‹ Appendicite chronique et Pseudo-TuberculoseChapitre 12 sur 31 · ÉVOLUTION · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION

Laissées à elles-mêmes, ces formes d’appendicite chronique n’ont aucune. tendance à la guérison, les symptômes persistent indéfiniment ; l’amaigrissement devient extrême, tantôt le malade diminuant progressivement de poids, s’anémiant peu à peu, tantôt cet amaigrissement étant coupé de périodes plus ou moins longues pendant lesquelles la santé semble revenue; la toux et la fièvre persistent sans modifications, cédant momentanément lorsque le sujet garde le lit, et reparaissant à l’occasion du moindre effort pour s’exagérer lors d’une marche ou d’un exercice inaccoutumés.

Progressivement, le malade aboutit à la cachexie, fatigué par l’application de médications successives et inefficaces, on voit peu à peu s'installer la neurasthénie qui augmente encore les difficultés du diagnostic.

Si le diagnostic d’appendicite chronique a été fait, l'intervention chirurgicale s'impose, les observations publiées jusqu'ici ont,en effet,montré qu'on en devait attendre les meilleurs résultats et que d'ordinaire on voyail, à la suite, disparaître les phénomènes pul-

monaires qui avaient tout d’abord égaré le diagnostic et fait songer à la tuberculose,

Ne sait-on pas que l’ablation des amygdales palatines modifie l’état gastro-intestinal de l'entérite muco-membraneuse même jusqu’à la guérison (Trémolières), il est fort possible, comme le pense M. Dalché,que l’état rhino-pharyngé,dont dépend la toux, puisse être favorablement influencé par l’ablation de (l’amygdale) appendiculaire.

Mais les réactions sont essentiellement variables d’un malade à l’autre, et si dans beaucoup de cas tous les symptômes pulmonaires disparaissent à la suite de l'opération, il en existe pourtant certains pour lesquels les résultats sont différents.

Notre maître, M. Dalché, nous a communiqué un certain nombre de ces cas dans lesquels l’intervention n’a pas élé suivie de la disparition complète des signes.

Dans notre observation XVIII, nous voyons une malade opérée d’appendicite il y a quatre ou cinq ans et qui tousse, maigrit el présente une élévation. thermique quotidienne. Il en est de même dans l'observation suivante : la malade a subi l’appendicectomie en 1908. Depuis, elle continue à maigrir considérablement, elle se plaint d’une toux sèche et continuelle et pourtant l'examen des poumons ne décèle aucune lésion, et la recherche du bacille de Koch dans les crachats est toujours restée négative ; une observation de Brunon correspond encore à ces

faits, nous y voyons une malade continuer à tousser à la suite d’une appendicectomie.

Il est donc indéniable qu'à côté de résuhats définitifs nous voyons certains malades continuer à simuler une tuberculose pulmonaire.

Nous voudrions essayer de rechercher quelle est la raison de la persistance de ces symptômes.

Nous remarquerons tout d’abord que tous les malades dont nous nous occupons sont des adénoïdiens, il y a coexistence chez eux de l’appendicite chronique et des végétations adénoïdes.

Dans la première observation, on constate à l’examen du rhino-pharynx de la rhinite atrophique, le pharynx présente des zones d’atrophie, d’autres recouvertes de granulations. La malade, qui fait le sujet de notre deuxième observation,a été opérée des végétations adénoïdes dans son enfance, et dans ses antécédents maternels nous relevons la tuberculose pulmonaire, si souvent rencontrée dans les antécédents des adénoïdiens. Dans la troisième observation, nous trouvons dans les antécédents collatéraux de notre malade, deux sœurs opérées des végétations adénoïdes et un frère opéré d’appendicite.

Chez tous ces malades,nous constatons une atteinte plus ou moins complète du système lymphoïde et nous pensons qu'ils correspondent au type décrit par Delacour sous le nom de syndrome adénoïdien. Chez eux l'atteinte appendiculaire n’est qu’une manifestation d’un mauvais état général, d’une cause

cachée.

Successivement, ils présentent des lésions appendiculaires, ou des lésions adénoïdiennes, mais il ne suffit pas chez ces malades d’enlever l'organe qui au moment de l’examen, semble seul malade, et c’est un traitement général s’adressant au système lymphoïdien qui seul peut déterminer une amélioration complète.

Nous pensons, avec M. Dalché, que s’ils toussent, s'ils maigrissent, l’ablation de l’appendice peut déterminer une accalmie passagère, parce que ce faisant on fait disparaitre un des foyers de localisation de l'infection générale, que cette ablation d'’ailleurs est nécessaire et évite des accidents plus graves toujours à craindre, mais que cependant les symptômes peuvent reparaitre.

Nous savons, en effet,que l’ablation de l’appendice peut être le point de départ d’une poussée inflammaloire vers les adénoïdes, l’auto-intoxication qui se manifestait au niveau de l’appendice, se manifeste maintenant au niveau du pharynx et sa localisation est annoncée après plus cu moins de temps soit par une apparition, soit par une recrudescence des symptômes fonctionnels qui simulent la tuberculose, la toux en particulier. En enlevant l’appendice, nous avons enlevé un des foyers de la toxi-infection,mais il en existe d’autres et nous croyons même qu'une intervention chirurgicale sur le pharynx n’est pas suffisante.

Nous avons vu, en effet, qu'appendicite chronique et adénoïdes coexistent souvent avec les troubles

qu'on observe dans le myxœdème, que ces états pathologiques coïncident souvent avec une thyroïde petite et cette notion ressort de nombreux travaux récents, et nous pensons, avec M. Dalché, que dans ces cas l’opothérapie thyroïdienne peut donner de bons résultats. Nous y reviendrons à propos du traitement.

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