TABLEAUX DE RAPHAËL A ROME
On voit dans le musée du Vatican les panneaux réunis de trois compositions représentant les trois Vertus théologales, peintes en grisailles, entièrement de la main de Raphaël. Il les exécuta en i5o7 à Pérouse, pour l'église de Saint-Pierre. Ces grisailles servaient de frise au bas de son tableau delà Déposition du Christ au tombeau. Cet ouvrage étant [passé dans la galerie du prince Borghèse, à
A L'OUVRAGE SUR RAPHAËL. 21 Rome, a été remplacé par une très-belle copie de Sassofferato. Ces trois tableaux des Vertus théologales restèrent dans la sacristie jusqu'en 1799. C'est à cette époque qu'ils furent portés au musée du Louvre; et depuis 181 5 ils sont placés dans la galerie du Vatican. (Je les ai gravés de même dimension que les originaux.) Ces mêmes compositions, avec de très-légers changements, ont été sculptées sur bois en bas-reliefs. Les contours et les reliefs en sont ravissants. Elles sont placées dans le chœur du beau et riche couvent de Saint- Pierre, à Pérouse (j). ïl est presque certain que ces ouvrages ont été faits en présence de Raphaël, en 1607, par Fra Giovanni (2), de Vérone, qui était considéré comme l'artiste le plus habile, et le créateur de ce genre de sculpture. Il étak contemporain de Raphaël, car il mourut en 1 537, * ' ^lSe ^e soixante-huit ans.
Il y a dans la galerie du palais Schiarra, à Rome, un portrait peint par Raphaël. L'habile graveur .1. Felsing,et depuis M.Ruonafide,ontgravé ce tableau sous le titre du Violoniste de Raphaël. 11 est connu sous
(1) On y voit aussi une tète de Christ et un enfant, peintures attribuées à Raphaël ; elles n'en sont pas.
(9.) L'édifice, à Vienne, appelé le Trésor conserve un très-beau bas-relief en bois d'Albert Durer. On y voit les objets d'art les plus précieux en tous genres, depuis la couronne el le manteau de Charlemagoe jusqu'au lit du roi de Rome.
22 APPENDICE ce nom en Italie, probablement depuis longtemps. J'ai vu ce portrait en 1818. Je copie ici la note que j'ai prise devant le tableau, dans un second voyage, en 1 833. Je crois que c'est le portrait de Raphaël, qui s'est peint lui-même; car cette tête ressemble beaucoup à ses portraits très-connus de la galerie de Florence et de l'école d'Athènes. La tête est admirablement peinte. A mon avis, Raphaël n'a pas achevé ce tableau, et l'artiste qui l'a terminé n'a pas suivi la pensée du grand maître, qui voulait se peindre la palette à la main, comme le prouve la main gauche, parfaitement placée et dessinée pour cette action ; tandis qu'en lui faisant porter de cette même main une couronne de lauriers, et surtout un archet, le mouvement est faux et maladroit. Je trouve, en outre, que le reste du tableau pèche par l'effet et l'entente des couleurs dans les accessoires. Il n'y a pas de parti pris. Ce serait le seul portrait de Raphaël à qui on pourrait adresser ce reproche; ce qui me fait croire que, malgré la perfection avec laquelle les accessoires sont peints, Raphaël n'a exécuté que la tête, et que ce tableau n'a été terminé qu'après sa mort. Il porte le millésime de MDVIII. Dans cette même galerie se trouvent les portraits de Bartolo et de Baldo, célèbres jurisconsultes, peints par Raphaël.
Le petit tableau de Raphaël représentant la Vierge dite à V Œillet est à Rome, dans la précieuse col-
A L'OUVRAGE SUR RAPHAËL. a3 lection du baron Camuccini, fils de l'habile peintre d'histoire. Je l'ai souvent admiré chez son père dans les années 1 8 1 8 et i833. Ce tableau, peint sur bois, est d'une parfaite conservation. Il y en a plusieurs répétitions très-remarquables.
La fresque représentant le Mariage de Roxane et a" Alexandre (V. P. 1 54) a été scrupuleusement exécutée, h Rome, au premier étage du palais de la Farnesine, par le Sodoma, d'après un dessin de Raphaël ou la gravure de Marc-Antoine.
Dans le palais Doria, à Rome, il y a deux tries d'hommes âgés peintes par Raphaël ; elles sont remarquables par leur belle exécution , et parce qu'elles oui été (ailes dans les dernières années de ce grand artiste.
L'on voit aussi dans cette riche galerie le portrait de Jeanne d'Aragon attribué à Raphaël, mais dont la tète, suivant mon opinion, est peinte par Léonard de Vinci. On en trouvera l'explication dans l'article que j'ai consacré à ce tableau. (V. P, 5o.)