‹ Appel aux conservateurs [microform]Chapitre 18 sur 53 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

contestable que sa réalité directe. A mesiv^e que l'Humanité se développe, chacun de ses trois éléments collectifs exerce un ascendant croissant sur tous ses serviteurs : la Priorité nous domine mieux, l'homme dépend davantage du Public , et nous sommes plus liés à la Postérité. Sous ce triple empire, la loi du devoir et celle du bonheur coïncident spontanément, parce que tous deux consistent à vivre pour autrui, d'après l'essor continu qui devient ainsi propre aux instincts sympathiques, seuls susceptibles de prépondérance finale , malgré leur infériorité primitive.

Le culte, complété par l'art, se développe et se purifie en exprimant la gratitude et la vénération dues à la suprématie d''oii dérivent toujours les matériaux et les procédés des opérations humaines. En adorant la source directe de tous nos biens, nous devons aussi glorifier ^on siège nécessaire , que l'incorporation du fétichisme au positivisme nous permettra d'honorer dignement, en idéalisant la Terre et ses annexes célestes , de manière à réparer l'ingratitude croissante du théologisme. Mais notre reconnaissance ne saurait être complète qu'en passant du concret à l'abstrait, pour s'étendre jusqu'à la fatalité jnoclifiabje qui domine à la fois le Monde et l'Humanité. Sa suprématie nécessaire, que Tégoïsme et l'aveuglement théologique nous détournaient d'honorer, doit naturellement obtenir de dignes hommages dans la sociolâtrie, comme fournissant, même d'après son immuabilité, la première base de toute notre existence. C'est seulement ainsi que le culte se trouve en pleine harmonie avec le dogme et le régime, directement voués à l'ordre uni verc^el, pour l'apprécier et l'améliorer. Dans ce double complément du Qulte fondamental , la recon-

naissance et la soumission sont simultanément développées, d'après les réactions normales de l'expression sur l'impression. Il nous fait naturellement apprécier les meilleurs types d'une régularité que la providence systématique étendra jusqu'à l'ordre le plus complexe, pour réparer les imperfections spontanées de l'économie universelle.

Je dois maintenant signaler l'aptitude spéciale de la religion positive envers chacun des trois degrés de l'existence humaine. Cette seconde moitié de mon exposition générale de la doctrine propre aux vrais conservateurs est surtout destinée à faire convenablement sentir ce que la régénération finale offre d'immédiatement réalisable. La transition organique doit toujours s'accomplir d'après les mêmes influences que développera l'état normal, leur essor actuel étant à la fois moins régulier et plus intense. Kxjsicncc Quoique directement sociale, la religion positive ne personnelle, discipline l'individualité qu'en la consacrant, comme siège nécessaire du service objectif de l'Humanité, dont chaque fonction, malgré sa nature collective, ne peut jamais s'accomplir que d'après une concentration personnelle. L'existence du Grand-Être n'exige pas moins l'indépendance que le concours chez tous ses serviteurs directs ; sa supériorité cesserait aussitôt que ses organes deviendraient inséparables. Ses meilleurs attributs sup- * ^ posent une harmonie toujours volontaire, d'où résultent à la fois l'ordre par l'amour et le progrès d'après la liberté. Mais, réciproquement, la pleine consécration de l'homme au service continu de l'Humanité procure à l'individu la consistance et la dignité qu'il chercha vainement dans un céleste isolement. Pour faire vraiment prévaloir la sociabilité , la religion positive accorde à la

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