TROISIÈME PARTIE
nération occidentale exige son extinction graduelle , pour transformer ses meilleurs chefs en vrais patriciens et la plupart de ses membres en purs prolétaires , en éliminant tous les débris métaphysiques. Quoique cette épuration et cette régénération ne puissent être directement accomplies que par les positivistes, les conservateurs doivent les annoncer et même les préparer. Or, ils ne pourraient remplir cet office sans l'assistance des prolétaires, seuls intéressés au succès d'un mouvement d'où dépend l'avènement du patriciat qui doit régulariser leur incorporation nécessaire à la société moderne.
Il sera facile aux conservateurs d'éviter la dangereuse initiative de tels auxiliaires , qui , malgré leur participation aux mœurs révolutionnaires, sont plus disciplinaires que les bourgeois. La constante répression qu'exigent les aspirations à l'égalité ne sera jamais soupçonnée de tendance oppressive quand les conservateurs auront assez accepté le programme du positivisme sur l'éducation universelle. Quoique ce fondement général du régime définitif ne puisse être directement posé par eux, ils doivent, comme envers le patriciat, l'annoncer et le préparer. Une telle conduite suffira pour prévenir ou surmonter, sans rien céder à la démagogie, les inquiétudes que l'alliance nécessaire avec les rétrogrades pourrait inspirer quant à la vraie fraternité. Car l'universalité de l'éducation , loin de tendre vers une égalité subversive , développera toutes les dignes inégalités , en secondant l'essor du mérite dans tous les rangs.
D'après l'ensemble des indications précédentes, le parti révolutionnaire , convenablement épuré , doit devenir un précieux auxiliaire des vrais conservateurs pour
préparer la terminaison directe de la crise finale par le positivisme. Quoique ce parti constitue le principal siège de la maladie occidentale , l'initiative et la popularité qui lui sont encore propres ne permettent pas d'instituer sans lui la transition organique. Ses meilleurs membres ont assez avancé par leurs efforts spontanés pour que des impulsions systématiques puissent leur inspirer les progrès qu'exige le but qu'ils poursuivent.
En combinant ce chapitre avec le précédent , on reconnaît la possibilité d'instituer une politique qui d'abor(J semble dépourvue d'appuis suffisants dans le milieu qu'elle doit dominer. Quoique directement repoussée par les deux partis principaux, la conciliation entre l'ordre et le progrès est trop conforme à la situation occidentale pour ne pas trouver une puissante assistance che« les meilleurs rétrogrades et révolutionnaires. Ayant assez apprécié les deux alliances qui doivent aujourd'hui permettre l'ascendant d'une minime élite , il me reste à caractériser, d'après cette combinaison , la marche aotuelle du parti constructeur.
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