‹ Appendice à l'ouvrage intitulé Histoire de la vie et des ouvrages de RaphaelChapitre 33 sur 33 · RAPHAËL MORGHEN · texte numérisé non relu

RAPHAËL MORGHEN

Tout le monde connaît et admire la belle estampe de la Cène gravée par Raphaël Morghen. Quoique les tètes n'aient pas le caractère austère et la pureté du dessin du tableau de Léonard de Vinci, l'exécution en est d'une si grande suavité, et réunit tant de beautés, que cette gravure peut être considérée comme l'ouvrage capital de ce célèbre artiste. Raphaël Morghen, né le 19 juin 1758, à Naples, résidence de sa famille, mourut à Florence le 8 avril i833. 11 fut élève et gendre de Volpato. Après de nombreux travaux, parmi lesquels je citerai le Bain de Diane, qui rend parfaitement la manière de peindre du Dominiquin; le portrait à cheval de Moncade, d'après Van-Dyck, gravure datée de 179,3, dont l'admirable perfection peut servir de modèle, Morghen fut nommé professeur de l'Ecole de gravure à Florence. C'est à l'époque où il publia sa planche de la Transfiguration d'a-

faire connaître par des gravures qu'il exécutait d'après ses tableaux. Il fut nommé premier peintre du roi en 1 757.

A L'OUVRAGE SUR RAPHAËL. 89 près Raphaël, vers 181 3, que l'empereur Napoléon attira Morghen en France. Ce fut d'après son ordre qu'il commença à graver Je tableau peint par David, où Napoléon est représenté à cheval franchissant les x\lpes. L'empereur, voulant fixer Morghen à Paris, créa, par un décret, une école de gravure, à l'instar des autres capitales; le nomma professeur, ainsi que Bervic et moi. Ce fut M. le comte Regnault de Saint-Jean d'Angély, président du conseil d'État, qu'il chargea d'organiser cette école. Les événements de 1 814 en ont empêché la réalisation. Durant le séjour que R. Morghen fit à Paris, nous nous liâmes intimement, et cette liaison me rappelle une circonstance particulière de notre vie, dont je ne dirais rien ici, si tout ce qui se rattache au célèbre graveur n'avait aujourd'hui pour nous de l'intérêt. Peu de jours après mon arrivée à Florence, en 18 18, où j'avais été heureux de retrouver Morghen, il voulut me faire les honneurs de cette délicieuse ville, et vint me prendre un matin à l'hôtel où j'étais descendu, pour nous rendre, avec les membres de la corporation des différents arts, et assister en corps, à une messe dite en l'honneur de saint Luc, patron des artistes. Cette cérémonie a lieu tous les ans. Le chevalier Allessandri, directeur des beaux-arts du grand duc, Fabre, Benvenuti, Bartolini, Adrien Godefroy, mon compagnon de voyage, et l'habile graveur en pierre

9o APPENDICE A L'OUVRAGE SUR RAPHAËL, fine et médaille Santarelli, faisaient partie de cette pieuse et intéressante réunion. Cet usage, consacré depuis nombre d'années, remonte, suivant toutes les probabilités, à une époque antérieure à la fin du xve siècle, alors que Florence réunissait les trois plus grands artistes des temps modernes, Léonard de Yinci, Micliel-Ange et Raphaël.

fin.

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