passe une tige métallique cylindrique, tournant en tous sens et se terminant en fourche dans laquelle vient s’ajuster une deuxième tige. Chaque lige s’immobilise par deux vis à portée lisse qui ne sortent pas entièrementet par cette raison nepeuventse perdre. Une deuxième articulation se trouve au niveau du coude; la tige anti-brachiale maintient cette pièce dans une position fixe, et le malade peut avoir à volonté un avant-bras mobile dans tous les sens ou solidement fixé dans une position
INSTRUMENTS ET APPAREILS
déterminée. L’avant-bras peut être remplacé par un crochet, pour pouvoir porter un fardeau, un seau, môme une brouette, etc. La tige anti-brachiale se termine par un double anneau en fer assez large pour qu’on puisse y engager l’extrémité du manche d’une pelle, d’une pioche, le bras de la charrue. Ces instruments sont solidement maintenus en place au moyen d’une vis de pression.
Une jambe artificielle avec pilon de rechange, appareil fait sur les indications de M. le Dr Léon Lefort. Cet appareil (fig.47) est destiné à être appliqué aux amputés de cuisse qui sont obligés de continuer à travailler selon leur métier. 11 se compose d’un cuissard en cuir avec point d’appui sur l’ischion, de deux
Fi/. 47. — J aube artificielle avec pilon de RECHANGE d’après les indications du Dr Lefort. — A. Articulation en forme de boucle sur laquelle viennent se fixer les deux montants et qui donno appui au verrou qui immobilise la jambo une fois droite. — B. Partie de la jambo se démontant pour placer le pilon B' à la place du pied. — C. Cciuture s’articulant avec le montant extorne du cuissard.
montants l’un interne et l’autre externe sur lesquels vient s'articuler la ceinture à son extrémité inférieure servant de maintien au consoc en bois terminé en boule et fenôtré au centre pour recevoir l’articulation de la partie jambière; sur celle-ci vient s’engager un verrou qui immobilise l’articulation du genou pour servir à la marche et pour se tenir debout. A la partie moyenne de la jambe, existe une jointure qui permet de démonter le pied en le remplaçant par le pilon suivant le besoin; le dessous du pied est arrondi pour faciliter la marche.
M. le comte d’Osmont exposait un coupe-ongles pour manchots manœuvrant au moyen du pied et une brosse ù ongles également pour manchots. Le coupeongles pour manchots se compose d’une pince semi-lunaire dont les deux branches se croisent. Une des branches est fixée sur une petite tablette, l’autre est mobile. Un ressort placé entre les deux branches les tient en écartement. Un bout libre de la branche mobile est pourvu d’une chalneLte qui descend jusqu’à 0m,15 du sol et qui se termine par un étrier en métal. Un pied introduit dans cet étrier abaisse la branche mobile et permet le pincement.
L’ART MÉDICAL
Le coupe-ongles ainsi que la brosse à ongles pour manchots ont blé exécutés avec beaucoup d’élégance et de goût.
On remarquait dans la salle d’opérations exposée par la Société française de secours aux blessés, plusieurs appareils de prothèse, modèles de M. le comte de Beaufort. Un bras artificiel avec main à doigts rigides composée de deux; pièces : un pouce et un bloc de bois taillé en forme de doigts et de paume do main. Cette main peut s’appliquer aux bras pour le cas d’amputation au-dessus du coude, mais ne peut alors rendre que peu de services, à cause de l’absence d’articulation cubitale. L’avant-bras se fixe automatiquement à angle droit sur: le bras à l’aide d'un crochet intérieur. Une bande de traction, fixée par une de ses extrémités au pouce et par l’autre à l’épaule saine qu’elle contourne, détermine l’écartement ou l’abaissement du pouce, au moyen d’un mouvement de l’avant-bras. Elle attire le pouce, en surmontant la résistance d’un ressort en caoutchouc lorsque le bras tend à former une ligne droite ; le pouce s’abaisse, , lorsqu’on rend au bras sa position.
Un bras artificiel automateur. Le mouvement de l’avant-bras sur le bras se r] fait automatiquement au moyen d’un ressort en caoutchouc qui agit en excentrique sur l’articulation du coude.
Un crochet-pince. C’est un crochet ordinaire auquel on a ajouté une pince articulée à charnière mise en mouvement au moyen d’un ressort en caoutchouc pour permettre de saisir et porter un objet.
Un bras cle travail composé d’une gaine et d’un bloc de bois formant paume-! de maiu. Cette pièce porte sur ses bords inférieurs des encoches et un crochet; toutes les pièces sont fixes. Avec ce bras, on peut, au moyen d’une attache, 1 maintenir un manche d’outil dans une position donnée ou former un joint pour , faire pivoter un manche de pelle ou de faux au point d’attache.
Une jambe de bois articulée et une jambe de bois articulée avec pied articulé. Pour la première, d’après M. le comte de Beaufort, chaque montant de la cuisse se termine, à sa partie inférieure, par une martoise dont les joues sont métalliques : le montant de la jambe s’y emboîte et s’articule au moyen d’un boulon rivé à ses deux extrémités. Un œil percé dans l’attelle inférieure, pour le passage du boulon, est fortifié par une garniture tubulaire et deux rondelles en métal. Pour les cas d’amputation faite au-dessus du genou, ainsi que de désarticulation du genou, un cercle en métal réunit les deux attelles et fournil des points d’appui à l’ischion, comme dans les jambes mécaniques ordinaires. : La rigidité de la jambe pendant la marche est obtenue au moyen de deux crochets fixés aux montants supérieurs sur lesquels ils se meuvent en avant et en arrière, pour saisir ou abandonner des pitons rivés aux montants inférieurs. Des ressorts en caoutchouc sont attachés à quelques centimètres au-dessous des pitons, de façon à maintenir en prise les crochets dont ils forment le prolongement et dont le dégagement ne peut être opéré que par l’action de la main.
La jambe de bois avec pied articulé ne diffère des jambes artificielles ordinaires qu’en ce que les montants sont en bois, au lieu d’être en acier; d'où légèreté et économie.
La société de secours aux mutilés civils pauvres exposait des appareils ana- j logucs dont nous parlerons plus loin.
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3° Boîtes à pansements, boîtes de pharmacie, sacs, sacoches, cantines
d’ambulances.
Autriche -Hongrie. — Dans la section austro-hongroise, la Société des chemins de fer du nord de l’Autriche exposait une caisse-cantine en bois, longue de 0m,60, large de 0m,35 et haute de 0rn,35. Cette caisse est divisée en plusieurs compartiments de différentes grandeurs. Ces compartiments contiennent une cuvette en métal, un appareil pour la compression, des bandes, des compresses, du fil à ligature, des aiguilles, de la cire, de la charpie, des boites en ferblanc, etc., etc. Dans l'intérieur du couvercle, deux coussins remplis de paille hachée, de la ouate, de l’amadou, des attelles en carton et des gouttières en fer-blanc. Ces différents objets sont maintenus au moyen de courroies.
Comme nous tenons à examiner si le coton et l’huile que nous recommandons avec tant d’instance et qui nous paraissent d’absolue nécessité pour les pansements se trouvent dans les sacs, sacoches, cantines d’ambulance que nous allons étudier, nous sommes obligés de signaler que, dans cette caisse-cantine des chemins de fer du nord de l’Autriche, nous trouvons bien la ouate, mais nous regrettons de ne pouvoir y constater au moins un flacon d’huile.
M. Grohs, pharmacien à Vienne, présentait une boîte de médicaments élastiques, dans laquelle on trouvait des préparations offrant les formes les plus vai’iées, telles que : pilules rondes, allongées, ovales, cylindriques, pyramidales, des billes, des anneaux, des plaques. Toutes ces préparations varient de 4 millimètres il 4 centimètres et plus de diamètre et sont placées dans des enveloppes de gélatine.
Belgique. — Dans la section belge, M. Vandereamer exposait un sac d’infirmier ou nécessaire médico-chirurgico-pliarmaceiUique. Ce sac en toile contient : un bassin métallique, une timbale, une cuiller, un couteau, un tire-bouchon, une paire de ciseaux, une éponge, une serviette, un savon, un pinceau, du papier blanc et des crayons.
Comme objets de pansements, il renferme : des compresses, des bandes roulées, de la charpie, de la ouate, des épingles et du carton pour attelles. Enfin, il est muni des médicaments suivants : ammoniaque, 100 gr. ; perchlorure de fer, 100 gr. ; arnica, 100 gr. ; collodion, 100 gr. ; liqueur d’Hoffman, 20 gr. ; laudanum, 20 gr. ; teinture d’iode, 20 gr. ; acide phénique, 20 gr.; une boîte de cérat; un rouleau de sparadrap; une gourde contenant une liqueur réconfortante. Nous voudrions voir dans ce sac un flacon d’huile pour l’application de notre mode de pansement par le coton.
M. le Dr Hermant exposait un sac d'ambulance d’infanterie et deux sacoches d’ambulance de cavalerie.
Dans l’intérieur des sacoches qui sont en toile imperméable, on a ménagé des compartiments en cuir, fermant au moyen de boutonnières et dans lesquels on met des flacons contenant de l’éther, du laudanum, du chloroforme, du perchlorure de fer. Dans un autre compartiment, on met de l’amadou, des épingles, etc. Dans un troisième, on dispose du linge, des bandes, des compresses, etc. Enfin, l’intérieur de la sacoche renferme encore des attelles articulées, en fer-blanc très-minces, se pliant sur une longueur de 0m,2o.
L’autre sacoche, du môme système, renferme d’autres ustensiles. On y trouve de l’ammoniaque, des rubans, des éponges, de la charpie, etc., etc.
Le sac d’infanterie, beaucoup plus grand, a la même disposition, mais
oGG
L’AllT MÉDICAL.
renferme beaucoup plus d’objcls. 11 contient également des attelles articulées en fer blanc, des attelles en carton, des toiles à pansement, etc., etc. Ce sac ■ est recouvert par un bassin en fer blanc.
Avec le contenu de ces sacs et sacoches d’ambulance, le pansement si simple ■ avec du coton imprégné d'huile ne pourrait avoir lieu.
Etats-Unis. — Dans la section des Etats-Unis, M. le Dr Thomas W. Evans, , avait placé une caissse médecine et pharmacie, inventée par M. B un ton de • Philadelphie.
Dans la partie supérieure de celte caisse, au milieu, se trouve un cadre en j bois divisé en un très-grand nombre de compartiments. Ceux-ci sont destinés à recevoir un nombre égal de flacons en métal contenant toutes espèces de médicaments. Au-dessus de ce grand cadre, d’autres casiers également en bois, renferment toutes sortes d’appareils de pansement, du linge, de la charpie, des épingles, des attelles, etc., etc.
A droite et à gauche de ces casiers en bois et do chaque côté, un compartiment reçoit un grand flacon en métal, de la hauteur et de la largeur de la ; caisse. 11 est facile de placer du coton dans les casiers de cette caisse et de remplir un ou plusieurs flacons d'huile.
M. le Dr Evans exposait en outre plusieurs sacs d’ambulance.
Un sac d'ambulance en cuir, muni d’une poignée dans sa partie supérieure : pour être porté à la main. Dans l’intérieur de ce sac, on trouvait trois tiroirs > en bois superposés, se tirant et se poussant par un des côtés du sac. Ces tiroirs ■ renfermaient toutes espèces d’objets de pansement. Dans le tiroir du haut : : des flacons enveloppés de métal et des boîtes en métal pour pilules; dans le tiroir du milieu : des bandes en toile, du linge, de la charpie, et dans le tiroir du bas : des attelles, etc.
Un sac d’ambulance en peau renfermant toutes sortes d’appareils de médecine ; et de pansements. Ce sac contenait : du linge, des boites à pilules et différents ! médicaments.
Un autre sac en peau renfermait des objets de pansement.
Dans ces différents sacs on peut placer le coton et l’huile nécessaires pour s nos pansements, mais nous voudrions voir leur place nettement déterminée.
France. — Dans la section française, on remarquait les cantines d'ambulances do M. Arrault.
C’étaient des coffres en osier recouverts de cuir qui renfermaient toutes espèces d’appareils et d’objets de pansements. 3 cantines étaient exposées, une cantine médicale pourvue d'un réservoir à deux compartiments, l’un renfermant i sept litres d’eau et l’autre trois litres de cordial ; une cantine chirurgicale et une cantine vétérinaire. M. Arrault présentait en outre des sacoches de cavalerie. M
M. Mathieu exposait des sacoches de cavalerie et M. Collin présentait dillcrents sacs d’ambulance. I
Le Ministère de la guerre exposait des cantines de chirurgie, de médecine et d'administration, toutes construites sur le même modèle.
Ce sont des coffres solides en bois, à couvercles obliques pourvus de chaînes ■ pour pouvoir être suspendus et fermés par des cadenas. Ces cantines sont j appariées et se complètent l’une par l’autre. Elles sont numérotées 1 et 2.
Paire de cantines médicales. ( Contenu ) — Cantine 11° j
Plan supérieur , case de droite : papier sinapisé, bandes roulées, gaze à
INSTRUMENTS ET APPAREILS
pansement, lanterne portative avec bougie, aiguilles, bougies, étui d’aiguilles, 111 à coudre, rubans de fil.
Case du milieu : Cire jaune, ammoniaque liquide, tarlrale d'antimoine et de potasse pulvérisé, chloroforme, protochlorure de mercure à la vapeur, acétate de plomb cristallisé, alcool camphré concentré, éther sulfurique alcoolisé, extrait d'opium purifié en pilules, poudre colophane, percaline agglutinativc, (bande de 1 mètre de long sur 0ra, 10 de large), ficelle fine, vin cordial, flacon en verre de réserve.
Case de gauche : agaric, extrait de réglisse, bouchons, 1 gamelle en fer battu étamé, 2 gobelets (même métal), 2 pots à tisane (même métal), une spatule à grains d'émétique.
Plan intermédiaire. — Case de droite : grand linge à pansement préparé : dix bandages de corps, trois bandages triangulaires, six écharpes, deux suspensoirs. Petit linge à pansement assorti.
Case de gauche : bandes roulées assorties, petit linge à pansement fenêtre, coton cardé et ourté, comprimé.
Plan inférieur. — Case de droite formant appareil : agaric, acide acétique, extrait d’opium, azotate d’argent fondu, cérat simple, perchlorure de fer, sparadrap, bandes roulées assorties, petit linge à pansement assorti, fenêtre, charpie, seringue à injections en étain, épingles, éponges fines.
Case de gauche : petit linge à pansement assorti, charpie.
Cantine n° 2, — Plan supérieur. Bandes roulées assorties, grand linge à pansement préparé, petit linge à pansement assorti, gaze à pansement, 1 bandage à fractures pour jambes, 4 appareils à fractures, en fil de fer, 2 attelles articulées pour bandages à fractures de cuisse, 12 séries d’attelles conjuguées en fil de fer, 4 pour fractures de bras, 4 pour fractures d’avant-bras, 4 pour fractures de jambes, 2 attelles-palettes palmaires, coton cardé et ouaté comprimé, rubans de fil.
Plan inférieur. — Case de droite : petit linge à pansement assorti, charpie comprimée.
Case de gauche : bandes roulées assorties.
Dans ces cantines l’huile n’est pas indiquée, on doit en mettre dans les llacons de réserve.
Paire do cantines chirurgicales. [Contenu). — Cantine n° 1.
Tiroir supérieur formant appareil : agaric, cire jaune, perchlorure de fer, sparadrap de diachylon gommé, bandes roulées assorties, petit linge à pansement, charpie, gaze à pansement, 1 seringue à injection en étain, 4 petits bacons carrés pour appareil de chirurgien, 1 boite carrée en fer blanc avec couvercle, 1 boite rectangulaire en fer blanc sans couvercle, épingles, éponges fines, 1 seringue il injection en verre, 1 ventouse en verre.
Case de droite : 2 bandages herniaires de droite, 2 bandages herniaires de gauche.
Tiroir intermédiaire : 2 boîtes de plumes métalliques, cire à cacheter, 1 canif, crayons noirs, 2 encriers, enveloppes, grattoir, porte-plumes, papier, 1 registre médical.
Case de gauche : Grand linge à pansement préparé, 2 bandages de corps, B écharpes, I bandage herniaire double, l’appareil Galante pour l’application
L’ART MÉDICAL
de la méthode d’Esmark (dans un étui en coutil imperméable), l’appareil à transfusion du sang (modèle Collin).
Tiroir inférieur : Papier sinapisé, 2 sondes œsophagiennes, 12 sondes diverses, grand linge à pansement préparé, 2 bandages de corps, 3 écharpes, 3 boiles d’instruments de chirurgie : boite n° 1 pour l’avulsion des dents, boite n° 2 (grande) pour ampulalion et trépan, boite nu 17 pour résection des os, chaque boite est dans un étui en coutd imperméable, 1 trousse de médecin garnie, sans giberne, 1 trousse pour les infirmiers de visite, 1 trousse de réserve, 1 seringue de Pravaz, en argent et en verre, 2 seringues à injection en étain, 1 thermomètre médical; aiguilles, épingles, 1 étui d’aiguilles, 2 seringues à injection en verre.
Cantine de chirurgie n° 2. — Tiroir supérieur formant appareil : Agaric amadouvier, cire jaune, perchlorure de fer liquide à 30°, sparadrap, bandes roulées assorties, petit linge à pansement, linge fenêtre, charpie, gaze à pansement, 1 seringue à injection en étain, 4 petits flacons carrés pour appareils de chirurgien, 1 boite d’appareils carrée, avec couvercle en fer blanc, 1 boite d'appareils rectangulaire, sans couvercle, épingles, éponges fines, 1 seringue à injection en verre, 1 ventouse en verre.
Plan intermédiaire : 1 irrigateur du Dr Eguissier de 0m,o0, 2 palettes en cuivre pour les saignées, 1 verre gradué.
Tiroir de gauche : agaric amadouvier, extrait de réglisse gommé, 6 bandes de percaline agglutinative, bouchons, carnets de diagnostic, cordonnet de soie à ligature, éponges fines, fiches de diagnostic, lit à coudre.
Tiroir inférieur : 1 flacon en fer blanc contenant du thé, 1 flacon d’acide acétique, 1 flacon d’ammoniaque liquide, tartrate d’antimoine et de potasse pulvérisé en paquets de 1 décigramnie, 10 flacons de chloroforme, 1 flacon eu fer blanc contenant de la glycérine, 1 flacon de chlorydrate de morphine (en paquets de 5 centigrammes), 1 flacon d’acétate de plomb cristallisé, sulfate de quinine en paquets de 1 gramme dans un flacon en fer blanc, des flacons d'alcoolé de camphre concentré, alcoolé de canelle, alcoolé d’extrait d’opium, eau distillée, éther sulfurique concentrée, perchlorure de fer, poudre dipécacuauha (en paquets de 1 gramme), 1 étui cylindrique eu fer blanc, couteuantdes pilules d'extrait d’opium à o centigrammes, des cataplasmes Lelièvre, 1 spatule a grains d’émétique. iNous regrettons d'avoir à constater l’absence du coton et de l imite dans les cantines de chirurgie du Ministère de la guerre, et de trouver au milieu de bacons contenant toutes espèces de substances volatiles et de médicaments, un bacon de thé qui, croyons-nous, serait bien mieux à sa place dans la cautine d’administration où, comme nous allons le voir se trouve le sucre.
Paires de cantines d'administration.
Cantine d' administration n° 1. — Elle contient: 1 sac à denrées de 3 kil. pour le sucre, 2 bacons carrés en fer blanc (eau-de-vie et huile à briller), 2 bougeoirs en cuivre, 4 bidons en fer blanc de 10 litres, 2 étuis en 1er blanc poui pierre à repasser, 3 lanternes, 1 sac d’outils, ficelles, fils, savons, bougies et allumettes, 1 litre d’eau-de-vie, du sucre, 1 boite renfermant : aiguilles, plumes, pains et cire à cacheter, canif, crayons, encriers, enveloppes, porte-plumes, poudre, registres médicaux, règles.
Cantine d’administration n° 2. — Contenu : 6 cuillers et 6 fourchettes en fer battu étamé, 6 gamelles, 6 gobelets en fer blanc, 2 pots h eau également
INSTRUMENTS ET APPAREILS
en fer blanc, 3 verres, 3 torchons, 3 sacs A denrées, 2 lanternes, 2 couteaux de cuisine, 2 crémaillères de campagne, une fourchette de cuisine, 2 casseroles,
1 cuiller à bouillon, 1 écumoire, 1 gamelle ovale.de 10 litres, 2 marmites de 15 à 20 litres, tous ces objets en fer battu étamé, 1 boite à sel, 1 (rébuchet à bascule et à colonnes avec les poids, 1 balance avec poids, 1 serpe, 500 gr. de sel gris.
Canline d’approvisionnement n° 1. — Elle contient : bandes roulées assorties, grand linge à pansement préparé: 8 bandages de corps, 10 écharpes, 1 suspensoir, grand linge ordinaire (draps), petit linge à pansement ordinaire et l'enêtré, charpie comprimée, gaze à pansement, coussins à fractures, 6 attelles conjuguées en fil de fer (2 pour fractures de bras, 2 pour fractures d’avantbras, 2 pour fractures de jambes), 1 attelle en bois collée sur toile, coton cardé et ouaté comprimé, ruban de 111.
Cantine d'approvisionnement n° 2. — Bandes roulées assorties, grand linge à pansement préparé: 8 bandages de corps, 10 écharpes, 1 suspensoir, grand linge ordinaire (draps) ; petit linge à pansement, ordinaire et fenestré; charpie comprimée, gaze à pansement, 6 coussins à fractures, 6 attelles conjuguées en fil de fer : 2 pour fractures de bras, 2 pour fractures d’avant-bras, 2 pour fractures de jambes ; 1 attelle en bois collée sur toile, coton cardé et ouaté comprimé, ruban de fil.
Canline d’approvisionnement n°* 3 et 4. — Même composition que les deux précédentes.
Cantine d’approvisionnement n° 5. — Elle contient : 12 coussins A fractures,
2 bandages A fractures pour cuisses, 2 pour bras et avant-bras, 2 pour jambes, 1 biberon en étain, 2 sarraux d’ofliciers de santé en coton, 6 serviettes de toile pour la toilette, 3 tabliers d’infirmier, 6 tabliers d’officier de santé, 10 attelles (palettes palmaires), 1 musette, appareil en coutil imperméable, contenant : bandes roulées assorties, petit linge A pansement, ordinaire et fenestré ; charpie, gaze A pansement, 1 paire de ciseaux de Vézien, 1 llacon en métal anglais.
Cantine d’approvisionnement n° 6. — Elle contient des appareils A fractures en fil de fer : 10 pour bras et avant-bras, 10 pour cuisses, 10 pour jambes avec semelles, 20 attelles pour bandages A fractures de bras et d’avant-bras, 10 pour bandages A fractures de jambes, 10 articulées pour bandages A fractures de cuisses (modèle Isnard), 10 attelles palettes (palettes palmaires), 2 musettes, appareils en coutil imperméable, 1,000 kil. de crin pur, 12 bandes de carton, 1 musette, appareil en coutil imperméable, contenant : bandes roulées assorties, petit linge A pansement, ordinaire et fenêtré, charpie, gaze A pansement, 1 paire de ciseaux de Vézien, 1 llacon en métal anglais.
M. Suzanne exposait un sac de premiers secours de pompiers. Dans ce sac, il y a place pour 12 llacons dans 12 casiers. Chaque casier contient en outre une bande ou un linge.
La Société française de secours aux blessés présentait des Cantines chirurgicales et des Cantines de pharmacie mobiles, placées dans le fourgon de chirurgie et de pharmacie qu’elle exposait et que nous étudierons plus loin, p. 580. Ces cantines sont en chêne ou en osier recouvert de toile noire goudronnée.
Elle présentait également, dans sa salle d’opérations, un Sac d'ambulance modèle Collin, type adopté par la société. Ce sac (fig. 48), large de 0m,40, haut de 0m,38, profond de 0^,20, pèse 9k,I0. Le couvercle contient des compresses, de la ouate, 6 attelles métalliques de 0»>,33 de longueur sur 0,n,05 de large, 2 attelles en bois de 0m,34 de long sur 0m,045 de large, et deux avec rallonges en fer blanc. 1 attelle de 0ra,35 de long et de 0m,035 de large, sert de fermeture. L’intérieur contient des pinces, des bistouris, des ciseaux, 1 boîte TOME VIII. — NOUV. TECII. ' 38
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L'AllT MÉDICAL.
d’amputation, du sparadrap, du taffetas, des aiguilles, des épingles, des bandes assorties, de la cire, de la ficelle, des bougies, de la charpie, des ventouses en caoutchouc, un bassin en cuivre, du fil, des allumettes, une lampe, des petites compresses, des rubans, de l’amadou, des éponges, 3 grands flacons, et 4 petits. Dans les côLés du sac, on trouve deux boites en fer blanc formant bassin. On doit remplir un des flacons d’huile. La boite d’amputation contient une bande hémostatique de M. Houzé de l’Aulnoit.
Fig. 48. — Sac d'ambulance. — Type de la Société française.
La Société exposait aussi un Sac d’ambulance, modèle Delpech, ayant 0m,48 de hauteur, 0m,48 de largeur, 0m,12 d’épaisseur et pesant 9k,800. Ce sac contient du linge, de la charpie dans les cases inférieures et sur des rayons, des flacons d’acide phénique, d’acide acétique, de glycérine, de laudanum, d’ammoniaque, d’extrait de saturne, de collodion, d’alcool camphré, d’alcoolat de mélisse, d'éther sulfurique, de chloroforme et de perchlorure de fer. Dans les cases supérieures, on place du sparadrap et des bandes, et, sur les bas côtés, de la poudre hémostatique, des paquets d’émétique et d’ipécacuanha, de l’amadou, de la glycère d’eucalyptus et du sulfate de quinine. Enfin dans les partie s latérales du couvercle, on met d’un côté une trousse médicale et de l’autre une trousse chirurgicale, et, à l’extérieur, sur les côtés, on place une réserve d e charpie, une réserve de linge, des attelles, une lampe à alcool et un gobelet. Ni coton, ni huile.
Une giberne pour premiers pansements de M. Collin. — Cette giberne (fig. 49 ot oO; , haute de 0,n, 18, large de 0m, 30, épaisse de 0m, 12, pèsegarnie 2k,lb0, et est disposéepour être portée en bandoulière ou sur le ceinturon. Elle contient : des bandes, des compresses, de l’agaric, de la charpie, un flacon de perchlorure de fer, un flacon d’alcool camphré, une cuvette, une éponge, un compresseur du
INSTRUMENTS ET APPAREILS
I Dr Nicaise, un bistouri, des ciseaux, des pinces, des attelles en fil de fer, des rubans, des aiguilles, du fil et des épingles. Ni colon, ni huile.
Une boîte de pharmacie d’ambulance, type delà Société.— Cette boite (fig. 51, page 572) s’ouvre par la paroi antérieure en deux battants latéraux, ressemblant à deux volets, qui découvrent la paroi postérieure. On a alors sous les yeux et sous la main tout le contenu de la boîte, placé dans des casiers, îlacons et tiroirs.
Un des modèles est, pour la facilité du
transport entouré Fig. 49. — (Jiberne pour pansements— Modèlo Collin. (Société française.)
d’une double courroie très-forte, munie d’une poignée.
Chaque boite renferme les médicaments et objets suivants : acétate de plomb liquide, acide acétique, acide phénique, alcool camphré, agaric, ammoniaque, teinture d’arnica, sous -nitrate de bismuth, hydrate de chloral , chloroforme, chlorhydrate de morphine , éther sulfurique , pilules d’extrait thébaïque , glycérine, laudanum, solution de morphine, perchlorure de fer, pilules purgatives, sulfate de quinine , tannin , tartre stibié, sinapismes Rigollot, charpie hémostatique, diachylon, trébuchct, éponges, aiguilles, fil , épingles, bouchons de rechange, Fig. 50. — Mémo giberne ouverte,
ventouses , lampes à
alcool, allumettes. A la fin de l’Exposition, M. le comte de Beaufort a imaginé et placé dans cette boîte un nouvel appareil destiné à donner de la stabilité aux flacons dans les boîtes de pharmacie. Le fixateur, c’est ainsi que M. le comte de Beaufort a appelé son appareil, se compose d’une simple bande d étoile qui passe dans des fentes pratiquées, à mi-liauteur et mi-largeur, dans les parois latérales disposées pour recevoir les Ilacons. Elle embrasse ainsi la moitié
L’ART MÉDICAL
antérieure de chaque flacon qu’elle serre contre le fond de la boite; elle se boucle A une de ses extrémités. Pour dégager un flacon, il suffit de déboucler l'extrémité de la bande qui alors, n’opposant plus aucune résistance, laisse libre toute la rangée;, qu’il s’agisse d’un ou de plusieurs flacons, l’opération est toujours aussi simple, tant pour dégager que pour fixer. Le système présente de plus cet avantage, que dans le cas où, par suite d’accident, les flacons seraient de dimensions inégales ou de formes diverses, ils n’en seraient pas moins aussi bien fixés que s’ils étaient tous du môme modèle.
Une botte de pansements, modèle de la Société, haute de 0m,25, large de 0m,26, longue de 0m,52; elle pèse garnie 10k,800 et contient: charpies, bandes, éponges, cuvette élamée, gouttières métalliques, attelles assorties, articulées,
Fig. 51. — Boite de pharmacie d’ambulance ouverte. — Type de la Société française de secours
aux blessés.
conjuguées, etc. ; rubans, coussins de halle d’avoine, draps fanons et appareils de Scultet. Ni coton, ni huile.
Une botte ù pansements, modèle Favre. — Cette boîte, longue de 0“i,70, large de 0m,38, haute de 0m, 2ü, pèse 12k, 500 et contient : 1 bassin, 1 palette à saignée, 4 éponges, 500 gr. de compresses, 500 gr. de bandes, bandages de corps, bandages en T, 1 kilog. de charpie, 1/I kilog, de linge fenestré, 6 coussins balle d'avoine, 1 pelote garnie d’épingles, 24 attelles assorties, 6 attelles conjuguées, I rouleau de sparadrap et taffetas, du fil ciré, 2 flacons de catgut, 4 mètres de protective silk, f mètre de mackintosh, 4 mètres de gaze phéniquôe, 10 mètres de soie, 4 mètres de tubes à draiuage, 1 kilog. de tube à drainage, 1 kilog. de colon pur, 1 paquet de lint. Le couvercle de la boîte contient : 1 pince à pansements, 1 paire de forts ciseaux, 1 spatule, 1 rasoii^ 1 sonde, des aiguilles et des épingles. Nous regrettonsde ne pas trouver au moins un flacon d’huile dans cette boîte à pansements où nous trouvons 1 kilog. de coton pur.
Pays-Bas et Indes néerlandaises. — Dans la section des Pays-Bas, partie des Indes Néerlandaises, nous avons remarqué un Petit coffre d’ambulance allongé dont le dessus a la forme d’un toit et qui renfermait des casiers garnis de flacons carrés. A côté était placé un Sac d'ambulance de premier pansement contenant de la charpie et des flacons carrés.
Sous le côté tendu de la voiture-tente d’ambulance du lieutenant colonel
INSTRUMENTS ET APPAREILS
Ivromhout, se trouvait une Boîte à pansements en bois de Omjo de long, do 0m,b0 de large et de Om. lb de profondeur, pouvant être transformée en table do pansement. Dans ce cas, le couvercle composé de deux bois de 0m,006 d’épaisseur collés ensemble, découpé obliquement suivant sa longueur en trois parties inégales, et rabattu, forme les pieds de cette table. Ces pieds sont au nombre de trois, un d’un côté et deux de l’autre; par une de leurs extrémités, ils sont articulés à la boite au moyen de charnières très-larges, et l’autre extrémité qui va reposer sur le sol, et qui est environ moitié moins large que la partie articulée, est garnie d'une petite plaque de fer. Cette boite contient des casiers de ditférentes grandeurs et présente une idée nouvelle, puisqu’elle peut être instantanément transformée en table à trois. pieds, ce qui facilite beaucoup pour le pansement. Elle devrait faire partie du matériel de toutes les ambulances et de tous les hôpitaux.
4° Transport du Matériel. — Fourgons d’ambulance. — Voitures-
cuisines.
1° Fourgons d’ambulance.
Belgique. — Dans la section belge, on remarquait une charrette-cantine d'ambulance des hospitaliers de Saint-Josse de Bruxelles. Cette charrette-cantine se compose d’une caisse en bois longue de lm,20, haute de 0m,80, large de O^GO. suspendue sur deux ressorts eu feuilles longs de 0m,90 et montée sur deux roues de 1 m, 12 de diamètre. Cette charrette est pourvue en avant de deux petits brancards à main et de deux pieds en fer destinés à la soutenir. En arrière, elle est munie d'un porte-lanterne en fer. La caisse est complètement fermée de tous côtés; eu avant et en arrière, par une porte à deux battants fermant à clef ; en haut et au-dessus, par un couvercle qui la recouvre entièrement et qui ferme également à clef.
Dans l’intérieur, se trouvent 6 tiroirs: 3 s’ouvrant en avant et 3 s'ouvrant en arrière. Les tiroirs du devant contiennent; le premier : des bandages et de la ouaté; le deuxième : des linges de corps, des écharpes, des gourdes, etc.; le troisième: de la pharmacie. Les tiroirs de derrière renferment des sacs d’infirmiers, de la charpie, des compresses, des ustensiles divers. Au-dessus de ces tiroirs, sous le couvercle qui recouvre la caisse, on a ménagé différents compartiments renfermant toutes sortes d’ustensiles. Enfin, sur les côtés de la charrette, on a suspendu des sacs d’infirmiers en toile. Cette charrette-cantine d’ambulance, construite avec beaucoup de précision et pouvant être facilement traînée par un seul homme peut être d’une très-grande utilité pour de petites expéditions.
Etats-Unis. — M. le Dr Thomas W. Evans, exposait dans la section des États- Unis, un fourgon de chirurgie, médecine et pharmacie. Ce fourgon suspendu est monté sur 4 roues, 2 devant de 1“,02 et 2 derrière de lm,22 de diamètre; il est pourvu d’un frein pour ces dernières. La caisse est complètement ouverte de toutes parts, excepté dans la partie inférieure de ses côtés où elle csl; boisée sur une hauteur de 0m,44. De chacun de ces côtés, partent 4 montants en bois continués à leurs parties supérieures, par des demi-cercles en bois destinés à recevoir une forte toile qui forme le toit et recouvre la voiture. Les côléssontfermés au moyen de rideaux libres ou de rideaux cloués sur les montants dont nous venons de parler. Cette voiture est entièrement remplie de grandes caisses mobiles en bois contenant toutes espèces de médicaments et d’appareils. A l’avant on trouve
L’ART MÉDICAL
des caisses pour les instruments et à l’arrière des tiroirs et des compartiments de différentes grandeurs pour divors ustensiles, des flacons, des paquets, etc., etc. Un brancard est suspendu à l’extérieur, sur un des côtés de ce fourgon.
Nous rappellerons ici un fourgon d’ambulance qui avait été exposé en 1867, dans la même section et qui méritait d’être apprécié. Ge fourgon était formé entièrement par de larges portes et aménagé de telle façon que, ces portes ouvertes, on voyait tous les appareils, médicaments et objets de pansemont parfaitement disposés et rangés dans dos tiroirs, ce qui donnait une grando facilité pour la personne qui avait besoin de ces médicaments, instruments ou appareils.
France. — Le ministère de la Guerre exposait, dans la section française, plu sieurs voitures destinées au transport du matériel. Cos voitures qui ont été construites dans les ateliers de l’État montrent quels progrès immenses cette administration a faits depuis l’Exposition de 1867.
1° Un fourgon de chirurgie. — Ce fourgon se compose d’une caisse do 2m,52 de longueur, lnq62 de hauteur et I-.tiO de largeur, complètement formée, suspendue à six ressorts et montée sur 4 roues. Cette caisse est pourvue à l’avant d’un siège pour trois personnes, d’un drapeau portant la croix rouge et d’une lanterne; sur les côtés ou a peint des croix rouges. Dans la cloison qui sépare l’avant, où se trouve le siège du cocher, du reste de la voiture, on aménagé une ouverture de 0m,50 sur 0,30, munie d’un volet. Le derrière de la voiture est fermé par une porte simple munie d'un marchepied; la partie supérieure de cette porte est à claire-voie formant une espèce de persienne. L’intérieur de la voiture est divisé en deux parties égales par un couloir surmonté d’un toit surélevé de 0m,30 et muni tout du long, de chaque côté, de vitres et de vasistas pour donner de l’air et de la lumière. Cette surélévation permet aussi de circuler debout. Le toit est garni tout autour par une galerie en fer et entre celte galerie et la surélévation du couloir on place des brancards roulés.
Dans l’intérieur, on trouve les ustensiles nécessaires pour la chirurgie, dans des casiers numérotés, à tiroirs pour les instruments fragiles et libres pour les autres, tels que les attelles en bois et les appareils à fractures en fil de fer.
Matières et objets contenus dans le fourgon de chirurgie par casiers et tiroirs numérotés :
C. 1. — 8 fioles à médecine de 250 gr., 14 de 125 gr., 8 de 60 gr.
T. 2. — 1 flacon en verre d’acide acétique, 1 flacon ammoniaque liquide, 2 flacons éther sulfurique, 3 flacons chloroforme, 1 flacon alcoolat de mélisse, 2 flacons alcoolé de cannelle, 2 flacons alcoolé d’extrait d’opium, 2 flacons perchlorure de fer, 1 flacon acétate de plomb cristallisé, 2 flacons sous-nitrate de bismuth, 2 flacons acide phénique, 2 flacons glycyrrhizine, f flacon de sulfate d’atropine en 50 paquets de 2 centigrammes, 4 flacons vides, 2 llacons de collodion, 1 flacon azotate d’argent fondu, I flacon sulfate de zinc, 1 flacon extrait d’opium en pilules de 5 centigrammes, 4 boites d’appareils carrées avec couvercles, une de ces boites contient 60 paquets de 5 ceutigr. de chlorhydrate de morphine; 2 pots en faïence de 10 centilitres, un de ces pots contient de l’extrait de quinquina gris, 10 mètres de sparadrap, 6 bandes de percaline agglutinative, 100 feuilles de papier sinapisé, agaric, cire jaune, 1 éprouvette graduée de 20 centilitres, 1 spatule à grains d'émétique.
T. 3. • — Thé, sulfate de magnésie, sulfate de quinine, ipécacuanha, sulfate d’alumine et de potasse, émétique pulvérisé, huile d’arachides, glycérolé d’amidon, calomel à la vapeur, silicate do potasse, chloroforme, alcoolé de camphre concentré, alcool à 00 degrés, eau-de-vie, cataplasmes Lelièvre, bouchons.
X. 4. — 1 boîte avulsion des dents, 1 boite amputation et trépan, 1 boite
INSTRUMENTS ET APPAREILS
couteaux de rechange, t boîte résection des os, I trousse de médecin, 2 trousses d’infirmier de visite, 1 trousse do réserve (ciseaux et pinces), 1 seringue de Pravaz, 1 appareil d’Esmarck, 2 seringues à injection dont t en étain et l’autre en verre, 3 sondes œsophagiennes, 20 sondes méthodes diverses, G mètres de tubes à drainage de 2 à 3 calibres différents, éponges, thermomètre à mercure.
T. 5. — 3 musettes renfermant des bandes roulées, du petit linge, de la charpie et 3 flacons en métal anglais, 3 musettes vides.
T. 6. — t appareil A pansement renfermant : des bandes roulées, du petit linge à pansement, de la charpie, 1 boîte en fer blanc rectangulaire sans couvercle, 1 boite carrée en fer blanc, 2 verres de ventouses, 2 petites seringues dont 1 en verre dans un étui en bois, l’autre en étain, 1 poire en caoutchouc pour pansement, 4 flacons en verre, carrés, bouchés à l’émeri.
T. 7. — f appareil à pansement contenant les mômes objets que le T. 6.
C. 8. — 2 irrigateurs Eguisier, 6 cuvettes à pansement (diamètre supérieur 24 centimètres), 1 biberon en étain, 1 pot à tisane et 2 gobelets en fer blanc, 1 lampe avec gobele* à queue mobile, 1 pierre à repasser avec étui en fer blanc.
C. 9. — 45 aiguilles dans 2 étuis, 2200 épingles dans une boite, Gordonnet de soie, fil, ruban, lacs à boucles, gaze à pansement, taffetas gommé, 12 bandages herniaires, o de droite, 5 de gauche et 2 à double pelote, 6 serviettes, 3 tabliers d'infirmiers, 6 tabliers de médecin.
C. 10. — 20 coussins pour gouttières, 10 pour gouttières de jambeset 10 pour les membres supérieurs.