ÏÎES CIRCULAIRES ET PRÉTENTIONS
tu
SIGNATAIRES DE L'APKESSE. -
LBSSîgnataîres de l'Adresse, protégés par
la révolution dont ils s'étaient trop bien montrés les partisane, ont déjà obtenu des succès que désaTO.ueut les yrais Français. Pour y Contribuer eux-mêmes,. ih ont couvert le pay.-^ de leurs circalaires»
Je ne parlerai au lecteur que de celle qui a été adrèsséeparli. EuMehe Saltetle^ à tous les électeurs du troisième arrondissement Paris, pour réclamer leurs suffrages. On y remarque surtout ce passage frappant:
• Aujourd'hui qu^une faction affiche au- » dacieusement ses projets, il importe aux » citoyens d^accomplir une grande mis- » sion. Heureux les hommes qui en feront » partie, qui sauront, par leur iudépen- » 4aDce et leur épergie, sauver la pfitrie » • Puis il supplte les électeuts^ il lesxon-
• - • (97) jure de le renommer député. Mais quel est, en dernière analyse, le sens de cette cir- ♦ culaire comme de toutes celles qu'ont répandues les signataires de Tadresse. Nous avons mieux aimé , semblent-ils dire , nous faire déshériter de nos fonctions de députés , que de voir déshériter le peuple lui-mcipe de ses libertés, déjà menacées par un ministère indigne de notre concours.
Mais avez-vous eu à les défendre ces libertés? Non ; vous ii*avez pas même osé Tentreprendre. Pourquoi donc, transfuges de vos rangs, venez vous offrir au peuple ainsi abusé un courage que vous n*avez pas.
Ce courage consistait-il à provoquer votre dissolution ! mais qu'avait-elle de dangereux pour vous? était-ce de vous paralyser et de vous rendre inutiles au bien de votre pays? Ce n était là précisément qu'une véritable lâcheté. Etait-ce parce que quelque disgrâce auprès du Roi ou de vos concitoyens en devait être la suite? Auprès du Roi ! hélas ! Dieu veuille que vous fissiez
quelques cas de ses faveurs! Alors peut-^ être respecteriea-vous mieux ses droits auprès de vos concitoyens ; mais loin d'avoir» craint d'encourir leur disgrâce, vous faites ^ votre apologie avec scandale , et vous trouvez surtout dans le vote de l'Adresse les f motifs des éloges que votre étonnante , modestie croit pouvoir se donner^
Cependant où est le mérite de ce vote ?
je n'en découvre aucun. Où en est la fin ?
je n'en peux voir aucune. Par l'adresse/ pensez-vous avoir tout fait pour délivrer lé pays de Ministres coupables et abhorrés?
Mais non; ce moyen évidemment ne devait pas avoir un pareil résultat. Par l'Adresse , vous pouviez prévoir seulement la dissolution, et ce résultat ne délivrait le p^ys que de vous.
Si c'était réellement en faveur du pays que vous étiez disposés à combattre le mi-:
nistère, pourquoi ne pas l'attendre plus . généreusement sur le terrain, afin qu'il s'y ' lavât de l'offense que vous lui faisiez , ou • qu'il succombât sous votre majorité. Un pareil combat n'aurait pas été bien dangereux ; mais au-moins , en l'acceptant ^
( 99 ) ^ TOUS auriez paru vouloir lutter avec honneur dans une sorte de duel parlementaire.
Vos adversaires auraient été vaincus , je le veux; mais enfin puisqu'ils voulaient se défendre, pouviez-vous les en empêcher?
et ainsi le combat aurait eu pour témoins et pour juges le I\oi, les lois, et le pays.
Mais non ; vous avez éludé tout ce qu'exigeaient l'honneur et la justice. Vous avez, voulu vider la querelle avant niême qu'elle fût commencée , et c'est dans un comité secret , qu'à l'insçu pour ainsi dire de la France, quand il s'agissait de ses plus grands intérêts, yous vqus êtes hâtés d'en finir avec vos adversaires.
Quoi ! vous prétendriez avoir voté l'adresse comme le meilleur moyen de renverser le ministère, et par ce coup hardi avoir bien mérité de la patrie? A qui donc croyez-vous en imposer? Je viens de dire que l'adresse s'était discutée suivant l'usage en comité secret. Mais cet usage même n'était-il pas plus éloquent que tous les discours , pour vous dissuader du prétendu miracle que selon vous l'Adresse devait opérer.
L'adrefiêe tn effet étant une r^onse
rccte au discours du Roi, sa discussion et sa rédaction doivent être quelque chose .de si respectueux , qu'on n'a pas même voulu qu'elles fussent publiques. C'est comme dans un sanctuaire impénétrable, qu'il faut en élaborer^ les idées et )4is« .qu'aux moindres expressions.
Quelle a donc été la surprise du public»
quand la rédaction déûnitive de l'adresse est venue le convaincie cette année» qoje sa discussion n'avait dû être qu'une sorte ^ de procès fait à la royauté , ci , pour cette fois, du> moins heureusement débattue À huis-clos?
C'est donc en frondant l'esprit de nos usages parleinentaires et de nos lois , qu'on a prétendu dès Tabord^de la session porter un coup de mort aux Ministres du Roi. Mais cette attaque frappait au-dessus d'eux et atteignait le Roi lui-même. Oui»
l'adresse ne subsistera et ne peut sub* j sister dans notre histoire constîtutîonneMe ,que comme le monument d'un attentat sans exemple^ l'autorité royale, et M. £u- 6èbeSalvertesoùtiendra-*t41 qu'dterà cette
autorité première son lien le plus fort , ce lien de confiance qui lui rattache, en les enchaînant entre elles , toutes les parties de la société , ce soit rendre au pays un service que sa reconnaissance doive récompenser ? ,
Mais d'après M. Eusèbe Salverte, les libéraux ne sont pas les seuls qui conspirent contre TÉtat. A l'en croire même , il existerait une faction dont on doit redouter et combattre les projets audacieusement affichés.
Voilà donc les royalistes suffisamment désignés pour être aussi les ennemis de la constitution. Mais à côté de ces prétendus?
projets qui condamnent les royalistes , quels sont les actes positifs qui recommandent M. Eusèbe Salverte, et ceux qui, comme lui , ont voté l'adresse ? ^
Cette adresse, les libéraux eux-mêmes ont dû la maudire, s'il leur est démontré que loin d'avoir opéré le renversement des Ministres, elle n'a pu que les consolider davantage ; car elle a fait de leur maintien la nécessité de la prérogative royale.
' Non, les signataires de l'Adresse n^
^ ( loa )
p€tiTent au nom de cet acte rien invoquer ■ qui intéresse en leur faveur; ce n'est pas ^ QOQ plus dans ce moment la générosité 4e leur caractère ou le désintéressement t de leurs démarches, puisque , artisans infatigables d'intrigues les plus basses, ils ne négligent rien pour conquérir leur réélection ; ils s'humilient enfin jusqu'à supplier qu'on leur rende ce que l'enthousia^me et l'entraînement public devaient, disait-on, les contraindre en quelque sorte ^ d'accepter de nouveau. #
Ajoutez à cela que cette réélection n'aura d'autre résultat que de les replacer • dans la position où ils se trouvaient déjà
avant l'adresse ; et cependant , pour cela, ils n'en auront pas moins occasionné , par leur faute, à tous les électeurs de France « > les soins nombreux et les embarras qu'entraînent toujours après elles des élections
générales. ' •
♦ Quant au peuple , quels éminens ser-
vices lui ont rendus les signataires de l'Adresse ? Est-ce , par cet acte , d'avoir augmenté le pouvoir populaire? Mais non; le peuple sait qu'une assemblée ambitieuse
et rebelle peut en venir à le tyranniseiPi*i lui-même : la Révolution lui eu offre encore la preuve dans les pages les plus sanglantes de son histoire. , La Chambre élective d'ailleurs repré- , sente moins le peuple que quatre-vingt ^ mille électeurs. Elle est donc plutôt la x^^^ présentation de la propriété et de la richesse, et si le peuple n'a jamais désiré , daus les sommité^ qui l'environnent, une
trop grande autorité , il doit encore moins, applaudir à leur usurpation. Or, l'Adresse était une usurpation tentée contre le Roi, protecteur-né du peuple, sa véritable force,], son inséparable et perpétuel représentant.
Le corps qui élit, comme le corps élu, ^ dominent ainsi également le peuple : c'est lui, comme le plus faible, qui doit donc surtout redouter de' les voir franchir les, limites constitutionnelles , et se jeter dan$;. la voie des usurpations. . .
Que toute Chambre hostile à la rovauté cesse donc désormais de justifier ses pro».
jets d'envahissement en s'appelant le pouvoir du peuple , puisqu'elle n'est qu'un pouvoir composé de naembres élus par des
hommes pris parmi le peuple et hbn choi-^ «is par lui. La Chambre élective étant d'ail- '-, leurs dans sa véritable nature, le pouvoir de la propriété , si le peuple y trouve ses garanties , la royauté doit y trouver aussi les siennes^ parce que rien n'est ami des droits qui conservent^ ennemi de Tusur-V pation qui renverse, comme la propriété^ ou ce qui la représcntp.
Les signataires de l'adresse, en portant atteinte aux prérogatives du trône, ont donc dénaturé le pouvoir dont ils faisaient partie; ils ont diminué les garanties de Tordre social au-lieti d'en agrandir lé cercle. .-.rv
Mais le peuple était-il menacé de quel-, que danger réel , et ses députés, en votant TAdressc, ont-ils voulu l'en préserver? Tant que nous aurons un Roi sur le trône , la Charte interdira à d'autre qu'à lui le droit de pourvoir aux dangers da peuple ou de l'Etat; carie danger qui menace l'Etat ou le peuple compromet leur sûreté , et d'à-* près l'art. i4> le Roi fait les ordonnance^ pour la sûreté de rÉtat. ^<
Mais les libertés du peuple, dira-t-on
étaient menacées par le nainistère , et ce»
libertés sont spécialement sous la surveillance des députés. Les libertés du peuple, hors rinterprétation positive de nos lois*, ' ne sont qu'un mot vide de sens. Le peuple ne reçoit ses libertés que de la Charte ; qui constitue dans les mêmes ftancliises tous les Français. Les libertés du peuple ne sont donc que les libertés publiques; et ces libertés étant un des principes constitutifs de l'Etat, leur sûreté rentre donc, comme celle de l'Etat lui-même, dans les attributions et sous la surveillance exclusive de la royauté.
D'après l'Adresse, au contraire, ce seraient les libertés publiques ou ceux qui s'en disent les interprètes qui devraient tenir la royauté elle-même en surveillance.
Ainsi, l'Adi'esse déclarait que les libertés publiques étaient mises en danger, par le résultat d'une ordonnance, ou parla composition du ministère du 8 août, tandis que d'après l'article i4 et d'après tous les principes de la Charte, une ordonnance seule pourrait les sauver, si elle»
étaient réellement en péril.
Vous deviez, dites-vous, pour le salut du peuple , protester contre le ministère dtt 8 août. De grâce , en quoi ce ministère du 8 août importait -il au peuple plus que tout autre ministère ?
• Dans quoi, en effet, avez-vous osé faire consister tout le danger de la chose publique? Dâns la présence au pouvoir de quelques hommes qui n'ont de contact avec elle, qué par l'exécution des lois ou des ordres du Roi lui-même. Ce double devoir, cependant, chaque Français n'y ^ est-il pas soumis en proportion de son état?
Vous avez refusé votre concours au Roi à Toccasion de ses Ministres. Vous les haïssez , je le veux ; mais ce refus , vous ^ prétendiez le faire au nom du peuple, au nom de vos mandant. Or, votre haine était»
elle dans leur mandat ? Presque*tous vivent loin des hommes du pouvoir; ils ne peu^i vent vouloir les juger que par les clioses^i ' Qu'importe ^n effet un nom, une histoire * ■ et des souvenirs que la plupart ignorent?
- i Et d'ailleurs , le libéralisme n'a-t-il pas établi mainte fois lui-même en principe et dans ses intérêts , qit'on devait professer
une indifférence absolue pour les noins et les personnes? Bien faible serait une constitution qui , aux prises avec quelques ennemis, ne trouverait pas en elle-même les moyens d'en triompher. Or, sans doute, telle n'est pas la Charte, d'après le libéralisme. N a-t-il pas été même jusqu'à dire ^ qu'elle était le fruit de la Révolution , pour exprimer combien il la croyait pleine de vie , de force et de moyens de résistance. :
^ D'après l'Adresse néanmoins cette Cha rte .était dans un péril extrême. Qui pouvait l'y jeter ainsi? Rien; car ce n'était que des noms; des choses, il n'y en avait point encore : il est vrai qu'on pouvait toutes les supposer dans une arrière-pensée supposée ell e-même aux Ministres. Et c'est devant un pareil fantôme qu'a dù échouer levaisseau de l'État! , <.
;.lVon, n<xus ne voulons pas, ont dit les votans de l'Adresse, traiter avec les Ministres du Roi des affaires de notre pays. Cependant , revêtus de la confiance de nos mandataires • nous n'oserions répudier de notre chef l'acte qui nouf he à eux; encore moins pouvons-nous
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annuler celui qui lie les Ministres au Roi.
Cette situation, qui nous trace impérieusement nos devoirs, violons-la cependant, et donnons à notre patrie et au monde le spectacle d'hommes publics livrant les plus grands intérêts de la société aux caprices des passions privées, sous le prétexte menteur de faire disparaître un danger imaginaire et de combattre une pensée vague, incertaine, vue seulement dans l'avenir. Prouvons au peuple français que nous-mêmes , bien plus coupablejs , osons exécuter une autre pensée d'autant plus funeste, qu'elle sera marquée pour ainsi dire dès sa conception , par l'ébranlement du trône, des lois, et du pays tout entier.
Qu'y avait-il au contraire de dangereux dans la pensée qu'on attribuait aux Ministres? C'était une pensée de défiance!
Mais si le proverbe dans les affaires privées a presque fait de la méfiance une^orte de devoir pour les hommes prudens, par un raisonnement analogue , ne pourrait-on pas établir aussi la nécessité d'une certaine défiance en politique. Une pensée de dé-
4put le crime du muustèTe.
^V * Quelque futile que fût cetje aqcuçation^ elle pouvait paifiltreioip^i^iil^j^ |iar la majorité qui rataitvi^ëe'E)li4en- .dait à exciter dans le peuple de funestes 4>réve£itioûs ; elle était donc entre l^||ir nbtxes accusée et la France leur juge, un faux témoignage, une inspiration de la haine , un appel à la Yengeànce.
Mut de la Charte, M i i ii SftiB f é dàilY liiiHBfr
.ticle 4 5 ^ ^itî de garantir à chacjun de nous la liberté individuelle , ce même principe ^ je le demande, ne doit-il pas protéger surtout l'exerciee des Acuités morales , les plus nobles que possède l'homme; et .sctrait-oe au nom de la liberté ^u'il serait permis de les tyranniser par le simpl^ soupçon ?
S'il est défendu d'arrêter ai de .poujc«« suivre personne , hors les cas prévus pigr la loi , en peut-il être un seuh à bien plu»
foçte raison , ou la loi permette de pouj:-< suivre, dTa^rêter une pensée; tant que :pensée otn .1^ suppose ; : c'est*àrdir9 ^nt
qu'elle o^a leçu tien ^d'humain , ni de I« bouche ou de h plume qui en aurait dévoilé rexistence, ni d'un être quelconque qui en aurait pu donner l'indice?
Du reste , ajoutera«t*on , ce qnVn re* proche à l'Adresse avait été justement provoqué parties menaces et les reprocliea eoDteiuas dans le disconn de la couronne.
Mais est-il donc constitutionnel que la sollicitude des Rois de France ne doive plue trouver de langage sans que la rébellion fasse aussi entendre le sien ? Si cependant les paroles de Charles X et celles des signataires de l'Adresse devaient être pesées dnas la même balance , la cause de la ju^ tice ne serait pas un instant douteuse.
Le Roi accusait 9 dans son discours, la maheillance de propager dû -perfidêg in^ mnmtUm», et d^employer de coupahi^ manœuvres. Mais ces accusations étaient HDèellesv positives; elles constituaient des ftits aùlîientiqiies de culpabilité pour le parti qui en était l'auteur. La Chambre ^ective au contraire xi'ailéguait » par l'A- Aresse, qu'one seceasattion tague,, imagf* miret- viadteaidiie : ; m ^fîoatrant nier
la Yérité des plaiûtes du Roi , ces plai|^t(e||^
étaient le glus grand tort^et J)^
fit accusant uoîqàeaàeDt > ^uil cela leur
pensée, cette accusation s etendïjiit^^^si , jusqu'au Mo^ajCqu&jlu^méme. «3^j|J:^Ji^,
présailles du discours royal , ou sous que^ qu autre rapport qu'on veuille l'envisager dans ses^incipes^ cpmDaj& dans^son iaio|î|, on n'y trouve rieUi qui puisse recomman-^ der ses auteurs , pas la moindre trace de
. courage, de gpéj^Û^ ^^^^m^mdliabileté v^^^^a^^pnM^IJâ^^ èl d'équité. v ^ ,Mais d'ailleurs ^^^lles conséqu^pgjs^y
• n'ont pas ijc M suile ; dn^,«^i)l!^ idacieux» preuve manifeste d^ifrér^penée lenvers la Charte, et de mépris pour les lois? Le respect qui leur est dû s'est affaiUi
.d^nstout le rQyaiime 9 aussitôt que l'Adjesse X à été connue.
Est-il question surtout d<^ lois qui cquh cernent la liberté de la ptesse?. Jamna eil<$ n'ont été débordées par la licence autant qu belles Ip sont depuis peu ifi
Quantau maintien de l'ordre, à la sûreté plk.ïfi tra];iquiUité du pays, jamais sous ces rapporte divecs la France n'a été pins compromise que depuis le moment où Tun des pouvoirs de TÉtat a donné lui-même • le scandale du désordre par soa dÎToree ôvee la royauté»
La tempête politique était à f eine un peu calmée par la prorogation , premier acte de la vindicte royale, et par Téloigne»
ment des mandataires factieux, que les .
doctrines libérales ont alors commencé .
leurs calamiteuses aj^licationSé
D*abord quelques monstres , suppôts de l'enfer, et invisibles comme lui , n'imprimant dans leurs courses mystérieuses que ^ des pas d'oà surgissent les flammes, ont ravagé quelque temps rOucst et le Nord de la France ; et ils osent encore menacer d'autres contréésdeleurdévorante invasion.
Il existe donc au milieu de nous des hommes téroçes,qui ne peuvent trouver leur pâture qu'au milieu des incendies i €ipmme le tigre et l'hyène la cherchent dans l'horreur du carnage! Ou bien est-ce qu'ils sont employés à préparer par ces ex-
cès de barbarie l'accomplissement de quelque grand crime politique? Sous prétexte de régénérer l'ordre social, veut -on réduire en cendres le sol français?
' Toutefois , quels sont ceâ agens de tant de.crimes ? je ne le sais. Qu'espèreatils ? je ne le comprends pas davantage ; car si lincendie souvent triomphe de ceux-là même qui veulent .s'en rendre maîtres , encore moins ëpargnera-t-il long-temps ceux qui semblent Tirriter et le provoquer en tout lieu. Que ces hommes tremblent donc à leur tour; leur colonnade feu, suiu tout s'ils s'en font suivre comme d un instrument d'anarchie , les dépassera quelque jour, et finira par les dévorer eux-mêmes.
Soit enfin que ces grands évënemens doivent être attribués à la révolution, ou à une autre cause plus difficile à expliquer* toujours est-il que les signataires de l'Adresse^ en faisant heurter le pouvoir populaire contre le pouvoir royal , ont lait jaillir de ce choc , dans notre ordre pcdiiîque, une étincelle propre à allumer aussi .
des feux mille fois plus dangereux q^e tous les autres : la fureur des factiobs senih
blc même fondre déjà sux notre pays.
à hjofXi c'est à i'ocçasioQ de quelques .comédiens, qu'on vient presque de Toir se ' renouveler les scènes de la terreur. A Ani^rs» deui siguataires de l'Adresse « qui -tenaient dé s6 montre? sur un tout autie .théâtre, oubliant pour quelles causes ils en ayaieot été exclus, .ont voulu rentrer «dans leur patrie sous les enseignes du libé- ' <falisme; ils ont voulu faire succéder à
. jrhnmiliation de leur délaite, l'orgueil .d'un tùomplie populaire* Mais on sait de /pieh acddens funestes auraient été sui- -vies ces prétentions inouïes , si les déposi- Jâi^es de l'autorité royale u'aTaient su
. .courageusement en triompher.
Partout se manifestent des fermons de mécontentement et de trouble , dont la
. 4aoalireillance s'étudie à multiplier les oau« .^s et les témoignages; et, pour nousten ■couvaincre , les lieux publics ne rctentis- ;3eut . que . d'iodécGUtes explosions d'ap-*' ^ ^toudissemeos donnés^ en présence âob • -Princes eux-mêmes, à tout cë qui semble porter quelque, atteinte à l'honneur des jois.et des classes,, életées de la société.
Jamais, non jamais les lois et l'ordre^pu- 'ilic n'onrsiil^ jiliis 4e mépris et de'^9i§f'
iences que depuil te ^fe ée^ YAAteim "Ç Quant au comiherce, jamais également ^îl n'a été ^§96 ui^e plus grande sla||f^tian.
Xes moufettaSoé désfeods puM^^
eu proportion de la force des gouvernemeiis et de la prospérité des EÛiti%v|^jgi^ subi des altératiomT inquiétantes pi^r suite de l'Adresse. D'ailleurs , le libéralisme , enflé de ses nouveaux succès , se vante d'obtenir bientôt son tm^pl^^ et it^^ dit ^Wic^^ m^ tm^ renouvelées, doit encore sYLianler et je
détériorer» - 1 , . • '
Reporteri(iti8^4io^ provinces ! plu^eui» d'e^M éll^^^^^ ne peuvent se maintenir et prospérer que par un commerce sans faveur,* attendaient»
dans la plus grande atixiété^ des lois qui vinssent apporter un remède , et mettre un terme à leurs souffrances.
L'Adresse n'a fait que les- augmenter, en y ajoutant le malaise politique^ qui est le pire de tous les maux. 11 est 4lonc mi que tous les tésUltats-de cet acte ,
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nr peuvent et n'ont pu influer sur la pro«h përité du peuple ni de l'Etat. Mais poussons nos raisonnemens encore plus loin.
'Dans le peuple ou dans l'Etat, comme on le voudra, il est urt parti plus ou tnoins nombreux, qui s'appelle celui des -libéraux. Ses adversaires sont les royalistes. J'appelle royalistes ceux qui yeu- Jent sincèrement le Roi et la Charte , et interprêtent toujours ce pacte fondamental en faveur de son principe, qui -est le lloi , mais sans ôter au peuple > rien de ce qu'elle lui accorde. J'entends par libéraux,' ceux qui paraissent d'abord vouloir la Charte, pour s*en faire un prétexte de rendre nulle Tautorité royale, et qui voudraient ensuite supprimer entièrement cette autorité une fois paralysée, pour substituer à notre état actuel cehii d'une nouvelle révolution.
> Eh bien ! par l'Adresse , ceux qui l'ont votée n'ont pas plus satisfait les libéraux, gens de leur parti, qu'ils ne pouvaient
flaire aux royalistes eux-mêmes. .Quel était en effet l'intérêt le plus cher aux
^ libéraux? C'était d'ourdir en secret leur»
complots sous le couvert de la Charte, et
de leur préparer ainsi une exécution d'autant plus sûre , qu'il n'aurait, été pomble ni de la prévoir , ni de la prévenir.
L'Adresse , au contraire , en frondant directement la Constitution, a fait tomber le masqiie, ^% le libéralisme ^ quoique bien menaçant , n'en est pas moins en présence, aujourd'hui, d'adversaires redoutables et déterminés , qui sauronttromper son attente.- Hais, de plus y ce masque étant une fois tombe , il ne se re^ lèvera jamais. Les libéraux ayant perdu pour mot de ralliement la Charte* qulfee-.
puis Iong*temps n'était que cela pour eux, devront bientôt désespérer de leur cause^.
et de leur empire.
ToOà doiic, en peu de mots, par quel& * éminens services les signataires de l'Adresse ont flatté l'ambition et favorisé les intérêts de leur parti. Que celui««i s'en tienne pour averti dans ces circonstancesimpo|;taQtes, aûn qu'il achève en leur faveur le grand œuvre de sa reconnaissance.
; Quant aux royalistes , les signataires de
]*Adresse n^ont jamais pensé sans doute aroir acquis par cet acte quelque faveur aliprès d'eux. Car ne les désignent-ils pas sans cesse , et surtout dans lénH dfcu- • laires , comme les ennemis des libertés prubliquesP Mais de quoi donc Tous-mêmes' was montrea-Toas les amis? Est-ee de ees libertés? Mais le Roi et la Charte en sont les principes. Quant au Roi, vous sembler prendi^ plaisir à le détacher de ceux qui rafmenft* et de tout ce qlie le peuple français doit désirer et aiitier.
Quant à la Charte , elle vous paraît ai jpeu ap^ à garantir les fibextés publiques , que vous cherchez sans cesse autre part ce que vous appelez les garanties de l'ordre social. £ile fait, tout tepaet sur les choses qu'elle a ëtidilies ; vous les détruisez toutes par vos attaques contre leur principe c<Mntnuii ^-ijui est le Roi.
' Én nous disant donc les enseakis et TOUS, les amis des libertés publiques, par cette double imposture vouis! n'ucheTes de proutet* ^u'àneéhose $''saiN)ir«piec*estT0us seuls
qui les détruisez pièce à pièce ; car , qui est*ce qui nous sépare autant de.vous^
c'est notre amour de Tordis oppofé à yotxe amour de la licence. ' \
Or je vous le demande , peut-il exister de véritables libertés sans ordre, et fùt-il jamais de révolution sansJljLcence. D'après ces conséquences , choisissez entre les principes I vous le. pouvez encore; nuiis,^ çommeyoufidéclaxezles vAtres immuables, et que tous tous faites forts de n'en changer jamais , consentez au-moins à ne pas fasciner les yeux du peuple i et satisfaits de Tos machinations simultanées contre la sûreté du trône et les franchises de la natLoD ^laissez la uatioa etle trOae se prémunir en liberté contre tos menaces et contre tos tentatitres.
Signataires de l'Adresse, puisque tout dépose contre votre amour pnélendu des
libertés publiques ; puisque l'acte inconstitutionnel que TOUS avez TOté prouTC surtout que TOUS ne craignez pas de TÎder les mandats qui vous sont confies en vertu de ces mêmes libertés ; quels titres avez-* TOUS à une juste et htmorable réélection^ mais quels grands intérêts tous ofre ione
cette réélection, pour en poursuivre le succès avec tant d'ardeur?
Serait-ce que , repentans de votre conduite dernière, vous éprouviez le besoin de vous rapprocher du trône , afin de racheter auprès de lui, par une heureuse conversion à l'honneur et à la fidélité, vos fautes passées? Serait-ce ainsi que , renvoyés près du Roi par un mandat nouveau , vous saisiriei cette occasion de vous rattacher à lui par un éternel dévouement?
Certes , si telles étaient vos dispositions, oui , votre réélection devrait être désirée , bénie par tous les cœurs généreux , comme un noble retour de votre part à la raison et au devoir ; comme une occasion de clé»
mence, une source de consolation pour le Roi , enfin comme une certitude de bonheur et un gage de sécurité pour le pays.
Mais non! loin de vouloir revenir sur votre conduite passée j vous promettez d'en renouveler le scandale sur la scène qui en a déjà été le théâtre. Vous comptez donc cette fois triompher sûrement de la royauté ? mais prenez, garde ;
changez les expressions de vos circulaires , où vous trompez indignement, le peuple ; car jusqu'à cette heure tous ne lui avez demandé que d'être renommés députés; or, pour triompher du Roi et supplanter son autorité,, il vous faut être dîctfiteurs.
Puisque c'est à détruire la liberté constitutionnelle du Monarque comme chef de l'Etat, que tous tous destinez, s'il suc-^ combe à vos attaques , reconnaissez aumoins avec nous qu'alors l'État ne saurait se passer de chef; et aTouez franchement ' dès aujourd'hui , que c'est tous qui pré* tendez à le devenir.
Ainsi en résumé, les élections auront ou n'auront pas pour résultat de renouTe- 1er l'Adresse de ^iSoo dans son principe.
Or dans le premier cas, les électeurs et les députés, déjà bien préTcnus par la première dissolution, deTront être d'autant moins étonnés d'une seconde, si elle est prononcée, qu'ils y auront pouf ainsi dire tous consenti d^aTance; les uns en conférant la députation aux signataires de TAdresi»e; et ceux-ci eu l'acceptant*
( laj )
Mais quel intérêt le pays trouverait-il à 86 précipiter ainsi dans une nouvelle . tourmente politique? ne doit-il pas ba« lancer à provoquer à, plaisir des mesures qu'accompn fanent .toujours de grandes secousses? La fermeté de Char^ ' les X est inébranlable : le'Bpi de trente* deux millions de Français a juré qu'il ne céderait jamais ses droits à une majorité . âietieuse de députés , soutenue même par .
une majorité d'électeurs égarés.
Électeurs français ! puisqu'ayant à choi-* sir entre des candidats royalistes constitu- tionnels et les signataires y tous arez ainsi à « opter entre la révolution quiseprésentc et la - Charte qui la repousses que tos votes ne , soient plus un moment douteux. La conduite de votre Roicst certaine, ses inteutions sont immuables , il vousl'a dit* La conduite que tiendront les signataires réélus est également certaine, indubitable, et vous devei^ tous reculer d épouvante devant ces ^ conséquences nouvelles. Me direz^vous que cette assertion ne vous paraît pas assez . rigoureuse, et que peut-être les votans de l'Adresse fie prendront .pas une se-^
. -( ià3 )
conde fois le parti extrême que je leur suppose. Vous conviendrez avec moi tout aurmôins q[ue la chose est douteuse, et |e TOUS dematiderai à mon .tour sî c'est à une incertitude pénible et à «un trop périlleux hasard que vous devez conûer l'existence et l'aTenir de la: Fiance.
GOHGLUSIOir.
Il résulte de rexamen Taisonné de»
doctrines et de la conduite du libéralisme, qu'il, est loin d'agir dans Tintérêt des véritables libertés publiques. Ces liberr tës, seldn lui, se rattàchent à un avenir toujours incertain. Leur déTcloppement doit consister tout entier dans des innovations d'autant plus dangereuses , qu'elles n'offrent dans le présent ou le passé aucune garantie. Or, telle n'est pas la véritable nature des libertés publiques.
Les libertés anglaises elles-mêmes , que Burke a si bien définies, ne sont, en chaque chose 9 que le perfectionnement nafturelet progressif des institutions'transmises par les générations qui ont précédé , et religieusement recueillies par les générations suivantes. «C'est ainsi, ajoute cet » auteur, qu'en canonisant nos ancêtres, » et en agissant comme si nous étions sous » leurs yeux, l'esprit de liberté qui, de • lui-même, tend aux excès et i s'écarter 9 de la règle, est tempéré par une gravité f respectueuse » .
Mais les libéraux diront-ils que notre Constitution , sans les développemens qui la perfectionnent, suffit d'autant moins aux libertés publiques, que sous certains rapports, elle semble porter Tempreinte de l'ancien régime , qui fut pour nos aïeux le temps de l'esclavage Ah ! qu'ils écoutent encore la voix du publiciste anglais.
« Les Français , dit-il , avant leur révolu- » tion, n'étaient serfs ni de cœur ni d'àme; 9 dans leur soumission aveugle, ils étaient » dirigés par un principe d'esprit public , » et c'était leur patrie qu'ils adoraient » dans la personne de leur Roi ».
Ainsi , Louis XVIII^ par la Charte qui * nous régit, n'a voulu donner que des bornes raisonnables à nos libertés. C'est donc méconnaître l'esprit du législateur que de réclamer pour elles des développemens nouveaux , qui ne tendraient qu'à leur propre destruction.
Cependant au nom de ces mêmes libertés , on a cru devoir repousser la Proclamation du Roi, comme un principe déguisé d'absolutisme. Mais il est aussi dans les libertés du peuple ,
( «aô )
que la]" parole royale arrive jusqu*à lui »
sans "être altérée par des inteiprétatioas qui en outragent ou en dénaturent le sens.
Il est encore dans les libertés du peuple de pouvoir se montrer sensible à l'appel que fait un Roi à son patriotisme, .un père à son amour. Pourquoi donc le libéralisme , seul vrai tyran du peuple , âHt-*il comprimé jusqu'aux moindres élans de son cœur?
Sous Louis XIV, et pendant les guerres de la Fronde» une émeute violente eut lieu à Bordeaux , contre }é Parlement :
il allait en vArc victime , lorsque la princesse ClémencQ de Condi, accourue pour le sauver » partit sur le perron àft palais , et s*ëcrie : Qui m* aime me suive* £n-méme-temps tout le peuple la suit, en criant : Five la Ptine^m l et le Parlement est délivré.
De même, dans la lulte qui s'est engagée -entre ie libéralisme et la royauté , ie ministère du 8 août avoit été désigné pour victime : la Chambre élective , par une Adresse hostile , avait appelé sur lui ranimadversim publique* Le Aoi sayajjt
encore que pour corrompre- les éleetîoù9,
on faisait du renversement obligé de ses Ministres le salut de TÉtat.
- Dans cette circonstance urgente, le Aoi, •par aa Prodamatioo » eat <ie8ceii4a pmr :akisi dire , auprès de chacun de ae< sujets, ^e chaque électeur , et leur a dit :
fés éeme$ MinistreSs c'est de moi qu'il e'agitç qui m'aime me suhel L'dan eût «te général ; mais le libéralisme veillait ; il alnterpose , et le peuple français s'étonne il^tiie j^aré de son Roi.
Xe peuple désavoue la Proclamation!
Voilà ce qu*a répondu le libéralisine. Le i-évolutionnaire Pétioii, maire de Paris, dit à rinfortuné Louis XYi , à l'occasion de l'insurrection dn ai juin » que ce bon ftoi avait déplorée : < Le peuple tous a » fait ses représentations; il est tranquille
et satisfait La municipalité a fait tout t ce qu'elle a dû feiié. Elle n'attend pas , » pour remplir ses devoirs, qu'on les lui 9 rappelle ». N'est-ce pas là ^ je' le de^mande, là réponse <pié les journauie IIM- Taux , faux organes de la nation qui les
désaroue» ont prétendu ^ré de sa part à
la Proclamation du Roi?
Mais n'importe l'effet qu'elle devait produire ; Charles X saura vaincre les obstacles et réaliser ses promesses et nos espérances. Fort de son bon droit et de nos institutions , le Roi de France est invincible* Mais qu'il le sache ^ fort aussi de Tamour de son peuple , . cet amour appuiera ses actes comme il a recueilli ses paroles. C'est ainsi qu'on reconnaîtra l'effet de la Proclamation sur des millions de • cœurs 9 quoi* qu'en disent quelques cen-^ talncs de votes.
Témoin ce député généreux qui se range pour jamais sous la bannière de la ûdélité : candidat libéral » à la voix de sool Roi il redcTient citoyen royaliste ; signataire de l'Adresse, il répudie un pareil ti« tre 9 et désavoue avec horreur les devoirs' nouveaux qu'il lui imposait , parce qu'Q a compris que le premier de tous était de satisfaire un Roi , de consoler un père !
Honneur 1 mille fois honneur à celui ^ a'donnë l'exemple d'un retour si glorieux!
La France peut dire encore qu'elle compte' un Français de plus.
Mais cette France*, cette patrie affligée, offensée dans la persanne de soniloi, électeurs ^ui le pouy'ez encore,- ne Teiigeit3&« TOUS pas sa gloire, ne consoleres-TOUs pas sa douleur? Victime d'un ennemi trop habile , elle voit sa force se changer .en faiblesse ^ ses lois se tourner comre ^lle; obligée mêiîne d'appeler de toute part, pour. la représenter, pour la d^éfendre, ceux qui semblent intéressés à la peréré.
Son ennemi puissant triomplfera-t-il aussi de»TOiis? • - .
Vous êtes instruits par ses dernières conquêtes , vous êtes .éclairés sur le but qu'a se propose : n'en est-ce pas assez pour vous prémunir contre sçs séductions ou TOUS armer contre s^ Tiolences,
N'oubliez pas que naguère encore tous ^^yj^^Ç^^ °^ demandaieat que leur Roi îégîtîmc. Il est venu à vous ce fioij mais il s'est fait généreusement précéder par la Charte que TOUS n'attendiez pas. Eh bien !
cette Charte, palladium de vos libertés, 9» l'iûvoque aujourd'hui contre le Roi
luiHn4ai6« H Ta jurée, il Tobsem fidèlement: cependant, Roi légitime, Roi con- $UtutioDnel , il trouve encore des ennemis»
ou plutôt des ingrat»^
Pour vous, Français , électeurs , souvene^vous du double bienfait de la Providence; que leRoi et 1^ Gharieinvariableineiit unis vousle rappellent sans cesse. Par TOtve iœprudence, ne favorisez pas le retour d'une révolution qui renouveli^aitvosmalheurs*
Or» affaiblir la prérogatire royale, r^tta* quer en face, c*est travailler, peut-être sans le prévoir, à nous replacer sous le despotisme de 1795. «Si le trône est renversé , si vous prêtez la main à ce renversement , non -seulement la Charte et vos libertés seront détruites» mais élever enmême-temps des, autels â la révolution»
car vous serez les premiers qu'elle y sacrifiera. Hâte^vous de la repousser : votez donc » f otes avec cùnfiance » et song^ qùe do votre vote dépendent VOS plus chers intérêts &t l'honneur du nom français.
, Serait-ce en France seulement que cet hoiineur eerait conipioiEXiîs ? Sef aitH^e iku ^ein de la patrie que ses ennemis pairvien*-
(Iraient à le ternir, à 1 étouffer, tandis qu'audelà des noierâ et au prix de tant de dangers» nos légions augmentent rbérjtRg^d^^oire que nous ont légué nos ancêtres pour le léguer à nos descendans. Frauçaistéiecteur^f en ^UYOjant vos ^gldats combattre sur des rivages^trangers , votre Roi leur atconfié une bien grande tâche. S'en acquittent-ils ^dignement ?Ceux-44 môaçqui pfir intérêt semblaient en douter, partagent aujourd'hui l'enthousiasme public, et préparent des palmes à nos guerriers ; leur général même, membre du. ministère xlu 8 août^ n'en est pas moins un héros aux yeux du libéralisme, qui veut aussi, en déplorant la blessure du ûls,. partager arec toute la France la douleur du père. •
Mais en retour, ëlccleurs, nos braves que vous adznire^f qui.)usUiieot la con^ iiance du pays, en le quittant ce pays»
vous ont confié une autre tâche plus importante encore. Ils ne peuvent par leurs FOtes donner à la France de bons députés , puisqu'eux^^mêmes, sur une terre infldèlef .
Tersent leur sang pour Dieu et le Hoir • c'est donc à vous, seuls qu'ils ont Uimi
le devoir d'assurér par de bons choix nos destinées futures. Ici l'honneur est solidaire-! Prouvez donc que tous ayéz aussi»
dans l'intérêt commun de la patrie, rempli votre mission. Ils rapprendront avec enthousiasmes ils sauront que vos. votes »
quoique peu nombreux au milieu' de tant d'autres , ont tous été pour la royauté ; et, dans leur reconnaissance » dans leur admi<% latiion , ils tous assimileront aux braves ^i, parmi leurs frères d'armes, auront sur- , tout mérité les lauriers de la victoire.
Vive le Roi!..... Le canon d'allégresse se fait entendre Lie Croissant à fui devant le drapeau sans tache*. Alger a ouvert Kes portes....
Français! Electeurs! quelles douces émotions doit faire éprouver à vos coeurs le son de rairain qui annonce la victoire ! • "
Honneur au Roi qui a voulu cette guerre si glorieuse pour la Religion et pour la Patrie ! honneur au digne chel de tant de héros, au fidèle dé-
( >53 ) • positaire de la puissance et des inspirations de soa Roi!... Honneur aux
héros eux-mêmes qui ont si vaîllamment secondé sa bravoure et justifié
la confiance de leur Roi!
Français , Electeurs , ce tribut d'hommage n'est -il pas celui que vous avez déjà payé aux défenseurs de la croix ^ .uix vengeurs de notre pavillon, aux libérateurs des mers!
Que nous serions heureux ^ .que vous le seriez avec nous , quellCf rêcomj)ense pour nos frères d outremer^ s'ils pouvaient aussi faire retentir sur le théâtre de leurs triomphes, ce cri de la reconnaissance : Honneur aux Électeurs , dont le vote courageux a fait remporter à la royauté, sur le sol même de la patrie, une victoire qui attestera que les trophées d'Afrique ne sont pas destinés à disparaître un jour sous les ruines de la France !
MUMLâKATIOJI BU HOI.
CHARLES , PAR LA cftACE DB Dutu , Roi dk
FbAHCE et de I^ATÀBABy
A touà ceux qui ces préseatet» verront , salut.
La dernière Chambre de,« députés a méconnu mes intentions. J'avais droit de compter sur son concours pour faire le bien que je lyéditais; elle me Ta refusé! Comme père de mon peuple^ mon coftur t^ta est afflige ; eiMBOie Roi , j'cit a! été offensé, yti prononcé • la dissolution do cette ChâmBre.
Françaisl. vofre prospérité fait ma gloire ; TOtre bonheur est le mien. An moment où les collèges électoraux vont s'ouvrir sur tous les points de mon rovaume, vous t routeroz la voix de votre Roi.
Maintenir la Charte constitutionnelle et les institutions qu'elle a fondées 9 a été et sera toujours le but de mes efforts.
Biais pour atteindre ce but^ je dois exercer brement et faire respecta les droits sacrés qui sont l'apanage de ma oouroone. .
C'est en eux qu'est la garantie da repos public et de Tos libertés. La natore du gouvernement serait altérée» si de cowpiables atteintes albiblissalent mes prérogatives » et Je trahirais mes «ser^ mens ?î je le souffrais.
A rnhri de ce gonvcrnement , la France est devenue florissante et libre. Elle lui doit ses franchises, son crédit et son industrie. La France n'a rien à envier aux autres États » et ne peut aspirer
qu'à la cofuervation des ayantages dont elle fouit Rassurez-rous donc -sur tos droits, le les confonds avec les miens , et les protégerai ayeC une égale sollicitude.
Ne vous hiîssez pas égnrer par le langage insidieux des ennemis de votre repos. Repoussez, d'indignes soupçons et de lausses craintes, qui ébranleraient ia conflance publique et pourraient exciter de graves désordres. Les desseins de ceux qui propagent CCS crainles échouaroot, quels qu'ils soient, devant mon immuable résolution. Votne sécurité , vos intérêts ne seront pas plus compromis que Yôs libertés : je TCille sur les uns cornai surlesau^s. . >
Électeurs, hâte»- vous de vous rendre dans vos collège?-. Qu'une négligence repréhensible r.e les prive pas de votre présence ! Qu'un mémo sentiment vous anime, qu'un même drapeau vous rallie! ' . ^ ,
C'est votre Roi qui vous le demande; c'est un père qui vous appellel * . v .
Remplis&ex fos deroirs; |f saurai remplir les miens. ,
Donné en notre cbâleau des Tuileries, le treizième jour du mois de juin de l'an de graoe mil huit cent trente , et de notre règne le sixième.^
GflARXiES. ,
Par le Roi :
Le Président du Conseil des Ministres,