‹ Appendice a l'ouvrage intitule Histoire de la vie et des ouvrages de RaphaelChapitre 33 sur 33 · RAPHAËL MORGHEN · texte numérisé non relu

RAPHAËL MORGHEN

Tout le monde connaît et admire la belle estampe de la Cène gravée par Raphaël Morghen. Quoique les tètes n’aient pas le caractère austère et la pureté du dessin du tableau de Léonard de Vinci, l’exécution en est d'une si grande suavité, et réunit tant de beautés, que cette gravure peut être considérée comme l’ouvrage capital de ec célèbre artiste. Raphaël Morghen, né le 19 juin 1708, à Naples, résidence de sa famille, mourut à Florence le 8 avril 1 833 . Il fut élève et gendre de Volpato. Après de nombreux travaux, parmi lesquels je citerai le Bain de Diane, qui rend parfaitement la manière «le peindre du Dominiquin ; le portrait à cheval de Moncadc, d'après Van-Dyck, gravure datée de 1793, dont l’admirable perfection peut servir de modèle, Morghen fut nommé professeur de l’École de gravure à Florence. C’est à l’époque où il publia sa planche de la Transfiguration d’après Raphaël, vers 1 8 1 3 , que l’empereur Napoléon attira Morghen en France. Ce fut d'après son ordre qu’il commença à graver le tableau peint par David, où Napoléon est représenté à cheval franchissant les Alpes. L'empereur voulant fixer Morghen à Paris, créa, par un décret, une Ecole de gravure, à l’instar des autres capitales; le nomma professeur, ainsi que Bervie et moi. Ce fut M. le comte Régnault de Saint-Jean d'Angely, président du conseil

«l’État, qu’il chargea «l’organiser cette t : cole. ï^es événements «le 1S1 \ en ont empéché la réalisation. Durant le séjour «jue R. Morghen fit à Paris, nous nous liâmes intimement, et cette liaison me rappelle une circonstance particulière «le notre vie, «lont je ne «lirais rien ici, si tout ce qui se rattache au «•élèbre graveur n’avait aujourd'hui pour nous «le l’intérêt. Peu de jours après mon arrivée à Florence, en 1818, où j’avais été heureux de retrouver Morghen, il voulut me faire les honneurs de cette délicieuse ville, et vint me prendre un matin à l'hôtel où j’étais descendu, j»our nous rendre, avec les membres de la corporation «les différents arts, et assister en corps, à une messe «lite en l'honneur «le saint Luc, patron des artistes, usage consacré depuis nombre d’années. Après «-ette ceremonie, qui a lieu tous les ans, nous avons été tous ensemble prendre le chocolat, l-e chevalier Allessandri , directeur des beaux-arts «lu grand-duc; Fabre, Benvennti, Rartolini, Adrien Godefroy, mon compagnon de voyage, et l’habile graveur en pierre line et médaille, Santarclli, faisaient partie de cette pieuse et intéressante réunion.

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