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de ses péchés on bâtissant dus églises, en dotunt des couvents, ou en achetant des indulgences. Au lieu du culte en esprit et en vérité et des exhortations simples.et pieuses sur la parole de Dieu, c'était des légendes de saints, des visions de nuit, des révélations, des reliques ; un culte de formes et de cérémonies en une langue inconnue, des faux miracles, des fêtes-sans nombre. La gloire du monde, lamour des richesses, l’ambition avaient tont envahi, principalement les ecclésiastiques qui ne faisaient rien sans argent. “ La Cour de Rome, disait le pape Enée Sylvie, Pie II, ne donne rien sans argent. On y vend. même l’imposition des mains, les dons du St. Esprit, et l’on n’y donne le pardon des péchés qu'à ceux qui ont de l'argent. Le pieux Nicholas de Clémangis, archidiacre de Bayeux, qui florissait au commencement du quinzième siècie, disait: L'Eglise est aujourd’hui une boutique d’ambition, de négociation, de larcin, de rapines. On y donne les grâces pour de l'argent. On y vend les messes et l'administration même du corps et du sang du Seigneur” “ Tout est pour de temporel, et rien pour le smrituel,” disait le cardinal Cusav. :
L'étude des Saintes Lettres, disait encore Clémangis, est en dérision à tous, et principalement ceux qui les enseignent ; etce qu’il ya de prodigieux, ce.sont les évêques principalement qui s’en moquent, préférant les traditions des hommes. On aurait bien pu vivre en paix et en concorde, disait le vicaire.de Constance, au concile de Trente, quand il n’y aurait pas eu d’Evangile sur la terre.
St. Bernard, Pierre d’Ailly, et beaucoup d’autres écrivains ont fait entendre d’amères plaintes sur les maux et les vices de l’Église dont on pourrait faire des volumes. Quelques années avant la réformation le pape Léon X autorisa pour de l’argent les plus grands crimes et fit circuler dans les pays catholiques un tarif qui présentait les frais à payer pour s’en racheter.
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out ce qu'il y avait de cœurs vraiment honnêtes duus l'Église gémissaient de tant de corruption et réclamaient con ve tant d’impiétés et de désordres. Un grand nombre d’ecc ésiastiques, les gouvernements, les gens pieux, s’unissaient pour demander lo réforme de toutes ces choses. Plusieurs conciles furent convoqués dans le but de réformer DEglise dans son chef et dans ses membres, dans la for et dans les mœurs, selon les termes consacrés. On commença sérieusement, mais on n’acheva rien. Les évêques ne s’entendirent pas, on s’échauffa, on s’irrita, les troubles augmentérent et au lieu d’un pape il y en eut plusieurs, et d’un concile deux, et tout resta dans le même état. Mon témoignage peut être mal reçu, celui du cardinal Lorraine ne le scra pas. S’adressant au clergé romain réuni en concile à Trente, il disait: “ C’est nous qui sommes cause de la tempête, oui, ce sont nos dérèglements et nos désordres qui l'ont excitée ; nous sommes les Jonas qui allumons la colère de Dieu contre l’Église: jetez-nous dans la mer et la tourmente cessera.” Et malgré ces sévères reproches et de nombreux autres plus forts encore adressés à ce concile, il ne fit rien et abolit ce que d’autres conciles avaient commencé.
Après avoir vainement attendu les réformes que le clergé promettait depuis tant d’années, obligation fut faite à ceux qui voulaient servir Dieu en vérité et sauver leurs âmes de délaisser une église incurable et qui avait abandonné la vraie foi pour prendre la parole de Dieu seulement pour se régler selon ses enseignements.
Telle est l’urigine de ce qu’on appelle le Protestantisme. Ce n’est point une uouvelle religion, personne n’a le droit d'en établir une nouvelle ; c’est une protestation énergique et chrétienne contre l'autorité usurpée des papes et du clergé contre les changements et les erreurs qu’ils avaient introduits dans l’Église; c’est une recherche de la vérité,
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une défense des doctrines de l'Évangile, un retour à la religion de notre Seigneur Jésus-Christ dont on s'était malheureusement tant écarté.
Ce n’est point une nouvelle religion, elle n’est nouvelle que pour ceux qui ne la connaissent pas ; c’est l’ancienne, l'antique religion que le Fils de Dieu est venu apporter au monde pécheur et perdu pour le sauver, l’éclairer, le sanctifier, en donnant à l’homme la connaissance de ses devoirs et de sa dignité, avec les espérances vivantes et glorieuses d’une félicité éternelle.
C’est-là notre religion, que nous sommes heureux de posséder, nous ne nous en faisons point honte, nous aimons à le proclamer à haute et intelligible voix.
Si l’Église romaine met sa gloire à être attachée au pontife de Rome, notre gloire, à nous, chrétiens évangéliques, est d’être attachés à notre Seigneur Jésus-Christ, notre souverain pontife; si les enseignements de l’Église romaine sont dans les bulles de ses papes et dans les décrets de ses conciles, nos enseignements, à nous, sont dans les saintes Écritures de notre Dieu ; si l’Église romaine se glorifie dans la pompe de ses cérémonies, la recherche de ses ornements et l'éclat de son culte, xows, nous nous glorifions dans la simplicité du culte évangélique, dans l’adoraticn en espiit et en vérité, dans la majesté des doctrines du Sauveur, dans la sainteté de ses préceptes qui gagne et régénère le cœur et l’esprit, dans la paix de la conscience et le privilège glorieux et ineffable d’être faits enfants de Dieu ; gloire pour gloire nous préférons la nôtre, enseignements pour enseignements nous ne pouvons hésiter, culte pour culte notre choix ne peut être douteux.
Mais votre nom est nouveau, me direz-vous ? . J’en conviens, mais notre religion est-elle nouvelle? Le nom de catholique romain n’est-il pas nouveau ? .Celui de pape, ce-
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lui de cardinal ne sont-ils pas aussi nouveaux ? Les trouve-ton dans l'Évangile ?
Enreligion, ce n’est pas le nom seul qui doit nous diriger, ce sont les doctrines, le fondement même de la foi. Combien de choses dont les noms sont changés et qui sont toujours les mêmes? (Combien qui ont de beaux, de vieux noms et qui ne valent rien ? L’apôtre Paul ne dit-il pas que les ministres de Satan se feront apôtres de Jésus-Christ ? et que Satan se déguisera en ange de lumière? s’il faut s’arrêter au nom seulement où en viendra-t-on? On fera le plus étrange renversement. On prendra les faux chrétiens pour de vrais chrétiens, et les enfants de Dieu pour les enfants du diable. S'il faut s'arrêter à l’extérieur, comment discernera-t-on les anges de ténèbres lorsqu'ils seront déguisés en anges de lumière et les faux prophètes lorsqu'ils feront des signes et des miracles jusqu’à séduire les élus si cela était possible? Comment pourra-t-on discerner les imposteurs et les hypocrites qui sont vétus de peaux de brebis mais qui au dedans sont des loups ravissants? Non, non, Messieurs, ce n’est pas au #0m qu’on doit s’arrèter, c’est aux doctrines, c’est aux choses elles-mêmes.
Notre Seigneur nous dit en parlant des vrais et des faux prédicateurs: vous es connaîtrez à leurs fruits. Il ne dit pas à leurs noms, à leur extérieur, à leur succession, mais aux fruits, à la saine doctrine. C’est la vraie doctrine unie avec la vertu qui fait le vrai ministre, comme la vraie religion. Ainsi, si parmi les hommes, notre Église paraît avoir un nom nouveau, il n’en est pas de même de notre doctrine, de la foi de notre Église, qui sont celles des premiers fidèles.
En effet, nous croyons à l’autorité divine et à l'inspiration de l'Ancien et du Nouveau Testament ; à la Trinité Sainte, Père, Fils et Saint-Esprit, un seul Dieu béni éternéllement ; à l’Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ dans le sein de la bienheureuse Vierge Marie; à sa mort cxpiatoire sur
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la croix; à sa résurrection, à son ascension à l« droite de la Majesté de Dieu, d’où il viendra pour juger Les vivants et Les morts. ,
Nous croyons aw péché originel ; à la rédemption par le sang de Jésus-Christ ; à la nécessité de lu régénération du cœur et de la vie; à la rémission de nos péchés par la vraie foi en Jésus-Christ ; à la nécessité des bonnes œuvres comme fruits et preuves de la foi, mais le salut par le sang de Jésus-Christ.
Nous croyons aux sacrements du Baptème et de la Sainte Communion, selon l’institution de notre Seigneur ; à la résurrection de nos corps; à l’enfer pour les inconvertis et au paradis pour les enfants de Dieu.
Toutes ces doctrines sont-elles nouvelles ? N’ont-elles que trois cents ans d’existence? L’Évangile où nous les avons apprises ne remonte-t-il qu’à Luther et à Calvin? Si ces doctrines, si cet Évangile ne remontent qu’à eux, demandezle à M. Chiniquy, demandez-le à tous les prêtres de Rome et qu’ils nous le disent ; et s’ils sont forcés d’avouer que ces doctrines remontent à Jésus-Christ, comment M. Chiniquy ose-t-il dire que nous ne sommes que d’hier et que notre religion ne remonte qu’à trois cents ans? Qu'il nous dise en quoi nous sommes des novateurs et quelles sont ces doctrines nouvelles et de fraîche date que nous avons ajoutées à l'Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ, et pour lesquelles son dédain ne connaît pas de bornes ?
Quand on parle en public et qu’on est exposé à se faire juger dans ce qu’on dit, on devrait être plus prudent et connaître un peu mieux son sermon ou son histoire, sous peine de passer pour un ignorant ou pour un calomniateur.
Quels sont, Messieurs, les vrais novateurs en religion ? Le bon sens ne dit-il pas que ce sont ceux qui enseignent des doctrines qui ne nous viennent pas directement de Jésus-Christ ou des apôtres? Les apôtres ont enseigné la vraie religion, ils ont prescrit aux fidèles tout ce qu’ils devaient
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croire et pratiquer pour être sauvés, sans y rien changer sous peine de condamnation, et ces choses sont renfermées dans la sainte Écriture pour la direction des fidèles dans tous les temps. Mettre ensuite la main à cette religion sainte et parfaite pour y changer quelque chose, y ajouter, ou en retrancher, n'est-ce pas là de la nouveauté? Ceux qui font cela ne sont-ils pas des novateurs? Ces changements, ces additions apportés successivement à la religion de Jésus- Christ ne sont pas plus d’elle, ne lui appartiennent pas plus que le Mahométisme, que le Paganisme, que toutes les fausses religions de l’homme qui ont corrompu le monde, bien certainement.
Or, c’est exactement ce qui est arrivé. La plus légère connaissance de l’histoire de l’Église en fait preuve, L'Église romaine a changé la religion de Jésus-Christ, elle a ajouté et retranché aux enseignements des upôtres, elle a varié de siècle en siècle, comme aucune autre église ne l’a fait autant. Et parce que nous ne voulons pas reconnaître comme dévins tous ces changeinents-là, elle nous condamne comme des novateurs et des hérétiques dignes de la perdition, tandis que ce n’est pas nous qui avons changé la religion de Jésus-Christ.
L'antiquité de l'Église romaine n'est qu’une vieillesse d'erreurs, nous la déclarons incapable de trouver racine ou trace de ses enseignements particuliers dans les pages de la sainte Écriture, qui se proclame la seule règle d’autorité en matière de foi, et nous défions en même temps messieurs les prêtres de nous prouver qu’une seule des doctrines de notre foi ne nous vient pas en ligue directe des enseignements apostoliques. Je le répète, Messieurs, les novateurs sont ceux qui ne remontent pas jusqu'aux apôtres, et qui ont mis les commandements des hommes à la place des commandements de Dieu.
Voici quelques-uns des points, que, selon nous, on ne trou-
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ve nullement enseignés par les apôtres, mais qui ont été a’ utés de siècle en siècle à l’Église. L’infaillibilité de l'Église romaine, la suprématie du Pape, la doctrine de la transsubstantiation et celle du salut de notre âme par le canal du prêtre, (nous trouvons même par trop étrange qu’un prêtre puisse dire à un pécheur qui a fui depuis dix, vingt, trente et quarante ans le tribunal de la pénitence: venez me trouver et dans peu de temps votre salut est fait.) de même que la doctrine du purgatoire, le culte en langue inconnue, la défense des viandes, l’invocation des saints, le culte des images et des reliques, et de nombreux autres points. Pour tous ces points-là nous sommes condamnés par M. Chiniquy, mais avant de croire la condamnation qui est descendue du haut de la chaire de votre paroisse, veuillez suspendre votre jugement pour un peu de temps, et après nous avoir entendus vous prononcerez. VI. INFAILLIBILITÉ.
1. Nous ne croyons pas à l’infaulibilité de l'Eglise catholique romaine, parce que nous sommes forcés de voir qu’elle n’est pas infaillible ; rien au monde n’est plus clair.
En effet, commençons par demander à Messieurs les prêtres où réside cette infaillibilité, et ils se trouvent immédiatement embarrassés et ne peuvent nous répondre sans nous dévoiler les tristes et profondes divisions qui existent dans leur église relativement à ce point, car jusqu’à ce jour cette Eglise infaillible n’a pas su déterminer le siège de son infüillibilité.
Si nous nous adressons à de certains évêques, ils nous diront que c’est le pape qui est infaillible, et que tout ce qui sort de sa bouche comme pape est marqué de ce sceau ; mais le célèbre Bossuet, et avec lui de nombreux évêques, et des conciles nous diront avec chaleur que ce n’est pas le pape, mais le concile général qui est infaillible, un troisième parti s’opposera à ceux-là et nous dira qu’ils sont
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