XIII. DE LA DÉFENSE DES VIANDES
Nous nous permettons, Messieurs, de manger de la viarde pendant le carême, et les jours maigres; car nous ne croyons pas pêcher en le faisant, considérant que cela est permis.
Nous ne sommes pas les ennemis du jeûne, nous le recommandons et le pratiquons selon les enseignements de la Parole de Dieu, mais nous nous opposons à la défense de manger de la viande, dans de certains temps, parce que St. Paul nous enseigne que c’est une doctrine de démuns (1 Tim. IV, 1-3.).
“ Achetez et mangez de tout ce qui se vend à la boucherie, que personne ne vous condamne pour le manger ou pour le boire, car les aliments ne nous rendent pas agréables à Diev; nous n’en avons rien de plus ni rien de moins, si nous en mangcons OU si nous n’en mangeons pas ; le royaume de Dieu ne consiste pas dans le manger et dans le boire,” nous disent les apôtres. (1 Cor. X,25; VIII, 8 ; Rom XIV, 17; Col II, 20-32). Or, nous’en concluons que la permission des apôtres de manger de la viande en tout temps, vaut mieux que la défense des évêques.
Si vous connaissiez l’Écriture sainte, Messieurs, vous verriez que ces choses ne sont que des commandements d'hommes, qu’elles ne peuvent pas nous rendre agréables à Dieu, ni meilleurs, et comme ce n’est pas ce qu’on mange qui souille notre âme ou la perd, ainsi ce n’est pas telle viande ou des œufs qui peuvent nous rendre meilleurs chrétiens. Nous louons et nous recommandons le jeûne de l'Évangile qui a pour but de brider les désirs immodérés de notre nature, et le péché en nous. La sobriété est la gardienne de bien des vertus et quand des nourritures permises nous poussent à des choses non permises ,nous nous en abstenons. Avec le jeûne nous joignons la prière du cœur, selon que
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Phcriture nous le montre, afin que la prière sanctifie le jeûne, et que le jeûne aide à notre prière.
Quand nous observons le jeûne et la prière, c’est pour un exercice d’humilité ct de piété, pour humilier nos âmes en la présence de Dieu et chercher le regard de sa face, non pour avoir des mérites cu pour satisfaction ; jamais nous ne prétendons payer Dien par cela. Voilà le jeûne que nous appreuvons, mais nous condamnons celui qui étant maigre de jeüne est rempli d’orgueil, qui s’abstient de viande, mais qui parle mal de son prochain et le calomnie; qui observe les carêmes, mais qui prête son argent à usure, qui dérobe la veuve et orphelin, ou qui fait tort au pauvre. Ce jeûne là est le jeûne des juifs, qui, au jour qu'ils crucifièrent Jésus- Christ, se firent conscience d’entrer au prétoire de peur de se souiller, et afin de pouvoir manger l’agneau de pâques.