‹ Appel au ralliement, des socialistesChapitre 1 sur 3 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

BURBAUXiDE LA. DÉMOCRATIE PACIFIQUE,

aUB DE BEAUNK, 2,

An

BALLIEIÊNT DES SOCIAÙSTES.

LETTREE ^'«^^^ ,,'• ,^

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de tt. B£T, de Grenoble,

COHMtNISTE, ANClËIf COKSSILLER A XJL COUB ROTAtt,

AUX RËDACTEUBS DE U DÈJ^OCAATIÊ PACIFIQUE.

La génération «etfteUe assiste à nn grand spectacle bumanifaire,

. que les esprits superfidels sont loin d'apercevoir, et que peu d^iiofl^

; mes sont dans le cas d*apprécier à sa juste vaienr, mats qui n'en mit

' pas moins ses magnifiques développements. Tarais que, dans presque

.^ toHtes les parties du monde, les cliefs des peuples, avengléorent atta-

, diés aux Tie«x errements (PiHie prétendue science gonvemementaie

' dont les ressorts se brisent à cliaque Instant dans ledrs mains, ne sa^

vent produire que le désordre parmi les goufernée, et que les pius

cmeU soDds pour enx^mêmee, an travail préparatoire de régénération

sociale, incessant et profond, a lieu dans les coucbes les plus puis*

sautes de la société. Ce n'est plus, comme à d'autres époques, par*

mi les bonnes de loisir seulement, que sont examinés tes proMèmes

les plus importants de notr« destinée ; celte étude est deicendue ou

plutôt remontée jusqiM dans le» claeees q«e le travafl manuel senr-

blait avoir déshéritées pour toujours du pouroir de penser à autre chose qu'aux conditions étroites de leurs besoins individuels. De tous côtés on se demande si notre société, telle qu^elie a été élaborée par une suite de siècles barbares, mais si puissamment ébranlée par cinquante ans de secousses de tout genre, peut rester longtemps encore dansrétatd'instabilitéet de décomposition où elle se trouve en ce moment, avec son cortège hideux de corruption ou de violence brutale, et d'une souffrance quelquefois égale dans tous les rangs qui la composent. ^

On a déjà remarqué avec raison que cet état des choses et du moutement moral a de l'analogie avec celui qui précéda l'avènement du christianisme, alors que la société antique était minée aussi de toutes parts, ses conditions ayant également cessé <ie répondre aux besoins les plus sentis de l'humanité, Mais, ce qui distingue le mouvement actuel de celui qui s'opérait à cette éppque, et ce qui le présente sous une face plus grandiose encore, en même temps qu'il sera plus définitivement salutaire, c'est qu'il s'étend à la fois sur une surface bien plus vaste, que son action est bien plus rapide par nos procédés de communication de la pensée, qui sont immenses en comparaison de ceux de l'antiquité, et que l'évolution qu'il prépare sera secondée par d'autres progrès d'art et de science, dont on ne pouvait môme alors supposer la possibilité, et qui, centuplant les moyens de satisfaire à tous nos besoins, rendront infiniment plus facile la solution du premier de tous les problèmes sociaux, celui d'une juste distribution de la somme totale de ces forces. Le christianisme avait proclamé le principe de cette solution, mais l'humanité n'avait pas encore trouvé les moyens d'en pratiquer la réalisation.

Cependant, malgré d'aussi favorables circonstances, le succès pour* rait être gravement compromis, ou malheureiisément retardé, si, par un reste des infirmités morales que nous a léguées le passé, et dont peu de nous savent se dépouiller .entièrement, on voyait persister, dans la recherche de «es moyens, l'esprit d'hostilité qui, jusqu'à présent, a présidé à presque toutes les discussions humaines. Ainsi dis« paraîtrait tout espoir d'accord, si essentiel surtout parmi ceux quj

tendent au même but de rbarmonie universelle, tandis que leurs ad* Tersaires commuas, à Taspect d'âpres discussions sur de amples dissidences dans les vues d'application, ne pourraient être conduits à penser qu'aucune de ces vues puisse avoir réellement le caractère harmonique. Il importerait donc beaucoup de pouvoir ramener au moins à une bonneintelligence tous ceux qui, voulant avec la même sincérité la juste distribution des avantages sociaux, dififèrent seule, ment dans le choix des procédés pratiques pour obtenir ces résultats; et c'est dans cette intention que Je viens présenter quelques observations aux socialiste de toutes les nuances.

Une première réflexion me frappe : c'est que lorsqu'on s'entend bien dans le désir d'arriver à un but déterminé, il n'est pas indispensable, pour concourir à Faction commune, d'adhérer à toutes les idées particulières de ceux qui veulent la même fin. Si cela était indispensable, il serait impossibie de jamais réussir dans toute entreprise un peu difficile, puisqu'il est impossible, surtout de prime abord, qu'un nombre considérable d'individus ait absolument les mêmes pensées d'exécution. Quedis-je? Il n*est pas un seul homme, peut-être, qui, dans le cours d'une œuvre un peu compliquée, ne modifie lui-même plusieurs de ses premiers aperçus. Il devrait donc cesser entièrement, d'agir lorsqu'il hésiterait sur la moindre partie de ses opérations. Ce n'est pas ainsi qu'opère l'entrepreneur intelligent. Il ajourne au besoin sa décision, sur le point qui l'embarrasse, mais il. marche en avant pour tout ce qui ne lui offre aucun doute. Souvent même, pour ce qui fait l'objet de ses variantes dans les plans, il fait quelques es* sais partiels, ou des modèles de divers genres, même dans le sens d'idées qui ne sont pas les siennes, afin de choisir en toute connaissance de cause. Eh bien ! qu'une conduite aussi sage soit imitée par tous ceux qui veulent concourir à l'œuvre sacrée du salut humain !

Puisque nous avons tous la même volonté, faisons d'abord nos efforts pour nous délivrer de toute disposition irritante contre ce qui n'est pas dans nos propres idées ; sachons surtout nous tolérer mutuellement, et ajourner an besoin nos dissidences, pour agir de con* cert sur tous les points où nous sommes d*accord. Qui skit d'ailleurs

9?, dans eette actkn» cottttitfre d'uft Ikhi concours, on ne vem pn s^adoncirou mémedtspdrafirepiusietirs â6eesdis«iâeficos, el 9'Àrah nouir beaucoup de mafefttendus qu'entretenait surtout racrfino^e des diseussions ? CesC ainsi que le sentiment général do la bteB¥eïl)an«« universelle, qui doit faire la base de fa eité nouvone^ pénétrant d*a^ Tftuee le cœur do tous ceux qui en reeherebent les HKitériauic, retira bien plus faciles les travaux qui doivent aboutir â son entière cons* trucfion.

Après ces observations etitièrement générale», qui s'adressent k tous ceux qui, même sans en avoir médité ies conditions, désirent voir s'établir enfin sur la terre le règne de la l^stîee, d'après la parole en Christ, que trop de personnes répètent chaque jour sans en partager le vrai sentiment, voyons si Ton ne peut en adresser de plus spéciales aiux diverses classes de socialistes j|»fOjrr#m#ii^élif#, c''est à diredes hommes qui ont plus ou moins étudié le problème de la trans* formation du monde actud, non-seulement dans le rouage politique, mais encore dans les autres éléments les plus intimes de Fagglomèration humaine. H sera facile de leur faire voîr^ et qu'ils s'entendent réellement sur plusieurs points prinelpaui, et qu'il y a beaucoup de méprises sur la plupart des objet» de leurs ci^troverses.

Je crois d'abord pouvoir ranger tous les socialistes en deix grandes classes, dont le caractère distinctIC consiste dans le plus ou moins de prépondérance qu'ils pensent devoir être donnée à FactioA gouvernementale préérablie, comme moyen d'opérer ïa transtormatieqn dont ]« viens de parler ; et )e dois dire tout de suite qu*ii s'est déjà fait un rapprochement assez remarquable entre ces deux classes, si Ton considère leur point de départ respectif. Au début de la polémique soulevée surtout par l'apparition de l'Ecole de Fourler, ses adeptes les plus enthousiastes, n'ajant point enoere assez Texpérience du monde politique, avaient adopté avee tro^ peu de réserve ce que je crois une des grandes erreurs de cet homme extraordinaire en toat, savoir : qàt la forme politique est emtiirtmeui indifférente k la question de réforme des éléments sociaux^ et (fue les critiques adressées aux afents de Tautorilé ne servaient même qu'à les éioigner de cette tâche

qu'Os mtnprênOraiÊmi i^mtsmÊmesMM IftsatlUquesauxquellesiit

smi en Imtte. D'vm autre cété, U ptaptrt 4oi démoerate frasçiis,

iiiliqaMiieiilocovpés jasqu'âlors à conèAttro tes «boa du goiii>erB6«

■lant <t à $'^oroer d'en lestàfiar le méoaoisse^ sjtrpria aaas doote pae

ta flouteanté de pinateara daa qim4ioo$ pcéaeBlé«a iMpliiéimt poar

eai, et détownéa de lear eiaorni^ il finit Ucftiedlrft, par l*abseaceda

toute Bétfaode et par la fMrmesiiigfilièrei biiam mène qaeiqtiefois,

du langage de oelai qui aaseaçait «hardimnt avoir rés^ toutes

les questions sans réplique, restèrent attadiéa à leur ancien r6io,

soutenant qu'on ne pouvait rim^ faire atëoèmimU pour anéliorer

les eonditiotts actuelles de la «oeiété, H l'on n'amrii ampwrmoaai

€kan0é cellesderactiott ^oufemementala, sT qm'U serait iêmp$ nlort

d'examiner oe qui serait le plus coaloraie au bien général. Heureuse»

ment, Je l'ai annoncé â'wranee, un rapproelieiiMit a d^^ en lieu encre

les partisans de ces deux opinions eatntees. Les preaiters, depuis

qu*ils ont dû entrer dans le nMWveaKnt politique par la fbndatiott

d'un journal Quotidien, ont bien vu que la forme des gouvemenients

n*est pas aussi iadl06rento au progrès soeial qii^ls ravalent d'abord

pensé, puisque tes agents du pouvoir public peuvent si puissaaiment

l'eatraTer ou le seeonder, et que, Mo d'avoir été empéefaés d'y tra*

tailler e«n4néBKS par les attaiiues des opposants ceniae ^eùt été,

dit-on, leur teadanee naturelle, on n'avait Jamais pu rien obtenir d«

eés agents, sans les réclamatiOM les plus iaoesaantes, et soutent naiémo

sans êire obligé de recourir aui moyens violents.

<}uant II eeux qui s'étalent Jusque-là rsnfermés dans l'opinion tout à fait opposée, beaucoup oat reconnu qu'elle était également éloi* gnée de l'état réel des cbosos ; que certains progrès s'accomplissent sou» l'empire dMastItutions politique bien différentes, et qu'il est tel gouvernement absolu sous lequel, par la force des événements, une partie des éléments soefaix est bien moins viciée que sous des go«« vemements plos avancés dans la Dorme politique. Hs ont également re^ connu qu^il ne ufrait^^ tampê de semettreà Pétode des conditions de ta réforme sedale après le renversement du pouvoir qui s'y oppo* sut, surtout s'il ^étsMissalt alors une Mteviolonto, latte peu pro*

preà l'élaboration soutenues des idées réorganisatrices, et qui, mettant en jeu toutes les passions liostiles, ne peut leur imprimer le C9t^ racière pacifique et bienreillant qu'elles devraient toujours avoir. Ils ont enfin réfléchi que, si la Révolution française, malgré les difficultés de son enfantement, n't pas été complètement stérile, comme tant d'autres tentatives d'émancipation populaire, c'est qu'une partie des idées réorganisatrices qui s'y rapportaient avaient été mûries dans la tête des hommes d'élite durant tout le cours du dix-huitième siècle. Il n'est pas difficile de conclure en outre que si les résultats de ce mouvement sublime n'ont pas conduit à l'àméliorition véritable du sort des misses, et que si nous avons même subi de si funestes réactions sous le rapport simplement politique ou administratif, c'est que les questions les plus fondamentales de l'ordre social, c'est à dire celles qui concernent les moyens d'assurer, à tous les membres de la famille humaine, une juste part dans la répartition des fruits de la pro. duction totale, «'avaient pas eiies-méme été suffisamment étudiées d'avance.

On le voit, déjà les intervalles extrêmes ont été franohis de chaque côté, dans les deux premières dasses de socialistes que j'ai mis en présence. La seule différence importante qui les distingue encore, c'est que, parmi ceux des démocrates qu'on peut appeler principalewuHi poliîiquei^ et qui admettent néanmoins la nécessité d'étudier dès ce moment les questions relatives aux bases d'une réorganisation, il en est qui pensent que, sans changer radicalement notre société quant aux rapports entre les travailleurs et les capitalistes, ainsi qu'entre les divers genres de travailleurs, un gouvernement bien intentionné rétablirait à cet égard l'équilibre par certaines institutions générales, telles qu*une plus grande latitude aux moyens d'éducation pour tous, l'établissement de grands ateliers de travaux pour ceux qui n'en trouverhient pas ailleurs, de maisons de refuge pour les individus qui ne pourraient assurer leur existence par le travail, d'assurances mutuelles nationales pour toutes les pertes de force ms^uré, etc., etc. ; tandis que les disciples de Fourier, ainsi que les partisans du communisme, dont j'indiquerai bientôt plus amplement les caractères res*

pectifs, tout en acceptant ces moyens comme une œuvre excellente de transitions, pensent qu'ils ne suffiraient pas» et qu'il faut absolument, sauf les conditions de prudence, arriver définitirement à un ensem* ble d'organisation qui rende plus facilement harmonique le jeu de toutes les forces humaines.

Cette dernière classe, que j'appellerai des socialistes eompUU , puisqu'ils veulent une refonte générale de la société, sous le rapporde la production et de la répartition des produits du travail, se subdivise à son tour, comme Je viens de l'annoncer, en deux fractions prin* eipale, savoir les fauriérUtu (I) et les eommu»i$t0i.

Les premiers, on le sait, quoique adoptant un établissement unitaire, où seraient concentrés tous les actes de la vie domestique, agrl* cole, manufacturière, ainsi que l'exercice des beaux-arts et de la science, excluent la eornn^unoMié des biens et VégaUié de partage.

(1) Je sais que Fourler a manifesté le désir qu'on ne donn&t pas son nom II TEcole qui suivrait ses idées, peut-être pour ne pas avoir l'apparence d^une secte personnelle; et c^est ce qui a conduit ses disciples k prendre le nom de Phalamtérisns, c'est-à-dire de partisans de la doctrine qui tend k établir que, dans certaines limites de nombre, rassoctation humaine doit réunir ses forces productrices dans un même établissement. Mais qui ne voit, au premier coup d'oail, que cette dénomination peut également convenir à iout9s tu communautés, quoique d'une manière plus ou moins parfaite ? Les frères MoravsSy par exemple, qui admettent la famille entière et tous les actes de la vie, sont bien certainement des phalanstériens. Les couvents même, quoique plus imparfaitement, puisqu'ils n'admettent qu'un seul* sexe, peuvent encore être compris sous ce titre, ainsi que les hôpitaux, et jusqu^aux casernes. On ne peut donc, ce pic semble, donner que le nom de son auteur aux sectateurs de la doctrine dont il s'agit, dont les caractères sont d^ailleurs trop multiples pour être désignés par un seul mot; ^e même qu'on a appelé ekrétiêns les sectateurs de la doctrine du Christ. J'avertis encore ici que je ne me servirai pas des mots la seienes soeiah, pour désigner sxelusivsmsnt les principes de cette école, quoique je pense moi-même, sauf un point dont je parlerai plus tard, que Fourier seul a coordonné d'une manière supérieure Tensemble de ces principes; mais toutes les écoles

Ij/t saMré^ il esl fiai, tel (fu'U se eonUittie mataloRftBt d'aoe maliièrB si fasesie pour les ttavailiftttrs, êStlNLoai delà camm&ne» etehactt& de Ms mambres est asêêeii potr tous les actes de sa participation à l'oravre totale; oej^oduit tes inroâttits ne eoal pa# éffaUm$nt répattiSy mais dans la proportion du travail manuel, du iaUnt et du e«pt* loi; et la propriété de rétablU&ement restê^seul^ inéwùey tandis que le dwidendt^^ &aumis aux coaditions d'inégalité qui résultent de la

croient également posséder la Traie soieace, el il faut éritff ce qui peat blesser le sentiment de ceux, qui ne pensent pas comme nous. D'ailleurs, qui peut, avant rexpérience définitive, affirmer d'une manière absolue que ce n'est pas nous qui sommes dans Terreur à cet ég^ard ? {Note de l'auteur*)

—Nous dematadene pardon à notre honorable correspondant d^étre obligés de le contredire sur un point auquel il a attaché ?ssez d'importance pour croire nécessaire d'y consacrer une note. Mais les raisonsqu'il donne pour apptii^uer aux diâeiples de Foarisr le nom de ftiuriéristea, que eeux-ei repoussent et que Fouri^r refusait pour eux, ne sont AuUement fondées en raison, au contraire. Le nom de phcUanatérisM, dit M. Rey, signi&e partisans de la doctrine qui tend à établir que, dans certaines limites de nombre, l'asso^ dation humaine doit réunir les forces productives dans un même établis-^ semeut : il en conclut que cette déiMminalion peut eeave&ir k toutes les communautés) même aux couvents, aux hôpitaux, aux établissements de frères Moraves, etc. Lk est Terreur, et Terreur palpable. On peut bien faire certains rapprochements tsès vag,aes et purement généraux entre ces établissements etUAphatanstère. Mais ce qui détermine l'idée dupbalanstèffe ce n'est pas l'idée vague de la réunion d'une populatioadafisun établissemeot unitaire. Tant que Four ter n'a eu que cette idée, il ne se croyait Bullement, et il avait raisoa, eu possession d'une doctrine et surtout d'une science so- <^ala. 11 a même partagé quelque temps le préjugé en vertu duquel on croit im|Mw«t&26 l'application d'un régime unitaire b une populatien civile. Ce qui détermine formellement le phaianÊtèrê, c'est donc ie Sfstème au moyen duquel Tagsociatleu peut être conçue à l'éiat d'orffmnimtien, el non 4'idée TSgue de rétmkm, pas nême i£îdiée btaueattp pto déterminée d^ d'cjio)âiationm Aassi n'est-il pas possible de se trovper (h moins d'vne igporaneei eaa^lète des dodrinesisoçialea)» sur ladénonânatitti de phalamsténen : eUe

bttB6 ^ttfije vkns d'kidiq|u«r^ est remis à ckacitie associé, qui ^u dispoH comme h>n lui sembUy ce qui assimile, sou3 ces rapports, de semblables asaociations aux sociétés par acUot^^ admises déjà si généralement daos Tordre actuel des choses.

Pour faire voir néanmoins que les éléments de ces deux systàmes ne sont pas aussi inconciliables qu*on le suppose, il faut d'abord faire observer que, dajis celui des fouriéristes, le noms slétribué des

est lout aussi déterminative et qualificative que celle de fouriériste, et de plus beaucoup plus juste, comme nous l'allons voir.

Mais disons d'abord à M. Rey que les idées communistes étant beaucoup moins déterminées que la Théorie phalanstérlenne, il pourrait beaucoup plutôt (quoique toujours faussement à notre sens) applt()iier son raisonnement k la dénomination de communisme. S'il vent que l'on dise les fouriérisUB au lieu de les phalanstériêns, il faudra, à fortiori^ qu'il dise qpb f lis io communistes^ mais bien les owennistes, les cahétistes» le$ prmfihonrUstes les weitlingistes^ les... les... les... On n'en finirait pas.

Et maintenant pourquoi la désignation de fouriérisUs est-elle fausse quoique celle de chrétiens à laquelle M. Rey la compare soit parfaitement juste? Elle est fausse précisément parce que celle de chrétiens est jurte. Les disciples du Christ étaient avant tout les sectateurs du Christ, les adorateurs du Christ. La personne du Christ était ('objet capital dans le christianisme : le Christ était l'autorité, la loi, la vérité ; il était Diou ; la parole sortie de sa bouche était vraie parce qu'elle était sortie Je sa bouche in£iilUbi«.

Eu est-il de même ici? Pas le moins du monde. Ici la persom*e de Fourier n^est rien, absolument rien dans la doctrine. Fourit r n'est ni Dieu, ni prophète; ses disciples professent qu'il n'était pas infaillibler qu'il a pu se tromper souvent, qu'il s'est même trompé quelquefois : lui-même était de cet avis, et il a souvent corrigé des erreurs qu'il avait commises. Pourquoi serions*nous donc obligés de porter un nom dont nous ne vouloas pas, que Fourier repoussait, et qui nous inféoderait à une personne, tandis que nous B'entendons Tétre qu^ la Vérité ?— La première condition de ralUemeiU consiste, ce iioos semble, k ne pas se taquiner inutilement, et si M. Rey, avec nison, ne veut pas que les écoles diverses f^'imposunt des idées à fortiori % doit4i renoncer à vgaloir qa'elies puissest impo$»r des noms.

(Noté desMUm^V^n 4$ ïm J>émoçrati^)

membres de la commune a l'assurance d'un minimum, qui comprend tous les besoins essentiels de la manière la plus satisfaisante, avec tous les secours possibles eu cas de maladie ou d'infirmité, et, de plus, les bienfaits d*une éducation complète pour ses enfants, ainsi que la jouissance de tous les moyens de développement en fait de science et d'art. En second lieu, d'après la Théorie de Fourier sur les affections humaines, on verrait disparaître tous les inconvénients de rinégalité des richesses, qui contribuerait au contraire, selon lui, à augmenter la somme générale du bonheur commun. Or, ce qui fait surtout désirer aux communistes Tégalilé de Jouissance et la non disponibilité des produits par les individus, étant la crainte des abus de cette faculté de disposer, ainsi que Tétatde dénuement du plus grand nombre, qui est jusqu'à présent résulté de Tinégalité, on voit qu'ils peuvent être déjà bien satisfaits d'un système qui assurerait au moindre manouvrier la jouissance de tant de biens, avec cette entière sécurité, qui manque aujourd'hui aux plus favorisés delà fortune ou de la puissance.

D'un auire côté, le communisme n'est pas tel qu'il est généralement représenté par ses adversaires, ou par quelques-uns de ses sectateurs quil'ont mal compris II est entièrement faux, d'abord, qu'il tende à la promiscuité des sexes, ni à l'abolition de la famille; car dans tous ses plans pratiques moderne.* tout'est calculé au contraire pour amener la plus grande pureté de mœurs et l'inviolabilité des affections domestiques. Il n'est point non plus de son essence que tout doive y ètfie soumis à l'absurde niveau d'une égalité absolue ; en sorte que le nain aurait un vêtement de même grandeur que le géant, et que la portion des aliments serait la même pour tous, sans distinction des appétits ou de la capacité de l'estomac. L'égalité des communistes rationnels est proportionnelle aux besoins de chacun^ c'est-à-dire que tous, apportant à la masse l'ensemble de leurs facultés, soient également satisfaits dans leurs besoins, mais en tenant compte nécessairement des différences que la nature a créées à cet égard. Rien ne s'oppose non plus, dans le principe communiste, sagement entendu, à ce qu'il y ait uiîe latitude suffisante pour la variété des goûts^ et pour

la satisfaction du besoin de retraite intime, d'isolement absolu même en certains cas, ainsi que pour la faculté de visites extérieures, et même de voyages lointains ; ce qui fait disparaître l'objection ordi naire d'une séquestration absolue, d'une gêne continuelle et d'une effrayante uniformité dans toutes les relations de la vie. Enfin, c'est par erreur qu'une fraction des cottimunistes françaii croit devoir recourir à la loi d0 contrainte pour le travail. Ce n'est point ainsi que l'entend le grand communiste anglais Robert Owen, qui a toujours professé la plus grande confiance dans le pouvoir attractif du travail, dès/iu'il serait dépouillé des dispositions vicieuses qui l'accompagnent aujourd'hui généralement; lorsque cbacun travaillerait d'après sa vocation, lorsque chacun serait assuré de jouir pleinement du fruit de ses efforts, lorsque le travail serait varié et ne serait jamais excessif; en sorte que, loia d'avoir besoin de le forcer au travail, la plus grande punition de tout homme valide serait, au contraire» d'être privé de la participation au travail commun (4). Si Robert Owen est resté inférieur k Fourier pour la théorie du travail attrayant^ ce n'est paSf on le voit, parce qu'il en aurait méconnu le principe, mais parce qu'il était«réservé à ce dernier de trouver la féconde loi de ce qu'il appelle abréviativement la série, qui consiste dans la classification graduée et i'engrennement de tous les genres de travaux, ainsi que des aptitudes industrielles et des caractères des travailleurs, de manière à faire produire à l'action combinée de tous le plus haut degré d'utilité et d'agrément.

Ce qui prouve encore qu'en peut être communiste et ne point repousser plusieurs des conceptions de Fourier, c'est qu'Owen admet comme lui que toutes nos tendaneeê nativei iont bonnes^ et qu'elles

(i) On peut consulter, sur les vues d'Owen à ce sujet, un spécimen des statuts d'une communauté coopérative diaprés son système, dans un p«tit livre que je publiai en 1826, k mon retour d'Angleterre, à la fin de mon exil politique, OH dans le second volume de mon ouvrage sur les Bases de l'oré^e soeialt qui contient le sommaire des idées fondamentales du communisme» toujours d'après. la même pensée.

fit 4wi9mtmU tieimMi qm$ par l§ vice dm mêHmt social, Of lAion qui fait la base de toute \n théorie éa premier sur ihms pMsioiis, théorie «[u'ao funeste malentendu a |ni seul faire appeler immorale, comme tendant à laisser sans frein tons nos manvi^ penchants; tandis que, bien considérée, cette manière de foir peut seule, au contraire, conduire à diriger nos acllchs de la manière la flus véri- TMLBMENT MORALE, «n faisant Connaître leurs Trais mobiles, en empêchant d'en fausser violemment l'essor, ce qui les rend alors sub- Torsiyes ; de même <][u'un faux système d'endiguen^nt du ruissea» le plus tranquille, et dont Teau est la plus fertilisante, pent le changer en torrent dévastateur. Enfin, Robert Owen pense encore , comme Fonrier, que Vintégralité des hranehes de nnàvutriê humait^ y ayant toutes pour pivot V agriculture ^ doit être exercée dans le même établisseaient; en combinant les travaux de ces diverses branches de manière à leur faire produire la plus grande somme possible d'utilité et d^agrémenrt, ce qui ne peut avoir lieu en iiar quant chaque industrie particulière dans un lieu séparé, et en la faisant exercer exclusi\ement par des individas constamment distincts.

Après ces éclaircissements, après avoir démontré, je pense, qu'il peut y avoir accord parfait sur plusieurs points entre les partisans des deux systèmes, tandis que, sur. d'autres, les motifs de dissidence ne sont pas aussi profonds qu'on se le figure communément; il est facile de voir qu'il en est deux seulement à l'égard desquels il existe une différence essentielle, bien que encore les éléments de cette différence ne soient pas aussi répulsifs qu'on pourrait d'abord le croire. H s'agit, d'une part, de Vindivisikiliié on propriété commune de tout le capital de la société, mobilier aussi bien qu'immobijier^ sauf la distribution des fruits ou autres moyens de jouissance à chaque individu, principe fondamental des communistes, et repoussé par les fourléristes ; il s'agit, d'autre part, d'une quotité inégale dans les portions respectives, d'après les règles indiquées plus haut, principe admis au contraire par les derniers et repoussé par les premiers. Hais on a d^à vu que, relativemoot au bot qu'on se propose également des deux côtés, les résultats pourraient bien n'être pas aossi diftt»

rents que \% croient les partisans extrêmes de chacune de ces opl« nions. Daillenrs, ceux qui, comme moi, ne partagent pas l'opinion de Fourier sur une prétendue incompatibililé absolue delà nature hur maine avec le principe igàiiiaire^ et avec l'absence àt propriété inâiviéuilU^ pour tout ce qui ett capital, ne pourraient-ils pas, con* sidérant la difficulté d'arriver de suite à un état aussi parfait, en ajourner la poursuite pratique , pour confondre tous les efforts vers la réalisation d^un plan moins difficile à appliquer, parce qu'il est moins contraire aux idées reçues, et que, donnant déjà tant de b onheur à notre pauvre espèce jusqu'à présent si malheureuse, il lui permettrait d'arriver paisiblement jusqu'au point qui serait vraiment l'apogée de son perfectionnement?...

Socialistes sincères et dévoués de toutes les nuances, sachons donc bien comprendre notre position ; songeons tous que nous aspirons au m éme but, mais que nous avons bien des obstacles à surmonter pour y parvenir, et que de notre accord seul dépendra peut-être le succès. Faisons donc mutuellement le sacrifice de quelques unes de nos préoccupations antérieures trop exclusives.

Il ne faut, po ur nous y convier tous avec abandon, que l'aperçu bien net de notre i ntérét commun, et un degré de plus dans les sentiments de fratern ité que nous invoquons tous également.

Joseph Rey, de Grenoble, Ancien conseiller k la Cour royale.

Grenoble, 20 juin 1847.

LES DEUX COMMUNISMESJ

oBsimnoNS sur la letîiui dk i. rit.

H. V. COMSIBBBANV,

Pbalanstérien, membre du Conseil municipal de Paris et du Conseil

général de la Seine.

M. Rey est le plus ancien et le plus vénérable représentant actael de la doctrine de la communauté^ en France. Il a publié en 1826 sur les Yues d'Ovren un petit ouvrage qui contient encore aujourd'hui, dans un style simple et clair, tout ce qui a été dit de fondamental et de plus sensé sur la doctrine de la Communauté et sur son organisation sociale. L'organe de TEcole sociétaire s'est toujours fait un honneur et un devoir d'insérer les communications qui lui ont été, à de trop longs intervalles, adressées par ce socialiste, homme de bien.

Cette hospitalité, toujours empressée de notre part, envers les manifestations du plus ancien et du plus respectable des partisans de la doctrine de la communauté prouverait, à elle seule, que nous avons tou]t>urs, quant à nous, partagé les sentiments qu'il invoque dans sa lettre.

Nous sommes ralliés êe fait avec tous les communistes qui professent la doctrine de la communauté à la manière de M. Rey. M. Rey,

rs^.

en efièt^u^enUim. point imposer celte doctrine et sou appli^ion par la force» oa par )i loi, qui H*et( que la force putliiiac mise à la disposition des volontés législatives de la majorité ou de la minorité qni gouverne. Il comprend que ce qu'il y a d'important tout d*abord, c'est de substituer le régime unitaire au régime morcelé, la coopération et l'union à cette guerre absunàe el atroee c[ue les Economistes vantent sous le nom de libre concurrence, et qui n'est que l'éternel écrasement des faibles par les forts sur le terrain industriel.

M. Rey, il est vrai, espère qu'un jour viendra où les associés renonceront librement à leurs parts individuelles dans le fonds social et dans la répartition des bénéftees, pour adopter une répartition plus ou moins égalitalre ou basée sur la simple manifestation des besoins, formule qu'il donne comme étant celle du communisme rationnel.

Nous ne partageons pas, et nous indiquerons tout à PHcure pourquoi, cette dernière opinion de M. Rey. Mais nous trouvons parfaitement légitime qu'on l'ait et qu'on la professe. Nous dirons plus, c'est que, ainsi posée, elle rentrerait parfaitement, en fin de compte, dans nos propres principes.

Ce serait, en effet, méconnaître complètement le caractère de la Doctrine sociétaire que de croire qu'elle donne une valeur Impératlioe à sa fbrmule de la répartition proporiiomMê mt Capital^ au TravaUêt (m TaletU, Cette formule n'est qu'une expression concrète da faitqui, suivâQLt nous, se produira généralement dans un ordre de choses harmonique, fondé sur la liberté orfianisée. Mais il est par* faltemeat certain que si, ie système phalanstérien établi, on supposait qne dsfts telle ou teile Phalange, dans toutes au besoin» il convîntaux andens propriétaires d'ahandOBDer leurs titres et leurs actions , et que tous les coopérateurs s'étendissent pour une répartition qui le timidf ait pas compte du lèle, du talent, du mérite, de l'activité au travail, etc., déployés par chacun d'eux ; il est parfaitement certain qiMydans ces conditions, la Théorie phalanstérienne ne s'opposerait nullement à la volonté communiste des sociétaires. . Il y a plus, les partisans de la Théorie sociétaire trouveraient, dès maintenant yirès légitime et aéme très utile, que des commnnistea.

*eB astezgraftd nradii^, misent volofiUiremmit leurs bïtns eo com* munauté et essayassent la réalisation d^ laar docUioe.

» Seulement, dans le denier €ta, notts sod^mes |^i|i«nefii c^faliieas qae l'essai eemmuniste ne t éuMii^H pas, et devrait se modider ; eC, dans le pceaiier cas, nous somiuôa toul «insà oouvatucus qvw, lorsf u'oD ioiiira du régime de TÂssoeialioii et de la répartition pr^ portionnelle an ooncottrs, la fantaisie de réclamer une réj^tiiioa ^égalitairs ne Tiendra à personne, pas même à ceux que Ton pourrait aujoard'hui supposer avoir,* dans cet ordre, iutéréi à mt telle répa^ tition.

Au reste, ooanme le dit£srt bien M. Rey, qu'importe ici noire opinion aux ciunmonistes qui ne yeulent que le bien et qui ne sont pas

'des sectaires passionnés? Ah! ai nous disions aux cowmiinistes : ce La Théorie pbalansâérienne vous rê/us4 le droit de faire de la

, » communauté, de la répartition égalitaire, de la répartition suivant » telle formule qui vous convient »; à la bonne heure! nous com* prendrions que les communistes se posassent en antagonistes du Pha-

' lanstère. Mais avons-nous jamais, en quelque écrit, en quelque li^u; en quelque temps que ce soit, refusé aux communistes UfacuUé, la

4 liberté, le droit de faire du communisme sur eux-mêmes et pour fuxmêmes? Nullement 1 Loin de là, nousavoas I^Oiyours proclamé, comme nous le proelamoQs encore aiû^urd'hui, ce droit dans todte sa plénitude.

OA est donc ta difficulté? A quel point devons^nous nous se* ' parer nettement du communisme , proteaer contre le commaaisau, et même le combattre? ^ C'est quand le communisme , changeant , complètement le caractère que lui ont donné MM. Owen, Rey et d'autres, s'en vient refuser, à autrui précisément ce droit , cette liberté, cette feculté qse nous lui reconnaissons , qua tout le monde , noos ' aimons à le croire, lut reconnaîtra comme noas-mémes. Cest quand le communisme, non content de pouvoir faiire^e la Communauté avec ses adeptes, avec ses volontaires, pose son principe comme un fH'incipe iHFKRAxiF, nie iHKîiiATiQUJSiiENT iou4 4rM de propriété tiklM-

— ao —

duelle^ et tend par conséquent à la destruction violente ou légale (ce qui est tout un) de cette propriété.

Quand le communisme conserve le caractère d'une doctrine facultative , quand il n'entend pas imposer à la société son principe de négation de la propriété , nous ne partageons point sa manière de voir sur la valeur delà communauté, mais nous reconnaissons qu'il est pleinement dans son drêit, et, s'il ne dépendait que de notre volonté qu'il eût tous les moyens de mettre son principe en réalisation pratique et expérimentale à la porte de Paris, il les aurait à Tinstant mémei

Mais, quand il se pose comme un parti hostile au principe de la propriété individuelle, provoquant dans Tavenir, fût-ce par la loi, la destruction de cette propriété ; quand il prétend, non plus se faire accepter librement par les personnes, mais s'imposer à la société par le droit; quand le principe du communisme tend k devenir une forée qui oblige^ alors ce n'est plus une opinion qui, vraie ou fausse, reste dans son droit légitime d'opinion, c'est une tyrannie avec laquelle on ne peut plus pactiser et que Ton doit combattre.

Et ceci n'est pas le moins du monde particulier au communisme : aussi sommes-nous les premiers à dire que, si nous posions le phalanstère comme un impératif social^ si nous visions à faire passer, soit violemment, soit par la loi, la société actuelle au régime phalanstérien, nous trouverions que la société ferait fort bien de se défendre contre l'envahissement de nos idées, qu'elle serait dans son droit en nous combattant énergiquement. Mais nous ne pourrions, nous, sans renier notre propre principe, sans cesser par cela même d'être phalanstériens , émettre une prétention semblable , et cela par une raison bien simple : c'est que notre principe objectif étant 1' association, c'est-à-dire la coopération VOLONTAIRE de toutes les forées^ CapitalyTravail et Talent, Facultés, Goûts, Penchants et Caractères ^ ce principe exclut lui-même toute idée de contrainte et decoaction, même juridique ou législative.

Nous disons donc que, indépendamment des principes spéciaux des

doctrines, il y a à faire entre elles deax catégories de premier ordre : La catégorie des doctrines qui veulent la liberté pour tous, pour les

autres comme pour files-mêmes ; Et la catégoriede celles qui, sous prétexte que leur principe est fondé

^ur le droit àbêoîu^ s'investissent d'un caractère obligatoire, et vont

logiquement à sa réalisation par la passion, par la force ou par la

loi.

* Les premières doctrines, vraies ou fausses, existent légitimement; elles peuvent se discuter fraternellement les unes les autres, et se rallier dans leurs points communs.

Les secondes, vraies ou fausses, sont des tyrannies qui, au cas où elles auraient acquis assez de force pour faire craindre qu^elles n'al-

* lassent à leurs conséquences logiques, ne laissent à ceux qui ne les partagent pas qu'une seule voie de discussion ouverte avec elles, la

4 voie des coups de fusiL

Yoilà une limite très nettement tranchée; elle est, nous le répétons, , indépendante de toute doctrine spéciale.

En l'appliquant au communisme^ mot très vague et qui désigne fort

mal aujourd'hui un grand nombre de tendances fort diverses, et pour

' chacune desquelles M. Rey aurait pu très légitimement proposer des

dénominations plus précises, nous dirons immédiatement : « Que nous ne pouvons en aucune façon nous rallier aux communistes qui mettent en première ligne la négation, en droit, du principe de la propriété individuelle, qui tendent par conséquent à sa suppression par une coaction quelconque , et comptent sur la loi pdUr imposer leur idéal de communauté , quel qu'il soit, à ceux qui n'en vou- > draient pas;

Que nous sommes, que nous avons toujours été très sincèrement ralliés, sauf, bien entendu, le maintien de notre opinion sur les con« ditions de la véritable répartition sociale, aux communistes qui, comme MM. Owen, Rey et autres, mettent en première ligne la substitution de la coopération industrielle au morcellement et à la lutte, et qui proposent comme un hiên la suppression de la propriété individuelle dans

lmiRirâali6aiiôospratî(|iiei, maitae rimpacenl; pM l^la unàéié comme* tm droU auquel elle dk>U se soumettre.

Nou^ combattons le compelle intrart (4) eu fialitîque, en pbiloso». pUe, en jreligiao, eu socialisme, partout. Sur, ce pûiui, on ne peut pas proposer da ralliemenL Le eomp$Ue i$^trarey e'est la guerre : toute doctrine qui le contient explicitement ou impLùoilemeiit se met, par' le fait, avec toutes les autres, en dehors de tout casus fœderis.

A.insi donc, pas de raUîement possible entre le communisme ex- eUuif^ impératif ou négatif, comme on voadra l'appeler, et tout ce qui n'est pas lui.

Quant au communisme /iscu/^at»/", et nous dirions volontiers chré- * tietty qui prêche l'abandon volontaire des biens à la communauté, mais qui n'exige, ni de près ni de loin, cet abandon comme un droit, nous " sommes si peu ses adversaires, que nous le considérons, intellectuel* lement parlant, comme la première ébauche de la conception sociétaire. Nous différons d'avec lui en ce sens que nous croyons qu'on peut réaliser parfaitement l'unité et l'harmonie sociales sans avoir besoin du, sacrifice de la propriété individuelle. Le principe' de " l'Association et le mode actionnaire , permettant la formation des grandes réunions agricoles et productives sans que personne ait rien à sacrifier de la valeur de sa propriété, donnent le moyen, actuellement même très légal, de substituer volontairement Tunité d'exploitation et l'organisation coopérative à un ruineux inorccUement et h une désastreuse concurrence. L'unit<^ d'exploitatien et l'organisation coopérative apportant rapidement elles-mêmes de grandes économies, d'énormes bénéfices, tout le monde sera bientôt élevé au rang de propriétaire, de participant direct à la propriété sociale. Nous croyons que le véritable progrès ne consiste pas à supprimer Ut privilèges et les avantages sociaux, mais bien à les universali-

(1) €&mpêllê intrare, forcez d'entrer : devise avec laqtielle te cathollcisne, au nom de Dieu, e^est-À-dire au nom da droit aèsoluéè ce tempa-là, justifiait auasî totttef ses tyrannîaa.

Mr« Nous TaulMitt ëonner ptdgnmif enefti^ à «6ia ^ti\ maaqttent, toÉt

* ce qui le«r masque; saus ne vobIms pafi que l'oa ipntmn» mène légats ment^ à ceux qu» oiHi, totti ce qe'ila ont. — Ces réserves fâitee, ncms répétons que nous ne voyons,^:»» eelteeatéforiede eonmuaiBnie^ qae des homnes de bens désif s, aiixilueU bous tendons e^dialemeat 1^ main, que nous considérons comme d'excellents soldais du soeia^ lisme, d'exôellentes recrues pour Farmée qut marche à la conquête de IJavenip : ie point qui nous divise spéealativeoMai n'a auirane Importance pratique. Dès f|ii'on ne prétend pas nier toiUe pre^priéié indifiduelle en principe el en droit, marcher invinciblement par conséquent t la destruction de la propriété par la violence ou par la loi, on est d'accord avec nous sur ie point important : ce point, c'e&t que la ré* partition doit être l'expression de la volonté collective et du consen* temenC de chacun. — * Que Tavenir nous donne raison en maintenant une répartition inégale et proportionnelle au «encours de chacun ; t^u'il donne raison à l'espéranea communiste par l'abandon volontaire des titres d^propriété et des parts individuelles sur l'autel de la commn- •nauté, peu importe assurément aujourd'hui : daus ces termes, nous le répétons, ce n'est plus qu'une question purement spéculative et sur laquelle on peut, tout en se donnant fraternellement la main, soutenir

*df s opinions différentes.

Nous croyons donc, avec M. Rey, que les communistes^ quelles que

. soient leurs idées sur la répartition dans un avenir quelconque, d^ vraient laisser là les arguments négatifs qui ne sont quA les km" derata d'une coaction légale, et se rallier pratiquement k la formule

* de répattition qui prend sa base sur le droit au mimimgbi social, c'est-Mire sur le droità une satisfaction, progressivement eroissanlot

" des besoins de chacun, et qui, au-delà de la sphère des besoins^ attri* bue aux individas des parts proportionnelles au zèle, au nuérite^ au concours apporté par les personnes dans l'atelier social.

Vouloir pour tons des parts écoles est quelque chose de si absuf* de, qu'aucune catégorie de communistes, noiiale croyons^ neaonimnt sérieusement ai^ourd'hut cette thèse.

Supposer que It principe de la reparution jireportfnmieZU amm te*

— tl —

iùini peat servir de formule à la division de la fortune publique au"^ delà de la sphère des besoins proprement dits, c'est supposer que la personnalité, l'ambition, l'amour du raffinement, du luxe, et toutes les^ passions disparaîtront du cœur humain.

Eh bien I quand toutes ces passions auront disparu la communauté Ira d'elle-même... *

D'ici là et pour aujourd'hui occupons-nous surtout des moyens de substituer la eoopératiim à la désunion, à la lutte, au morcellement, . à la guerre industrielle et sociale. Attirons à l'œuvre de transformation toutes les forces vivantes, tous les intérêts, tous les droits acquis, aussi bien que tous les droits méconnus. Pourquoi présenter à * la propriété, une négation qui peut bien fournir à quelques personnalités ardentes la satisfaction de faire de grandes phrases, de la fougue « et du bruit, mais qui ne peut que tourner contre l'œuvre de réforme sociale toutes les classes assises sur le sol,depuis les fils afnés de Plutus jusqu'aux plus petits propriétaires et à la plupart des fermiers " eux-mêmes?

Yeut-oh le bonheur des hommes, le rapprochement, l'union , là fusion « des classes... ou bien veut-on le versement du sang et la guerre civile?

Si l'on veut.la guerre civile, il faut préparer la guerre civile en lançant, non pas seulement contre le régime actuel très critiquable de la propriété, mais contre le droit et le principe de la propriété elle-même, des attaques violentes ; il faut échauffer et fanatiser, contre la propriété, les masses ouvrières, les légions prolétaires. ^

Si Ton veut la réforme sociale et l'union des classes, il faut s'occuper surtout des moyens d'attirer, d'associer les éléments actuels de la société en leur olfrant nne transaction où tous aient à gagner, où aucun n'ait à perdre.

Est-ce à dire que, devant les abus, les monstruosités de toute nature, les corruptions et les crimes de la société actuelle, de la pro> priété actuelle, le socialisme doive se taire ou ne faire entendre que des roucoulements d'amour ? Non ! mille fois non ! Mais de la critique énergique, large, hardie des institutions vermoulues et des formes pourries qui tombent, à la promulgation de doctrines qui sapent par

la base des droits anciens que l'on peut concilier avec les droits noufeaux, doctrines qui mèneraient logiquement à la guerre sociale des classes, la marge est belle pour tous les socialistes de bonne TOlonté (t de bon désir...

Gonclasion : nous tendons fraternellement la main au communisme facultatif et chrétien : nous sommes les adversaires décidés du com* ttunisme négatif et impératif.

Paris, 13 jttillet iZil.

y y. CONSIDERANT,

Rédacteur en chef de la Démocratie pae^u§.

La lettre de M. Jiey a para dan^ le numéro de la Démoeratie du dimanche 2T Juin 1847.

Les observations faites sur cet article par M. Considérant, au nom de la rédaction de la Démoeratie^ ont paru le dimanche suivant, 14 juillet. Ce Jour-là, la Démoeratie a été saisie pour avoir publié un article intitulé lee deux Catégoriee de Délinquants^ dans lequel elle reprochait au gouvernement de faire preuve d'une révoltante partialité, en poursuivant avec uno extrême rigueur les délits et les cri« mes commis par les pauvres gens, tandis qu'il couvre trop souvent de sa protection les escroqueries, les actes de corruption et les méfaits jqui se pratiquent en haut.

Les observations qui suivent n'ont point été imprimées dans la Démocratie.

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