TROISIÈME PARTIE. 99t
tendances puissent habituellement converger contre la domination des conservateurs^ Elles ne cesseront de coexister ainsi que d'après l'ascendant nécessaire du positivisme, qui doit simultanément éteindre les deux aberrations, en conciliant radicalement l'indépendance et le concours.
Tant que cette conciliation, actuellement instituée, n'est pas accomplie, la saine politique peut obtenir plus d'assistance des communistes que des individualistes. Comparés chez les prolétaires, seuls révolutionnaires désormais importants, les premiers caractérisent l'anarchie propre aux villes, et les seconds celle des campagiies. Envers la plus orageuse des questions sociales, r ceux-ci tendent vers la dispersion indéfinie des richesses, tandis que ceux-4à poussent à leur concentration absolue.
Quoique le communisme doive aujourd'hui sembler plus afaarchique que l'individualisme > parce qu'il est plus imminent , cette opportunité peut iridiquer la transformation qu'il ébauche dans l'instinct révolutionnaire, qui s'efforce ainsi de quitter le caractère critique pour prendra l'attitude organique» L'un annonce le dérèglement de l'altruisme, tandis que l'autre consacre la prépondé* rance de l'égoïsme. Au nom dû sentiment social * lé positivisme fera bientôt comprendre aux meilleure communistes qiie la solidarité reste insuffisante, et même contradictoire , quand elle n'est pas subordonnée à la continuité : mais les individualistes font autant prévaloir te préaeitf sur l'avenir que sur le passé. Posant le problème social * quoique d'après une solution non moins étroite que subversive, les premiers deviennent accessibles aux démonstrations iiéstiltées de PimJHvfsibilité de
l'existence humaine, où l'essor matériel ne saurait être réglé séparément de Fordre spirituel. Mais les seconds , consacrant la routine révolutionnaire , se bornent à disputer la possession du pouvoir sans discipliner son exercice autrement que par des restrictions anarchiques.
On peut maintenant comparer ce contraste aux deux précédents , de manière à caractériser les ressemblances et les différences. Quoique les lettrés soient plus individualistes que communistes, l'instabilité qui leur est propre leur permet de se mettre au service de toutes les tendances susceptibles de satisfaire leur ambition. Réciproquement, sans perdre leur disposition naturelle au communisme , les prolétaires se trouvent poussés à l'individualisme quand l'activité rurale fait trop sentir le besoin et la possibilité du degré de possession personnelle qui doit devenir universel. Bien que les communistes semblent disposés à renoncer à la liberté pour obtenir l'égalité , cette déviation cessera , chez la plupart d'entre eux , quand le positivisme leur fera reconnaître la nature , essentiellement morale , du problème dont ils proclament la solution politique. Au contraire , les passions et les préjugés propres aux individualistes les poussent surtout à niveler , quoiqu'ils poursuivent l'indépendance en vue de l'isolement.
Pour avoir assez indiqué l'épuration qu'exige le parti révolutionnaire, il faut encore comparer la division principale à celle qu'une mémorable transformation a définitivement opérée entre les parlementaires et les dictatoriaux. Les uns perpétuent la phase protestante de l'instinct progressiste , et les autres caractérisent son état catholique, seul immédiatement susceptible d'une régénération systématique. Quoique cette distinction diffère