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doctrine, et sa croix notre bannière. C’est lui qui est notre Maître, le suprême Pasteur et l'Évêque de notre âme ; c’est de son baptême que nous avons été baptisés ; c’est de sa vie que nous vivous, c’est son Esprit que nous invoquons et qui se communique à nos âmes ; C’est sa Cause que nous défendons et que par sa grâce nous défendrons jusqu’à la mort.
Nous regardons Luther et Calvin comme des hommes de génie, de beaucoup de courage et de piété, mais nous ne les écoutons qu’autant que leurs écrits sont conformes à la loi de Dieu avec laquelle nous les comparons; nous ne les croyons pas infaillibles, ils ne sont pas nos chefs ; ils n’ont pas d’autorité sur notre foi, laquelle est fondée sur la parole de Dieu. Et loir qu’on ait eu à leur reprocher de mauvaise mœurs, 1oùs avons au contraire raison d’être édifiés de la pureté de leur vie.
Les honteuses accusations dont M. Chiniquy les a flétris sont fausses dans toute leur étendue: elies sont totalement dénuées de preuves, et ont été victorieusement réfuiées plus d’une fois. Elles Sont vides et profanes dans sa bouche, car il doit savoir, et il ne lui est pas permis de l’ignorer, que des écrivains que son église estime fidèles, qui ont écrit la vie de ces hommes même sous l’influence des plus déplorables préjugés, ne parlent nullement de ces honteuses inculpations. Certainement aucun homme honnête ne peut répéter d’aussi grossières calomnies.
Nous le savons, et tout le monde le sait comme nous, que le moyen le plus sûr d’être calomniés et outragés est de s’opposer aux nombreux abus que le clergé romain veut maintenir parce qw’ils sont selon ses intérêts. Depuis longtemps on a reproché aux prêtres de se servir envers leurs adversaires de moyens déloyaux. Tous ceux qui les connaissent savent avec quel fiel ils peuvent noircir et calomnier ceux qui osent s’élever contre leur dessein pour suivre
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la voix de leur conscience. Cela est-arrivé à tous et principalenent aux Réformateurs dont nous nous oceupons et dont on ne prononce jamais les noms dans l’Église romaine sans les accompagner d’expressions injurieuses, indignes. :
Luther et Calvin, nés Catholiques romains, l’un en Al-
lemagne et l’autre en France ; doués par la providence de grands talents et pénétrés de l’amour de Dieu furent convertis à l'Évangile dans leur jeunesse et abandonnèrent tous les avantages dé ce monde pour travailier à ramener les regards des peuples vers la parole de Dieu. De moine, Luther devint prêtre ; sa grande piété et ses talents le firent nommer au poste important de docteur er théologie, à laquelle occasion il prêta serment deprécher fidèlement la pure parole de: Dieu sans égard à l'opinion des hommes, ce qu’il fit constamment et lui acquit üne grande autorité, quand on vit surtout que ses discours s’accordaient si bien avec sa vie et que ses paroles sortaient non des lèvres mais du cœur.
L'Église était alors plongée dans de profondes ténèbres et dans une grande corruption, comme tous les Catholiques instruits le reconnaissent franchement. Depuis des années, des moines parcouraieht les pays de la catholicité, trafiquant sur les péchés des hommes en vendant des indulgences, qui pour un peu d’argent, remettaient de la peine de tout péché et ouvraient les portes du ciel. T’âme honnête et chrétienne de Luther ne put supporter de telles iniquités et il montra aux peuples abusés l’absurdité des indulgences et qu’il n'y a de rémission de nos péchés que par la mort de Jésus-Christ. Il soutenait que le pécheur qui se repeñt sincèrement de ses fautes et en demande pardon au Sauveur en reçoit La rémission sans indulgente.
Cette doctrine évangélique mit ces moines, marchands d’indulgences, en fureur, qui criaient partout de livrer aux flammes cet infàme hérétique. Ils l’accusérent auprès du
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