‹ Appel aux conservateursChapitre 30 sur 35 · TROISIÈME PARTIS · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIS

des précédentes , les individualistes et les lettrés préfèrent le régime parlementaire , qui favorise l'isolement et l'ambition ; tandis que les communistes et les prolétaires adoptent la dictature comme convenant mieux à la rénovation. Ce nouveau contraste ressemble davantage au principal , parce que les purs niveleurs aspirent au règne des assemblées, tandis que les vrais libéraux tendent vers l'état dictatorial ; l'ensemble de la révolution occidentale confirme cette appréciation. Néanmoins, les deux distinctions ne sauraient coïncider; car la passion de l'égalité peut pousser à l'emploi de la dictature, et l'instinct de la liberté disposer au régime parlementaire, quoique ces inversions doivent être exceptionnelles et passagères. Mais ces divisions doivent être surtout rapprochées d'après leur similitude envers l'appréciation de la séparation fondamentale des deux puissances. Car, la concentration dictatoriale manifeste l'incompétence théorique du pouvoir pratique , tandis que la dispersion parlementaire dissimule la confusion entre le conseil et le commandement.

En comparant les quatre modes propres à la décomposition du plus incohérent de tous les partis r on reconnaît la nécessité de faire toujours prévaloir, dans son épuration systématique, la division entre les libéraux et les niveleurs , sans jamais négliger les autres contrastes.

2° Alliance politique. Une telle préparation peut seule permettre aux vrais conservateurs de trouver un appui continu chez les dignes révolutionnaires , pour installer la transition organique. D'après leur incompatibilité naturelle avec la situation moderne , les rétrogrades sont essentiellement passifs, de manière à ne comporter qu'une

ligue religieuse* Mais l'activité propre aux révohrtion*naires , comme représentants spontanés du programme occidental , les rend susceptibles d'une alliance politique, sans laquelle l'initiative des conservateurs ne pourrait assez surmonter les résistances qu'elle trouvera.

Ce concours nécessaire sera surtout fourni par les communistes prolétaires , quand ils auront suffisamment accepté la dictature, d'après une digne renonciation à l'égalité. La double modification du vote est principale* nient destinée à seconder ces préparations connexes* Quand elles seront assez accomplies, les dignes corn* muftistes pourront spontanément devenir les auxiliaires actifs d'une systématisation qui doit subordonner la politique à la morale , pour instituer la vraie sociabilité.

Leui* coopération comportera d'autant plus d'efficacité qu'elle émanera surtout du sentiment , dont la préponrdérance caractérise la synthèse finale. C'est sous l'im* pulsion du cœur que les positivistes pourront pleinement surmonter toutes tes résistances de l'absolutisme, en manifestant sa connexité naturelle avec l'égoïsme et celle du relativisme avec l'altruisme. Quoique les communistes tendent maintenant à renverser la famille comme la eoèiété ; ces dispositions sont indépendantes de leurs sentiments et ne résultent que de leur fausse appréciation du problème hum&to. Au nom du but qu'il* poursuivent , on peut les conduire à reconnaître que l'intelligence a plus besoin que la richesse d'être toujours ramenée au service <te l'humanité. Cette conviction suffira pour leur fefre apprécier l'insuffisance de leur désastreuse solution. Sans être encore convertis au positivisme, ils sentiront soi) aptitude à mieux résoudre le problème qu'ils ont posé. Dès lors , leurs dispositions à la vénération comme

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au dévouement prendront une direction salutaire, de manière à préparer les mœurs normales , en faisant , au nom de la sociabilité, respecter la fortune et même le pouvoir, tant que le commandement restera séparé de la richesse.

Sous l'aspect intellectuel, l'alliance politique des dignes révolutionnaires peut seule permettre aux vrais conservateurs de surmonter les résistances que doit au-r jourd'hui rencontrer la prépondérance nécessaire de Tes* prit d'ensemble sur l'esprit de détail. Cette seconde assistance se lie à la première , d'après la cormexité naturelle entre les tendances synthétiques et les dispositions sympatiques, La fondation du positivisme confirme une telle relation , puisque sa philosophie surgit sous l'impulsion sociale, et n'a même produit que des convictions stériles chez ceux qui ije la rattachent point h la réorganisation du pouvoir spirituel. Or, à cet égard , comme à. tout autre, le communisme indique et prépare la transformation organique de l'instinct révolutionnaire. Quoiqu'il semble radicalement méconnaître la séparation des deux puissances, cette aberration n'est vraiment incurable que chez les docteurs, toujours enclins à négliger le but pour les moyens» Mais le eommunisrae dispose les prolétaires à l'admission de cette base, en tendant à faire prévaloir la morale sur la politique, afin d'instituer la discipline qu'il cherche. Tous les* autres révolutions naires sont devenus les preneurs d'une spécialité disper- Bive, malgré les nobles traditions des ^énergkjuefc directeurs de l'ébranlement français, dont l'efficacité théorique n'est maintenant appréciée que par les positivistes.

Quoique naturellement commune ^ux cinq éléments de t'occideqtalité , cette double assistance convient sur-

tout au peuple investi de l'initiative régénératrice. Ce rie sont pas les catholiques qui peuvent aider les conservateurs français à faire prévaloir l'esprit synthétique et l'instinct sympathique au milieu d'une bourgeoisie égoïste et frivole, où des forces susceptibles de régénération restent dominées par des classes destinées à s'éteindre. Sans l'énergie des dignes communistes, la dictature centrale demeurerait incapable de surmonter d'activés résistances , qui conduisirent son organe le plus célèbre à restaurer, malgré ses propres répugnances , une corporation anarchique et rétrograde. Lorsque cette assistance sera suffisamment développée, le communisme pourra concourir autant que le catholicisme à seconder les conservateurs pour l'installation décisive de la transition organique. Tous deux serviront à proclamer deux problèmes nécessaires , l'un politique, l'autre religieux, dont chacun ne peut être vraiment posé que d'après une solution quelconque, jusqu'à ce que leur connexité fasse prévaloir la seule doctrine qui les ait résolus.

Malgré de graves apparences et des dangers réels, le mauvais esprit révolutionnaire appartient davantage à la bourgeoisie qu'au milieu populaire, du moins chez la nation centrale. La principale opposition à la concentration nécessaire du pouvoir et de la richesse émane de ceux qui , sans pouvoir devenir patriciens , ne veulent pas être prolétaires. C'est là que se développe > envers toutes les hautes positions , une envie que la religion peut seule guérir. Elles n'inspirent aux prolétaires qu'une défiance aisément surmontable d'après une digne conduite , malgré l'ascendant actuel des sophismes anarchiques. Un instinct confus indique à la bourgeoisie que la régé-

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