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Plus rare peut-être, mais pouvant dans certains cas constituer le seul symptôme, la toux sèche, quinteuse, à maximum nocturne, vient compléter un tableau clinique qui rappelait déjà de bien près celui de la tuberculose pulmonaire. Si la fréquence de la toux est variable, sa valeur diagnostique est assez grande pour que chez un malade toussant depuis longtemps, sans signes pulmonaires, sa seule présence fasse songer à l’appendicite chronique.
Si à ces différents signes s'ajoutent encore des troubles dyspeptiques variés (diarrhée, constipation, nausées,vomissements) et l’altération de l’état général (facies pâle. yeux cernés), le diagnostic de tuberculose n’attend plus, pour pouvoir être affirmé, que la constatation des signes physiques, et on est fort étonné ou bien de ne rien trouver, ou de constater des signes peu nets tels que : congestion de la base droite, ou diminution de la respiration au sommet droit.
A côté de ce premier groupe de symptômes simulant la tuberculose, la recherche minutieuse par un médecin connaissant ces faits, des signes d’appendicite chronique, permet d'ordinaire de retrouver dans les antécédents du malade la notion de crises frustes nes’étant manifestées que par quelques vomissements ou par des douleurs abdominales de peu de durée. Chez les enfants, il n’est pas rare de constater en outre une douleur sourde, persistante, et mal localisée, qui le plus souvent spontanée chez lui ne sera en général réveillée chez l'adulte que par l'exploration
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de la fosse iliaque et la localisation d’une douleur nette au point de Mac Burney.
L’examen de la langue pourra fournir une indication nouvelle: blanche chez les appendiculaires, elle est rouge chez les tuberculeux.
Tel est le tableau clinique habituel de l’appendicite à forme de pseudo-tuberculose. L'examen méthodique des symptômes, en particulier des signes fonctionnels et généraux, permet parfois d'éliminer le diagnostic de tuberculose pulmonaire.
L’amaigrissement par son évolution, fait déjà douter de l’origine tuberculeuse de laffection. En effet, s’il est constant chez les tuberculeux au début, et s’il peut se produire alors qu'il n’existe pas de lésion nette, rapidement le diagnostic se confirme par l'apparition des signes stéthoscopiques aux sommets ; comme le fait remarquer Faisans, il peut y avoir discordance entre l'intensité de l’amaigrissement et le peu de netteté des signes physiques perçus, mais ces signes existent et « bientôt ce défaut de proportion fait place à l'harmonie habituelle des symptômes ». Cet amaigrissement est d’ailleurs bien connu, au cours de l’appendicite chronique ; ilest en rapport avec les troubles dyspeptiques et ne doit pas être confondu avec la dyspepsie des tuberculeux qui, pour Faisans,serait provoquée par l'abus des médicaments,
Comme l’amaigrissement, la fièvre permanente, durable, tenace, permet, en l’absence de signes stéthoscopiques pulmonaires, d'éliminer le diagnostic de tuberculose. En effet, elle persiste indéfiniment, dis-
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paraissant par le repos pour reparaître au moindre effort; pour Faisans, deux affections sont seules. capables de produire une courbe thermique semblable : lappendicite chronique chez l'adulte, à laquelle chez l’enfant il faut adjoindre l’adénoïdite rhino-pharyngée. Nous devons rappeler ici que l'appendiculaire a la notion de son état fébrile, tandis que le tuberculeux «se déclare très dispos au moment où le thermomètre atteint les plus hautes températures. »
Le peu de résultats obtenus par le traitement hygiénique et diététique classique, et même Îles résultats défavorables qu'on a signalés dans certains cas,sont encore des faits en faveur de l’appendicite, ce traitement amenant d’ordinaire une amélioration notable dans la tuberculose au début.
Les procédés de laboratoire ne pourront pas en général être employés avec fruit. La radioscopie peut induire en erreur, la congestion pulmonaire dont nous avons signalé l'existence pouvant, suivant Brunon, donner les mêmes images radioscopiques que la tuberculose au début.
L’examen des erachats devra être pratiqué et répété à plusieurs reprises, comme cela a été signalé dans plusieurs de nos observations, et l’absence de bacilles de Koch sera un argument nouveau contre le diagnostic de tuberculose. L’expectoration peut d’ailleurs manquer ou le malade ne rejeter que quelques mucosités, dont l'examen n’est pas suffisant pour infirmer un diagnostic.
L'appendicite chronique à forme de pseudo-tuberculose a une allure clinique assez différente de l’appendicite chronique tuberculeuse pour que le diagnostic ne se pose pas entre ces deux affections. L’appendicite tuberculeuse a les mêmes signes abdominaux que l’appendicite chronique ; maïs elle ne s’accompagne pas d’un retentissement sur l’état général plus marqué que dans une appendicite chronique banale, et en dehors de quelques cas spéciaux où l’on se trouve en présence d’une tuberculose pulmonaire coexistante, on ne trouve aucun signe pulmonaire ; d’ailleurs dans le cas d’appendicite tuberculeuse, le diagnostic de la nature des lésions n’est fait le plus souvent que par l'examen histologique.
A. Pinault 3