‹ Appel aux conservateurs [microform]Chapitre 32 sur 53 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

suffise pour apprécier une telle aberration, les prolétaires l'ont surtout conservée d'après son aptitude à flatter l'orgueil et la vanité, qui partout constituent le principal siège de la maladie cérébrale graduellement résultée du mouvement occidental.

Le désordre des âmes popul^-ires est pourtant susceptible d'une pleine rectification, pourvu qu'elles soient convenablement soustraites à Tascendant des lettrés, seuls radicalement incurables. Cette scission doit habituellement devenir le principal objet de la conduite des conservateurs envers les révolutionnaires. Or, le positivisme est directement propre à déterminer une telle élimination, en offrant aux prolétaires les seuls dogmes et les seuls docteurs avec lesquels ils puissent profondément sympathiser, d'après la conformité des habitudes et le concours des destinations. Imbus de positivité par la nature de leurs offices spéciaux , les travailleurs n'accueillent une métaphysique hétérogène qu'en vertu de l'aptitude qu'ils lui supposent envers leurs fonctions générales. N'aspirant pas davantage au sacerdoce qu'au gouvernement, le prolétariat admettra la doctrine qui les sépare, aussitôt qu'il la jugera propre à consacrer ses réclamations sociales, de plus en plus compromises d'après l'ambition et l'incapacité des lettrés.

Par une influence directe et .continue, tant logique que scientifique, le positivisme rectifiera l'entendement populaire, en systématisant la relativité spontanée de l'esprit industriel. L'éducation des lettrés est, au fond, la même que celle du sacerdoce théologique, dont ils sont, à tous égards, des rejetons dégénérés. Quoiqu'ils aient développé les vices de l'absolu, ses racines se trouvent dans le théologisme : en sorte que les prêtres de Dieu ne

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