XII. Du céziBar pu CLercé
Notre Êgiise, Messieurs, n’a pas jugé convenable d’interdire le mariage à ses pasteurs, et elle a bien fait, parce que la Parole de Dieu dit, sans établir de distinction : que le mariage est honorable entre tous, tandis que votre Église ordonne le célibat à son clergé dans le langage le plus fort et le plus décisif; et le concile de Trente lance ses anathémes où malédictions contre ceux qui voudraient soutenir ce que l'Évangile enseigne sur ce sujet.
Si le Seigneur Jésus-Christ ou ses apôtres inspirés eussent enseigné ce célibat, nos pasteurs s’y seraient joyeusement soumis, car, tout leur désir est d’être fidèles et obéissants à leur divin maître, mais ils ne l’ont pas fait, loin delà ; et nos pasteurs à l’imitation des prophètes, de St. Pierre lui-méme, «! ‘le la plupart des apôtres et des évêques de l'Église catl ue, se marient et demeurent avec leurs familles.
Il suñlit de ne connaître que quelques pages de l’histoire de l'Église pour savoir que ce fut l’ambitieux Grégoire VIT, au onzième siècle, dans un concile tenu à Rome qui obtint, à la fin le célibat forcé des prètres, qu’on avait cherché de-
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puis des centaines d’années auparavant à établir, mais sans succès ; la majeure partie du clergé catholique romain vivait avec leurs familles. Et quand ce décret fut passé, on obligea les prêtres à renvoyer leurs épouses légitimes; et pour ceux qui ne le firent pas, les légats du pape allaient les arracher de leurs domiciles, et au besoin, le pape excitait les populations contre eux.
On lance d’indignes sarcasmes dans l’Église romaine contre les ministres mariés, mais ils les touchent fort peu, car nous lisons dans St. Paul qu’une des qualités de lévèque est de savoir bien conduire sa propre famille, de tenir ses enfants soumis en toute pureté de mœurs; et le même apôtre,en écrivant à son disciple Timothée, lui prédit que dans les temps à venir, les hommes se détourneront de la foi, et enseigneront des doctrines de démons ; or, parmi ces doctrines il signale Za défense du mariage (1 Tim. IV. 1-9).
Je ne veux pas ici, Messieurs, user de récriminations et faire parler l’histoire, qui montre les fruits de mort que le célibat forcé des prêtres a portés dans l’Église ; cependant, je dois vous dire que Pie IT écrivait en présence des scandales qui désolaient l’Église romaine: Si par de bonnes raisons on a ôté le mariage aux prêtres, par de meilleures il
faudrait de leur rendre. (Platine, vie de Pie II). L’histoire apprendra que cette loi a été une véritable lèpre pour la société. Le célèbre Gerson, le pieux Clémangis, Pierre d’Ailly, St. Bernard, n’ont qu’un cri de douleur pour déplorer ce flot immonde qui coulait comme une eau impure sur l'Eglise.
Nous n’ignorons pas quelle notable portion du clergé catholique souffre de cet état et quelle foule de prêtres se sont accordés dans divers temps pour en demander lPabolition.
Ah ! Messieurs, l’Église romaine est jugée par ses fruits, et si aujourd’hui le clergé catholique romain est plus moral, il doit en rendre grâce aux Protestants.
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