‹ Appendice à l'ouvrage intitulé Histoire de la vie et des ouvrages de RaphaelChapitre 13 sur 33 · TABLEAUX DE RAPHAËL DES MUSÉES DE BERLIN ET DE FRANCFORT · texte numérisé non relu

TABLEAUX DE RAPHAËL DES MUSÉES DE BERLIN ET DE FRANCFORT

J'ai vu, en i84x? dans le beau et très-curieux musée de Berlin, le sujet de Y Adoration des Mages, exécuté en détrempe (tempera) par Raphaël, sur une toile que l'on a admirée longtemps en Italie dans l'église de Spolette. Ce tableau est d'une délicieuse composition ; on y voit la Vierge, l'enfant Jésus, les Mages, et d'autres figures dans un fond de paysage. Cette même toile contient plusieurs médaillons ravissants ; la main de Raphaël s'y reconnaît partout. Cette peinture, de forme carrée, a

six pieds neuf pouces; je n'en connais pas de gravure.

Depuis que l'église de Spolette est veuve de son Raphaël, elle est peu visitée par les artistes et les amateurs. Aujourd'hui on n'y rencontre plus un seul bon tableau ; il n'y a que la frise tenant à la voûte du chœur qui soit peinte. Dans la composition de cette frise, les figures sont grandes et d'une belle exécution. Je crois cette fresque de Bernardino Pinturicchio. Cette ancienne église a un grand porche formant galerie en avant de sa façade, dont le milieu est orné d'un immense fond d'or exécuté en mosaïque. Un mur cyclopéen entoure d'un côté cette église; de ce même côté est un ravin sur lequel est jeté, en guise de pont, un aqueduc réunissant les deux montagnes opposées, ce'qui produit un effet des plus grandioses et des pius pittoresques. Tout cela devrait pourtant suffire pour y attirer des étrangers.

La Vierge dite du palais Colonne est présentement au musée de Berlin. Ce tableau est très-pur et très-bien conservé; il est entièrement de la main de Raphaël. J'en ai fait une aquarelle durant mon séjour à Berlin, en 184 1. On voit au palais de l'École des beaux-arts une copie que j'ai faite a l'huile, de la même dimension que le tableau original.

Ce tableau, lorsqu'il était à Piome, a été gravé par M. Masquelier, pensionnaire de l'Académie de

France. M. Mandel, très-habile graveur prussien,

le grave présentement.

Dans cette belle collection de Berlin, qui renferme beaucoup de tableaux de l'école allemande primitive, et dont tous les objets d'art sont conservés avec le plus grand soin, on voit encore trois tableaux attribués à la première jeunesse de Raphaël :

La Vierge et V enfant Jésus. Ce tableau, peint sur bois, a un pied huit pouces de haut sur un pied trois lignes de large.

La Vierge et ï enfant Jésus, saint Jérôme et saint François. Ce tableau, peint sur bois, a un pied un pouce de haut sur onze pouces de large.

Jésus-Christ debout dans son tombeau. Ce tableau, qui a un pied un pouce sur neuf pouces de largeur, est peint en détrempe sur toile.

J'ai vu dans le musée de Francfort, en 1841, un tableau dont la peinture est très-séduisante ; il représente une madone. On l'attribue à tort, je crois, à Raphaël.

On admire à la cathédrale de Francfort un tableau peint sur bois de l'école byzantine, comprenant douze petits médaillons placés au-dessus du

sujet principal. Celui-ci représente un caveau où sainte Cécile est étendue morte; cette figure, posée avec grâce, est presque aussi grande que nature. La robe de cette sainte, entièrement dorée et couverte de dessins arabesques tracés en noir, produit un effet très-original. Ce délicieux ouvrage m'a rappelé les curieux et beaux tableaux byzantins du musée de Venise. On sait que cette figure de sainte a servi de modèle à Maderno, élève du chevalier Bernin, pour exécuter en marbre sa sainte Cécile, qui se voit dans l'église de ce nom, à Rome, dans le Ïrans-Tévère ; on retrouve encore ce même tableau de sainte Cécile représenté en bas-relief de stuc; ce bas-relief du xvie siècle, de huit à neuf pouces, est passé du cabinet du comte de Clarac dans celui de M. le marquis de Biancourt. On voit aussi à la bibliothèque de Francfort un parchemin imprimé en i/j46\

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