PEINTURES DE RAPHAËL A PÉROUSE
A la bourse de Pérouse, nommée il Cambio, il y a sur la petite coupole, à côté d'une salle dite des Elèves du Pérugin, une figure peinte à fresque, exécutée dans la première jeunesse de Raphaël.
A vingt milles de Pérouse il existe une chapelle, appelée la Chisarella; Raphaël y a peint une grande fresque. Il se rendit après à Sienne, pour aider Bernardino Pinturicchio dans l’exécution des peintures de la grande bibliothèque du dôme de Sienne. (Pris de Vasari.)
J’ai vu à Pérouse, en 1 843 , un beau dessin de Raphaël, représentant le sujet du mariage de la Vierge. Ce sujet fait l'objet de deux tableaux : l’un, qui se voit
à Milan, est dû au pinceau de Raphaël; l’autre, qui est à Caen, est l’œuvre du Pcrugin. Ces deux peintures offrent entre elles une grande similitude de composition; dans le dessin de Pérouse il y a de nombreux changements.
f<e tableau de la Vierge, du palais StafFa, à Pérouse, dite du Connétable, a été exécuté dans la première jeunesse de Raphaël. Il y a une arabesque qui encadre ce très-petit tableau de forme ronde; c’est probablement la première qu’il ait peinte. La famille Staffa a conservé longtemps le reçu de Raphaël. Ce tableau a été gravé d'après une copie appartenant au musée du 1/ouvre, par Rirbomme, qui en a changé la forme et l’arabesque. J'en ai fait une aquarelle à Pérouse, en 1 833 ; elle est placée au palais de l'Ecole des beaux-arts.
A Pérouse, on voit dans le couvent de Saint-Sevère , petit monastère de l’ordre des Camaldules, une grande fresque que Raphaël a peinte dans la chapelle de la Vierge. Je n’ai pu voir, en i833, que la partie gauche de cette fresque; elle m’a rappelé la composition des ligures placées dans le ciel de la fresque de la Dispute ilu saint sacrement , que Raphaël a exécutée longtemps après dans une salle du Vatican. Cette peinture, quoique détériorée, m'a paru très-belle ; au-dessous, le Pénigin a peint plusieurs saints. Un escalier provisoire servait à s’approcher de ecs peintures, mais malheureusement il portait ombre, ce lieu étant éclairé païen bas.
En parlant de la curieuse ville de Pérouse, je dois faire mention du portail de la confraternité de San-Francesco. Cette façade est couverte tic bas-reliefs ravissants. I.es figures du fronton sont d'un relief ordinaire, les autres bas-reliefs n’ont que 7 à 8 lignes de saillie; les figures, remplies d’âme, y sont d’une petite dimension, demi-nature environ. C'est une sculpture d’une grande perfection et d’un goût exquis, et qui pourrait servir de modèle à tous les graveurs en pierre fine et en médaille. La signature placée ostensiblement au-dessous du fronton |>orte ; /iuÿustini Florentini Lapicida MCCCCLXll. Le musée de Berlin possède deux bas-reliefs en marbre, en tout semblables à ceux de cette façade. Baccio Randinelli avait probablement vu ces ravissants bas-reliefs lorsqu'il a exécuté de la même dimension ceux des bas-côtés du choeur du dôme de Florence. Il serait à désirer, dans l’intérêt des arts et des artistes, «pie ces différentes sculptures fussent moulées, ainsi que le bas-relief daté de MCLXI1I, «pii se voit à Lodi dans sa belle et curieuse cathédrale, où trois grands escaliers servent à se rendre au chœur.