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Pape, et celui-ci sans entendre Luther, et désirant en finir avec lui, le condamna à la mort et ses livres à être brûlés par la main du bourreau : bon argument que le feu !. Luther voyant que celui qui se disait le vicaire de Jésus-Christ condamnait la doctrine de l'Évangile se sépara de lui et de son église et annonça pleinement au peuple tout le conseil de Dica, rendant à la Parole du Seigneur sa suprême autorité, libre du joug des opinions des hommes, et d’une raison égarée par l’orgueil et l’amour de lPargent, rendant témoignage aux petits et aux grands que les pardons des hommes ne sont rien, que Dieu seul pardonne les péchés par Jésus- Christ, par une vraie conversion.
Les doctrines évangéliques qu’it proclamait furent reçues de toute part, et des moines, des prêtres par centaines, par milliers se joignirent à lui et propagèrent la vérité. Partout ôn laissait les erreurs pour su:vre l'Évangile. Rome avait abandonné l'ancienne Église; il fallait abandonner à son tour.
L'œuvre des * ‘ormateurs fut une œuvre de foi et de courage, d’amour pour les âmes et d'amour pour Dieu, à laquelle ils ont travaillé au milieu des plis grands dangers, souvent même au péril de leurs vies. De plusieurs côtés le sang coule en abondance, mais fermes en leur Dieu, ils y persévérèrent jusqu’à leur dernier moment, et s’endormirent en paix et dans la pleine espérance de l’immortalité bienheureuse.
Telle fat leur œuvre, et c’est pour s’y être consacrés d’une manière digne de Dieu que la haine et le ressentiment se sont plûs à les représenter comme des hommes infèmes. Mais que ne peut pas inventer la calomnie quand elle’est poussée par de mauvais sentiments ? Que n’a-t-on pas dit au commencement contre les apôtres et les premiers fidèles qu’on a représentés aux peuples comme les plus méchants
des hommes ? Les Juifs disaient de St. J ean-Baptiste qu’il avait le diable et de Jésus-Christ qu’il était le chef des démons !
Mais en déchirant la réputation d’autrui,. comme le fait M. Chiniquy, ne peut-il -pas-craindre qu’on aille fouiller dans l’histoire du clergé auquel il appartient, et qu’on lui montre les pièces en main qui a vécu dans la débauche et dans l’infamie ? Mais c’est ce que je ne ferai pas. Je vous ferais de la peine ; en chrétien, j'aime mieux vous renvoyer à ce que des évêques, des cardinaux ont écrit de ces choses qu’on a bien soin de vous cacher.
Cinq ans après être sorti de l’Église romaine et dans l’intention de donner un exemple au monde, Luther contracta un honorable mariage avec une demoiselle protestante qui avait été religieuse mais qui deux ans auparavant avait laissé l’Église romaine avec la généralité des religieuses de son couvent. C’est à l’occasion de ce mariage qui était se-
lon la volonté de Dieu, qu’on s’est plû à faire les plus scandaleuses histoires sur Luther.
Après avoir mis bien bas ceux qui suivent l'Évangile, M. Chiniquy leur ferme ensuite bien juste la porte du ciel,
qu’il ne leur ouvre qu’à la condition de se jeter entre les bras de son Église.
Rentrer dans l’Église romaine, Messieurs, comment le pourrions-nous ? cette Église qui au lieu de nous montrer les vertus chrétiennes, unies avec la vraie foi de l'Evangile, seules marques de la vraie Eglise, ne nous a montré son amour que par des paroles dures et des persécutions; cette Eglise qui a fait mourir tant de milliers de nos frères, dans ses prisons et sur les bûchers et dont la seule faute était de préférer les enseignements du Seigneur Jésus aux traditions des hommes. Cette Eglise qui a ordonné le massacre
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de ces infortunés Albigeois dans le midi de la’ France, at commencement du treizième siècle, dans la croisade sous le pr Innocent IT, et dont un millier périrent par le fer et ik ta Cette Eglise qui égorge les humbles et paisibles vhrétiens des vallées du Piémont qui voulaient conserver pur l'Evangile qu’ils avaient reçu de leurs pères plutôt que de le mélanger avec les enseignements des hommes. Comment croire, Messieurs, à une Eglise qui se présente avec de telles énormités ?
Des centaines d’années de souffrances et de persécutions nous ont appris à la connaître, cette Eglise persécutrice impitoyable et cruelle de l’Eglise protestante ; Eglise de la St. Barthélemy, Eglise de la sanguinaire Marie, Eglise de Philippe IT, Eglise des dragonnades de Louis XIV, (dont les dragons vont convertir les protestants à coups de sabre, et portent dans leurs sacs l’absolution de leurs péchés,) Eglise de la redoutable Inquisition, son ouvrage et son organe, dont il est impossible de compter le nombre des victi mes, tant il est grand. Comment voilà la véritable Eglise ?
Jésus-Christ est toujours avec son Eglise, était-il avec l'Eglise romaine dans tous ces forfaits? Non, non, mille fois non.
Le Dieu qu’elle sert n’est pas le Dieu et le père de notre Seigneur Jésus-Christ qui a dit: Bénissez et ne maudissez point. Son esprit n’est pas l'esprit de notre Seigneur Jésus- Christ qui a dit: Remets ton épée dans le fourreau, car tous ceux qui auront pris l'épée périront par l’épée ; de Jésus- Christ qui sur la croix pria pour ses bourreaux : Mon Père ! pardonne leur, car ils ne savent ce qu’ils font.
M. Chiniquy nous accuse d’être des novateurs. Vous n'êtes que d’hier, disait-il avec mépris; savait-on ce que c'était qu’un protestant avant Luther et Calvin ? tandis que nous, nous sommes de toute ancienneté,
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A cela je réponds, Messieurs, que cette objection est en-
core sans valeur contre nons, car l’église évangélique protestante avec nn nom nouveau est aussi ancienne que le monde, tandis que l'Église romaine avec un vieux nom est nne église tonte nouvelle, nouvelle dans ses doctrines, nouvelle par sa morale, nouvelle par son culte, si nouvelle qu’elle ne peut jamais remonter jusqu’aux apôtres, ni nous montrer aucune trace de ses doctrines particulières dans l’Écriture sainte.
Au seizième siècle il y eut, il est vrai, un réveil, un mouvement des peuples vers la parole de Dieu et un abandon de l'Église romaine. Les abus, les discordes, les corruptions étaient devenus si grands dans l’Église que de toutes parts on se demandait: Est-ce là la religion de notre Seigneur Tésas-Christ? Tout ce qu’on voyait ne pouvait que faire douter qu’il en fût ainsi.
L'Église était conduite à la façon des royaumes de ce monde contrairement aux paroles de Jésus-Christ, qui a dit : Hi n’en sera pasainsi parmi vous (Luc XXII 24.), ayant son Roi, avec sa cour, ses ambassadeurs, ses armées, ses prisons, qui se faisait appeler Sa Sainteté, Roi des rois, Seigneur des seigneurs, vicaire de Jésus-Christ, et réclamait l’autorité sur les hommes et sur les consciences, conférant comme une faveur la permission de lui baiser les pieds.
Le nom de l’homme était mis à la place de Dieu et de sa Parole, on répétait constamment aux peuples qu’ils n°’avaient pas besoin de l’Écriture sainte, qu’il leur suffisait d’avoir les enseignements de l’Église.
Les Évêques étaient des Princes, avec les titres et les richesses des princes de ce monde.
Au heu de la vérité évangélique et de la sainteté. chrétienne, marques de la vraie Église, c’étaient des péchés et des vices régnant partout, et qui n’étaient comprimés ni par la raison ni par la Révélations on croyait se racheter
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