‹ Appendicite chronique et Pseudo-TuberculoseChapitre 2 sur 31 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

À côté des formes normales d'appendicite chronique qui ont fait l’objet de nombreux itravaux,au cours de ces dernières années, des études récentes ont montré que parfois cette affection pouvait se présenter en clinique sous un tableau bien différent suivant la prédominance de certains symptômes ; tantôt dominent les troubles dyseptiques, tantôt on peut penser plutôt à l’entérocolile muco-membraneuse, tantôt enfin ce sont des douleurs à siège anormal qui vont attirer l’attention et éloigner du diagnostic, elles se localiseront soit dans la région lombaire droite, soit au niveau de l'articulation coxo-fémorale avec irradiations dans les jambes. Mais parmi toutes ces formes, il faut faire une place spéciale à celles d’entre elles au cours desquelles les symptômes abdominaux sont peu précis ou même passent complètement inaperçus, alors qu’on observe des symptômes pulmonaires fonctionnels et généraux particulièree

ment nets et qui semblent au premier examen imposer le diagnostic de tuberculose pulmonaire.Ces faits sont maintenant connus et nous avons pu en relever un certain nombre d'observations déjà publiées dans la littérature médicale. Nous y joindrons trois cas que nous devons à l’obligeance de notre maître M. Dalché.

Les différents auteurs qui se sont occupés de la question ont bien montré que le traitement médical,dirigé contre les symptômes pulmonaires, qu’on appliquait en pareil cas,était d'ordinaire insuffisant pour amener la guérison,qu'ilétait même susceptible dans certains cas d’aggraver les accidents gastro-intestinaux ; ils concluaient à la nécessité d’une intervention chirurgicale aussi précoce que possible, estimant que seul ce traitement était susceptible de triompher de la pseudo-tuberculose, en faisant disparaître l’appendice, point de départ de tous ces troubles, et qu’à la suite de l'intervention, l’état général se trouvait complètement amélioré,les signes pulmonaires disparaissant d'ordinaire rapidement.

Notre intention,en écrivant cette thèse, est d'essayer de réunir dans un travail d'ensemble les différents faits ayant rapport à cette question et les travaux ayant paru à son sujet.

Mais nous croyons que dans certains cas quelques malades ne retirent malheureusement pas les mêmes avantages du traitement chirurgical. Chez trois de nos malades, les accidents pulmonaires ont persisté à la suite de l’intervention et soit immédiatement,

soit après plusieurs semaines ou même quelques mois, la toux, l’amaigrissement et la fièvre, en particulier, ont reparu.

Nous ne voulons, en raison de ces observations, soutenir que l'intervention chirurgicale est inutile et qu’elle pourrait être évitée, pensant qu’au contraire elle doit être pratiquée aussi rapidement que possible et qu’elle peut ainsi éviter des accidents graves, mais nous croyons que dans certains cas tout au moins, ces faits relèvent d’une pathogénie particulière de l’appendicite chronique.

Les travaux de M. Delacour,il y a quelques années, ont montré que : appendicite chronique et végétations adénoïdes coexistaient fréquemment chez un même malade ou dans une même famille, que l’examen systématique du pharynx des appendiciques montrait d'ordinaire des lésions d’atrophie ou d’hypertrophie, que ces différents accidents n'étaient que la manifestation d’une auto-intoxication et pouvaient être réunis sous le nom de syndrome adénoïdien. Recherchant l’origine de ces accidents, il pensait qu’il s'agissait d’un trouble de la fonction thyroïdienne et qu’ils étaient dus à une insuffisance de cette glande.

Nous appuyant sur ces travaux, nous pensons qu'il est possible d'appliquer cette pathogénie à certains cas d’appendicite chronique simulant la tuberculose pulmonaire. On a noté, en effet, la fréquence chez ces malades des végétations adénoïdes, dans nos observations il est possible d’en relever plusieurs

exemples. Il se peut dans ces conditions que certains cas d’appendicite chronique relèvent de cette pathogénie, et nous voudrions essayer de montrer que lorsque cette théorie est applicable, l’opothérapie thyroïdienne peut donner des résultats, aider à relever l’état général, les interventions particulières, soit sur l’appendice, soit sur les adénoïdes, restant la base du traitement et devant toujours être pratiquées dès que le diagnostic est posé.

Nous avons l'intention d'étudier tout d’abord les symptômes communs à l’appendicite chronique et à la tuberculose, terminant en montrant comment il est possible, par l’étude même de ces symptômes et par leur interprétation, d'éviter de confondre ces deux affections si dissemblables au premier abord.

Nous rechercherons ensuite quelle est la pathogénie des différents symptômes qui dominent l'étude clinique de cette forme, et nous rechercherons les rapports qui existent entre l’appendicite et le syndrome adénoïdien.

Enfin, nous montrerons que le traitement chirurgical s'impose aussi vite que possible, mais que si certains symptômes persistent, il est nécessaire de leur opposer une médication qui,dans certains cas, a donné des résultats.

Mais avant d'aborder cette étude nous tenons à remplir un devoir de reconnaissance en adressant nos remerciements à nos maîtres dans les hôpitaux.

M. le D' Dalché,après nous avoir accepté dans son service en qualité d’externe,nous a donné le sujet de

LS PET et

cette thèse et nous a guidé de ses conseils éclairés pour mener à bien ce travail, c’est avec une profonde gratitude que nous l’en remercions.

Notre maitre, M. le professeur Segond, a bien voulu accepter la présidence de notre thèse, nous tenons à lui exprimer ici notre profonde reconnaissance pour le très grand honneur qu'il nous a fait.

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