‹ Appel aux conservateursChapitre 21 sur 35 · PREMIERS PARTIR · texte numérisé non relu

PREMIERS PARTIR

une séparation réelle et durable entre l'autorité pratique et l'influence théorique. Mais il confirme le jugement des orientaux envers l'inaptitude radicale du catholicisme h séparer le commandement et le conseil. Cette division était plus incompatible avec l'absolutisme du sacerdoce théologique qu'avec celui des gouvernements militaires. Elle ne peut s'établir que quand les croyances surnaturelles et l'activité guerrière se trouvent essentiellement éteintes. Alors elle doit spontanément surgir de l'universalité propre à la foi démontrable et de la liberté qui distingue l'activité pacifique. Dans un tel milieu, la religion positive vient aisément systématiser une séparation normale entre deux puissances dont chacune se sent nécessairement incapable d'absorber l'autre , quels que puissent jamais être leurs conflits privés ou publics.

8 q Dignité de ta femme. Il est facile de sentir combien le dernier caractère du régime positif se lie naturellement aux deux autres. Car, on aurait vainement proclamé l'universelle prépondérance de la morale, si le sexe actif et spéculatif n'accordait point au sexe affectif un digne ascendant. De même , la séparation des deux puissances deviendrait illusoire dans lu cité si le commandement n'était pas convenablement modifié par le conseil au sein des familles.

Mais le privilège du positivisme a peu besoin d'explication envers son caractère final , où l'impuissance de Pancienne synthèse est facilement appréciable. P^mi tous les modes propres au régime provisoire , le fétichisme, seul încorporable au régime définitif, fut aussi le seul qui pressentit la dignité féminine , d'après la suprématie spontanée qu'il accordait au cœur. Sous les autres phases, sans excepter l'état théocratique , l'évolution so-

ciale du sexe affectif, qui fournit la meilleure mesure du progrès humain , ne se trouva réellement secondée que par l'ensemble des instincts pratiques. C'est ainsi que , d'après la polygamie initiale, surgirent d'abord l'institution , puis le perfectionnement , de la monogamie. Le pas que firent , au moyen âge , les mœurs occidentales résulta des impulsions chevaleresques , le catholicisme ne l'ayant préparé qu'en systématisant la pureté, sans pouvoir consacrer la tendresse , qui , repoussée par son dogme et même son régime , ne trouva d'accès que dans son culte.

Ces aspirations sont directement réalisées et développées dans la religion positive, où, l'existence du Grand- Être étant toujours fondée sur l'amour, le sexe aimant fournit sa meilleure personnification. La femme, qui présente , à tous égards, le vrai type de notre espèce, constitue un médiateur nécessaire entre l'homme et l'Humanité , comme le sacerdoce s'interpose entre les deux sexes. En vertu de sa prééminence affective, l'épouse accomplit , au nom du Grand-Être , l'intime perfectionnement de l'époux , et la mère préside à l'éducation des enfants quelconques , sauf le complément théorique qui doit toujours émaner du clergé. Mais ce double office ne saurait être dignement exercé si la situation sociale du sexe aimant ne se trouvait sans cesse en suffisante harmonie avec sa nature et sa destination. Pour y pourvoir, le positivisme , systématisant les tendances occidentales, supprime à la fois les dots et les successions féminines, en fondant l'économie domestique , et par suite civique, sur l'axiome : V homme doit nourrir ta femme.

Telles sont les sept notions, profondément connexes,

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