PATHOGÉNIE
Lorsqu'on parcourt les observations qui font le sujet de notre travail, on est frappé de la fréquence des végétations adénoïdes, de l’entérite muco-membraneuse chez les malades atteints d’appendicite chronique. Au premier abord, ces différentes manifestalions semblent sans lien et pourtant, par une étude plus préeise,onest conduit à établir entre elles certaines relations.
« Appendieiques et végélants sont les membres de la même famille des adénoïdiens. C’est le tissu adénoïde qui est atteint des mêmes troubles trophiques. Les troubles peuvent se manifester tout d’abord au niveau du pharynx ou de l’appendice, maïs la lésion première n'exclut pas les autres. »
Et, en effet, si systématiquement on pratique l’examen laryngoscopique des malades atteints d’appendicite chronique, cet examen décèle la présence de lésions atrophiques ou hypertrophiques très nettes.
Ce fait d’ailleurs est relevé dans bon nombre de cas. Comby, dans l’étiologie de lPappendicite chronique, signale les végélations adénoïdes, les manifestations rhino-pharyngées, les amygdalites.
Dans les antécédents de l’appendicique, d’ailleurs, on retrouve les mêmes affections que nous signalons dans ceux des végétants; chez les uns et les autres, le terrain est préparé, et une intoxication ou une infection vont aider à le mettre en état.
Au point de vue anatomique également, nous retrouvons au niveau de l’appendice les mêmes modifications histologiques qu’au pharynx ; les lésions se succèdent dans le même ordre et à un stade d’hypertrophie succède un stade d’atrophie; ce dernier stade est peu fréquent au niveau de l’appendice, mais les raisons en sont purement locales, et s’il manque le plus souvent, c’est parce que les complications fréquentes et quelquefois hâtives vers la séreuse péritonéale, ne permettent pas à l’appareil lymphoïde d'aboutir à ce stade d'atrophie.
Des faits bien frappants montrent d’ailleurs l'intimité des rapports qui existent entre l’appendicite et les végétations adénoïdes.
« Quels sont, dit Sergent, les gens qui sont surtout atteints d’appendicite chronique ? Ce sont des gens chez lesquels on constate, peu de temps avant ou après l’appendicile, une poussée d’adénoïdite. Ceci est extrêmement fréquent chez les jeunes sujets, nombre d'enfants, garçonnets ou fillettes, ont,pendant des années, de petites poussées adénoïdiennes récidivantes, cette adénoïdite constituant un danger pour l'avenir à cause du retentissement qu'elle exerce sur la santé générale,sur le développement de l'enfant, sur l'intégrité de l’ouie, on se
décide au grattage du rhino-pharynx.Quelques mois après, l'enfant présente une poussée d’appendicite plus ou moins aiguë, plus ou moins légère, qui,quelque fois d'emblée, suit l’évolution de l’appendicite chronique.
» Chez d’autres enfants,on constate en même temps que des poussées adénoïdiennes et des poussées appendiculaires des réactions inflammatoires des ganglions lymphatiques, ces cas sont décrits sous le nom de fièvre ganglionnaire. Ces enfants généralement âgés de six à dix ans, ont des poussées inflammatoires des ganglions du cou, des aines, de l’aisselle ; ils ont de la fièvre, des phénomènes d’entérite et d’adénoïdite ; si on examine leur intestin, si on palpe leur appendice, on provoque une réaction douloureuse caractéristique ; à l’opération,on trouve l’appendice enflammé ; quelque temps après on est obligé de faire un curettage du rhino-pharynx. En somme, ces sujets font une réaction inflammatoire généralisée de tout le système adénoïdien. »
On voit ici combien ces rapports de l’appendicite et des végétations sont étroits, on opère les végétations ou l’appéndicite et à la suite on est obligé d'intervenir sur l’autre organe qui, à son tour, s’est enflammé.
Inversement, d’ailleurs, chez certains malades, l’ablation des amygdales et des adénoïdes améliore
l’état de l’appendice.
La plupart des malades qui font l’objet de nos
PAT RCE
observations personnelles ont aïnsi subi deux interventions successives.
Dans les autres cas que nous avons réunis, nous en trouvons quatre qui se rapportent à des adénoiïdiens, nous n’avons pas d’ailleurs pour celles-ci des renseignements assez nets, au point de vue qui nous occupe, pour pouvoir en tirer des conclusions précises, l'examen laryngoscopique n’ayant pas été fait.
Ces rapports ont été également notés par d'autres auteurs.
« Il est probable, dit Brunon, qu'il existe un lien entre l’adénoïdie et l’appendicite. Nous avons vu souvent une poussée subaiguë au cours de l’appendicite chronique succéder à une poussée préalable de pharyngite.
Comme nous l'avons déjà signalé, M. Faisans fait remarquer que « l’adénoïdite rhino-pharyngée détermine des elfets analogues à ceux de l’appendicite : fièvre légère influencée par l'exercice et la fatigue et pouvant durer des mois et des années.
Il est donc indéniable qu’il existe des rapports entre l’adénoïdie et l’appendicite chronique.
Mais de quelle nature sont ces rapports ?
Pour Delacour, « ces lésions sont d’ordre trophoneurotique.Le système nerveux semble soumis à une intoxication chronique, constante, à petite dose, se prolongeant indéfiniment jusqu’à ce que les éléments anatomiques, atteints dans leur vitalité, aient disparu et fait place à un tissu de sclérose ». Il nous
reste à rechercher sous quelle influence, se produit