Appel à la raison et à la conscience des habitants des paroisses de Ste. Marie et de St. Gregoire, ou, Réponse aux attaques dirigées
Vous ne serez san: doute pas étonnés que je prenne lu voie de la presse pour répondre aux accusations que M. Chiniquy, dans les retraites qu’il a faites au milieu de vous, a dirigées contre nos frères dans la foi et contre la doctrine que je prêche.
Pour l’amour de la paix j’eusse désiré ne pas répondre aux attaques dirigées contre nous, .... il nous eût suffi de les mépriser ....mais traités comme nous lavons été, c’eût été lâcheté de notre part de garder le silence; longtemps nous l’avons fait, trop longtemps pent-être ! Nous avons été accablés sous le poids des plus odieuses accusations, et c’est notre devoir de soutenir la vérité et de montrer la conformité de notre sainte Religion avec celle que les apôtres ont prêchée, et que les premiers chrétiens ont pratiquée.
Si M. Chiniquy était sincère dans tout ce qu’il a dit, sa sincérité mêine, ainsi que la cause de la tempérance qu’il a embrassée, aurait dû lui faire un devoir d’être modéré, charitable et surtout véridique ; mais mt “ureusement il n’a montré aucune de ces vertus, comme bor: nombre d’entre vous en ont jugé : au contraire nous avons été honnis, calomniés et outragés de la manière la plus odieuse et la plus indécente,
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Et si auj >urd’hui nous élevons la voix, il ne faut en faire remonter la cause qu’à lui-même, non qu’il n’ait le droit de dire ce qu’il croit, mais il sort de ce droit par sa manière d’en user.
Après avoir entendu notre adversaire, Messieurs, nous vous prions de nous écouter aussi aujourd’hui ; après avoir été accusés et outragés nous ne faisons qu’user du droit sacré de la défense.
M. Chiniquy n’a guère joué que le rôle d’accusateur envers nous, comme c’est la manière ordinaire des prêtres de l’Église romaine envers ceux qui suivent l'Évangile, par la raison toute simple qu’il est plus facile d’accuser que de se disculper ; aussi y aurait-il beaucoup à dire en répouse à ses attaques, mais forcément nous ne pouvons nous arrêter qu’aux principales.
Une première remarque que je ferai est sur le ton léger, bouffon que M. Chiniquy a employé contre nous et leque] montre un homme sans vraie piété et qui se propose non pas d'avancer le règne de notre Seigneur Jésus-Christ et d'éclairer ceux qu’il prétend être dans Perreur, comme de faire rire ses auditeurs aux dépens de ses adversaires et de les couvrir d’ignominie.
Est-ce donc là l'esprit de la religion chrétienne ? Notre Seigneur a-t-il enseigné à ses apôtres, dont M. Chiniquy se qualifie d’être du nombre, à parler ainsi ? :
Si nous étions, en.effèt, dans des erreurs mortelles comme il affirme le croire, et qu’il possédât. cette foi qui peut Nous sauver, est-ce de ce ton, est-ce-de cette.manière qu’il devrait nous avertir et qu’il pourrait espérer de nous rame. ner ?, Les intérêts de la gloire de Dieu et le salut éternel des âmes se traitent-ils sur ce ton, qu conviendrait mieux a un comédien, à un charlatan qu’à un homme de la ‘chaire ?
Et sa manière de parler des Saintes Écritures, co langa-
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ms |] se ge profane, ces efforts impies pour chercher à en détourner tous ceux à qui il s’adresse et leur faire croire que la lecture de ce saint livre est inutile et dangereuse ! Et ces odieuses accusations que nous avons falsifié et corrompu la Bible! Mais comme il n’a pu en donner aucune preuve ni dans la discussion entre lui et moi, ni dès lors, les graves accusations de mensonge et de calomnie que j'ai portées contre lai en votre présence sont maintenues, et demeureront sur lui, tant qu’il n’aura pas donné des preuves irrécusables : ; de ce qu’il a dit. L Une autre remarque qus nous ne pouvons nous empécher de faire c’est sur le. manque de vérité et de charité, sur les faussetés qui ont caractérisé les attaques de M. Chiniquy.
+ Chacun sait qu’un prêtre dait être un homme modéré et droit, un ami de la vérité et de la charité chrétiennes selon la recommandation qu’en fait l'Évangile; si M. Chiniquy eût possédé une petite mesure de ces vertus, aurait-il attaqué et outragé les personnes comme il l’a fait? Aurait-il cons: tamment défiguré nos croyances? N’aurait-il pas respecté les personnes et examiné le fond même de notre religion, la foi de notre église, nos doctrines? Au contraire, il ne pouvait pas assez se servir d’indignes personnalités et nous insulter. Si M. Chiniquy connaissait la voie du salut ne devrait-il pas s’efforcer de nous y ramener par des moyens évangéhiques ? et reconnaître aussi bien le bien qu’il ya chez ceux qui suivent l'Évangile et s’en réjouir-que de débiter contre eux toutes sortes d’histoires, si injustes, si insolentes qu’il faut avoir renoncé à tout amour de la vérité et de l’honnêteté pour ne pas les haïr et les détester ouvértement. Quand on est animé un -peu de cet-esprit de Jésus- Christ, de c::\ charité chrétienne dont parle l’apôtre, on n’ontrage pas ses adversaires, fussent-ils égarés, on ne leur
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attribue pas des vices pour noircir leurs caractères, ni des erreurs dont ils ne sont pas entachés. Mais bien loin de là, point de piété, nide vérité, ni de vertus, selon M. Chiniquy, chez les Protestants ; ce sont des hommes faux, corrompus, des chercheurs d’argent, des gens qui veulent vivre au gré de leurs passions.
Mais en est-il ainsi? Avons-nous moins de soin des pauvres, moins de vertus et de charité que nos voisins les Catholiques ? Tous les vices sont-ils de notre côté et les vertus du vôtre? Nous vivons au milieu de vous et si vous n'avez pas les yeux fermés à la lumière ne reconnaîtrezvous pas que toutes ces accusations sont aussi fausses et aussi coupables qu’il est possible de le dire.
Mais, nous le craignons, la haine a fermé les yeux à M. Chiniquy, et ils resteront fermés jusqu’à ce que Pamour de . » . . [2 la justice et de la charité les lui ouvre.
Mais en employant les armes que M. Chiniquy emploie contre nous on se condamne soi-même, ainsi que la cause qu’on défend, et on fait voir que l'esprit de l'Évangile qui manque totalement dans de telles paroles manque à celui qui s’en sert, et en appliquant ici la règle de notre Seigneur ; vous les connaîûtrez à leurs fruits, nous pouvons dire qu’un tel prêtre n’a pas l’esprit de Jésus-Christ, par conséquent n’est pas un ministre de Jésus-Christ.
Nous ne pouvons passer sous silence les attaques de M. Chiniquy contre les réformateurs Luther et Calvin, qu’il représente comme ayant vécu dans la débauche et dans linfamie. Ces odieuscs accusations seraient-elles aussi vraies qu’elles sont fausses, qu’elles seraient sans valeur contre nous, car nous ne sommes pas disciples de Luther ni de Calvin, ni d'aucun homme, mais de Jésus-Christ seulement. : C’est sa Parole, son Évangile qui est notre
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