‹ Appel aux conservateurs [microform]Chapitre 41 sur 53 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

ligue religieuse. Mais l'activité propre aux révolutionnaires , comme représentants spontanés du programme occidental , les rend susceptibles d'une alliance politique, sans laquelle l'initiative des conservateurs ne pourrait assez surmonter les résistances qu'elle trouvera.

Ce concours nécessaire sera surtout fourni par les communistes prolétaires , quand ils auront suffisamment accepté la dictature, d'après une digne renonciation à l'égalité. La double modification du vote est principalement destinée à seconder ces préparations connexes. Quand elles seront assez accomplies, les dignes communistes pourront spontanément devenir les auxiliaires actifs d'une systématisation qui doit subordonner la politique à la morale , pour instituer la vraie sociabilité.

Leur coopération comportera d'autant plus d'efficacité qu'elle émanera surtout du sentiment, dont la prépondérance caractérise la synthèse finale. C'est sous l'impulsion du cœur que les positivistes pourront pleinement surmonter toutes les résistances de l'absolutisme, en manifestant sa connexité naturelle avec l'égoïsme et celle du relativisme avec l'altruisme. Quoique les communistes tendent maintenant à renverser la famille comme la société , ces dispositions sont indépendantes de leurs sentiiî^ents et ne résultent que de leur fausse appréciation du problème humain. Au nom du but qu'ils poursuivent , on peut les conduire à reconnaître que l'intelligence a plus besoin que la richesse d'être toujours ramenée au service de l'humanité. Cette conviction suffira pour leur faire apprécier l'insuffisance de leur désastreuse solution. Sans être encore convertis au positivisme , ils sentiront son aptitude à mieux résoudre le problème qu'ils ont posé. Dès lors , leurs dispositions à la vénération comme

au dévouement prendront une direction salutaire, de manière à préparer les mœurs normales , en faisant , au nom de la sociabilité , respecter la fortune et même le pouvoir, tant que le commandement restera séparé de

la richesse.

Sous l'aspect intellectuel, l'alliance politique des dignes révolutionnaires peut seule permettre aux vrais conservateurs de surmonter les résistances que doit aujourd'hui rencontrer la prépondérance nécessaire de l'esprit d'ensemble sur l'esprit de détail. Cette seconde assistance se lie à la première, d'après la connexité naturelle entre les tendances synthétiques et les dispositions sympatiques. La fondation du positivisme confirme une telle relation , puisque sa philosophie surgit sous l'impulsion sociale, et n'a même produit que des convictions stériles chez ceux qui ne la rattachent point à la réorganisation du pouvoir spirituel. Or, à cet égard, comme à tout autre , le communisme indique et prépare la transformation organique de l'instinct révolutionnaire. Quoiqu'il semble radicalement méconnaître la séparation des deux puissances, cette aberration n'est vraiment incurable que chez les docteurs, toujours enclins à négliger le but pour les moyens. Mais le communisme dispose les prolétaires à l'admission de cette base, en tendant à faire prévaloir la morale sur la politique , afin d'instituer la discipline qu'il cherche. Tous les autres révolutionnaires sont devenus les preneurs d'une spécialité dispersive , malgré les nobles traditions des énergiques directeurs de l'ébranlement français, dont l'efficacité théorique n'est maintenant appréciée que parler positivistes.

Quoique naturellement commune aux cinq éléments de l'occidentalité , cette double assistance convient sur-

tout au peuple investi de l'initiative régénératrice. Ce ne sont pas les catholiques qui peuvent aider les conservateurs français à faire prévaloir l'esprit synthétique et l'instinct sympathique au milieu d'une bourgeoisie égoïste et frivole, où des forces susceptibles de régénération restent dominées par des classes destinées à s'éteindre. Sans l'énergie des dignes communistes, la dictature centrale demeurerait incapable de surmonter d'activés résistances , qui conduisirent son organe le plus célèbre à restaurer, malgré ses propres répugnances , une corporation anarchique et rétrograde. Lorsque cette assistance sera suffisamment développée, le communisme pourra concourir autant que le catholicisme à seconder les conservateurs pour l'installation décisive de la transition organique. Tous deux serviront à proclamer deux problèmes nécessaires , l'un politique, l'autre religieux, dont chacun ne peut être vraiment posé que d'après une solution quelconque, jusqu'à ce que leur connexité fasse prévaloir la seule doctrine qui les ait résolus.

Malgré de graves apparences et des dangers réels, le mauvais esprit révolutionnaire appartient davantage à la bourgeoisie qu'au milieu populaire, du moins chez la nation centrale. La principale opposition à la concentration nécessaire du pouvoir et de la richesse émane de ceux qui, sans pouvoir devenir patriciens, ne veulent pas être prolétaires. C'est là que se développe , envers toutes les hautes positions , une envie que la religion peut seule guérir. Elles n'inspirent aux prolétaires qu'une défiance aisément surmontable d'après une digne conduite , malgré l'ascendant actuel des sophismes anarchiques. Un instinct confus indique à la bourgeoisie que la régé-

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