TROISIEME PARTIE
l'existence humaine , où l'essor matériel ne saurait être réglé séparément de l'ordre spirituel. Mais les seconds, consacrant la routine révolutionnaire , se bornent à disputer la possession du pouvoir sans discipliner son exercice autrement que par des restrictions anarchiques.
On peut maintenant comparer ce contraste aux deux précédents , de manière à caractériser les ressemblances et les différences. Quoique les lettrés soient plus individualistes que communistes, l'instabilité qui leur est propre leur permet de se mettre au service de toutes les tendances susceptibles de satisfaire leur ambition. Réciproquement, sans perdre leur disposition naturelle au communisme, les prolétaires se trouvent poussés à l'individualisme quand l'activité rurale fait trop sentir le besoin et la possibilité du degré de possession personnelle qui doit devenir universel. Bien que les communistes semblent disposés à renoncer à la liberté pour obtenir l'égalité , cette déviation cessera , chez la plupart d'entre eux , quand le positivisme leur fera reconnaître la nature , essentiellement morale , du problème dont ils proclament la solution politique. Au contraire , les passions et les préjugés propres aux individualistes les poussent surtout à niveler , quoiqu'ils poursuivent l'indépendance en vue de l'isolement.
Pour avoir assez indiqué l'épuration qu'exige le parti révolutionnaire, il faut encore comparer la division principale à celle qu'une mémorable transformation a définitivement opérée entre les parlementaires et les dictatoriaux. Les uns perpétuent la phase protestante de l'instinct progressiste , et les autres caractérisent son état catholique, seul immédiatement susceptible d'une régénération systématique. Quoique cette distinction diffère
des précédentes , les individualistes et les lettrés préfèrent le régime parlementaire , qui favorise l'isolement et l'ambition ; tandis que les communistes et les prolétaires adoptent la dictature comme convenant mieux à la rénovation. Ce nouveau contraste ressemble davantage au principal , parce que les purs niveleurs aspirent au règne des assemblées, tandis que les vrais libéraux tendent vers l'état dictatorial ; l'ensemble de la révolution occidentale confirme cette appréciation. Néanmoins , les deux distinctions ne sauraient coïncider; car la passion de l'égalité peut pousser à l'emploi de la dictature, et l'instinct de. la liberté disposer au régime parlementaire , quoique ces inversions doivent être exceptionnelles et passagères. Mais ces divisions doivent être surtout rapprochées d'après leur similitude envers l'appréciation de la séparation fondamentale des deux puissances. Car, la concentration dictatoriale manifeste l'incompétence théorique du pouvoir pratique , tandis que la dispersion parlementaire dissimule la confusion entre le conseil et le commandement.
En comparant les quatre modes propres à la décomposition du plus incohérent de tous les partis , on reconnaît la nécessité de faire toujours prévaloir, dans son épuration systématique, la division entre les libéraux et les niveleurs , sans jamais négliger les autres con-
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2" Alliance politique. Une telle préparation peut seule permettre aux vrais conservateurs de trouver un appui continu chez les dignes révolutionnaires , pour installer la transition organique. D'après leur incompatibilité naturelle avec la situation moderne, les rétrogrades sont essentiellement passifs, de manière à ne comporter qu'une